‎SOMMER ANNA‎
‎ENCRE -L-‎

‎FREMOK EDITIONS‎

Reference : SLIVCN-9782390220428


‎LIVRE A L’ETAT DE NEUF. EXPEDIE SOUS 3 JOURS OUVRES. NUMERO DE SUIVI COMMUNIQUE AVANT ENVOI, EMBALLAGE RENFORCE. EAN:9782390220428‎

€42.28
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M. Alexandre Bachmann
Passage du Rond Point 4
1205 Genève
Switzerland

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‎[ALBUM DE DESSINS ARGENTINE/ALBUM OF DRAWINGS ARGENTINA]‎

Reference : 5533

(1858)

‎[Ensemble de 40 dessins au crayon noir ou à l'encre, certains rehaussés d'aquarelle/Set of 40 drawings in black pencil or ink, some enhanced with watercolor].‎

‎S.l., 1858-1864 (pour la plupart) 1858 1 vol in-4° oblong (225 x 300 mm.) de: 35 ff. de dessins (les 6 derniers sur papier teinté); 3 ff. manuscrits ajoutés. Demi-chagrin noir d'époque, dos lisse orné en long d'un motif doré, titre doré « Album » sur le premier plat, tranches dorées.‎


‎Magnifique album comprenant 40 dessins au crayon noir ou à l'encre (certains rehaussés à laquarelle) sur lArgentine du milieu du XIXe siècle. La plupart sont daté de 1858-1864 mais ne présentent pas de lieu spécifique. Les dessins, montés sur les feuillets de l'album ou exécutés à pleine page, montrent des portraits de Gauchos, ou gardiens de troupeaux des plaines sud-américaines, des personnages divers, des scènes allégoriques, des militaires, des cavaliers à la chasse, des vues d'une baie et de quelques îlots, ainsi que des installations minières en Argentine. Parmi cet ensemble, 5 dessins sont signés « P.A. Conil » ou « P.A.C », 1 est signé « Emilie Jaudin » et un autre « Rosenthal » ; les autres ne sont pas signés. On relève une quinzaine de dessins évoquant principalement l'Argentine : Gaucho assis, de profil (signé P.A. Conil). - Gaucho argentin représenté assis, de trois-quarts. - Roue del Ojo de Agua (daté 16 janvier 1858). - Gaucho argentin, représenté de face, portant un éperon à une botte. - Plan du Guayco (encre et aquarelle). - Gaucho argentin debout, vu de face. - Portrait d'homme, vu de profil (daté 15 mars 1858). - Gauchos paraguayes (signé P.A. Conil ; il représente un gaucho et une gaucha). - Portrait d'un habitant en costume (daté 27 juillet 1860). - Faena de la Mina Eufemia (crayon noir, encre et rehauts d'aquarelle). - Mina Eufemia (encre et aquarelle, 4 coupes sur double page datées 1861 à 1864). - Casa y Despensas de la Mina Eufemia (encre et aquarelle). - Cerro de la Yba Buena (croquis de cette montagne, avec mention « visité le 15 janvier 1858 avec MM. Lelong, Martin de Moussy, Shaw, Léon Roque »). - Gauchos regardant un combat de coqs (signé P.A. Conil). - Vue d'une baie bordée de montagnes. - Vue de plusieurs îlots (avec 3 petits dessins à l'encre, au lavis ou au crayon). L'auteur devait probablement être employé dans l'une des mines représentées dans l'album, celles-ci étant situées dans la province de Córdoba, au nord de l'Argentine. L'un des feuillets manuscrits précise : « Les mines de la Société A. Barrau & P. Jaudin sont au nombre de neuf dont huit dans le district minier du Guayco et une dans celui de l'Ojo de Agua. Le Guayco est à une distance de six lieues environ de l'établissement de fonderie ; il en est séparé par un chemin qu'il serait facile, à peu de frais, de rendre carrossable... ». Suit la liste des mines en question, elle-même suivie d'un tableau synoptique des mines exploitables d'où étaient extraits les minerais de plomb et d'argent. A la fin, un dessin représente un village à proximité d'un cours d'eau; exécuté à la plume et à l'encre noire, il est daté et signé « 04 P.A.C ». Un autre dessin, également à l'encre, représente une carte des environs de Sainte-Foy (Dordogne) ; il est signé et daté « P.A. Conil 1907 ». Ces deux dessins semblent être de Pierre-Auguste Conil, mort en 1942, préhistorien et archéologue, vice-président de la Société historique et archéologique de Libourne, auteur de nombreux travaux sur la préhistoire et les antiquités gallo-romaines. Quant aux dessins exécutés vers 1860, ils ont sans doute été réalisés par un parent de Pierre-Auguste Conil établi en Argentine et portant les mêmes initiales. L'un des dessins atteste qu'il a effectué une excursion avec le célèbre médecin et géographe Victor Martin de Moussy, qui explora l'Argentine, le Chili et le Paraguay de 1855 à 1859. Curieux album évoquant les mines en Argentine au milieu du XIXe siècle. 1 vol. 4-to oblong (225 x 300 mm.) of : 35 ff. of drawings (the last 6 on tinted paper); 3 ff. added manuscripts. Contemporary black half-chagrin, smooth spine decorated with a gilt motif, gilt title "Album" on the first board, gilt edges. Magnificent album including 40 drawings in black pencil or ink (some enhanced with watercolor) on Argentina in the mid-nineteenth century. Most of them are dated 1858-1864 but do not show a specific place. The drawings, mounted on the album leaves or executed full page, show portraits of Gauchos, or herdsmen of the South American plains, various characters, allegorical scenes, military men, horsemen hunting, views of a bay and some islets, as well as mining installations in Argentina. Among this set, 5 drawings are signed "P.A. Conil" or "P.A.C", 1 is signed "Emilie Jaudin" and another "Rosenthal"; the others are not signed. There are about fifteen drawings mainly evoking Argentina: Gaucho sitting, in profile (signed P.A. Conil). - Argentinean Gaucho represented seated, three-quarters. - Wheel of the Ojo de Agua (dated January 16, 1858). - Argentinean Gaucho, depicted in front, wearing a spur to a boot. - Map of Guayco (ink and watercolor). - Argentine Gaucho standing, seen from the front. - Portrait of man, seen in profile (dated March 15, 1858). - Paraguayan Gauchos (signed P.A. Conil; depicts a gaucho and a gaucha). - Portrait of an inhabitant in costume (dated July 27, 1860). - Faena de la Mina Eufemia (black pencil, ink and watercolor highlights). - Mina Eufemia (ink and watercolor, 4 cuts on double page dated 1861 to 1864). - Casa y Despensas de la Mina Eufemia (ink and watercolor). - Cerro de la Yba Buena (sketch of this mountain, with the mention "visited on January 15, 1858 with MM. Lelong, Martin de Moussy, Shaw, Léon Roque"). - Gauchos watching a cockfight (signed P.A. Conil). - View of a bay bordered by mountains. - View of several islets (with 3 small drawings in ink, wash or pencil). The author was probably employed in one of the mines represented in the album, these being located in the province of Córdoba, in the north of Argentina. One of the handwritten pages states: "The mines of the Company A. Barrau & P. Jaudin are nine in number, eight of which are in the mining district of Guayco and one in that of Ojo de Agua. The Guayco is at a distance of about six leagues from the smelter establishment; it is separated from it by a road that it would be easy, at little cost, to make passable..." (translated from French). This is followed by a list of the mines in question, itself followed by a synoptic table of the exploitable mines from which the lead and silver ores were extracted. At the end, a drawing depicts a village near a river; executed in pen and black ink, it is dated and signed "04 P.A.C". Another drawing, also in ink, represents a map of the surroundings of Sainte-Foy (Dordogne); it is signed and dated "P.A. Conil 1907". These two drawings seem to be by Pierre-Auguste Conil, who died in 1942, prehistorian and archaeologist, vice-president of the Historical and Archaeological Society of Libourne, author of numerous works on prehistory and Gallo-Roman antiquities. As for the drawings made around 1860, they were probably made by a relative of Pierre-Auguste Conil established in Argentina and bearing the same initials. One of the drawings shows that he went on an excursion with the famous doctor and geographer Victor Martin de Moussy, who explored Argentina, Chile and Paraguay from 1855 to 1859. Curious album evoking the mines in Argentina in the middle of the 19th century.‎

J-F Letenneur Livres Rares - Saint Briac sur Mer
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EUR3,200.00

‎[Casablanca] - ‎ ‎BOUVIER, Paul‎

Reference : 72077

(1906)

‎[ "Lettres Marocaines. Casablanca" - Tapuscrit relatif au Maroc dans les années 1909-1913 puis 1940, corrigé par l'auteur en 1954 : ] [ Contient : ] Casablanca. 1909. L'accord franco-allemand – Impopularité de Mouley Hafid – Malaises dans les colonies européennes – Résistance du Maghsen aux réformes – Réduction des effectifs du corps de débarquement – Fin du prétendant Mouley Mohammed – Retour général à l'anarchie – Reprise des travaux du port de Casablanca – Considérations sur l'occupation du Maroc – L'opposition aux réformes consolide la position de Mouley Hafid – La poste francaise – Avance des espagnols dans le Riff – Lenteur des manipulations dans le port de Casablanca. 1910. Enquête du consul Kouri sur l'assassinat du docteur Mauchamp. 1912. Démarche internationale pour l'exécution des travaux du port de Casablanca – Mauvaise organisation des manutentions du port – Casablanca doit être le grand port du Maroc. 1913. Controverse au sujet d'un port à Fedalah – Lettre au général d'Amade 1940 Appel à la résistance. [ Détail : ] "Ressortissants français au Maroc. En janvier 1906. Tanger 600 – Casablanca 70 – Mogador 20. Larache 20 – Rabat 17 – Fez 17. Mazagan 10 – El Ksar el Kebir 8. Safi 5 – Tetouan 3 – Marrakech 2. Soit au total moins de 800 Français au Maroc en 1906" [ Autre chapitre : ] "Casablanca 9 Février 1909. La nouvelle de l'accord franco-allemand laisse bien peu d'intérêt à ce qui se passe au Maroc. La situation dans le Sud où domine l'influence des grands Caïds est sans changement tandis que dans le reste du Maroc tout en n'appréciant guère la manière de Mouley Hafid on n'ose guère le manifester. Toutes les nouvelles de Fez s'accordent pour estimer que Mr. Regnault n'obtiendra rien de Mouley Hafid qui tout en ayant de bonnes paroles ne cédera rien, bien au contraire. Il est probable que l'accord Franco-Allemand rappellera Mouley Hafid à la réalité et qu'en ayant l'appui financier et militaire de la France il ne pourra éviter de se plier à sa volonté" (Une note tapée à l'encre rouge précise :"Accord Franco-Allemand du 9 Février 1909 par lequel le Gouvernement Allemand reconnaît les intérêts politiques particuliers de la France au Maroc et s'engage à ne pas les entraver") [ Autre chapitre : ] "Casablanca 7 Septembre 1909. Situation politique : La consolidation du pouvoir de Mouley Hafid que je signalais dans ma dernière lettre s'accentue de plus en plus alors que la situation des européens reste stationnaire. La proclamation de Mouley Hafid à Taza, si toutefois le fait est exact, est très intéressante car le sultan en établissant son autorité dans cette région pourra empêcher les espagnols d'y accéder. Ceux-ci font des préparatifs importants et un succès pourrait les griser. Je n'en persiste pas moins à croire que plus on ira moins on obtiendra de Mouley Hafid. Il faut tout de même espérer que l'opinion générale est dans l'erreur en estimant qu'il n'y a rien à faire avec lui. Il paraît, chose curieuse, que Mouley Hafid aurait un homme plus fort que lui en la personne du Rogui que les gens de Fez ne regardent pas sans crainte [... ] et menaçant dans la cage où il est enfermé. En Chaouia la situation est sans changement. Monsieur Gentil qui a fait un assez long séjour dans la région est parti pour Fez via Tanger après avoir effectué une audacieuse randonnée dans les Zaers, au Nord-Est de la Chaouia. Il a eu la surprise de découvrir une vaste région extrêmement riche dont les terres noires ont beaucoup d'analogie avec les plus belles de la Chaouia. Ces terres sont entièrement cultivées et les indigènes ne permettent à personne d'approcher car c'est la richesse de cette région siba. Port de Casablanca : les travaux avancent lentement et cet état de chose ne paraît pas devoir être amélioré avant plusieurs années pour le plus grand préjudice du commerce. Il y a ces jours-ci douze vapeurs en rade alors que la capacité totale d'embarquement par jour est à peine de 700 tonnes, y compris toutes les barcasses des Compagnies de Navigation dont on tolère l'usage malgré le monopole du Maghsen. Il y aurait cependant moyen de remédier à peu de frais à cette pénurie, mais le Maghsen qui encaisse actuellement des droits très importants ne veut engager aucune dépense en contre partie. Port de Safi : les travaux du warf avancent rapidement et les communications avec les bateaux en rade s'en trouvent déjà bien améliorées. Mazagan dispose d'un remorqueur, Safi va en avoir un, alors que Casablanca n'en a encore pas. Poste française : Cet excellent moyen de pénétration est bien négligé au Maroc. L'esprit qui règne dans les bureaux est celui que l'on trouverait dans un bureau de Paris. Le résultat est que les marocains vont de préférence et avec de bonnes raisons à la poste allemande. Il faudrait pour corriger ce fonctionnement défectueux : 1° - que l'Administration des Postes exige des employés aux guichets de savoir parler et écrire l'arabe de façon à pouvoir lire les adresses et délivrer des reçus écrits en arabe. 2° - Adopter pour tous les services des imprimés écrits en français et en arabe (en Égypte ils le sont en arabe, en français et en anglais). 3° - Se mettre dans l'idée qu'ici nous ne sommes pas en France mais au Maroc et qu'un employé des postes sachant l'arabe et répondant dans cette langue au guichet ne fait pas une complaisance mais remplit une obligation de sa fonction."[ Autre chapitre : ] "Casablanca 25 Juin 1910. Enquête de Mr Kouri, Consul de France à Mogador, sur l'assassinat du Docteur Mauchamp à Marrakech le 19 mars 1907. Monsieur Kouri, Consul de France à Mogador, m'ayant informé qu'il se rendait à Marrakech chargé par le Gouvernement Français de procéder à l'enquête si longtemps ajournée sur l'assassinat du Docteur Mauchamp, je me suis mis en route le 23 mai pour aller le rejoindre. Le chemin direct par Mechra ben Abbou étant alors suffisamment sûr, j'ai adopté cet itinéraire que je n'avais encore jamais parcouru. J'avais comme escorte mon fidèle domestique Abdallah et deux cavaliers amis des Ouled Harriz, ce qui formait un groupe de quatre fusils suffisant pour tenir les maraudeurs à distance. De Casablanca à Mechra ben Abbou sur l'Oum Er Rebia, à moitié chemin de Marrakech nous étions en Chaouia occupée. Un pont de bateaux lancé par le génie en face du dernier poste nous a permis le passage facile de l'oued, puis jusqu'à Marrakech le voyage s'est poursuivi sans incidents à travers l'interminable et inculte région des Rehamnas dont les rares habitants sont groupés en douars formés de tentes brunes d'aspect très misérable. Les points d'eau de Ben Guerir et de Sidi bou Athman à l'entrée des Djebilets paraissent un peu moins déshérités. Dans la matinée du quatrième jour nous entrions à Marrakech après avoir parcouru environ 240 kilomètres. Grâce à l'aimable hospitalité de mon excellent ami l'Amin Cabadj je n'ai pas eu à me préoccuper de trouver un logement. Mr Kouri m'avait précédé de plusieurs jours à Marrakech et était installé à l'Arsa ben Idriss mis à sa disposition par le Maghsen, beau jardin situé à proximité de Bab el Robb avec au milieu un spacieux et élégant pavillon dont il avait affecté le premier étage à son logement et le rez de chaussée à son bureau. Mr Kouri que je rencontrais pour la première fois me réservait un accueil aimable et confiant. C'était un Syrien très avenant d'âge mûr, arabisant distingué et fin diplomate, toutes qualités rendant particulièrement heureux le choix fait par Mr Regnault qui l'avait connu de longue date en Tunisie. Mr Kouri était au reste bien décidé à mener sa délicate tâche à bonne fin malgré les difficultés qu'elle présentait, les compromissions qu'elle était appelée à révéler et ceci en l'absence de toute autorité ou force sur lesquelles il puisse s'appuyer. Mr Kouri malgré la fatigue d'un voyage à cheval de 150 km par une chaleur accablante avait déjà bien employé à de nombreux interrogatoires ses premières journées passées a Marrakech. Dès mon arrivée, Mr Kouri m'interrogea longuement sur tout ce que je savais de l'affaire Mauchamp puis me requis comme greffier pour l'assister dans son enquête; c'est ce que je fis, apres avoir prêté le serment d'usage, durant les quelques jours qu'il resta encore a Marrakech. Je fus fort surpris au cours de ces longues séances de la facilité avec laquelle les marocains convoqués par Mr Kouri étaient envoyés par le Pacha El hadj Abd El Salam et de la franchise et spontanéité avec lesquelles les indigènes aussi bien que les étrangers et tout particulièrement les Allemands renseignaient Mr Kouri. Sa mission terminée et avant de nous separer, Mr Kouri me pria de rapporter verbalement a notre Ministre à Tanger, Mr Regnault, que je devais voir peu apres à Tanger, et en attendant son rapport les conclusions de son enquête. Voici ces conclusions: "Le principal meurtrier du Dr Mauchamp, celui qui a excité la foule et lui a porté le premier coup de poignard est un nègre qui habitait dans l'impasse débouchant devant la maison du Docteur. Cet indigene était au service de Mouley Hafid pour le compte duquel il a agi. C'est ce même indigène qui servait de messager entre le Docteur et Mouley Hafid. Mouley Hafid, intelligent lettré, mais aussi buveur et débauché se plaisant dans la compagnie des filles soumises de la ville qu'il appelle au Dar Maghsen, était selon Mr Kouri un esprit si roué que seul le qualificatif de "satanique" pouvait lui convenir. Pendant la période de six mois qui a précédé la mort du Docteur, c'est Mouley Hafid qui a provoqué et entretenu l'agitation parmi les tribus du Haouz de Marrakech. Celui-ci avait recours aux moyens les plus vils pour se procurer de l'argent, faisant battre les tribus entre elles, se faisant acheter son appui aussitôt suivi d'une trahison, organisant même des attaques à main armée contre des caravanes avec des renseignements recueillis en ville par ses émissaires et se servant en particulier à ces fins du Cheik Laiadi des Rehamnas qui perdit deux doigts dans l'attaque de muletiers qui transportaient de l'argent de Marrakech à Safi. [... à la fin du chapitre, passage tapuscri à l'encre rouge : ] Monsieur Kouri dès son enquête terminée reprit le chemin de Mogador. Il partit de Marrakech très fatigué et son état empira tellement durant son voyage de retour par une chaleur torride qu'il mourut en arrivant à Mogador. Les notes prises par Mr Kouri en écriture arabe très abrégée ne purent être déchiffrées et ne purent supplanter le rapport sur sa mission qu'il n'avait pas encore redigé. Le Sultan Mouley El Hassan a épousé El Alia Bent Salah Ben Ghasi El Aroussia El Bejjajia ; leur fils Mouley El Hafid a été Sultan du Maroc de 1907 à son abdication le 12 Aout 1912. El Alia Bent Salah avait trois freres : Si Abdallah Ben Salah Ben Ghasi, Si Kacem, Si Hhasi qui étaient les oncles de Mouley Hafid. En 1906 le Caid de Settat était Caid El Hadj Maati Ben Kebir El Mazenzi El Aroussi qui à sa mort en 1910 a été remplacé par son fils le Caid Hadj Ali. Ils étaient de meme origine (Ouled Aroussi) que la mère de Mouley Hafid mais n'étaient pas parents. C'est cette origine commune de Mouley Hafid et du Caid El Hadj El Maati qui a fait croire à Mr le Consul Koury qu'ils étaient cousins quand il a établi leur complicité dans le massacre des ouvriers du port de Casablanca en 1907. Casablanca, 28 Aout 1954"[ Autre chapitre : ] « Association amicale des Français du Maroc avant août 1907. Casablanca, le 10 juin 1940. Monsieur le Général Noguès, Résident général de France au Maroc. Mon Général, À l'heure où se discutent les destinées de la France et de son Empire, je vous déclare au nom des Français qui, encore ici au nombre de 90, furent les premiers pionniers du Maroc, conscients de la puissance que représentent l'Afrique du Nord, des Colonies immenses, une Marine intacte et une associée aux ressources inépuisables, que nous sommes tous à vos côtés, avec la pensée unanime qu'une pareille force ne peut s'effacer et qu'elle doit être l'espoir et le meilleur élément de la Restauration de la Mère Patrie. Le Maroc ne peut faillir à cette noble tâche et il est prêt à l'aborder sous votre autorité et celle de son respecté Souverain Sa Majesté Moulay Mohamed. Nos enfants qui aujourd'hui disputent pied à pied le sol national à un ennemi implacable, sont aussi les enfants de l'Empire. Ils sont attachés comme nous au sol qui les a vus naître et ne peuvent concevoir un abandon qui leur paraîtrait le reniement des engagements les plus solennels. Avec l'assurance de ma très haute et très respectueuse considération, je vous prie de croire, Mon Général, à l'entier dévouement de tous les membres de l'Association que je représente. Le Président, signé : P. Bouvier » [ Suit à l'encre rouge : ] "Je n'ai pas reçu de réponse à cette lettre mais quelques jours après l'avoir envoyée il m'a été communiqué par un des destinataires une lettre adressée par le Général Noguès aux Directeurs des services de l'Armée. Le Général les informait qu'il lui était parvenu de nombreuses demandes de résistance à la capitulation du Gouvernement Pétain et qu'il avait demandé aux Anglais quelle aide ils pouvaient lui apporter. Ces derniers lui ayant répondu être pour le moment dans l'impossibilité de lui fournir une assistance quelconque, il se trouvait dans l'impossibilité de résister. Le Général terminait en enjoignant à ses Directeurs de communiquer la teneur de sa lettre à leurs chefs de corps puis de la détruire".‎

‎Tapuscrit sur papier machine format A4 sous chemise cartonnée de remploi, liasse réunie sous attaches parisiennes, 49 ff. et un feuillet contrecollé contre la chemise. [ "Lettres Marocaines. Casablanca" - Tapuscrit corrigé par l'auteur en 1954 : ] [ Contient : ] Casablanca. 1909. L'accord franco-allemand – Impopularité de Mouley Hafid – Malaises dans les colonies européennes – Résistance du Maghsen aux réformes – Réduction des effectifs du corps de débarquement – Fin du prétendant Mouley Mohammed – Retour général à l'anarchie – Reprise des travaux du port de Casablanca – Considérations sur l'occupation du Maroc – L'opposition aux réformes consolide la position de Mouley Hafid – La poste francaise – Avance des espagnols dans le Riff – Lenteur des manipulations dans le port de Casablanca. 1910. Enquête du consul Kouri sur l'assassinat du docteur Mauchamp. 1912. Démarche internationale pour l'exécution des travaux du port de Casablanca – Mauvaise organisation des manutentions du port – Casablanca doit être le grand port du Maroc. 1913. Controverse au sujet d'un port à Fedalah – Lettre au général d'Amade 1940 Appel à la résistance.[ Nous proposons ci-dessous quelques extraits du tapuscrit : ] "Ressortissants français au Maroc. En janvier 1906. Tanger 600 – Casablanca 70 – Mogador 20. Larache 20 – Rabat 17 – Fez 17. Mazagan 10 – El Ksar el Kebir 8. Safi 5 – Tetouan 3 – Marrakech 2. Soit au total moins de 800 Français au Maroc en 1906" [ Autre chapitre : ] "Casablanca 9 Février 1909. (1). La nouvelle de l'accord franco-allemand laisse bien peu d'intérêt à ce qui se passe au Maroc. La situation dans le Sud où domine l'influence des grands Caïds est sans changement tandis que dans le reste du Maroc tout en n'appréciant guère la manière de Mouley Hafid on n'ose guère le manifester. Toutes les nouvelles de Fez s'accordent pour estimer que Mr. Regnault n'obtiendra rien de Mouley Hafid qui tout en ayant de bonnes paroles ne cédera rien, bien au contraire. Il est probable que l'accord Franco-Allemand rappellera Mouley Hafid à la réalité et qu'en ayant l'appui financier et militaire de la France il ne pourra éviter de se plier à sa volonté" (Une note tapée à l'encre rouge précise :"Accord Franco-Allemand du 9 Février 1909 par lequel le Gouvernement Allemand reconnaît les intérêts politiques particuliers de la France au Maroc et s'engage à ne pas les entraver") [ Autre chapitre : ] "Casablanca 7 Septembre 1909. Situation politique : La consolidation du pouvoir de Mouley Hafid que je signalais dans ma dernière lettre s'accentue de plus en plus alors que la situation des européens reste stationnaire. La proclamation de Mouley Hafid à Taza, si toutefois le fait est exact, est très intéressante car le sultan en établissant son autorité dans cette région pourra empêcher les espagnols d'y accéder. Ceux-ci font des préparatifs importants et un succès pourrait les griser. Je n'en persiste pas moins à croire que plus on ira moins on obtiendra de Mouley Hafid. Il faut tout de même espérer que l'opinion générale est dans l'erreur en estimant qu'il n'y a rien à faire avec lui. Il paraît, chose curieuse, que Mouley Hafid aurait un homme plus fort que lui en la personne du Rogui que les gens de Fez ne regardent pas sans crainte [... ] et menaçant dans la cage où il est enfermé. En Chaouia la situation est sans changement. Monsieur Gentil qui a fait un assez long séjour dans la région est parti pour Fez via Tanger après avoir effectué une audacieuse randonnée dans les Zaers, au Nord-Est de la Chaouia. Il a eu la surprise de découvrir une vaste région extrêmement riche dont les terres noires ont beaucoup d'analogie avec les plus belles de la Chaouia. Ces terres sont entièrement cultivées et les indigènes ne permettent à personne d'approcher car c'est la richesse de cette région siba. Port de Casablanca : les travaux avancent lentement et cet état de chose ne paraît pas devoir être amélioré avant plusieurs années pour le plus grand préjudice du commerce. Il y a ces jours-ci douze vapeurs en rade alors que la capacité totale d'embarquement par jour est à peine de 700 tonnes, y compris toutes les barcasses des Compagnies de Navigation dont on tolère l'usage malgré le monopole du Maghsen. Il y aurait cependant moyen de remédier à peu de frais à cette pénurie, mais le Maghsen qui encaisse actuellement des droits très importants ne veut engager aucune dépense en contre partie. Port de Safi : les travaux du warf avancent rapidement et les communications avec les bateaux en rade s'en trouvent déjà bien améliorées. Mazagan dispose d'un remorqueur, Safi va en avoir un, alors que Casablanca n'en a encore pas. Poste française : Cet excellent moyen de pénétration est bien négligé au Maroc. L'esprit qui règne dans les bureaux est celui que l'on trouverait dans un bureau de Paris. Le résultat est que les marocains vont de préférence et avec de bonnes raisons à la poste allemande. Il faudrait pour corriger ce fonctionnement défectueux : 1° - que l'Administration des Postes exige des employés aux guichets de savoir parler et écrire l'arabe de façon à pouvoir lire les adresses et délivrer des reçus écrits en arabe. 2° - Adopter pour tous les services des imprimés écrits en français et en arabe (en Égypte ils le sont en arabe, en français et en anglais). 3° - Se mettre dans l'idée qu'ici nous ne sommes pas en France mais au Maroc et qu'un employé des postes sachant l'arabe et répondant dans cette langue au guichet ne fait pas une complaisance mais remplit une obligation de sa fonction."[ Autre chapitre : ] "Casablanca 25 Juin 1910. Enquête de Mr Kouri, Consul de France à Mogador, sur l'assassinat du Docteur Mauchamp à Marrakech le 19 mars 1907. Monsieur Kouri, Consul de France à Mogador, m'ayant informé qu'il se rendait à Marrakech chargé par le Gouvernement Français de procéder à l'enquête si longtemps ajournée sur l'assassinat du Docteur Mauchamp, je me suis mis en route le 23 mai pour aller le rejoindre. Le chemin direct par Mechra ben Abbou étant alors suffisamment sûr, j'ai adopté cet itinéraire que je n'avais encore jamais parcouru. J'avais comme escorte mon fidèle domestique Abdallah et deux cavaliers amis des Ouled Harriz, ce qui formait un groupe de quatre fusils suffisant pour tenir les maraudeurs à distance. De Casablanca à Mechra ben Abbou sur l'Oum Er Rebia, à moitié chemin de Marrakech nous étions en Chaouia occupée. Un pont de bateaux lancé par le génie en face du dernier poste nous a permis le passage facile de l'oued, puis jusqu'à Marrakech le voyage s'est poursuivi sans incidents à travers l'interminable et inculte région des Rehamnas dont les rares habitants sont groupés en douars formés de tentes brunes d'aspect très misérable. Les points d'eau de Ben Guerir et de Sidi bou Athman à l'entrée des Djebilets paraissent un peu moins déshérités. Dans la matinée du quatrième jour nous entrions à Marrakech après avoir parcouru environ 240 kilomètres. Grâce à l'aimable hospitalité de mon excellent ami l'Amin Cabadj je n'ai pas eu à me préoccuper de trouver un logement. Mr Kouri m'avait précédé de plusieurs jours à Marrakech et était installé à l'Arsa ben Idriss mis à sa disposition par le Maghsen, beau jardin situé à proximité de Bab el Robb avec au milieu un spacieux et élégant pavillon dont il avait affecté le premier étage à son logement et le rez de chaussée à son bureau. Mr Kouri que je rencontrais pour la première fois me réservait un accueil aimable et confiant. C'était un Syrien très avenant d'âge mûr, arabisant distingué et fin diplomate, toutes qualités rendant particulièrement heureux le choix fait par Mr Regnault qui l'avait connu de longue date en Tunisie. Mr Kouri était au reste bien décidé à mener sa délicate tâche à bonne fin malgré les difficultés qu'elle présentait, les compromissions qu'elle était appelée à révéler et ceci en l'absence de toute autorité ou force sur lesquelles il puisse s'appuyer. Mr Kouri malgré la fatigue d'un voyage à cheval de 150 km par une chaleur accablante avait déjà bien employé à de nombreux interrogatoires ses premières journées passées a Marrakech. Dès mon arrivée, Mr Kouri m'interrogea longuement sur tout ce que je savais de l'affaire Mauchamp puis me requis comme greffier pour l'assister dans son enquête; c'est ce que je fis, apres avoir prêté le serment d'usage, durant les quelques jours qu'il resta encore a Marrakech. Je fus fort surpris au cours de ces longues séances de la facilité avec laquelle les marocains convoqués par Mr Kouri étaient envoyés par le Pacha El hadj Abd El Salam et de la franchise et spontanéité avec lesquelles les indigènes aussi bien que les étrangers et tout particulièrement les Allemands renseignaient Mr Kouri. Sa mission terminée et avant de nous separer, Mr Kouri me pria de rapporter verbalement a notre Ministre à Tanger, Mr Regnault, que je devais voir peu apres à Tanger, et en attendant son rapport les conclusions de son enquête. Voici ces conclusions: "Le principal meurtrier du Dr Mauchamp, celui qui a excité la foule et lui a porté le premier coup de poignard est un nègre qui habitait dans l'impasse débouchant devant la maison du Docteur. Cet indigene était au service de Mouley Hafid pour le compte duquel il a agi. C'est ce même indigène qui servait de messager entre le Docteur et Mouley Hafid. Mouley Hafid, intelligent lettré, mais aussi buveur et débauché se plaisant dans la compagnie des filles soumises de la ville qu'il appelle au Dar Maghsen, était selon Mr Kouri un esprit si roué que seul le qualificatif de "satanique" pouvait lui convenir. Pendant la période de six mois qui a précédé la mort du Docteur, c'est Mouley Hafid qui a provoqué et entretenu l'agitation parmi les tribus du Haouz de Marrakech. Celui-ci avait recours aux moyens les plus vils pour se procurer de l'argent, faisant battre les tribus entre elles, se faisant acheter son appui aussitôt suivi d'une trahison, organisant même des attaques à main armée contre des caravanes avec des renseignements recueillis en ville par ses émissaires et se servant en particulier à ces fins du Cheik Laiadi des Rehamnas qui perdit deux doigts dans l'attaque de muletiers qui transportaient de l'argent de Marrakech à Safi. [... à la fin du chapitre, passage tapuscri à l'encre rouge : ] Monsieur Kouri dès son enquête terminée reprit le chemin de Mogador. Il partit de Marrakech très fatigué et son état empira tellement durant son voyage de retour par une chaleur torride qu'il mourut en arrivant à Mogador. Les notes prises par Mr Kouri en écriture arabe très abrégée ne purent être déchiffrées et ne purent supplanter le rapport sur sa mission qu'il n'avait pas encore redigé. Le Sultan Mouley El Hassan a épousé El Alia Bent Salah Ben Ghasi El Aroussia El Bejjajia ; leur fils Mouley El Hafid a été Sultan du Maroc de 1907 à son abdication le 12 Aout 1912. El Alia Bent Salah avait trois freres : Si Abdallah Ben Salah Ben Ghasi, Si Kacem, Si Hhasi qui étaient les oncles de Mouley Hafid. En 1906 le Caid de Settat était Caid El Hadj Maati Ben Kebir El Mazenzi El Aroussi qui à sa mort en 1910 a été remplacé par son fils le Caid Hadj Ali. Ils étaient de meme origine (Ouled Aroussi) que la mère de Mouley Hafid mais n'étaient pas parents. C'est cette origine commune de Mouley Hafid et du Caid El Hadj El Maati qui a fait croire à Mr le Consul Koury qu'ils étaient cousins quand il a établi leur complicité dans le massacre des ouvriers du port de Casablanca en 1907. Casablanca, 28 Aout 1954"[ Autre chapitre : ] « Association amicale des Français du Maroc avant août 1907. Casablanca, le 10 juin 1940. Monsieur le Général Noguès, Résident général de France au Maroc. Mon Général, À l'heure où se discutent les destinées de la France et de son Empire, je vous déclare au nom des Français qui, encore ici au nombre de 90, furent les premiers pionniers du Maroc, conscients de la puissance que représentent l'Afrique du Nord, des Colonies immenses, une Marine intacte et une associée aux ressources inépuisables, que nous sommes tous à vos côtés, avec la pensée unanime qu'une pareille force ne peut s'effacer et qu'elle doit être l'espoir et le meilleur élément de la Restauration de la Mère Patrie. Le Maroc ne peut faillir à cette noble tâche et il est prêt à l'aborder sous votre autorité et celle de son respecté Souverain Sa Majesté Moulay Mohamed. Nos enfants qui aujourd'hui disputent pied à pied le sol national à un ennemi implacable, sont aussi les enfants de l'Empire. Ils sont attachés comme nous au sol qui les a vus naître et ne peuvent concevoir un abandon qui leur paraîtrait le reniement des engagements les plus solennels. Avec l'assurance de ma très haute et très respectueuse considération, je vous prie de croire, Mon Général, à l'entier dévouement de tous les membres de l'Association que je représente. Le Président, signé : P. Bouvier » [ Suit à l'encre rouge : ] "Je n'ai pas reçu de réponse à cette lettre mais quelques jours après l'avoir envoyée il m'a été communiqué par un des destinataires une lettre adressée par le Général Noguès aux Directeurs des services de l'Armée. Le Général les informait qu'il lui était parvenu de nombreuses demandes de résistance à la capitulation du Gouvernement Pétain et qu'il avait demandé aux Anglais quelle aide ils pouvaient lui apporter. Ces derniers lui ayant répondu être pour le moment dans l'impossibilité de lui fournir une assistance quelconque, il se trouvait dans l'impossibilité de résister. Le Général terminait en enjoignant à ses Directeurs de communiquer la teneur de sa lettre à leurs chefs de corps puis de la détruire".‎


‎Remarquable archive privée pour l'étude du Protectorat français au Maroc Rédigé par Paul Bouvier, minotier et homme d'affaire, président en 1940 de l"Association amicale des Français du Maroc avant août 1907", ce tapuscrit articule des observations contemporaines des faits (1906-1913), sans doute recopiée de brouillon de ses notes originales, avec une mise en perspective historique rédigée à l'encre rouge en 1954. Les enjeux majeurs portent sur l'instabilité politique sous Mouley Hafid, les mécanismes de l'intervention française après l'assassinat du Dr Mauchamp et les tensions coloniales dans les ports marocains (il croise Lyautey et a un grand rôle dans le développement du port de Casablanca). L'intérêt documentaire est remarquable par la précision des noms (plusieurs ont été rajoutés postérieurement à la main), des lieux et des détails techniques sur l'administration coloniale, notamment la critique des méthodes de gestion postale et portuaire. Cet extraordinaire témoignage direct concentré sur la période 1909-1913 (et qui se conclut par sa lettre au Général Noguès en 1940) semble une source inédite et de premier ordre pour l'histoire du Maroc et des relations diplomatiques avec la France. Bon état (chemise fort. frottée, bon état par ailleurs). IMPORTANT : Pour tout achat vers l'étranger (hors France), une demande d'autorisation d'export doit être demandée, ce qui peut entraîner des délais supplémentaire d'un à deux mois (voire plus) avant expédition.‎

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EUR2,500.00

‎CORTI (José) ‎

Reference : 31612

(1945)

‎Rêves d'encre. 25 images présentées par Paul Éluard, René Char, Julien Gracq et Gaston Bachelard‎

‎ Manuscrit du poème d'Éluard et deux encres originales Paris, Librairie José Corti, (septembre) 1945. 1 vol. (165 x 265 mm) de [8] p. et 24 planches. En feuille, sous couverture à rabats illustrée. Édition originale. Tirage unique à 650 exemplaires (n° 364). Exemplaire auquel il est joint le manuscrit du poème d'Éluard et deux encres originales de José Corti. ‎


‎Recueil rare où l'éditeur-libraire se fait artiste, Rêves d'encre rassemble vingt-quatre compositions abstraites, tracées à l'encre par José Corti puis tirées en phototypie ; une vingt-cinquième orne la chemise titrée. Les exemplaires de tête (un tirage rare, limité à cinquante) comportent chacun un dessin original - le plus souvent une variante non retenue pour l'illustration. Corti, artisan d'un catalogue d'une tenue exemplaire, accueillit très tôt les surréalistes et fit des livres de Julien Gracq le coeur ardent de sa maison. Sans «coups», seulement le cap d'un goût sûr - jusqu'à cette maxime qui lui ressemble : «Notons qu'il vaut mieux mourir après avoir fait faillite avec les Fleurs du Mal sur sa tombe que disparaître en laissant une fortune tirée de littératures ou médiocres ou indignes». On n'oubliera pas non plus - et on la mettra même au premier plan - l'ombre de Dominique, le fils, déporté et fusillé à dix-neuf ans dont Corti évoque la figure dans ses Souvenirs désordonnés : mémoire d'un père frappé par la perte de son fils aux derniers jours de la guerre. Livre d'artiste et manifeste discret, Rêves d'encre est ainsi plus qu'un portfolio : un autoportrait de l'éditeur. L'ouvrage comprend 16 pages de texte au total. Quatre textes demandés par Corti à ceux qui sont, à ce moment, clairement et nettement, ses quatre amis de plume et de coeur : Gaston Bachelard, René Char, Paul Éluard et Julien Gracq. Quatre textes brefs et inédits. Bachelard signe en ouverture un texte à sa manière, intitulé « Une rêverie de la matière » : l'encre y est vue comme matière de rêverie et les « réveils d'images » comme moteurs de l'imagination matérielle. Des échos à ses travaux de la décennie : L'Eau et les rêves (1942), La Terre et les rêveries de la volonté (1948). Char propose, lui, un court fragment en prose poétique, « La Lune rouge et le géranium noir », dans la lignée du Marteau sans maître (1934), dont il est sur le point de donner, toujours chez Corti, une réédition. Éluard, l'ami et le poète, pour lequel il a convoyé Poésie et vérité 1942, ne déroge pas à ce qui le constitue : il livre un fameux poème, lyrique et limpide, « Temps anciens, temps bénis », en écho direct à son activité éditoriale et militante pendant la guerre et à la Libération. Ce poème, il le dédie à Corti et le clôt pas ces mots : « On avait quand même quelques gouttes de vin dans son eau, quelques gouttes d'espoir dans les veines. Je ne possédais pas encore toutes les preuves de la haine. L'injure faite à autrui ne m'avait pas encore coupé le coeur en deux. Paul Éluard. Vichy, le 14 juillet 1945. » À l'issue de sa publication dans Rêves d'encre, Éluard l'intègrera ensuite dans l'édition augmentée de Au rendez-vous allemand (1946) qui, éditée en compagnie de Poésie et vérité 1942, regroupera tous les poèmes publiés pendant et au sortir de la guerre. Le présent exemplaire est enrichi du manuscrit princeps du poème - 1 page en 1 f. (150 x 220 mm) au verso d'un papier à en-tête. Ce dernier paraît tout d'abord dans le n° 68 des Lettres françaises, publié le 11 août 1945, un mois après sa rédaction. Cette version est celle qui a servi à cette publication en revue, ainsi que l'atteste la note au crayon et les indications typographiques, conformes à la parution. La date de la rédaction du poème, « 14 juillet 1945», biffée par Éluard, n'a pas été conservée lors de cette parution, mais apparaît bien dans ici. Enfin, Julien Gracq, sollicité par Corti, livre une courte prose de lecteur-voyageur, « Éclosion de la Pierre », un commentaire qui s'ajuste parfaitement aux compositions de Corti et annonce ces notices vibrantes qu'on retrouvera plus tard dans Préférences et Lettrines : « Une goutte d'encre portée sur une eau-mère, avec la préméditation compliquée et patiente de l'oeuf, éclot et dévide le mystère de ses organes. À la ressource inépuisable du hasard vient se joindre un sentiment de nécessité mal explicable ». Un texte qui annonce les récits de Liberté grande, qui paraîtra l'année suivante. L'exemplaire est également enrichi de deux compositions originales de José Corti, non retenues pour l'ouvrage. Une deuxième édition, publiée en 1969, donnera trois compositions supplémentaires, soit 28 images au total. Très bel exemplaire, joliment enrichi. ‎

Librairie Walden - Orléans
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EUR4,000.00

‎CORTI (José)‎

Reference : 28538

(1945)

‎Rêves d'encre. Vingt-cinq images présentées par Paul Éluard, René Char, Julien Gracq et Gaston Bachelard.‎

‎ Exemplaire et reliure de rêve pour Rêves d'encreManuscrit autographe et dessins originaux. Paris, José Corti, (septembre) 1945. 1 vol. (170 x 250 mm) de [23] f. (manuscrits et dessins), 16 p. + suite. Buffle paille, plats évidés, ornés d'une pièce irrégulière d'ébène blanc reliée de part et d'autre d'une étroite bande d'ébène réhaussée de rivets dorés, titre à l'œser brun en long, gardes de chèvre velours assorties, tranches dorées sur témoins, couvertures conservées (reliure signée de Renaud Vernier - E.D. Claude Ribal, 2025). Edition originale. 24 compositions de José Corti, plus une formant la couverture. Exemplaire unique, conservé par José Corti, imprimé nominativement pour son fils avec la mention : « Exemplaire imprimé pour Dominique Corticchiato ». Montés en tête, tous les manuscrits originaux signés des auteurs ayant servi à l’édition, ainsi que les compositions originales à l’encre de José Corti et des tirages d’essai annotés de sa main.‎


‎L'exemplaire contient notamment : le manuscrit autographe signé de Paul Éluard, Temps anciens, temps bénis (1 f.), avec la lettre autographe signée de José Corti à Éluard, datée du 15 mai 1945 ; le manuscrit autographe signé de René Char, La Lune rouge et le géranium noir (2 f.), avec deux lettres autographes signées de Char à Corti, datées des 8 et 24 août 1945 ; le manuscrit autographe signé de Julien Gracq, Éclosion de la pierre (1 f.) ; le manuscrit autographe signé de Gaston Bachelard, Une rêverie de la matière (4 f.) ; enfin 20 dessins originaux de José Corti et des tirages d'essai annotés au verso. Ainsi constitué, l'exemplaire n'est pas seulement un exemplaire enrichi : il est le dossier génétique presque complet du livre, demeuré dans les archives de l'éditeur. Imprimé spécialement pour son fils, cet exemplaire fut conservé par Corti dans ses archives où se trouvaient tous les manuscrits des textes de ce livre, ses propres dessins préparatoires et tirages d'essai ainsi que deux lettres de René Char relatives à ce projet éditorial. Dans cet ensemble, Corti garda aussi le brouillon de la lettre qu'il adressa à Paul Éluard, le premier auquel il pensa pour préfacer ses Rêves d'encre. Capitale, cette lettre à Éluard permet de restituer la naissance même de l'ouvrage : Corti songea d'abord à une simple présentation par Éluard de ses images, avant que Bachelard n'ait l'idée d'élargir le projet et que soient sollicités René Char et Julien Gracq. Surtout, elle s'achève sur ces mots dont l'histoire, depuis, confère à l'exemplaire son caractère autant tragique qu'émouvant : «Votre acceptation de mon projet me ferait très plaisir à moi - et aussi à mon fils, lorsqu'il reviendra. Il aime autant Bachelard et Gracq qu'il voyait souvent qu'il a d'admiration pour vous. Et Char a été si gentil pour lui... cette réunion aurait à mes yeux l'air d'une manifestation d'amitié, suis tout vôtre, José Corti, 15. 5. 45». Ce livre est ainsi préparé dans l'attente du retour de Dominique Corticchiato, arrêté par la Gestapo le 2 mai 1944, déporté dans le dernier convoi du 15 août 1944, et qui ne reviendra pas. Plusieurs sources, à commencer par les Souvenirs désordonnés de l'auteur, évoquent ce qui s'est passé ce jour maudit du 2 mai. Elles sont depuis complétées par le travail d'enquête biographique d'Olivier Salon, qui a publié en 2016 François le Lionnais, le disparate (Othello) : l'histoire de Dominique Corticchiato se révèle plus précise et ses liens avec la Résistance - avec François Le Lionnais en particulier - permettent de prendre quelque distance avec le récit de José Corti. Accusé de légèreté voire d'inconséquence grave par Corti, François Le Lionnais aurait, selon l'éditeur, porté toute la responsabilité de l'arrestation de son fils. hors, Si, comme le souligne Olivier Salon, «L'affaire Le Lionnais/Corti ne sera jamais pleinement élucidée » il demeure avéré deux choses : Le Lionnais, résistant au lendemain de la démobilisation, s'est servie de la librairie Corti «qui était le siège parisien de son activité de résistant (sous couvert de revue de poésie), lui assurant l'utilisation du téléphone de l'arrière boutique (tout en laissant José Corti dans l'ignorance totale de cette activité)», or le réseau dans lequel évolue Le Lionnais, Marco Polo est aussi celui où entre précocement, le fils de Corti, Dominique. Enfin, les dates d'arrestations de l'un et de l'autre premettent de restituer la chronologie de ces douze mois entre avril et mai 1945 pendant lesquels Corti va espérer sans relâche retrouver son fils : François Le Lionnais sera arrêté le 29 avril 1944 par la Gestapo, soit trois jours plus tôt que Dominique Corti et Nicole Corti, sa mère. Laissons à nouveau la parole à Olivier Salon dont le récit factuel suffit à dire l'insoutenable douleur de José Corti et de son épouse : «François Le Lionnais, Dominique Corti et Mme Corti sont envoyés à Fresnes durant trois mois, jusqu'au 15 août 1944. Le Lionnais est torturé, mais ne parle pas (selon ses dires, nous n'avons pas d'autre source). Il sera déporté dans le dernier convoi, celui du 15 août 1944, en même temps que Dominique Corticchiato [...]. On les retrouve ici tous les deux, dans la liste des déportés du tragique «dernier convoi». Mme Corti, quant à elle, sera liberée et rejoint son époux le 17 août 1944. François Le Lionnais survivra jusqu'à la libération des camps, et rentrera à Paris le 3 mai 1945, deux jours avant la lettre de Corti envoie à Eluard et dans lequel il espère encore. Il ne le sait pas, mais Dominique Corti ne reviendra pas. Éluard rendra hommage au fils de José Corti : son nom figure dans la litanies des poètes disparus pendant la guerre qu'Éluard pleure : « Éternité de ceux que je n'ai pas revus.» Le poème paru dans les colonnes des Lettres françaises (8 septembre 1945), avant de paraître dans le recueil Au rendez-vous allemand. Éluard avait signé, en 1943, une préface au texte de Horace Walpole Le Château d'Otrante, traduite par Dominique Corticchiato. Le volume garde aussi la trace, à l'état presque pur, d'un moment très particulier du milieu littéraire français : celui de l'immédiat après-guerre, où se retrouvent, autour de Corti, des amitiés anciennes, nouées bien avant 1940 et éprouvées par l'Occupation. Le rapprochement d'Éluard, de Char, de Gracq et de Bachelard autour d'un livre d'images a quelque chose d'exceptionnel qui dit assez la place singulière de José Corti dans cette constellation. Que l'éditeur ait souhaité offrir ce livre à son fils, qui admirait précisément tous ces écrivains, donne à cette réunion une intensité supplémentaire. Si Éluard et Corti se retrouvent en 1945 pour publier Rêves d'encre, l'établissement des « listes noires » successives d'écrivains ayant collaboré par le Comité national des écrivains, où Éluard et Aragon se montrent parmi les plus intransigeants, conduira à leur rupture. Par suite d'une demande de Maurice Chapelan, inscrit sur ces listes, puis écarté par Aragon, de la publication dans une anthologie d'un texte d'Éluard édité par Corti, ce dernier adresse au poète ce mot malicieux : « Je ne savais pas qu'Aragon tenait boutique de blanchisserie ». Ce mouvement d'humeur sera fatal à leur amitié : « je téléphonai trois ou quatre jours plus tard, racontera Corti. «Je suis justement en train de vous écrire, me dit Éluard car vous m'avez fait beaucoup, vraiment beaucoup de peine attaquer Aragon, c'est m'attaquer moi-même ». Je tombai, comme on dit, de haut. Sa lettre me parvint. J'y lus ce dont il m'avait téléphoné l'essentiel. Ce n'est que plus tard, beaucoup plus tard, que je compris qu'il s'agissait, en fait, et sans que rien ne le laissât deviner, d'une lettre qui devait être la dernière et devait dater la fin de notre amitié » (ibid., p. 102). Corti, bien plus tard, se rendra propriétaire d'une des versions autographes de Poésie et Vérité 1942, acquise auprès du libraire Lucien Scheler : un ultime repentir autant qu'un hommage envers un compagnon de route des années surréalistes puis des années de guerre. La conservation de Rêves d'encre dans sa bibliothèque, souvenir le plus concret de la présence de son fils, confère à cet exemplaire une valeur presque déchirante, qui n'est plus seulement que le plus bel état possible de Rêves d'encre : un mémorial privé, élaboré au moment même où l'éditeur espère encore, puis garde auprès de lui ce qui devait devait accueillir son fils disparu. ‎

Librairie Walden - Orléans
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EUR28,000.00

‎PASSAGES D'ENCRE, ‎

Reference : 47694

(2011)

‎42 - Passages d'encre le grand danger‎

‎ 2011 Paris, Passages d'encre, 2011, 24 x 28 cm , 160 pp, Neuf, couverture souple, avec une lithographie ( 23/80) jointe de l'artiste J.Barral ‎


‎numéro 42 , passages d'encre,. avec une lithographie ( 23/80) jointe de l'artiste J.Barral. ‎

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