Philippe Chabaneix (1898-1982), poète. L.A.S. + 2 poèmes A.S + enveloppe, 2 septembre 1976, 4p in-8. Au bibliophile André Schück (1900-1985). Belle lettre amicale et mentionnant plusieurs poètes : Lucie Delarue Mardrus, Pierre Moussarie, Paul Lorenz, Renée Vivier, etc. Les deux poèmes sont « Vent de mer » (8 vers) et « A côté du port » (8 vers). [449]
Reference : 019118
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Pierre Villiers (1760-1849), poète, écrivain. L.A.S. partiellement en vers, 26 fructidor an 6 [12 septembre 1798], 4p in-4. A Jacques Lablée (1751-1841), avocat, écrivain, imprimeur-libraire, directeur du Journal des Muses publié en 1797-1798. Villiers fut le secrétaire de Robespierre en 1790 et fut blessé en 1792 en défendant les Tuileries. Condamné à la déportation en fructidor an 5, il ne reparut en public qu'après le coup d'état du 18 brumaire. Cette lettre amicale entrecoupée de vers, un an après sa condamnation, donne poétiquement de ses nouvelles. Il est donc en Belgique, comme le montre la lettre. Les [.] sont des parties en vers que nous n'avons pas retranscrites : « À M Lablée rédacteur du Journal des Muses. Loin de mes persécuteurs, je respire un peu, mon cher Lablée. L'amour et l'amitié fidèles Ont, par des soins touchants, su conserver mes jours : Grâce à leur généreux secours J'ai pu tromper les sentinelles. L'amour me cachait sous ses ailes Et sa soeur, à l'oeil vigilant, À vingt pas faisait l'avant-garde. Avec étonnement parfois je me regarde, Me croyant à l'abri, du moins pour un instant. Je dis à l'abri car je suis réellement sous l'épaisseur des arbres d'une forêt jadis célèbre par les miracles du ci-devant S. Hubert. En arrivant je leur ai dit : Vieux arbres dont la cime altière A bravé l'outrage des temps, Que sous votre ombre hospitalière J'échappe aux glaives menaçants ! J'entends encore le bruit de la tempête, Errant, abandonné, proscrit, Dérobe, s'il se peut, ma tête À la fureur qui me poursuit. Sensibles à ma prière, et au ton dont je la prononçai, ils m'ont permis de construire une cabane à leurs pieds, ce que j'ai fait aussitôt car il faut, avec les grands, profiter d'un moment de bonne volonté ! Je vous écris sur mes genoux, mais assez tranquillement [.] Continuez-vous votre recueil ? Je serais fâché que vous l'abandonniez. J'ai toujours applaudi l'entreprise que vous avez faite de réveiller les Muses que la terreur avait pour le moins endormies. [.] Ce n'est pas la perte de ma Liberté qui m'afflige le plus ; on peut être libre partout en conservant le mens sana in corpore sano. On peut aimer partout, malgré leurs rigueurs, son pats et sa maitresse ; mais on m'a enlevé mes manuscrits, et le fruit de dix-neuf ans de travail. Je regrette ma traduction complète des odes d'Horace et celle de la vie d'Agricola. [.] Votre Journal des Muses n'a pas été plus épargné que tout ce qui s'est trouvé dans ma chambre. Tout a sauté par la croisée. [.] Je suis d'autant plus fâché de la perte du Journal que j'allais mettre en vers plusieurs morceaux de prose qu'il contient. Voudrez-vous bien m'en compléter une collection ? Je vous enverrai, ne pouvant mieux, quelques poésies. [.] Aussi je ne prétends point m'acquitter des dettes de l'esprit ; heureux si vous acceptez de tirer à vue sur mon coeur. Adieu, mon cher Lablée ; je vais faire en sorte d'être le moins malheureux possible. [.] Cultivez toujours les lettres ; que rien ne vous rebute dans cette carrière. [.] Malgré cela, mon cher confrère, il faut aimer les Muses, leur commerce désennuie, leur souvenir console, et comme a dit le Poltron Cicéron, nobiscum peregrinantur. J'avoue que les disgrâces qu'on éprouve en les cultivant doivent vous empêcher d'être dans une grande sécurité pour l'avenir. [.] Adieu, une fois encore. Piange la mia vita. J'aurais voulu qu'on eût creusé ma tombe À quelques pas de mon berceau. Je vous vois, bords de l'Ohio ! À ma tristesse, je succombe. Vous qui devriez me voir mourir, Lieux chéris qui m'avez vu naître, Sous quelque ciel que je puisse être Vous aurez mon dernier soupir. P Villiers ». Très beau document. [353]
Ephraim Mikhael - [Toulouse 1866 - Paris 1890] - Poète symboliste français
Reference : 33254
(1890)
1890 Paris - Lemerre - 1890 - 1 volume in12 de IV - 275 pages - Reliure demi maroquin bleu à coins [Canape] - [et pour l'autographe] - 1 page in8 - Très bon état de l'ensemble -
Bel exemplaire de cet ouvrage auquel est joint un très rare billet autographe signé : Il envoie la nouvelle perdue - "Ne me faites pas attendre trop longtemps, n'est ce pas ?"-
1 vol. in-12 br., couv. plastifiée, Calmann Lévy, Paris, 1877, 2 ff., 180 pp.
Edition originale enrichie d'une LAS de l'auteur, l'écrivain de Mussy sur Seine Henri Chantavoine (1850-1918), datée du jeudi 29 janvier 1884 : "Monsieur et Cher Confrère, je reçois, grâce à vous, le premier numéro de la Revue Contemporaine, et une lettre très aimable de son Directeur. Je ne veux pas tarder davantage à vous remercier et à vous prier de vouloir bien remercier pourmoi vos amis. Comptez-moi, dès aujourd'hui, [ ... ] au nombre des abonnés de votre Revue, et, si l'on y veut de moi, un jour ou l'autre, en vers ou en prose, au nombre de ses rédacteurs". Créée en 1855 sous les auspices du Comte de Chambord, la "Revue Contemporaine" est relancée en 1885 par Adrien Remacle. Le courrier est vraisemblablement adressé à Alidor Delzant, qui fut notamment secrétaire et exécuteur testamentaire d'Edmond de Goncourt. Etat satisfaisant (couverture plastifiée, bon état par ailleurs).
Préface de François Coppée, 1 vol. in-12 br., couverture plastifiée, Alphonse Lemerre, Paris, 1889, VIII-202 pp. et 1 f. n. ch.
Rare exemplaire de l'édition originale, enrichi d'une L.A.S. de l'auteur (avec l'enveloppe conservée), datée de Rome le 6 janvier 1882, et adressée à Alidor Delzant : "Cher Monsieur, je suis infiniment sensible à votre affectueux souvenir. Au milieu de mes voyages, des ennuis d'un long traitement qui me tient à la chambre depuis deux mois, j'avais égaré votre adresse. Merci de me la rappeler pour l'avenir. Si vous n'avez pas oublié Rome, vos "hospites" n'ont pas gardé une moins agréable mémoire du séjour que vous y avez fait ; ils regrettent seulement que vous y soyez restés trop peu et que vous n'ayez pas assez mis leurs bonnes volontés à l'épreuve [... ]". Né d'une vieille famille d'Auvergne, dans le pays d'Arlanc, Maurice Faucon (1858-1907) mena de front des études de droit, de lettres et d'histoire. Chartiste, proche de l'historien de l'art Charles Blanc, il sollicita deux missions en Italie pour y étudier les origines des expéditions françaises d'Italie, puis fut désigné pour continuer comme membre de l'Ecole française de Rome, l'analyse des registres de Boniface VIII. "Au moment même où il s'occupait de ces travaux, à la fin de son séjour à l'École de Rome, un mal implacable et insidieux le saisit, le réduisant à l'immobilité, consacrant à la douleur cette vitalité qu'il dépensait au service de l'étude, le forçant à donner à ses publications ce caractère hâtif et fragmentaire dont il s'excuse dans une préface avec une touchante mélancolie. L'épreuve était rude, elle le devint de plus en plus dans ces années de 1884 à 1889, dont les souffrances ont trouvé un écho dans des poésies intitulées par lui :" Italie. La voie étroite" [ ... ], et qui se nourrissaient de tout ce que pouvaient leur fournir sa sensibilité de poète et la richesse de sa vie intérieure. Au cours de cette crise cruelle, les sentiments religieux qui l'avaient toujours inspiré au temps de ses années de joie et d'espérance se teintèrent parfois d'un ascétisme pessimiste. Puis, peu à peu, l'apaisement se fit et s'affirma lorsqu'une dernière épreuve, la mort de sa mère, communiqua à son âme croyante un sentiment encore plus vif de « la sérénité des choses éternelles" (Digard, Bib. de l'Ecole des Chartes, 1907, pp. 657 s.). Etat satisfaisant (couverture plastifiée, bon état par ailleurs).