Maxime Real del Sarte (1888-1954), sculpteur, fondateur et président des Camelots du roi. L.A.S., sd [début 1931], 6p in-8. Au menuisier et membre du comité directeur des Camelots du roi, Lucien Lacour (1885-1944) sur le fameux camelot Robert Bourin : « Mon bien cher Lucien L'avertissement mesuré donné par notre ami Robert est venu rappeler à tous que notre noble et magnifique phalange des Camelots du Roi était plus forte et plus apte que jamais à répondre victorieusement aux aspirations des Français qui sont las de tout subit impunément. Il me semble que Robert Bourin que nous avons vu toi et moi entrer jadis avant l'âge réglementaire par faveur exceptionnelle dans nos grands a mérité d'être adopté par nous comme membre nouveau de notre comité directeur. Tous nos avis de Paris et ceux des provinces applaudiront à notre geste qui sanctionnera comme il convient l'acte vengeur de Robert Bourin. Pour ceux qui cherchent éperdument de quel côté se trouve la force mise au service de la France et pour tous ceux qui voient en nous la grande assurance sur la vie pour demain, il y aura par cette nomination un avertissement exceptionnel. Les anciens combattants comprendront qu'en dehors de nos phalanges, peu de choses sont faites pour la France. Voudras-tu, mon vieux frère, annoncer en mon nom et au tien comme au nom de Philippe de Guignard et Gaston Baetz notre décision officiellement. Je ne puis sans émotion m'adresser à toi qui jadis a déjà donné au misérable Aristide [Briand] l'avertissement nécessaire. Cette vieille chose avait besoin de nouveau d'être tarée publiquement. Charles Maurras, Léon Daudet, Lucien Moreau, tous les membres du Comité directeur et notre cher Maurice Pujo peuvent être fiers de ceux qu'ils ont rassemblés jadis. Ces camelots du roi que rien ne saurait entamer, ni réduire et qui sont plus fiers que jamais, en ces années du Ve Centenaire de Jeanne d'Arc leur glorieuse patronne d'être prêts comme elle a remporté la victoire par l'acceptation volontaire des sacrifices possibles. De tout mon coeur, très fraternellement je t'embrasse. Maxime Real del Sarte ». Rappelons que Lacour est resté célèbre pour avoir agressé à coups de poing Aristide Briand, alors président du Conseil, le 20 novembre 1910. Il sera gracié à la demande de Briand le 16 janvier 1912. Bourin est un militant de longue date. En avril 1924, il est agressé et frappé de deux coups de couteau. Le 9 mai 1926, il est arrêté. Le 20 octobre 1930, il renouvelle l'avertissement de Lacour, mais uniquement par la parole, en apostrophant Briand : « Misérable Briand, tu nous ramènes la guerre ». Cela eut un grand retentissement parmi les anciens combattants, comme le montre d'ailleurs cette lettre. Exceptionnelle lettre. [471]
Reference : 019795
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