José Corti Editions (21 août 2008)
Reference : lc_14915
Livre neuf, jamais ouvert.
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M. Alexandre Bachmann
Passage du Rond Point 4
1205 Genève
Switzerland
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S.l.n.d., , (1740 ca). 4 vol. in-16 de (95) ff., (104) ff., (96) ff., (96) ff., 391 vignettes (28 x 38 mm), veau marbré, dos orné à nerfs, pièces de titre et de tomaison en maroquin vert et rouge, frise dorée d'encadrement sur les plats, fleurons aux angles, tranches dorées (reliure de l'époque).
Calendrier des saints illustré de 391 figures gravées vers 1740 par Charles-Grégoire Mathey († 1749) d'après la suite gravée par Sébastien Le Clerc, Pierre Le Paultre et Juan Dolivar publiée à Paris en 1689 par Étienne Gantrel sous le titre Figures des Saints avec un abrégé de leurs vies, à l’usage des congrégations de N.D. érigées dans les maisons de la Compagnie de Jésus. « Cette adresse a fait appeler cette suite Les petits saints de Gantrel pour la distinguer de l’Invocation et l’imitation des Saints pour tous les jours de l’année 1686, planches dessinées et gravées par Le Clerc » (Jombert, Catalogue raisonné de l’oeuvre de Sébastien Le Clerc, 1774, p. LV). Chaque jour est associé à un ou plusieurs saints représentés au recto par une vignette horizontale à l’intérieur d’une bordure rectangulaire verticale où vient s’inscrire une sentence et une prière, suivies au verso de la vie du saint ou le récit de l’événement, le tout traduit du latin en français. Contient :Tome I. Du 1er janvier au 31 mars : 95 figures.Tome II. 8 figures tirées de l'Évangile suivies du 1er avril au 31 mai et du 1er au 31 juillet : 96 figures.Tome III. Du 1er au 30 juin et du 1er août au 30 septembre : 96 figures.Tome IV. Du 1er octobre au 31 décembre : 96 figures.Bel exemplaire, 2 coins émoussés et une petite mouillure sur les feuillets liminaires (tome III). Ex-libris manuscrit répété en tête de chaque volume. Inconnu de Cohen-De Ricci et Grand- Carteret ; [C.G. Mathey] Béraldi, Appendice, III, 744 ; [édition Gantrel 1689] Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIe siècle. Tome 13, Pierre Lepautre 1411-1418.
Amsterdam, chez Ray, libraire, Iver, graveur, sur le Dam, 1762. Suite de 22 figures dont 1 titre gravé.Événemens mémorables, Déclaration du Roi. Arrêts du Parlement contre le Schisme. Les Sacremens administrés. Au Législateur Pacifique, 1755. Suite de 12 figures dont 1 titre gravé.Les deux suites reliées en 1 vol. in-4 (25 x 19 cm), demi-vélin souple, dos lisse, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque).
Réunion de deux suites complètes très rares relatives à la suppression de l'ordre des Jésuites.La première suite est signée « Montalais inv. » gravée par François Montulay (Cohen signale 19 figures contre 21 dans notre exemplaire).« Cet ouvrage semble avoir été composé à partir de planches indépendantes, les différents exemplaires consultés ne regroupant pas exactement le même nombre d’entre elles ou dans un ordre différent. Une large partie de ces tailles-douces toutes dirigées contre la Compagnie de Jésus sont signées d’un mystérieux « De Montalais invenit », à ce jour encore non identifié. Il s’agit sans doute d’une sorte de « marque séditieuse déposée » derrière laquelle ont travaillé différents graveurs ; le pseudonyme même de « Montalais » évoque celui de « Louis de Montalte » utilisé par Pascal pour publier Les Provinciales dont le Recueil de figures historiques gravures constituerait le pendant visuel au xviiie siècle » (Pierre Wachenheim, Emblèmes de la Robe : les représentations de la Justice dans l'imagerie pro-parlementaire sous le règne de Louis XV).La seconde suite Événemens mémorables non signée, mais attribuée à Nicolas Godonnesche, composée de figures allégoriques avec texte gravé, conforme à la table gravée in fine.« Il s’agit d’un recueil de douze gravures, Événemens mémorables. Déclaration du Roi. Arrets du Parlement contre le Schisme, Les sacrements administrés, publié en 1755 et que nous avons pu attribuer au graveur janséniste Nicolas Godonnesche. Ces estampes illustrent les faits qui se déroulent depuis 1752 autour de la controverse du refus des sacrements, marquée par l’exil du parlement entre 1753 et 1754. Le frontispice (figure 10), qui porte la date de 1755, témoigne de la volonté de réunir des pièces distinctes en un recueil complet et autonome. Cette démarche est consacrée par une table qui parachève le dispositif. Les Événemens mémorables sont en effet constitués a posteriori à partir de gravures parues, pour les premières d’entre elles, jusque là séparément au gré de l’actualité » (Pierre Wachenheim, Les Remontrances représentées : donner à voir les remontrances au XVIIIe siècle).Sont reliées ensemble 23 planches diverses illustrant le même épisode, gravées entre 1759 et 1764 par Jean-Pierre Norblin de la Gourdaine, Antoine Radigues, Jacques-Philippe Caresme, Courteille, Schauwab. Après avoir été expulsée du Portugal en 1759, la Compagnie de Jésus est bannie de France en 1763 suite à la condamnation du Parlement de Paris qui déclara, après examen de ses statuts, l'ordre « nuisible à l’ordre civil, destructeur de la religion et de la moralité, corrupteur de la jeunesse ». Ses collèges furent fermés et la Compagnie universellement supprimée en 1773.Provenance : bibliothèque Enrico Gazzera (1772-1838), abbé du diocèse de Mondovi (Italie), commandeur de l'ordre de Malte, membre de l'académie de Vaucluse, associé de l'Institut, avec son ex-libris armorié et la note manuscrite suivante : « Collection très rare des gravures, pamphlets etc. etc. qui ont paru à l'époque de la destruction des Jésuites » ; ex-libris "Gulielmi Bates 1885", possiblement William Bates, chirurgien du Borough Hospital de Birmingham, érudit et biographe, professeur de lettres classiques au Queen's College de Birmingham. Pâles mouillures et petites rousseurs éparses.Cohen-De Ricci, Guide de l'amateur de livres à gravures du XVIIIe siècle, 366, 857 ; Collection Michel Hennin. Estampes relatives à l'Histoire de France. Tome 101, Pièces 8702-8788.
, Brepols, 2019 Paperback, 293 pages, Size:156 x 234 mm, Language: French. ISBN 9782503580791.
Summary Both in discourse about religions and in the religious discourse of the Greco-Roman Empire, the great figures of mythology and history functioned either as models or as foils, following their use in poetical, philosophical, historiographical, panegyrical or apologetical contexts. The approach's interest lies in the parallel consideration of different sorts of texts, generally examined independently otherwise : Augustan poetry, polytheistic rhetoric and historiography and Christian literature. Indeed, Pagans and Christians had many common concerns, expressed through the conceptual tools they borrowed from each other. Specific case studies reveal underlying connections in the elaboration of the exemplary figures and thus in the beliefs of the Greco-Roman Empire. The contributions show notably how exemplary figures are constructed by the communities depending upon them, the mediating role they play between men and gods, their networking signification, each one being defined by the interactions with the others, their role as rhetorical and polemical devices due to their adaptability, and, in the change of paradigm brought about by Christianity, how pagan figures persist and become a fundamental substratum for new figures, elaborated from these mythical exempla. Dans le discours sur les religions comme dans le discours religieux de l'Empire gr co-romain, les grandes figures de la mythologie et de l'histoire ont servi tant t de mod les, tant t de repoussoirs. L'int r t de l'approche propos e consiste aborder parall lement des types de textes diff rents, d'ordinaire tudi s ind pendamment les uns des autres : po sie august enne, rh torique et historiographie polyth istes, litt rature chr tienne. Pa ens et chr tiens ont en effet un grand nombre de pr occupations communes, exprim es par des outils qu'ils s'empruntent les uns aux autres. L' tude de cas pr cis d voile des lignes de force dans l' laboration des figures exemplaires, donc dans les croyances de l'Empire gr co-romain. Les contributions analysent notamment la construction de figures par les communaut s qui se rassemblent autour d'elles, le r le m diateur qu'elles jouent entre hommes et dieux, leur fonctionnement en r seau, chacune se d finissant par ses interactions avec d'autres, leur statut d'outils rh toriques et pol miques, d leur grande plasticit , et, dans le changement de paradigme op r par le christianisme, la persistance des figures pa ennes comme substrat fondateur pour de nouvelles figures labor es partir de ces exempla mythiques. TABLE OF CONTENTS Pr face Fr d ric CHAPOT, Johann GoeKEN, Maud PFAFF-REYDELLET Avant-Propos : Figures exemplaires et discours religieux I. LA CONSTRUCTION DES FIGURES MYTHIQUES ENTRE HISTOIRE ET ALL GORIE Anthony ANDURAND et Corinne BONNET Le divin Platon la table des Grecs et des Romains : dynamiques et enjeux de la fabrique d'une m moire savante dans l'Empire gr co-romain G rard FREYBURGER R gulus, h ros de la fides : mythe et vraisemblances historiques C cile MERCKEL Figures exemplaires et th ologie philosophique chez S n que II. LA FIGURE MYTHIQUE ET SON R LE DE PASSEUR VERS LE MONDE DIVIN Catherine NOTTER et Igor YAKOUBOVITCH La figure d'Hercule dans la litt rature flavienne : aspects et usages d'un mod le Mina TASSEVA BENCHEVA Orph e et Pythagore dans les t moignages sur les discours sacr s (hieroi logoi) de l' poque imp riale Beno t MOUNIER La figure du proph te dans l'oeuvre ex g tique de J r me III. LA FIGURE MYTHIQUE DANS SON CONTEXTE Anne-Catherine BAUDOIN Exemple, contre-exemple, mod le : plasticit de la figure de Pilate dans la rh torique patristique Giovanna LATERZA Fabriquer l'exemplarit : la figure de Numa dans l' n ide, VI, 808-812 Maud PFAFF-REYDELLET La figure de Numa chez Ovide et ses d clinaisons : fa ons romaines de penser l'exemplarit Sylvia ESTIENNE Des boucliers sacr s aux cendres d'Oreste, variations autour des pignora imperii IV. PLASTICIT DE LA FIGURE MYTHIQUE MARCO FUCECCHI Entre litt rature, religion et politique : quelques r flexions sur le r le des prosopop es divines chez Claudien C line URLACHER-BECHT Hercule vainqueur d'Ant e : deux lectures de ce combat fameux dans les oeuvres d'Ennode de Pavie Christiane VOIGT La r ception arabe de la figure l gendaire d'Alexandre le Grand V. DU POLYTH ISME AU CHRISTIANISME : LA R SISTANCE DES FIGURES MYTHIQUES R gis COURTRAY Les fables des po tes dans l'oeuvre de J r me : remploi, d tournement, actualisation Francesco MASSA Comp titions litt raires et concurrences religieuses autour de Dionysos : pa ens et chr tiens au IVe si cle Michele CUTINO Les figures mythologiques dans le discours religieux d'Ambroise de Milan : l'excursus n cessaire Fr d ric CHAPOT La vierge h ro que : l' mergence d'un mod le chr tien et son substrat litt raire Bibliographie Index des auteurs et textes anciens Index des noms propres Index des notions Table des mati res
[Binet] - Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]
Reference : AMO-4497
(1782)
Imprimé à La Haie [La Haye], et se trouve à Paris chés [la d.me Veuve Duchesne, libraire], 1784 8 parties en 4 volumes in-12 de 344, 320, 320-(4) et 344-8-[clxix à ccxliv]-(10) pages. 38 figures hors-texte dont 8 frontispices. Soit un ensemble complet de 16 parties reliées en 8 volumes in-12 (17 x 10,5 cm). Reliure demi-maroquin rouge à petits coins. Reliure pastiche XVIIIe siècle (exécutée dans la première moitié du XXe siècle). Tête dorée. Tranches inégales (non rognées après reliure). Particularités de l'exemplaire : Notre exemplaire est bien complet de 120 figures hors-texte. A noter qu'une des figures pour la Paysanne a été reliée par erreur dans un des volumes du Paysan. Par ailleurs notre exemplaire contient 2 états en couleurs (aquarellés anciennement à la main) pour le Paysan ainsi que 4 états supplémentaires (3 pour le Paysan et 2 pour la Paysanne). La figure de l'attentat est ici en 2 états, avant et après la censure (jambes en l'air visibles et non visibles pour le viol de Madame Parangon). Les reliures sont en excellent état et de très bonne facture. Les dos ornés sont à l'imitation des meilleures reliures décorées de la fin du XVIIIe siècle avec petits fers dorés et pièces de titre et tomaison de maroquin citron. Le quatrième et dernier volume de la Paysanne a les premiers feuillets partiellement délavés (mouillures anciennes sans doute au moment même de l'impression des feuillets). Ce défaut a été fixé par un encollage et un lavage professionnel des feuillets concernés. Le reste des volumes est très frais. Le tirage des figures est de très bonne qualité.
Concernant Le Paysan : Quatrième édition, la plus correcte, donnée par Rétif de la Bretonne lui-même. Exemplaire bien complet de la suite de 82 figures en excellent tirage publiée courant 1781-1782. Le Paysan perverti est aujourd'hui reconnu comme l'ouvrage le plus important de Rétif de la Bretonne et il fut en son temps aussi celui qui fit le succès de son auteur. Son style et son fond en font l'un des ouvrages du XVIIIe siècle précurseurs du genre naturaliste par bien des aspects. Avec le Paysan perverti de Rétif on est très loin des marivaudages creux et autres romans sans tenue de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Rétif insuffle à la psychologie des personnages une teneur inégalée alors. Le mode d'écriture épistolaire ajoute à l'intensité dramatique et ancre le tout dans la réalité non-romanesque. Avec ce long roman par lettres Rétif obtient la reconnaissance d'homme de lettres tant recherchée par lui depuis ses débuts en littérature en 1764 (La Famille vertueuse). La remarquable illustration renferme 82 figures gravées en taille-douce, 8 frontispices, dont quatre signés par Berthet, et 74 planches par Le Roy, le tout d'après Louis Binet sous la direction de Restif. Cette quatrième édition du Paysan, pourtant décriée par lui-même (Monsieur Nicolas), a en réalité été exécutée à Paris par lui et/ou sous ses ordres. C'est la seule édition du Paysan à posséder un errata et la seule pour laquelle le placement des figures correspond à la pagination. Cette édition s'accorde avec la Paysane pervertie publiée seulement en 1784 mais rédigée en seulement 30 jours en septembre 1780 (Monsieur Nicolas). Rétif insiste sur les difficultés qu'il rencontra pour son Paysan avec la censure. Ce sont 3 figures qu'il dut faire refaire (fig. n°8, 24 et 33. Cf. liste P. Lacroix). La figure 8 montre Edmond et Gaudet d'Arras dans un cabinet dont les murs sont recouverts de peintures obscènes (la censure obligea Rétif à faire gratter ces peintures - dans la version censurée on ne les distingue plus). La figure 24 quant à elle montre Edmond et Gaudet d'Arras en habit religieux (la censure obligea Rétif à faire revêtir Gaudet d'Arras d'un habit civil). Enfin, la figure 33 représente Madame Parangon en train de se faire trousser par Edmond (la censure obligea Rétif à supprimer les jambes "un peu trop en l'air" de ladite dame). Nous avons dans notre exemplaire la figure 33 en double, une pour chaque état censuré et non censuré. Les 2 autres figures sont ici dans l'état censuré. Le Paysan perverti rapportera à Rétif, avec les rééditions, neuf mille livres, soit une dizaine d’années de son salaire à l’imprimerie quand il y était bien payé. Le Paysan perverti a été publié pour la première fois en 1775 (sous la date de 1776, date que Rétif conservera pour toutes ses éditions du Paysan). Né au sein d’une famille nombreuse, Edmond, fils de paysan, est envoyé par ses parents à la ville dans l’espoir de "parvenir" et de faciliter ainsi l’avenir de toute la famille. Enthousiaste, l’adolescent compte bien tirer profit de toutes les opportunités qui ne manqueront pas de se présenter à lui. Mais si la ville est le lieu de tous les possibles, elle est aussi celui de tous les dangers : la beauté inaccessible de Mme Parangon, les leçons du sulfureux Gaudet, les discours des femmes trop faciles, les mirages d’un orgueil que l’on ne combat plus, les belles promesses des pensées libertines… autant d’attirantes lumières qui éblouissent le naïf Edmond, et qui, s’il n’y prend garde, pourraient bien l’aveugler…"(extrait de la présentation de l'édition du Paysan perverti donnée par Norbert Crochet, 2016). Il y a énormément de Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne dans Edmond, pour ne pas dire tout ! Sa venue à Auxerre en tant qu'apprenti imprimeur (Edmond est apprenti peintre dans une ville qu'on ne peine pas à reconnaître pour Auxerre). Son arrivée à Paris, ses illusions et ses désillusions, etc. Tout y est, fardé, changé, un peu, beaucoup ou à peine. Les lecteurs de son temps, eux, n'en savaient rien et lisaient le Paysan comme une jolie histoire véritable (ce qu'elle était presque entièrement). Références : Cohen, 498-499 ; Rives Childs, p. 236, n°10 ; Paul Lacroix, pp. 131-132, n°5. Concernant La Paysane : Exemplaire bien complet des 38 figures d'après Binet. Exemplaire bien complet des pages additionnelles à la fin du tome IV. Ouvrage composé en 30 jours par Rétif, dans le mois de septembre 1780, pour servir de suite et de complément à son Paysan perverti paru en 1776, la Paysane pervertie connut quelques déboires avec la censure qui ne lui permit pas de voir le jour avant 1784. "C'est l'ouvrage de prédilection de l'auteur qui a beaucoup plus pensé que le Paysan perverti" (Revue des ouvrages, p. ccxxxivj). La censure exigea que les titres fussent changés (notre exemplaire). De Paysane pervertie elle devient "Dangers de la ville" seulement (de nouveaux titres et faux-titres recollés sur les premiers émis). Rétif trembla tout 1785 de voir encore sa Paysane suspendue à chaque instant. Les exemplaires s'écoulèrent cependant. Aucune autre édition de la Paysane ne vit le jour (seules 2 contrefaçons circulèrent entre 1785 et 1786). Les 38 estampes de la Paysane étaient déjà achevées au mois de juin 1783 et annoncées au public au commencement de 1784. 2 figures (qui manquent souvent) n'ont été livrées qu'après la mise en vente de l'ouvrage (elles sont bien présentes dans notre exemplaire - figures III bis et VIII bis). La Paysane pervertie a été imprimée à 3.000 exemplaires mis en vente par la Veuve Duchesne. "La Paysane approfondit les caractères qui n'étaient qu'esquissés dans le Paysan : Fanchon, Pierre, Gaudet d'Arras surtout, y sont parfaitement achevés [...] Ces deux ouvrages, qui n'en sont réellement qu'un seul, sont peut-être la plus utile production qu'on ait mise au jour depuis le commencement du siècle." (Rétif de la Bretonne, Mes ouvrages, p. 34-35). "Je n'ai jamais rencontré une nature aussi violemment sensuelle. Il est impossible de ne pas s'intéresser à la variété des personnages, des femmes surtout, qu'on voit passer sous ses yeux, et à ces nombreux tableaux caractéristiques qui peignent d'une manière si vivante les mœurs et les allures des Français de la classe populaire. Pour moi qui ai eu si peu l'occasion de penser au-dehors et d'étudier les hommes dans la vie réelle, cette œuvre a une valeur inappréciable." (Schiller). "Jamais écrivain ne posséda peut-être à un aussi haut degré que Rétif les qualités précieuses de l'imagination. " (Gérard de Nerval) Références : Paul Lacroix, Rétif de la Bretonne, pp. 224-232 ; Rive-Childs, pp. 289-291 Provenance : de la bibliothèque Bertrand Hugonnard-Roche avec ex libris contrecollé dans chacun des volumes. Rare ensemble de cet ouvrage richement illustré et toujours recherché en belle condition.
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Cohen mentionne une valeur de 80 F à 100 F Or pour les exemplaires ordinaires et ajoute: «Un bel exemplaire en maroquin rouge doublé de maroquin rouge par Cuzin et contenant également les figures avant la lettre et les eaux-fortes, 1300 fr., vente Rich. Lion (n° 232); puis sur grand papier vélin, contient les eaux-fortes et les avant-lettre, qui sont dans celui de Lord Carnarvon (n° 50), en maroquin rouge doublé de maroquin rouge par Cuzin, offert à 1500 fr. au Bull. Morgand II, 6 (1908), n° 631». De l’imprimerie de Didot jeune, à Paris, chez Janet et chez Hubert, an IV (1796). Tome I: VII-277 pp., plus 1 portrait et 6 figures en double état. Tome II: VIII-252 pp., plus 6 figures en double état. Tome III: XIII-196 pp., plus 3 figures en double état. En tout 1 portrait par Lemire et 15 figures de Le Barbier gravées par Baquoy, Dambrun, Duclos, Hubert, Patas, Petit, Romanet et Simonet. «Il existe des exemplaires sur papier vélin avec les figures avant la lettre. Quelquefois la collection des eaux-fortes s’y trouve jointe». (Cohen) 3 volumes grand in-8, plein maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs richement ornés à la rose dorée, filets or sur les coupes, doublures de maroquin rouge à dentelle droite, tranches dorées. Reliure en maroquin doublé de maroquin signé «Cuzin» vers 1875. 242 x 155 mm.
Le célèbre exemplaire Rich. Lion et Lord Carnarvon cité par Cohen imprimé sur grand papier vélin avec les figures avant la lettre et la totalité des eaux-fortes. Cohen mentionne une valeur de 80 F. à 100 F. Or pour les exemplaires ordinaires et ajoute: «Un bel exemplaire en maroquin rouge doublé de maroquin rouge par Cuzin et contenant également les figures avant la lettre et les eaux-fortes, 1300fr., vente Rich. Lion (n° 232); puis sur grand papier vélin, contient les eaux-fortes et les avant-lettre, qui sont dans celui de Lord Carnarvon (n° 50), en maroquin rouge doublé de maroquin rouge par Cuzin, offert à 1500 fr. au Bull. Morgand II, 6 (1908), n° 631». Encombrée d’un hétéroclite et volumineux bagage, une charrette fait un soir son entrée au Mans et s’arrête devant le tripot de la Biche. Elle est occupée par une femme, un jeune homme déguenillé et un vieillard, respectivement nommés la Caverne, le Destin et la Rancune. Tous trois font partie d’une troupe de comédiens, dont le reste est retenu ailleurs par suite d’une rixe. Afin d’être hébergés gratuitement, les arrivants proposent de donner un échantillon de leur répertoire pour le plaisir de l’hôtellerie. Ils endossent la défroque de clients de passage et un pugilat général se déclenche au retour de ceux-ci. La Rapinière, lieutenant de Prévôt, qui a pris part au combat, emmène les comédiens loger chez lui. Peu après survient le reste de la troupe. Complète alors, elle se compose de: Destin, la Rancune, l’Olive, Mlle de l’Etoile, la Caverne, sa fille Angélique, Roquebrune, poète-auteur et metteur en scène: plus quelques valets doublés d’apprentis acteurs. Autour de Mlle de l’Etoile se réunissent bientôt les élégants de la ville, notamment un certain Ragotin qui devient le souffre-douleur de la compagnie et auquel surviennent les plus malséantes aventures. Au milieu de ces avatars vient s’intercaler l’histoire de Destin et de Mlle l’Etoile, véritable mélodrame aux rebondissantes complications. Après l’enlèvement d’Angélique, que suit celui de l’Etoile, tout s’arrange plus ou moins: ainsi se termine l’œuvre, brusquement interrompue. Scarron possède au plus haut point le don d’animer ses personnages et de mettre en lumière les traits saisissants de leur caractère. Tous, même les comparses, sont doués d’une vitalité singulière. Appartenant à des milieux divers, ils se côtoient et se mélangent de la façon la plus divertissante. Tout cela, répétons-le, est rapporté dans une langue hautement savoureuse, aisée, directe, farcie de boutades et que vient tempérer parfois la plus exquise émotion. Certaines figures spécialement poussées se détachent avec un relief saisissant. Mais l’aspect le plus moderne du Roman comique est sans doute à chercher dans l’utilisation du paratexte (écart entre les titres des chapitres et leurs contenus, incipit parodiques, préfaces ironiques) et dans les multiples et facétieuses intrusions de l’auteur par lesquelles s’engage le dialogue avec le lecteur. Pour le plus grand plaisir de celui-ci, qui, interpellé pris à témoin, séduit, moqué, sollicité de suppléer à la paresse de l’écrivain, bénéficie ainsi du privilège rare de visiter ce mort vivant dans le monument qu’il s’est bâti pour que l’éternité le retrouve vif et délié, tel qu’il était avant d’être atteint de paralysie. L’œuvre est ornée de 15 belles figures de Le Barbier (1738-1826). Après avoir commencé ses études à Rouen il se forme dans l'école de dessin de Descamps. Arrivé à Paris en 1757, il entre dans l'atelier de Lebas, puis dans celui de Jean-Baptiste-Marie Pierre. Élève de l'Académie royale de peinture, il n'obtient pas le prix de Rome mais séjourne à ses frais en Italie entre 1767 et 1769 d'où il rapporte de nombreux dessins de paysages. À partir de 1776, il se rend plusieurs années en Suisse. Agréé à l'Académie le 20 juillet 1780, il expose régulièrement au Salon, principalement des scènes de l'histoire antique et moderne. Académicien en 1785 et membre de l'Institut en 1816. Il obtint une première médaille en 1808. Ce fut un ardent propagandiste de Vien et de David. Il a fait des illustrations pour les œuvres d'Ovide, de Racine, Rousseau, Dellile II meurt à Paris en 1826. Ref : E. Benezit, t. 6, p.501, Ed. 1976). Superbe exemplaire, l’un des plus précieux décrit par Cohen.