Sacha Guitry. Manuscrit autographe, Poèmes en prose, Ville de Bâle & de Pau, Rhin, et vieux châteaux Acteur, dramaturge, metteur en scène, réalisateur et scénariste français Manuscrit autographe de Sacha Guitry. Rédigé à l'encre noire sur deux grands feuillets de papier vélin. Cet ensemble réunit trois grands feuillets autographes de Sacha Guitry, offrant une plongée fascinante dans l'esprit de l'auteur. Il comprend une version aboutie (mise au net) d'une réflexion sur le Rhin à Bâle, un précieux brouillon de travail contenant les jets initiaux de deux textes distincts. Et une réflexion sur la ville de Pau et les vieux châteaux. Ces textes semblent être inédits. Dans la version aboutie, Guitry déploie sa verve habituelle pour personnifier le fleuve. Il décrit le Rhin non comme un cours d'eau, mais comme une « catastrophe » qui passe « verdâtre de colère ». Il développe ensuite une théorie architecturale et philosophique sur la construction des villes fluviales, qui ne sont d'abord qu'une « demi ville » avant de reproduire leur reflet sur la rive opposée. La chute est un trait d'esprit typique : les ponts sont décrits comme des « trous dans les murs » créés de force par le fleuve. « Le Rhin, à Bâle, ce n’est pas un fleuve, c’est une catastrophe. Il passe en bouillonnant, verdâtre de colère, et les maisons, sur les deux rives, ont l'air d'avoir été miraculeusement épargnées dans le désastre. Les villes ne sont pas traversées par des fleuves, comme on pourrait le croire. Elles sont été construites là, d'abord sur l'une des deux rives – et puis, un jour, s’apercevant qu’une ville au bord d’un fleuve n'est qu'une demi ville, et, ne se contentant plus de leur reflet dans l’eau, elles ont reproduit ce reflet sur la rive opposée. Bâle parait avoir été traversée de force par le Rhin – et même il a creusé de grands trous dans les murs. Ce sont les ponts. » Dimensions : 27 x 35 cm État : Voir photos et description pour plus de détails. Nombre de pages : 1 page Dans son brouillon de travail, on y lit la version primitive du texte sur le Rhin. Les ratures montrent le travail de recherche du mot juste. On y trouve des variantes savoureuses absentes de la version finale, comme cette exclamation : « mais il est antipathique à Bâle ! » . L e bas de la page contient le premier jet d'un texte sur la ville de Pau. « Le Rhin, à Bâle, ce n’est pas un fleuve, c’est un désastre, une catastrophe. Il passe en bouillonnant, verdâtre de colère, et les maisons, sur les deux rives, ont l'air d'avoir été miraculeusement épargnées. Non, vraiment, ce n'est pas [un] fleuve. Et je suis sur qu'il traverse de force la ville et qu'il a fait des trous dans les murs qui sont devenus des ponts. Je ne sais comment il se comporte ailleurs, mais il est antipathique à Bâle ! Bâle parait avoir été traversé de force par le Rhin. Les villes d'ordinaire semblent *** Pau, C'est une ville qui s'éveille Dans une ville qui s'endort. Un casino tout blanc, tout neuf Qui semble avoir été construit la veille... Un hotel qui promet d'être moderne, énorme Que l'on contruit auprès de vieux hotels Les villes traversées par des fleuves Les villes ne sont pas traversées par des fleuves comme on pourrait le croire, elles ont été construites là, sur l'une des deux rives, d'abord Dimensions : 27 x 35 cm État : Voir photos et description pour plus de détails. Nombre de pages : 1 page Guitry dresse ensuite un portrait contrasté et coloré de la ville de Pau, soulignant le choc entre son charme ancien et une modernisation parfois maladroite : « Pau, Dans une ville qui s’endort, c’est une ville qui s’éveille. Un casino tout blanc, tout neuf, qui semble avoir été construit la veille. Un hôtel qui promet d’être moderne – énorme ! – À peine commencé, rougeâtre, avec des yeux d’aveugle. On le bâtit auprès de vieux hôtels célèbres ou des monarques ont passé, où dans les chambres, on voit encore des cheminées – dont on se sert ! Et d’où l’on voit sortir entre onze heures et midi des anglais de naguère, de vieux anglais rhumatisants, auxquels on n’a pas dit qu’on avait eu la guerre et qui meurent à Pau – depuis quatre-vingt ans ! » Guitry y décrit avec son ironie mordante la transformation architecturale de Pau, évoquant très probablement la construction du Palais des Pyrénées (inauguré en 1930) ou la rénovation du Casino, qu'il oppose au charme désuet des "Anglais rhumatisants" de la Belle Époque. C'est un témoignage savoureux sur le choc de la modernité Art Déco dans les villes de villégiature. La seconde partie est une réflexion personnelle de Guitry sur l'art, l'histoire, et sur la restauration du patrimoine : « Les vieux châteaux que l’on restaure, on a souvent bien tort de les restaurer trop. Ça leur donne un côté "metro" Qui leur enlève tout leur charme. J’ai vu des salles d’armes Et des salles de fêtes Qui semblaient avoir été faites En 1929. Un vieux donjon qui est tout neuf Rend inquiet ! » Dimensions : 27 x 35 cm État : Voir photos et description pour plus de détails. Nombre de pages : 1 page
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