Lausanne, la Guilde du livre, 1952. In-8, reliure pleine soie avec titre doré. Légère ombre en bas du dos, pour le reste en belle condition.
Reference : 19692
Tirage limité à 10'330 exemplaires numérotés, celui-ci un des 30 réservés aux animateurs de la Guilde du livre, numérotés en romain (XIV). Suite à un accident immobilisant votre libraire pour quelques semaines, le traitement des commandes est bien assuré, mais momentanément ralenti. Merci de votre patience et de votre compréhension.
La Bergerie
Mme Aline Berger
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[Jean-Baptiste Le Marinier, Chevalier de CANY, Commandeur de l’Ordre de Malte (1645-1689)]
Reference : 3205
(1688)
Circa 1688 Manuscrit composé de 15 cahiers assemblés par des lacets et reliés entre eux par une cordelette de lin (177 feuillets in-folio (230 x 355 mm). Calligraphie très lisible, écrite à l’encre noire et à l’encre rouge, réglé au crayon en marge. Quelques déchirures, manques dans les premiers feuillets. Manuscrit très fortement raturé et surchargé. Composition - Avant-propos, 6ff.- Suivi de : « Formulaire de la profession reguliere des Chevaliers de Malte » (à l’encre rouge) 1ff.- Suivi de : « Oraisons que le prestre dit avant la profession ». En latin aux encres rouges et noires, 2ff.- Suivi de : « La forme de Donner l’ordre de Chevalerie, Les oraisons finies, le prestre commence la messe et sarreste avant levangil alors celui quy se dispose a recevoir l’habit se leve de devant l’autel, et va se mettre a genoux devant le chevalier quy la luy doit donner : pour en recevoir premierement lordre de chevalerie lequel luy dit (…), 4ff.- Suivi de : « Troisieme section contenant les paroles qui se prononcent en faisant les vœux », 1page. - suivi de : « Quatrième section contenant la forme de donner la croix et l’habit régulier de l’ordre et les oraisons quiserecitent pour conclusion de la cérémonie » 2 ff.- Suivi de : « Oraison après profession » (à genoux devant l’autel), 3ff.- Suivi de : « Reflexions dun Chevalier de Malte Religieux de l’ordre militaire des hospitaliers de Saint [Jean] de jerusalem. Sur la grandeur et les devoirs de son Etat ». 326 pages numérotées, dont les 4 derniers blancs. Le dernier marqué au verso d’une autre écriture : « Recu Ch de Malthe dan langue de provence le premier 7 bre 1572. »Défauts : Saut de pagination entre la dernière page de table marquée 293 à la partie commençant par : « réflexion d’un chevalier » paginée 303.
I – Historique de l’ordre de malte L’Ordre de chevalerie le plus ancien au monde : il fut créé en 1048. L’ordre dont le symbole est la croix blanche à huit pointes se donnera pour but la défense militaire des malades et des pèlerins lors des croisades. Sa double vocation militaire et hospitalière se verra confirmée au fil des siècles par la refonte en une seule entité des anciennes confréries de l’ordre des Templiers et des Antonins. Basé dans l’ile de Malte l’Ordre souverain militaire et hospitalier de Saint Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte eut au cours des XVIe et XVIIe siècles un rôle essentiel dans la lutte contre les Turques.Parallèlement à cette activité guerrière l’institution prit en charge les malades et lépreux qui bénéficièrent de l’expérience acquise par l’ordre des Antonins. En lutte constante contre les galères turques, l’ordre devint une puissance incontournable du bassin méditerranéen. À la fin du XVIIe siècle, le relâchement des moeurs et un certain laissé aller rendirent nécessaire une nouvelle mise au point des droits et devoirs de l’ordre. II – Texte de Jean Baptiste le Marinier de CanyC’est ce qu’entreprend en 1688 le commandeur Jean Baptiste le Marinier de Cany dans un travail intitulé « Réflexions d’un chevalier de Malte, Religieux de l’Ordre militaire des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem sur la grandeur de son état ». Ce texte, encore inédit de nos jours connaît deux versions, une italienne, une française. Le chercheur Luigi Michele de Palma a publié un article en 2019 « Jean-Baptiste Le Marinier de Cany un maestro della spiritualita giovannita » Edizioni La Villa, une analyse de la structure de ce texte fondamental concernant non seulement l’éthique et l’histoire de l’ordre mais aussi sur le rituel de l’adoubement des chevaliers. Son travail s’appuie sur l’analyse d’un manuscrit conservé à la Bibliothèque de La Valette (Libr.1416), celui ci, comprenant cinq parties, au lieu de trois dans notre exemplaire. Notre manuscrit offre en comparaison d’intéressantes variantes. Ainsi, dans la seconde partie, chaque section est précédée des phrases prononcées par le chevalier lors de sa réception ainsi que la description minutieuse de chacun des moments clefs de la cérémonie. Ces instants forts, sont dans notre manuscrit l’occasion d’en expliquer la symbolique rejoignant en cela l’exemplaire décrit par Luigi Michele de Palma de la bibliothèque de Malte. Par exemple : folio 190, « le profes donne lespée au recevant avec son fourreau en la main lui disant. (un mot rayé) à cette fin que mainteniez tout ce que vous avez promis prenez cette espée au nom du Pere, du Fils, et du Saint esprit. Ainsisoitil. »___ Des sentiments que doit inspirer un Chevalier de la manière dont on lui présente lépée »L’intégralité du déroulé de la cérémonie est également reportée en début d’ouvrage sous un titre écrit en rouge (la forme de donner l’ordre de chevalerie (…) Cette section est apparemment absente de l’exemplaire décrit par Luigi Michele de Palma. Carmen Depasquale, responsable du département français de la faculté des arts de l’université de Malte, auteur d’une thèse de doctorat en 2000 intitulé « La vie intellectuelle et culturelle des chevaliers de Malte au XVIIIe siècle », donne une description des exemplaires connus de ce texte, tous inédits, deux textes en français NLM.libr 1416 ; NLM.libr 324) Ainsi que deux versions italiennes, l’un : NLM.libr250 est comme notre exemplaire est composé des deux premières parties, l’autre : NLM.libr558 comporte les parties 3 à 5 et la table des matières. III – Remarques sur la nature de ce document Les nombreux remords, biffures, réécritures de texte sont parfois d’une importance considérable. Ils indiquent que notre manuscrit est un exemplaire de premier jet ou du moins dans un stade d’élaboration d’un texte définitif, comprenant d’amples extensions marginales possiblement intégrées au texte dans une version ultérieure. Ceci laisse à penser que ce manuscrit est vraisemblablement autographe. Une date en marge de 1688 indique par ailleurs que la rédaction de celui-ci est antérieure avec la date généralement donnée de 1689 à la version conservée à la Bibliothèque de La Valette. Les remords, salissures, taches, lignes raturées et ajouts inter-textuels ne laissent aucun doutent la nature originale de ce manuscrit. Un manuscrit du plus vif intérêt probablement autographe de Jean Baptiste le Marinier, Chevalier de Cany, qui eut un impact majeur sur l’ordre militaire des chevaliers de Saint Jean de Jérusalem, dans lequel se trouve minutieusement décrit le déroulé de l’adoubement des membres de l’ordre.
Marseille, Veuve de Henry Martel, 1708. 3 parties en 1 vol. in-12 de 401-(8) pp., veau brun, dos orné à nerfs (reliure de l'époque).
Nouvelle édition de la règle du Tiers-Ordre carmélite refondé en 1708 à Marseille sous le nom de "Tiers-Ordre de la Sainte-Vierge du Mont Carmel et de la Sainte Thérèse de Jésus". Le premier coutumier de l'ordre avait paru en 1637 et la troisième édition était publiée en 1695 à Paris par Urbain Coustelier sous le titre La règle et les statuts du Tiers Ordre de Nostre-Dame du Mont-Carmel. Fondé par des ermites sur le mont Carmel en Palestine à la fin du XIIe siècle, les premiers Carmes quittent leurs ermitages au début du XIIIe siècle pour établir leur ordre monastique en Europe, bientôt divisé en Grands Carmes et en Carmes déchaux, ces derniers issus de la réforme instituée par Thérèse d'Avila au XVIe siècle : dans sa bulle du 23 mars 1594, le pape Clément VIII étend aux Carmes déchaux les privilèges accordés précédemment à l'ordre du Carmel d'organiser des groupes de laïcs dénommés "Tiers-Ordre carmélite" - car créé dans un troisième temps. La règle du Tiers-Ordre est définie en 1637 par les Carmes chaussés et conservée jusqu'en 1708 où une nouvelle règle spécifique est définie. Le Tiers-Ordre est alors renommé en "Tiers-Ordre de la Sainte-Vierge du Mont Carmel et de la Sainte Thérèse De Jésus". Cette règle restera en vigueur jusqu'en 1921 où elle sera revue et mise à jour.Bois gravés pleine page répété au verso des feuillets de titre des deuxième et troisième parties. Ex-libris gravé sur le premier contreplat : Christ en croix avec la légende "O Crux ave, spes unica". Pâle mouillure marginale, reliure partiellement épidermée.
Les carnets (ou Cahiers) d’Ordres de Beauharnais, commandant les chasseurs à cheval de la Garde des Consuls, « précieux manuscrit », sont passés de la bibliothèque de la Malmaison à celle du général Mellinet (1798- 1894), bibliophile dont la majorité des ouvrages se trouvent, aujourd’hui, au dépôt de la guerre, sauf quelques pièces exceptionnelles parmi lesquelles ces cahiers apportant une foule de détails sur la vie de cette unité sous le Consulat. En 1893 puis en 1895, dans les premières publications de la sabretache, des extraits de ces carnets sous le titre « la Garde Consulaire » furent publiés avec l’accord du général Mellinet. Ils se limitaient à 4 pages de texte puis 6 autres pages et à cette occasion, Edouard Detaille donna deux dessins aquarellés inspirés des ordres. Cependant la partie la plus importante restait inconnue du grand public. Lors du décès du général Mellinet, les registres furent acquis par un autre collectionneur privé, monsieur Werlé. Ce dernier, ami du lieutenant-colonel Titeux, l’autorisa à recopier tous les extraits lui paressant dignes d’intérêt. Et c’est au cours du mois de janvier 1899, que Titeux retranscrit suivant ses propres mots : « la totalité des ordres intéressant l’organisation et les uniformes de la cavalerie de la Garde Consulaire ». Il précise qu’il n’a pas donné l’arrêté des Consuls du 21 Fructidor An VIII et celui du 9 Vendémiaire An XI présents au début du 1er cahier et à la fin du 7ème. Cette transcription a été essentielle pour la préservation et la diffusion des informations sur la Garde des Consuls. C’est cette copie que nous présentons ici. En 1910, une seconde copie due au peintre Ernest Fort reprenait et illustrait ce texte à l’aide de 26 aquarelles présentant les divers ordres vestimentaires indiqués dans les carnets. En 1999, Michel Pétard proposait dans la revue Tradition Magazine une synthèse des ordres les plus intéressants livrés par ces copies et pour visualiser rapidement la mise en pratique des ordres, l’article est illustré des reproductions des aquarelles de Fort. Pour l’intelligence de notre ensemble nous joignons cette revue. Enfin, en 2023, pour la première fois, Les Editions Epopées publièrent l’intégralité des cahiers de Beauharnais. Copie (extraits), retranscription par E . Titeux en janvier 1889 à Reims, des 8 cahiers d’ordres manuscrits, réunis en recueil et conservés par M. Werlé, collectionneur rémois, après être passé de la bibliothèque de la Malmaison à celle du général Emile Henri Mellinet (1798-1894), formant le Livre d’Ordres (et des différents Arrêtés qui ont déterminé l’organisation de la Garde des Consuls) du 18 pluviose an 8 au 9 brumaire an 13 d'Eugène de Beauharnais commandant les chasseurs à cheval de la Garde des Consuls. En feuilles, 68 feuillets sous chemise moderne simple havane, étiquette de titre sur le premier plat, postérieure également, répartis comme il suit : - Une première feuille double, in-folio (23 x 35 cm), portant la justification datée et l’avant-propos du Colonel Titeux en première page, la seconde est vierge [cette double feuille servait de chemise pour l’ensemble des documents copiés] : « Ce précieux recueil manuscrit, se compose de 8 Cahiers d’ordres embrassant la période du 18 Pluviose an 8 au 9 Brumaire an 13. Il passa de la Bibliothèque de la Malmaison à celle du général Mellinet, et à la mort du Général, il fut acquis par M. Werlè, qui m’a autorisé à en faire des extraits à ma convenance. Le 1er cahier débute par l’Arrêté des Consuls de la République du 21 Fructidor an 8, qui se trouve dans mon Histoire de la Garde Impériale, ainsi que l’Arrêté du 9 vendémiaire an XI, du 7e. Cahier. Ces deux arrêtés ne figurent donc pas dans les extraits qui suivent et qui représentent la totalité des Ordres intéressant l’organisation et les uniformes de la Cavalerie de la Garde Consulaire. J’ai pris les extraits à Reims, chez M. Werlé au mois de janvier 1899. Reims, le 27 janvier 1899…Outre les 8 cahiers d’Ordre, le recueil comprend un 9e. Cahier formant in-extenso les différents Arrêtés qui ont déterminé l’organisation de la garde des Consuls…1° Arrêté du 21 fructidor an 8, avec les 6 Etats relatifs à l’habillement, signés du secrétaire d’Etat Hugues B. Maru et visés par…Caffarelli. 2°Arrêté des 26 pluviose an 8 ; 6 germinal an 8… ; 11 brumaire an 9 (Hopital) ; 19 floréal an 9 (chevaux de guérite et palafreniers) ; 25 Prairial an 9 (2 relatifs aux off. De santé de l’hôpital, du ministère de la guerre) ; 1er messidor an 9 … ; 23 messidor an 9 (Vétérans) ; 18 thermidor an 9 (Chasseur à cheval) ; 2 lettres du 23 vendémiaire an 10 (solde, indemnités) ; 23 brumaire an 10 ; 17 ventose an 10 ; 9 vendémiaire an XI ; 30 nivose an 12 ; 10 Thermidor an 12. » - cahier de 6 ff., in-folio (230 x 350 mm), «0rdres du 2e Trimestre de l’an 8 », suite des Ordres du 18 pluviose au 29 ventose an 8 ( du 1 février au 20 mars 1800), les ordres sont signés par le Commandant en Second: Général de Brigade Bessieres Jean-Baptiste , le Quartier-Maître Moreau , l’adjudant-Général Caffarelli. - cahier de 10 ff., in-folio (230 x 350 mm), «ORDRE» du 1er germinal au 3 fructidor an 8 (22 mars au 21 août 1800), contient l’ordre particulier du 2 germinal organisant le départ pour la campagne de 1800, les ordres sont signés par le chef de brigade Béssières, Oullié et Caffarelly. - cahier de 8 ff., in-folio (230 x 350 mm), «ORDRE» du 1er vendémiaire au 23 fructidor an 9 (23 septembre 1800 au 10 septembre 1801), les ordres sont signés par Caffarelly, le Chef de Brigade Ordener Michel et le Commmandant en chef, Général de Division Lannes (Jean). - cahier de 6 ff., in-folio (230 x 350 mm), «ORDRE» du 1er vendémiaire au 9 pluviôse an 10 ( 23 septembre 1801 au 29 janvier 1802), les ordres sont signés Ordener, Lannes, Bessières. - Cahier de 8 ff., in-folio (230 x 350 mm), «ORDRE» du 10 pluviôse au 3ème jour complémentaire an 10 (30 janvier au 20 septembre 1802), les ordres sont signés Ordener, Oullié. - Cahier de 8 ff., in-folio (230 x 350 mm), «ORDRE» du 2 vendémiaire au 4ème jour complémentaire an XI (du 24 septembre 1802 au 21 septembre 1803), les ordres sont signés Ordener, Bessières, Beauharnais. Cite l’Arrêté des Consuls de la République du 9 vendémiaire (1er octobre 1802), réorganisant la garde des consuls, M. le Colonel E. Viteux indique que le texte de l’Arrêté est retranscrit dans un neuvième cahier. - Cahier de 8 ff., in-folio (230 x 350 mm), «ORDRE» du 1er vendémiaire an XII au 9 brumaire an XIII (24 septembre 1803 au 31 octobre 1804, les ordres sont signés Bessières, et Beauharnais dont le l’ordre du 9 brumaire titré «Dernier ordre». - 2 cahiers de 6 et 4 ff., in-4 ( 195 x 300 mm), « Etat des effets dont le corps a le plus urgent besoin » de l’An XI à 1813. - 2 ff. simples volants, in-folio (215 x 310 mm), «15 décembre 1812 – Chasseurs à cheval de la Garde Impériale – Tarif des matières employées à la confection des effets d’habillement, équipement …à fournir à chaque chasseur, lors de son admission au corps.» On joint : Pétard Michel : LE LIVRE D’ORDRES DES CHASSEURS A CHEVAL DE LA GARDE DES CONSULS 1800-1804…Le livre d’Ordres d'Eugène de Beauharnais nous apporte une foule de détails sur la de cette unité sous le Consulat…Tradition Magazine, n. 141, janvier 1999, Michel Pétard, p. 5-9.
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[Cholé], Editions Hérault, 1995, gr. in-8°, 481 pp, préface de Jean Richard, 21 illustrations, broché, bon état
"Les croisades ont entraîné la création d'un certain nombre de communautés d'hommes liées à la Terre Sainte. Les mieux connues sont les ordres militaires, dont les membres ont un statut mixte, à la fois religieux et militaire, et sur lesquels il existe une bibliographie considérable ; mais ils ne sont pas les seuls, et c'est à une autre communauté, exclusivement militaire, que s'attache Jean-Pierre de Gennes pour en retracer l'histoire, une communauté qui se trouve davantage mal connue que méconnue : Les chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Les chevaliers du Saint-Sépulcre ont en effet déjà fait l'objet d'une historiographie importante, dont l'auteur démontre qu'elle n'est pas fiable et dont il entreprend de réfuter les erreurs, la plus commune étant de confondre les chevaliers et les chanoines du Saint-Sépulcre. On savait déjà que les chanoines du Saint-Sépulcre n'avaient jamais été, comme il est complaisamment répété, des combattants, moines-soldats ou chevaliers, mais J.-P. de Gennes parfait la démonstration en prouvant que, de leur côté, les chevaliers n'ont jamais été moines ou chanoines, qu'ils n'étaient pas des clercs, et que leur histoire s'est entièrement déroulée de façon indépendante de celle des chanoines du Saint-Sépulcre. C'est au XVIe siècle qu'une série de faux ont été forgés pour doter les chevaliers d'une origine ancienne (Godefroy de Bouillon), sinon même très ancienne (l'apôtre saint Jacques le Mineur ou sainte Hélène !) et, surtout, en les reliant aux chanoines du Saint-Sépulcre, pour tenter de faire passer pour un ordre ce qui n'avait été jusqu'alors qu'un titre individuellement accordé. Dès lors, la nature des chevaliers du Saint-Sépulcre se définit mieux et leur histoire s'éclaircit. Ce sont des individus, nobles le plus souvent, qui viennent à Jérusalem recevoir, sur le tombeau du Christ, l'adoubement de chevalier. La pratique s'en répand bien après les croisades, une fois que, à la suite des accords conclus, dans les années 1330, entre Robert d'Anjou et le sultan, est autorisé le retour dans la Ville Sainte d'une communauté de franciscains, gardiens du saint Sépulcre; il est caractéristique que le plus ancien témoignage de l'existence d'un chevalier du Saint-Sépulcre ne remonte qu'à 1336, précisément au lendemain de ces accords. Quant à l'expression milites Sancti Sepulcri, elle n'apparaît qu'en 1383. Jusqu'à la fin du XVe siècle, les témoignages abondent de tels adoubements, toujours conférés par un chevalier laïc, les franciscains n'intervenant qu'à titre d'assistants privilégiés. C'est à l'extrême fin du XVe siècle ou au début du XVIe que la papauté, en transférant au custode de Terre Sainte le pouvoir de créer des chevaliers, achemine doucement la communauté de ceux-ci vers la constitution d'un ordre qui recevra ses statuts vers 1550. Un ordre qui n'aura cependant jamais de grand maître : les deux tentatives pour voir conférer à Philippe II d'Espagne puis à Charles de Gonzague, en 1558 et en 1615, la qualité de grand maître échouèrent devant l'opposition formelle de l'ordre de Malte, auquel était uni depuis 1489 ce qui restait de l'ordre des chanoines du Saint-Sépulcre; l'ordre de Malte se montrait en effet peu désireux de risquer de voir ainsi contestée sa prééminence par ceux-là mêmes qu'une historiographie abusive prétendait faire passer pour les successeurs des chanoines. J.-P. de Gennes conduit, dans ce premier volume, l'histoire des chevaliers du Saint-Sépulcre jusqu'à la réforme de Pie IX qui, en 1847, après avoir rétabli le patriarcat latin de Jérusalem, conféra au patriarche la collation de l'ordre. La nécessaire réfutation de la confusion entre les chanoines et les chevaliers a conduit J.-P. de Gennes d'une part à présenter de façon extrêmement détaillée les sources de l'histoire de l'une et l'autre communauté, et d'autre part à y inclure de longs développements sur l'histoire des chanoines. Cela alourdit certes un volume de belle taille, mais le bénéfice pédagogique devrait être définitif : il ne sera plus permis désormais de faire des chanoines du Saint-Sépulcre des combattants, ni de voir des chevaliers du Saint-Sépulcre dès le XIIe ou le XIIIe siècle." (Emmanuel Poulle, Bibliothèque de l'École des chartes, 1998) — Un deuxième tome (en 2 volumes) est paru en 2004 qui retrace l'histoire de l'ordre depuis 1847 et fournit une prosopographie de quelques 2.270 chevaliers français du Saint-Sépulcre des origines à 1949. Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Paris, Imprimerie Renaudière, 1815 ; petit in-8 ; bradel cartonnage bleu roi, titre doré au dos (reliure de l'époque) ; IX, 201 pp., (1) p. d'errata, (1) f. blanc, grande Croix de l'Ordre au titre
Édition originale. "Petit ouvrage assez rare" (Saffroy, I-6300). Administrateur général de l'Ordre, vice-amiral contesté, il est né à Port-Louis dans le Morbihan (1762-1828) et fera toute sa carrière dans la Marine. L'origine réelle de cet ordre est controversée mais semble remonter à Saint Louis qui établit en 1254 l'archiconfrérie royale de cet ordre qui comporterait actuellement plus de 20 000 membres répartis dans plus de 30 pays (voir à ce sujet l'historique de Bernard Berthod et Joel Bouessée dans "L'Ordre des Templiers", 2007). Liste nominative des Chevaliers de l'Ordre, de 1740 à 1814 (plusieurs centaines). Petites rousseurs éparses et minuscule frottement au titre, sinon bon exemplaire, bien complet et bien relié.