Etienne-Antoine Boulogne (1747-1825), évêque de Troyes. L.A., Troyes, 1er juillet 1816, 2p in-4. Au libraire Adrien Leclerc. Longue et très intéressante lettre. Après l'avoir remercie pour ses bulletins, il regrette la publicité qui y a été faite pour le « détestable pamphlet de l'abbé Vinson qui n'est pas seulement un fou mais un gueux de mauvaise fois ». Pierre Vinson (1763-1820) venait en effet de publier Le Concordat expliqué au roi, suivant la doctrine de l'Eglise. Il est question du rappel de l'archevêque de Saint-Malo, Courtois de Pressigny, signe que la tentative d'un nouveau Concordat n'a pas abouti ; de la publication d'oeuvres d'un « Tourangeau », certainement Louis-Mathias de Barral, évêque de Tours mort un mois plus tôt, pour lesquelles Boulogne souhaite qu'elles soient en partie censurées. Il demande aussi des informations sur l'ouvrage, à paraître, « du libéral évêque de Langres [.] intitulé Dissertation sur les églises catholiques & protestantes ». Il s'agit du cardinal de La Luzerne (1738-1821). Belle lettre. [482]
Reference : 020126
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(vers 1890). 1 page, 166 x 105.
Lettre autographe signée de Victorien Sardou d'une page sans date, comportant seulement la mention mardi dans le coin supérieur droit. Elle est adressée à un certain Hennequin, peut-être Alfred Néocles dit Alfred Hennequin (1842-1887) dramaturge belge. Sardou charge Hennequin de lui "procurer deux exemplaires des Plaidoiries de Cléry (chez Lemerre)" les exemplaires de l'ouvrage étant introuvables il lui conseille de "s'adresser ailleurs et de payer plus cher au besoin". Si ces Plaidoieries, dont Lemerre fit paraître un recueil en 1890 intéressent à ce point Sardou c'est que l'on y trouve celle qui l'opposa à un certain Mario Uchard dans l'affaire connu sous le nom Fiammina contre Odette. Sardou fut accusé de plagiat par Uchard. L'accusateur fut débouté, le tribunal jugeant que la publication d'Odette vingt ans après la parution de La Fiammina ne pouvait nuir à Uchard bien que le sujet soit très proche. Sardou évoque ensuite son départ pour Nice où il possédait un pied à terre : la fameuse "Villa Graziella".On joint :Du même - une seconde lettre autographe signée, 155 x 98, non datée. Il y est question de prendre rendez-vous avec un professionnel au sujet de son clavecin "je voudrais avant mon départ faire emporter mon clavecin".Du même - deux courtes missives sur une carte (66 x 115) et sur un papier de deuil (155 x 97) concernant des rendez-vous pris ou manqués.
Très belle et longue lettre du dramaturge et poète Auguste Villeroy (1867-1955) adressée à son amie Nelly de Biedermann à propos de son roman L’Erreur paru en 1919.Les deux auteurs avaient collaboré quelques années auparavant pour l’écriture d’une pièce de théâtre intitulée Les Frères Lambertier, jouée à l’Odéon en 1911. Nelly de Biedermann signant alors de son pseudonyme Charles Hell.À la lumière de cette collaboration, on comprend la liberté qu’Auguste Villeroy s’octroie pour faire la critique de l’ouvrage de son amie, revenant sur certains problèmes de fond : « Je vous avoue d’abord que j’ai été un peu gêné de la révélation de l’ancienne faute d’Edmée. Il me semble que vous avez donné là, - en vertu de votre pouvoir discrétionnaire d’auteur, - une arme bien terrible à Michel et que vous vous êtes donné à vous même une bien grande facilité pour l’évolution ultérieure de votre roman. J’ai l’impression qu’il y a dans cette phrase, - dans cette charnière du livre, - un peu d’arbitraire, du fait que l’ancienne faute, - la faute de jeune fille, d’Edmée, -apparaît comme ayant quelque chose d’un peu monstrueux et exceptionnel. La seconde critique, qui est davantage de détail, vise le passage où Maurice trouve la lettre de justification écrite par Edmée à Michel. Il me paraît bien improbable qu’un homme comme Michel n’ait pas détruit d’instinct une pareille lettre par laquelle la « femme » son ennemie, reprenait tous ses avantages. En tous cas, il semble un peu léger, de la part de Michel, qu’il ait laissé trainer cette lettre dans les feuillets d’un dictionnaire. »Si la critique est pointue et peut paraître blessante, elle reste cependant constructive et bienveillante. Il termine sa lettre sur l’éloge du style de son amie : « L’expression précise merveilleusement la pensée. C’est de la bonne langue française, substantielle et claire. Encore toutes mes félicitations absolument sincères »
3 pages in-12, 178 x 113.
Lettre autographe signée de Colette à son ami, auquel elle adresse des reproches plutôt virulents assaisonnés d’une pointe d’argot : « Tu es un mufle et un pas grand chose et un veau et un Marlou, puisque tu ne m’as pas répondu. On t’en reflanquera de la prose remarquable ! Mais situ crois que ça va m’empêcher de t’utiliser ! Tu vas immédiatement filer chez un bouquiniste quelconque et m’acheter La Terre d’un jeune auteur peu connu et qui sonne de grandes espérances, E. Zola. (On ne fait jamais de Z majuscules, on s’en sert si peu. Seulement, qu’on vienne à écrire Zola ou Zoroastre, et nous voilà tout bêtes — toi surtout —. Aussi, quand Willy sera tout à fait ruiné, j’ouvrirai un cours de Majuscules.) »Colette avait très jeune, découvert et aimé Émile Zola. C’est sur un ton tout à fait ironique qu’elle enjoint son ami à lire (ou relire) le grand auteur !La fin de la lettre est très théâtrale, digne de sa réputation de jeune sauvageonne : « Adieu. Je ne saurais, vu ta conduite, te donner ma main à baiser. Un geste bref de la tête, c’est tout. Colette. Ma signature a bien l’air vexé, s’pas ? »
4 pages in-12, 182 x 116, à l’en-tête du Chalet des Sapins à Lons-Le-Saulnier.
Lettre autographe signée adressée à Curnonsky que Colette affuble affectueusement du sobriquet de Rnonsky.La plume de Colette, plus crue et détendue qu’à l’accoutumé, laisse transparaître la profonde amitié qui unissait les deux auteurs.C’est d’ailleurs cette même année 1895 que Curnonsky fut engagé comme prête-plume par Willy, et peut-être doit-on voir dans ces premiers mots une allusion à des difficultés d’écriture : « Cher gosse, je pourrais te dire un tas de grosses méchancetés, que ton « cochon universitaire » que tu prétends ensommeillé près de l’autre, aurait rudement besoin de têtes de pavot, vu ses insomnies, - je pourrais te dire que le papier d’Arménie se trouve au Bon Marché, rayon de parfumerie, au premier étage à droite quand on entre par la porte de la rue de Sèvres, — que, pour une graphologue aussi distinguée que moi, ton écriture bavarde un peu beaucoup sur ton caractère jeune, mais, comme dit ma nièce Renée « aujourd’hui, je suis Bbbonne ! » Avec beaucoup de b pour que ça soye (sic) plus onctueux. » Dans cette missive elle fait allusion à un ouvrage du pamphlétaire Henri Rochefort paru pour la première fois dans le journal l’Intransigeant le 2 août 1880 : « As-tu demandé chez Dentu “Melle Bismarck” ? »Colette, alors en villégiature avec son mari Henry Gauthier-Villars (1859-1931), dans la ville thermale de Lons le Saunier, évoque sans complexe sa vie de jeune couple : « Je prends des bains salés, - heureux bains salés - si salés que maintenant quand Willy me… m’embrasse, dis-je, il faut qu’il se relève trois fois la nuit pour aller boire. » Elle s’apprêtait à passer par Munich pour rejoindre le Festival musical de Bayreuth comme l’annonce Willy dans un post-scriptum en regard de la signature de Colette. Ce dernier en profite pour donner quelques instructions à son jeune « collaborateur » l’enjoignant lui aussi à retrouver le fameux ouvrage de Rochefort : « Mon cochon bleu, je post scriptum la lettre de ma gosse, pour te dire de chercher à la nationale la trace de Mademoiselle Bismarck. Nous partons dix jour pour Munich, et, pendant mon séjour transrhénan, il me faudra deux topos. Donc, envoie grandes manoeuvres le plus tôt possible, et soigné, mon petit chat, je t’en prie… ».
L.A.S., [sans lieu ni date], à Charles Dettelbach; 2 pages in-12, 180 x 114.
Lettre autographe signée du peintre Carolus-Duran (1837-1917), adressée à son ami Charles Dettelbach, puissant personnage siégeant au conseil d’administration de la Compagnie Minière franco-tunisienne dont l’épouse, cantatrice mondaine, tenait un salon musical et côtoyait Proust, Raynaldo Hann... Dans cette lettre Carolus s'excuse avec vivacité de ne pouvoir accepter l'invitation de son ami. Ainsi écrit-il : "voulant tâcher de me libérer. Pour cela je suis allé cet après-midi voir l'ami qui m'avait invité ; mais il m'a répondu qu'il avait invité pour moi plusieurs personnes qui viennent de Londres et qu'il se fâcherait [...] Voilà la situation [...] pour moi qui aurait été si heureux de vous dire : oui. "Pliures.