Henri-Gatien Bertrand (1773-1844), général, compagnon de Napoléon à Sainte-Hélène. L.A.S. « B » avec dessin de la chaise à porteur brésilienne, En rade de Bahia, Brésil, 1er septembre 1840, 4p in-8. A son frère Louis Bertrand de Boilarge (1774-1861), relatant son passage au Brésil au moment du retour des cendres de Napoléon en France. Le bateau y resta 15 jours qui fut 15 jours de bals et de fêtes. « Nous sommes arrivés ici, cher frère, le 28 août au soir. Bahia a été longtemps la capitale du Brésil, jusqu'en 1773. Rio-Janeiro est à présent la ville principale, la résidence de l'Empereur, et l'emporte de beaucoup sur cette ville-ci par son commerce, ses édifices et sous tous les rapports. Le Brésil a une population d'environ 4 millions d'habitants. La ville haute de Bahia, la ville basse et ses faubourgs a environ cent vingt mille âmes. Le coteau parsemé de maisons, de jardins, offre un charmant coup d'oeil pour aller de la ville basse à la ville haute, la pente est rapide, et le chemin fatiguant. Beaucoup d'habitants font ce trajet en chaises à porteur, qui sont très communes dans la ville. Il y en a au moins deux, souvent cinq ou six dans chaque maison, elles n'ont pas tout à fait la forme des nôtres qui sont établies sur deux brancards. Un seul bâton en avant et un autre en arrière réunis au bas de la chaise par un triangle en fer, sont appuyés sur les épaules des deux porteurs, ce qui est plus commode dans une ville où les montées et les descentes sont fréquentes. Un siège dans l'intérieur, et des rideaux sur les côtés. Ces chaises sont légères, mais lorsqu'on n'y est pas accoutumé, il semble facile de tomber. Le lendemain de notre arrivée, le président de la ville et de la province est venu à bord. Il nous a invité à la fête qui avait lieu le soir pour célébrer l'avènement du jeune empire du Brésil à sa majorité. il y a eu [un] feu d'artifice, une cantate, puis on a dansé. Hier j'ai fait quelques visites à cheval, car la ville est fort étendue, au Président, à l'archevêque, et dans quelques familles. Probablement j'irai un peu faire encore quelques visites dans le quartier opposé, à quelques autres personnes. Il y a une trentaine de navires dans le port, et des caboteurs. Quelquefois, deux cents bâtiments de diverses nations sont réunies. Dans cette rade, il en arrive, dit-on, deux mille par ans dont 6 à 9 du Havre. Ce sont des bâtiments sardes qui apportent ici les produits du midi de la France. Le Havre envoie 60 ou 70 bâtiments à Rio Janeiro. Il y a ici une dizaine de maisons de commerce françaises et une trentaine de maisons anglaises. Quelques maisons de Hambourg, une partie des sucres de cette province sont expédiés et raffinés à Hambourg. Nous avons passé la ligne le 20, la fête du baptême a été très gaie, il y a eu de l'eau pour tout le monde. Les vents ont été constamment favorables, et le temps très beau. Sous peu de jours, un paquebot partira pour l'Angleterre. Probablement je t'écrirai par là ainsi qu'à Hortense. Arthur et moi nous portons à merveille ainsi que les autres personne du bord de ta connaissance. Mes amitiés à nos parents. J'embrasse madame Bd et la chère cousine. B ». Très bel lettre alors qu'il fait route vers Sainte Hélène pour y récupérer les cendres de Napoléon. [491]
Reference : 020421
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