Marsilio Landriani (1751-1815), physicien, chimiste, météorologue italien. L.A.S., Milan, 6 décembre 1783, 2p in-4. Au chimiste et homme politique Louis-Bernard Guyton de Morveau (1737-1816) : « Monsieur, Je vous rends mille grâces pour les notices que vous avez eu la bonté de me donner et je vous fais mes excuses si je ne réponds à votre lettre qu'aujourd'hui car j'ai été fort occupé et absent même pour quelques jours, et aujourd'hui même je n'ai pas le temps de vous écrire tout ce que je souhaite [de] vous communiquer. Je me borne donc à vous dire que j'ai écrit à Florence pour avoir deux ou trois bouteilles des eaux du Monte Rotondo que je vous expédierai sitôt que je les aurai avec le pain à [mot illisible] bleu et plusieurs autres bagatelles. Comme je sais que vous travaillez à un dictionnaire de chimie. Aussi je vous avance la notice que Mr le conseiller [Giovanni Antonio] Scopoli professeur à Pavie vient de publier 4 gros volumes de la traduction du Dict. de Macquer enrichie de plusieurs notes et additions considérables et qua dans ce mois ou au plus tard dans le mois prochain nous aurons 4 autres volumes qui seront suivis par deux autres à ce qu'on m'a dit. Ainsi, si vous souhaitez avoir cet ouvrage, je me ferai un vrai plaisir de vous l'envoyer. J'attends donc vos ordres là-dessus. Mr [Nicolas Théodore] de Saussure vient de me communiquer la belle expérience de Mr Lavoisier sur la conversion des airs en eau. Et il a eu démontré que l'eau qu'on a obtenu soit à peu près égale au poids des airs brulés. A-t-on essayé de changer l'eau en air déphlogistiqué et inflammable. Si vous avez des notices sur cette matière, vous me ferez beaucoup de plaisir si vous voudrez me les communiquer. Comme je dois partir dans l'instant et qu'on m'appelle, je me borne à vous offrir mes services et à vous assurer de mon parfait attachement et sincère estime avec laquelle j'ai l'honneur d'être de vous Mr, votre humble et très obéissant serviteur M Landriani ». Cette lettre est très intéressante car elle est en pleine révolution chimique. Landriani parle déjà de la découverte de Lavoisier qui montre que la combustion de « l'air inflammable » (hydrogène) et de « l'air déphlogistiqué » (oxygène) produit de l'eau. Landriani se demande si on a tenté l'expérience inverse. On notera qu'il utilise encore les anciens noms de ces éléments, signe que la phlogistique n'a pas encore disparu. Sa demande concerne donc une expérience qui ne sera réussie qu'en 1800 : l'électrolyse de l'eau. Très belle lettre scientifique. [184]
Reference : 018532
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