Couverture souple. Broché. 128 pages.
Reference : 146496
Livre. Editions P.U.F (Collection : Que sais-je? N° 788), 1961.
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Édition originale de « La Grammaire de Port-Royal », « l'un des textes les plus célèbres de l'histoire des théories linguistiques ».(En Français dans le Texte, n°99.) L'exemplaire relié à l'époque pour Jérôme Duvivier, l'ami de La Fontaine. Paris, Pierre le Petit, 1660. In-12 de 147 pp., (5) pp. Plein maroquin rouge, triple filet doré autour des plats, dos à nerfs finement orné, coupes décorées, roulette intérieure, tranches dorées sur marbrures. Reliure parisienne de l'époque attribuable à Boyet. 149 x 88 mm.
Édition originale d’une rareté légendaire de la fameuse grammaire de Port-Royal. Ruble, n°104 ; Barbier, II, 554 ; Destailleur, I, p. 230, n°978 ; Brunet, II, 1692. Rédigée par Lancelot, mais inspirée par le grand Arnauld, la « grammaire de Port-Royal » est l’un des textes les plus célèbres de l’histoire des théories linguistiques. Bien qu'elle ne soit pas sans précédents européens et qu'on puisse faire remonter ses sources jusqu'à la grammaire spéculative médiévale, elle constitue la première présentation conséquente (dans le sillage du rationalisme cartésien) d'un programme scientifique qui va dominer l'Europe des Lumières, jusqu'à ce que la grammaire comparée le remette en question. Le langage est l'expression de la pensée qui correspond en tout homme à une structuration universelle. Les règles qui gouvernent les mots dépendent de celles qui régissent les idées que ces mots expriment. Par là, la grammaire de toute langue possède un fond rationnel qui la rapproche de la logique ; c'est au reste dans leur logique que les Messieurs de Port-Royal exposeront leur théorie du verbe et des propositions incidentes. Cette édition originale est si rare qu’il n’en est apparu aucune sur le marché public international depuis 35 ans. Admirable exemplaire, peut-être le plus précieux connu, entièrement réglé, relié à l’époque avec élégance en maroquin rouge par Luc-Antoine Boyet, pour l’un des trois curieux identifiés, Jérôme Duvivier (1660 ≈ 1720) avec sa signature autographe en bas du titre. C’est dans le milieu des « curieux » parisiens, à l’extrême fin du XVIIe siècle, qu’ont fait leur apparition des reliures spécialement destinées à recouvrir des livres rares. Du Vivier connaît le duc du Maine, son « voisin » à l'Arsenal ainsi que le prince de Conti. On sait qu'il est l'ami de La Fontaine. Une lettre du fabuliste au prince de Conti - qui partageait la passion de Duvivier pour la céramique de Chine et du Japon - fait allusion sur un ton plaisant aux précieuses statuettes qui peuplent son cabinet: « Nous en parlions l'autre jour, du Vivier et moi (…). Nous fîmes des vœux très particuliers en votre faveur. Ils n'étoient ouïs que de quelques idoles chinoises » A partir de 1698, puis dans les éditions de 1706 et 1717, Brice le cite comme l'un des plus grands curieux parisiens, et les sept salons de son appartement de l'Arsenal sont devenus un lieu de visite obligé pour tous les gens de goût.
Précieux exemplaire, bien complet des planches qui manquent souvent, conservé dans son cartonnage de l’époque. Paris, Baudouin, mai 1803. Grand in-4 de (3) ff., 1 frontispice, vii pp., 254 pp., (1) f. d’errata, 16 tableaux dépliants, 10 planches hors texte numérotées in fine dont 3 en couleurs. Pâle mouillure à l’angle sup. des 10 premiers ff. Conservé dans son cartonnage de l’époque de papier bleu un peu frotté, dos lisse avec une pièce de titre manuscrite sur papier vert. Reliure de l’époque. 281 x 218 mm.
Première et unique édition de la grammaire arabe d’Herbin estimée pour l'essai de calligraphie orientale qu'il contient et pour ses belles planches. Brunet III, 110 ; Graesse, III, 247. Le présent ouvrage « conserve une place dans la bibliothèque des orientaliste à cause d’un ‘Essai sur la calligraphie orientale’ et des planches fort bien gravées qu’il renferme. Ces planches manquent dans plusieurs exemplaires ». (Brunet) Herbin (1783-1806), un élève prodige de Silvestre de Sacy, mort à l'âge de 23 ans, avait 16 ans lorsqu'il écrivit cet ouvrage et 20 lorsqu'il parut. « Auguste-François-Julien Herbin, célèbre orientaliste né à Paris le 13 mars 1783, fut l’élève de l’école des langues orientales, et dès l’âge de 16 ans composa une grammaire arabe, dont le plan n’est pas irréprochable, mais qui annonçait du moins ce qu’on pouvait attendre de son auteur. On a remarqué surtout la dernière partie de l’ouvrage ; l’auteur avait acquis dans cet art une grande habileté : il avait dessiné le modèle des planches de sa grammaire et en avait entièrement dirigé le travail ; il fut même obligé souvent de graver des caractères pour empêcher l’irrégularité de l’exécution. Sa grammaire devait être suivie d’un Dictionnaire arabe-français mais la mort qui le surprit le 30 décembre 1806, dans sa 24e année, l’empêcha de terminer ce travail. » (Biographie universelle). « Herbin avait acquis une tare habileté dans la calligraphie orientale ». La grammaire d’Herbin est composée de plusieurs chapitres sur l’orthographe, la syntaxe et l’élocution, puis vient une traduction des fables de Loqman, quelques fragments d’Abou L-Fèda, des proverbes arabes et un essai de calligraphie orientale. Le présent traité est illustré de 10 belles planches hors texte dessinées par l’auteur et finement gravées sur cuivre par E. Collin dont 3 aquarellées à la main. Elles représentent, outre le frontispice, un calligraphe en plein travail, les instruments employés pour la calligraphie arabe, des exemples de calligraphie, ... Précieux exemplaire, bien complet des planches qui manquent souvent, conservé dans son cartonnage de l’époque.
Précieuse réunion de trois rares éditions originales reliées en vélin souple de l’époque. Leyde, in officina Raphelengiana, 1613. - [Avec]: II/ Rous, Francis. Archaeologiae Atticae libri tres. Three bookes of the Attick Antiquities. Containing The description of the Citties glory, government, division of the People, and Townes within the Athenian Territories, their Religion, Superstition, Sacrifices,… Oxford, Printed by Leonard Lichfield for Edward Forrest, 1637. - [Avec]: III/ Crinesius, Christoph. Babel Sive Discursus de confusion linguarum, tum orientalium: Hebraicae, Chaldicae, Syriacae, Scripturae Samariticae, Arabicae, Persiae, Aethiopicae: tum Occidentalium, nempe, Graecae, Latinae, Italicae, Gallicae, Hispanicae,… Nuremberg, Simon Halbmayer, 1629. Soit 3 ouvrages relies en 1 volume in-4 de : I/ (4) ff., 192 pp., (2) ff. d’errata; II/ (4) ff., 149 pp.; III/ (6) ff., 144 pp., (2) ff. Vélin souple de l’époque, mention «Arabic grammar» inscrite à l’encre sur le plat supérieur, dos lisse. Reliure de l’époque. 186 x 147 mm.
I/ «Première édition de cette grammaire arabe, la première méthode raisonnée composée par un Européen, la grammaire de Kirsten publiée en 1608 n’étant qu’une traduction de l’Al-djarumia, du moins quant à la syntaxe. – Le passage arabe transcrit en lettres hébraïques et en lettres syriaques (page 13) n’a pas été reproduit dans les éditions suivantes». (Bibliothèque de Monsieur le Baron Sylvestre de Sacy, n°2762). ESTC S116252 ; Madan, I, p.202 ; STC 21350 ; Schnurrer, 49 ; Brunet, II, 1050; Zenker I, 168; Fuck 59 ff. First edition of the Arab Grammar by Thomas Erpenius (1584-1624), "the first native European to achieve true greatness in Arabic" (Toomer, Eastern Wisdom and Learning, 1996), published in the year he was appointed Professor of Oriental Languages at Leiden. «Pendant deux siècles, la Grammaire d’Erpenius fut le livre de base dans l’étude de l’arabe, rééditée sans changement substantiel, mais augmentée de toutes sortes de morceaux choisis. » (Mélanges de l’Université Saint-Joseph) Dès l’âge de dix ans, Thomas van Erpe (1584-1624) s'adonna à l'étude des langues orientales à Leyde. Célèbre orientaliste hollandais de son temps, il publia de nombreuses grammaires orientales et fut titulaire de la chaire d'arabe et de langues orientales de l'université de Leyde de 1613 à 1624. On créa même une chaire d'hébreu en sa faveur. Courtisé par les grandes places d'Europe, il ne quitta jamais Leyde. La Grammatica contient des fables et des sagesses traduites en latin, avec le texte arabe. "Nous lui devons une grammaire pour l'enseignement et la connaissance de l'arabe que l'on peut considérer comme la première utilisable en Europe" (Josée Balagna, L'Imprimerie arabe en Occident, Paris, Maisonneuve, 1984, p. 53). "First edition of the first scientific Arabic Grammar written by a European scholar". Smitskamp 68b This work introduced generations of Europeans to the rudiments of Arabic grammar. II/ Edition originale. STC 21350; Madan 18. Francis Rous entered Broadgates Hall Oxford in 1593 at the young age of 12, afterwards studying at Leyden and the Middle Temple (1601). In 1626 he was elected to Parliament for Truro, where he served for many years. He was an Independent and a member of Cromwell's Council of State (1653), and a much despised as the provost of Eton College during the Interregnum (1643). Rous's translation of the Psalms went through many editions. III/ Rare édition originale. “Crinesius (1584-1629) whose biography is rehearsed in the preface was born in 1584 in Bohemia, the son of a cleric and schoolmaster of the same name and his mother Anna Günther. Educated first in his father’s school, in 1603 he went to Jena and then Wittemberg, and graduated in philosophy in 1607. He then devoted himself to theology and linguistic studies. He married in 1615 Regina Dörffliner, a widow with children. In 1624 he was forced to migrate to Nuremberg, where he taught and ministered. He died around five in the morning on 28 August 1629. In this work Crinesius, who was the author of several works on Syriac grammar and texts, treats Hebrew as the first or origin of languages, a not uncommon belief, and then goes on to discuss the languages which are cognate with Hebrew or have some validity in the establishment of the scriptural text. He passes on to Samaritan, a chapter on Hebrew vocalization and from this we pass to the other languages stemming from Hebrew – Chaldacan, Syriac, Arabic and Ethiopic, with Persian also discussed. Crinesius tells us he is still a novice in Arabic, but is studying the grammars of Petrus Kirsten of Breslau and Erpenius. From Crinesius we learn also of a complete interlinear Latin translation of the Qu’ran together with marginal refutations of Muhammadan doctrine, which now ‘needs nothing except a printer, properly trained in the setting of Arabic’… Unexpectedly there is an interesting account of the pronunciation of French pp. 88-101 with shorter paragraphs on Italian and Spanish, and again the Lord’s Prayer is given. The penultimate chapter is a discussion of the divine name and its forms, and the last chapter is a series of eight scriptural linguistic ‘praxeis’, each one devoted to a different language… The work includes several sets of liminary verses, including one in Hebrew by Daniel Schwenter, Syriac, Greek and one in Arabic by Zechendorff. This is engraved (not printed) together with some in Samaritan characters by the engraver Herreman, and dated 3 October 1628. This work, like all the various works on Syriac of Crinesius, is not common”. (Maggs Bros, Further Books from the Library of The Earls of Macclesfield, 2012, n°58). Précieuse réunion de trois rares éditions originales reliées en vélin souple de l’époque.
Leuven 2004 Peeters Publishers Soft cover 1st Edition
Couverture souple, 24 x 16 cm, 806 pp., français, 1ère édition, état du livre: Très bon Orbis Supplementa Tome 24 Cette étude se propose de définir, à partir d'un corpus de 25 grammaires du français représentant le sommet de la production grammaticographique, le contenu de la ""grammaire traditionnelle"", de suivre son évolution pendant la première moitié du 20e siècle et d'analyser ses rapports complexes avec la réflexion contemporaine en linguistique. La perspective historiographique adoptée est celle d'une histoire ""interne"" axée sur le contenu de la description grammaticale, complétée par des données ""externes"" relevant de l'histoire sociale et institutionnelle. Cette étude innove en ce qu'elle fournit un examen transversal de problèmes et de concepts, articulé selon trois axes: les catégories de la description, la méthode et l'orientation théorique des grammaires. L'analyse détaillée met en évidence le statut problématique de la syntaxe traditionnelle: celle-ci pâtit d'une ""bidirectionnalité"" profonde, vu qu'elle pratique l'alliance d'une approche ascendante (catégorielle) et d'une approche descendante (sémantico-logique). Le conflit entre ces deux optiques engendre des discontinuités dans le dispositif descriptif. [Cette description peut avoir été traduite par une IA.]
Rouen, Jean Berthelin, 1645. 1645 1 vol. in-12° (159 x 110 mm) de : [4] ff. (dont titre et table des matières) ; 320 pp.; vignette sur la page de titre et bandeaux. (Trous de vers en marge du texte sur une dizaine de ff.) Plein vélin souple d'époque, dos lisse titré à lencre. (Défauts d'usage à la reliure).
Troisième édition revue et augmentée (EO: 1633) de cette très rare grammaire française de cette époque, par Antoine Oudin (1595-1653), linguiste français, interprète et secrétaire des rois Louis XIII puis Louis XIV. Les grammaires françaises publiées à cette époque, cest à dire avant la création de lAcadémie Française en 1634 et dont le premier dictionnaire ne paraît quen 1694, sont très rares et nous navons pas trouvé dexemplaire vendu de cette grammaire lors de ces 50 dernières années. Antoine Oudin est le fils de César Oudin, lui-même interprète et secrétaire dHenry IV. Au cours de sa vie, Antoine Oudin, avant tout romaniste, cest à dire spécialiste des langues romanes telles que le français ou litalien, est tantôt traducteur, lexicographe, autrement dit rédacteur de dictionnaires voire de grammaires, mais aussi écrivain. A loccasion dun voyage en Italie, il se lie damitié avec le pape Urbain VIII auprès duquel il perfectionne sa connaissance de la langue italienne. Vers la fin de sa vie, en 1651, il donnera dailleurs des leçons ditalien à Louis XIV. Ainsi, Oudin rédige plusieurs ouvrages de linguistique et dictionnaires bilingues parmi lesquels on peut citer: «Curiosités françoises, pour servir de complément aux dictionnaires, ou recueil de plusieurs belles propriétés, avec une infinité de proverbes et de quolibets pour l'explication de toutes sortes de livres» (Paris, 1640), «Recherches italiennes et françoises, ou Dictionnaire contenant outre les mots ordinaires, une quantité de proverbes et de phrases pour l'intelligence de l'une & l'autre langue. Avec un abrégé de grammaire italienne» (Paris 1640), «Trésor des deux langues espagnole et françoise, ou dictionnaire espagnol-françois et françois-espagnol» (Paris 1645) ou encore le présent ouvrage, «Grammaire françoise rapportée au langage du temps» (Paris 1633). Il est important de rappeler que ce dernier, premier travail de Oudin sur la langue française, est antérieur à la fondation de la célèbre Académie Française, fondée en 1634 par le Cardinal Richelieu. De fait, elle est une référence importante pour le travail des premiers académiciens qui donnera lieu au «Dictionnaire de l'Académie française», dont la première édition est publiée en 1694 et dont la neuvième est actuellement en cours de rédaction. A propos des dictionnaires et des grammaires, il y a deux approches possibles pour traiter dune langue: celle prescriptive, visant à imposer un usage jugé correct, ou bien celle descriptive, cherchant à décrire les usages dans toute leur diversité sans chercher à en imposer un à la place des autres. Si lapproche de Oudin est majoritairement prescriptive, il aborde tout de même parfois les autres usages attestés. Toutefois, son objectif nen reste pas moins dédicter les règles permettant une bonne utilisation selon lui de la langue française, son travail sinscrit ainsi davantage dans une approche prescriptive. Il est ici question du «francien», parlé dans une région étendue autour de lîle de France et variété dialectale de la langue dOïl. Cette dernière était parlée durant plusieurs siècles dans la moitié nord du territoire actuel de la France métropolitaine, à lexception de la Bretagne, de lAlsace et de la Lorraine, mais aussi au sud du territoire actuel de la Belgique (Wallonie). Celle-ci prend forme à partir du milieux du moyen âge et disparaît progressivement à partir de la révolution de 1789 pour devenir le français tel que parlé de nos jours, ce dernier étant très majoritairement hérité du francien. A cette époque, le francien étant le dialecte du roi et de sa cour, mais aussi de grands auteurs de littérature, il simpose et remplace peu à peu le latin, longtemps préféré à lécrit, notamment par les sciences et lÉglise, et qui subsistera encore longtemps après. A partir de lordonnance de Villers-Cotterêts (1539), le roi François Ier souhaite que les écrits juridiques et administratifs soient rédigés en «langue françoise». Par «langue françoise», aujourdhui appelée «langue française», et même si le terme a pût être employé pour se référer à la langue dOïl toute entière, on entend par là plus précisément le dialecte francien. Cette volonté ne porte que sur lécrit, le but nest ni dinterdire lusage des autres dialectes de la langue dOïl, ni celui de la langue dOc, parlée dans la partie sud de lactuelle France métropolitaine, ni même dautres langues régionales. Ainsi, à la demande des rois qui se succèdent, plusieurs auteurs sessaient à énoncer les règles du bon français. Cette volonté de normalisation afin dutiliser le français en lieu et place du latin dans un certain nombre de domaines donnera lieu à la création de lAcadémie Française. Lapproche de Oudin dans cet ouvrage témoigne parfaitement de cette volonté. Dans un premier temps, lauteur aborde la phonologie du français, cest à dire la prononciation des phonèmes (voyelles et consonnes) ainsi que des syllabes, tout en donnant la manière de les retranscrire à lécrit, autrement dit leurs graphèmes. Dans un second temps, il aborde la morphologie, cest à dire la construction des mots afin de déterminer leur nature grammaticale (noms, adjectifs, verbes etc.), la syntaxe, autrement dit lorganisation des mots au sein dune phrase, ainsi que la sémantique, correspondant au sens des lemmes (ou mots) et plus largement des énoncés (propositions, phrases et groupes de phrases). Enfin, dans un troisième temps, il détaille longuement la flexion verbale, cest à dire ce qui exprime la personne, le temps, l'aspect, le mode et la voix, par des désinences (ou terminaisons) et des auxiliaires. Exemplaire bien conservé dans sa reliure dépoque de cette grammaire très complète et rare de la «langue françoise», antérieure à la création de lAcadémie Française, de la main dun romaniste, interprète et secrétaire du roi. 1 vol. 12mo (159 x 110 mm) of : [4] ff.(including title and table of contents) ; 320 pp.; vignette on the title and headbands. (Wormholes in the margins of the text on about ten ff.). Soft contemporary parchment, titled in ink. (small hole in the middle of the spine). Third revised and enlarged edition (EO: 1633) of this very rare French grammar of this period, by Antoine Oudin (1595-1653), French linguist, interpreter and secretary to kings Louis XIII and Louis XIV. French grammars published at this time, meaning before the creation of the Académie Française in 1634 and whose first dictionary only appeared in 1694, are very rare and we have not found a copy of this grammar sold in the last 50 years. Antoine Oudin was the son of César Oudin, who was an interpreter himself and secretary to Henry IV. During his life, Antoine Oudin, above all a romanist, which means a specialist in Romance languages such as French or Italian, was at times a translator, a lexicographer, in other words the writer of dictionaries and even grammars, but also a writer. During a trip to Italy, he befriended Pope Urban VIII with whom he perfected his knowledge of the Italian language. Towards the end of his life, in 1651, he gave Italian lessons to Louis XIV. Thus, Oudin wrote several works of linguistics and bilingual dictionaries among which one can quote: "Curiosités françoises, pour servir de complément aux dictionnaires, ou recueil de plusieurs belles propriétés, avec une infinité de proverbes et de quolibets pour l'explication de toutes sortes de livres" (Paris, 1640), "Recherches italiennes et françoises, ou Dictionnaire contenant outre les mots ordinaires, une quantité de proverbes et de phrases pour l'intelligence de l'une & l'autre langue. Avec un abrégé de grammaire italienne" (Paris 1640), "Trésor des deux langues espagnole et françoise, ou dictionnaire espagnol-françois et françois-espagnol" (Paris 1645) or the present work, "Grammaire françoise rapportée au langage du temps" (Paris 1633). It is important to remember that the latter, Oudin's first work on the French language, predates the foundation of the famous Académie Française, founded in 1634 by Cardinal Richelieu. In fact, it was an important reference for the work of the first academicians which would lead to the "Dictionnaire de l'Académie française", the first edition of which was published in 1694 and the ninth of which is currently being written. With regard to dictionaries and grammars, there are two possible approaches to dealing with a language: the prescriptive approach, which aims to impose a usage deemed correct, or the descriptive approach, which seeks to describe the different usages in all their diversity without trying to impose one instead of the others. Although Oudin's approach is mainly prescriptive, he does sometimes address other attested uses. However, his objective is still to lay down the rules for what he considers to be good practice of the French language, and his work is more of a prescriptive approach. The language in question "Francien", which was spoken in an extended region around the Île-de-France and a dialectal variety of the Langue d'Oïl. The latter was spoken for several centuries in the northern half of the current territory of metropolitan France, with the exception of Brittany, Alsace and Lorraine, but also in the south of the current territory of Belgium (Wallonia). This language took shape from the middle of the Middle Ages and gradually disappeared after the revolution of 1789 to become French as it is spoken today, the latter being mostly inherited from Francian. At that time, because Francien was the dialect of the king and his court, but also of famous authors of literature, it imposed itself and replaced little by little Latin, which was preferred for a long time for writing, in particular in sciences and by the Church, and which was to remain for a long time after. With the ordinance of Villers-Cotterêts (1539), the king François I wanted legal and administrative writings to be written in "langue françoise". By "langue françoise", today called "langue française", and even if the term has been used to refer to the entire langue d'Oïl, it means more precisely the Francien dialect. This was only about the written language, the aim was neither to forbid the use of other dialects of the langue d'Oïl, nor that of the langue d'Oc, spoken in the southern part of the current metropolitan France, nor even the use of other regional languages. Thus, at the request of successive kings, several authors tried to set out the rules of good French. This desire for standardization in order to use French instead of Latin in a certain number of domains resulted in the creation of the Académie Française. Oudin's approach in this book is a perfect example of this will. In the first part, the author deals with the phonology of French, that is to say the pronunciation of the phonemes (vowels and consonants) as well as the syllables, while giving the way to transcribe them in writing, in other words their graphemes. In a second step, he deals with morphology, i.e. the construction of words in order to determine their grammatical nature (nouns, adjectives, verbs, etc.), syntax, i.e. the organization of words within a sentence, as well as semantics, corresponding to the meaning of lemmas (or words) and more generally of statements (clauses, sentences and groups of sentences). Finally, in the third part, he goes into great detail about verbal inflection, i.e. what expresses person, tense, aspect, mode and voice, by means of disinences (or terminations) and auxiliaries. A well-preserved copy in its contemporary binding of this very complete and rare grammar of the "French language", prior to the creation of the Académie Française, by a Romanist, interpreter and secretary to the king.
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