Trois lettres manuscrites autographes signées adressées à Désiré-Émile Ingelbrecht, fondateur de l’Orchestre National de France et puissant artisan de la vie musicale à Radio-France, à propos de Pelléas et Mélisande.« Paris, le 13 mars 1952, Mon cher Maître, Votre très aimable lettre est venue me retrouver à Paris et je ne sais comment vous dire à quel point j’ai été profondément ému en la lisant. C’est un peu comme si Debussy lui-même m’apportait un encouragement ! Je vous avoue très sincèrement que je suis un “ envoûté ” de Pelléas et que rien ne pourrait plus me toucher que votre approbation. C’est vous dire à quel point je désire très vivement connaître vos critiques et puisque vous me le proposez si aimablement, je me permettrai de vous téléphoner à votre retour pour vous demander quelques instants d’entretien. Croyez, mon cher Maître, je vous prie, en mes sentiments très reconnaissants et tout dévoués. » « Tokyo, le 14 décembre 1958, Mon Cher Maître, En attendant de pouvoir vous narrer de vive voix notre aventure japonaise, permettez-moi de vous adresser mes pensées fidèles et reconnaissantes, avant de quitter le pays du Soleil levant. Je n'oublie pas que c’est à vous que je dois la joie d’avoir pu faire ici la création de notre cher Pelléas. Je crois que notre ami vous a déjà donné quelques échos. Ce qu’elle ne vous a certainement pas dit, c’est qu’elle a été une Mélisande extrêmement sensible, touchante, mystérieuse. Enfin ‘ elle fut Mélisande ‘. Je suis parti de Paris depuis fin juillet – six concerts à Buenos Aires en août, deux mois et demi à l’opéra de San Francisco pour le répertoire courant (sauf création du Médée de Cherubini). Vous dirai-je que c’est ici, avec ces sept Pelléas et les concerts, que j’aurais eu le plus de joies musicales ? A très bientôt, mon cher Maître. Après un nouveau crochet pour deux concerts à Cleveland, je rentre à Paris pour début janvier. Voulez-vous, je vous prie, présenter mes hommages à Madame Inghelbrecht, et croire à mes sentiments bien fidèlement dévoués. » « Paris, le 15 septembre 1960, Mon cher Maître, J’ai été extrêmement sensible à l’envoi que vous avez bien voulu me faire de la partition du ‘Requiem’ et je vous en remercie vivement. Ce que je souhaite beaucoup, c’est pouvoir le donner quelque part. Comme vous le savez peut-être, je deviens, à partir de l’an prochain, chef titulaire de l’Orchestre philharmonique de la radio hollandaise. On fait, dans ce sympathique pays où je vais depuis longtemps, beaucoup de musique dans de bonnes et agréables conditions ! … ce qui n’est pas, hélas, toujours le cas ailleurs… J’espère donc, dès que possible, inscrire une de vos œuvres à mes programmes, ce que je n’ai pu faire depuis assez longtemps, à mon grand regret. Veuillez, mon cher Maître, présenter de respectueux hommages à Madame Ingelbrecht, et croire, je vous prie, en mes sentiments fidèlement dévoués. »
Reference : 1375
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