Paris, Au cercle du livre précieux, 1962. Grand in-4 en feuilles de XXII, [1 f.], 176 p., [2 ff.] Couverture imprimée à rabats, sous chemise et étui de velours noir, pièce de titre en vélin au dos de la chemise. Belle condition.
Reference : 4072
Illustré de 12 compositions, de bandeaux et culs-de-lampe par Leonor Fini. Tiré à 352 exemplaires numérotés, celui-ci un des 314 sur vélin d’Arches pur chiffon.
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S. l.(Lisbonne) entre 1713 et 1728 Fort in-f° (317 x 230 x 64 mm), 1004 pp. + 1 cahier volant de [8] ff. manuscrits en portugais à l'encre brune inséré en début de volume, manuscrit d'une seule main d'une écriture lisible, 25-30 l., papier vergé fin, nombreuses corrections et biffures, béquets, faux-titre et titre manuscrits ajoutés à la reliure, demi-maroquin rouge, dos lisse orné avec indication de tomaison « 3 », inscription en queue « manuscrit original de l'auteur » (reliure vers 1860).
Suite et fin inédite de la première histoire française du Portugal C'est Pellisson qui, voyant en Jacques Le Quien de la Neufville les traits d'un bon historien, le poussa dans la discipline. Le Quien se proposa, dès lors, d'écrire l'Histoire du Portugal, qui manquait en français. Après de longs préparatifs consistant en une étude poussée des langues portugaises et espagnoles et de nombreuses correspondances pour tirer des archives du pays des copies ou des extraits des pièces manuscrites nécessaires à son dessein, une première partie fut publié en 1700 (Paris, Anisson, 2 vol. in-4°, 626 et 608 pp.). Les trente années d'efforts de l'auteur furent récompensées d'un grand succès et l'ouvrage fut jugé si remarquable qu'il lui procura en 1706 la place d'associé de l'Académie des Inscriptions. Les académiciens de Lisbonne jugèrent toutefois que son histoire bien qu'élégamment écrite était inexacte, reconnaissant cependant « qu'il est difficile à un étranger d'arriver jamais à cette perfection que l'on peut à peine attendre de l'élite des savants nationaux ». En 1713, Le Quien ne se fit pas prier lorsque l'abbé de Mornay, nouvel ambassadeur nommé par Louis XIV après la paix d'Utrecht, lui proposa de le suivre pour le pays dont il avait établi l'histoire sans jamais ne l'avoir visité. Dès son arrivée, sa réputation le précédant, le roi en remerciement de ses travaux le nomma chevalier du prestigieux Ordre du Christ (une copie officielle de l'acte d'entrée est jointe au présent manuscrit, 1797, [8] ff.) et le pensionnat sur le trésor royal. Cela le détermina à se lancer dans la présente continuation de l'Histoire de Portugal avec l'assurance, non des moindres, d'avoir directement accès à l'ensemble des sources originales qui lui avaient fait défaut pour la rédaction de la première partie. Gageons donc que cette deuxième partie ne puisse en être que plus exacte. Cet unique exemplaire connu de cette continuation inédite de l'Histoire générale de Portugal commence après la mort de Manuel Ier en 1521, soit là où se termine la partie imprimée, et s'achève en 1683 par la mort d'Alphonse VI et l'accession au trône de son frère Pierre II, régent depuis 1667. Elle couvre donc 10 règnes, voyant s'achever la dynastie des Aviz, parcourant celle des Hasbourg et débutant celle des Bragance. On mentionnera parmi les grands événements de cette période, l'établissement de l'Inquisition ecclésiastique, la découverte du Japon, La bataille des Trois Rois, la fondation de l'Union ibérique, la Révolution portugaise de 1640, les victoires contres les espagnols, l'expulsion des hollandais du Brésil et de l'Angola, etc. Cette dernière nous amène à ne pas oublier la riche histoire des colonies portugaises, présentent sur les quatre continents, largement abordée ici. Une étude exhaustive permettrait peut-être de découvrir des faits inédits ou d'éclairer certains points de l'histoire du Portugal et de ses colonies. Jacques Le Quien de la Neufville (1647-1728), d'une santé fragile, renonça à la carrière militaire après une unique campagne et s'appliqua dès lors à la philosophie et au droit avant de diriger ses études vers l'histoire. Il travailla aussi à l'histoire des postes (Origine des postes chez les anciens et les modernes, Paris, 1708) et à celle des Flandres françaises qui jamais ne parut1. Il mourut à Lisbonne en 1728 avant de pouvoir publier ou d'avoir terminer le présent manuscrit. La découverte d'un manuscrit ancien concernant l'historiographie d'un pays important comme le Portugal est devenue tout à fait exceptionnelle aujourd'hui. PROVENANCE : famille d'Avezac de Castera, par descendance directe de l'auteur. La reliure fut probablement établie pour l'héritier de ses papiers, Armand d'Avezac de Castera (1835-1906), magistrat à Dax, fils d'Hector (1804-1840) et de Caroline Le Quien de La Neufville (1812-1882).
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[1942]. 25 ff. volants in-4, (27,5 x 21,5 cm), à l’encre bleue (ff. 1-22) et à l’encre rouge (ff. 23-25). Corrections dactylographiées et manuscrites.
L’auteur anonyme, patriote rennais convaincu et partisan de la Bretagne libre, fournit un texte plutôt militant qu’une œuvre d’historien. Il pourrait être un membre de la mouvance PNB / Breiz Atao (peut-être Morvan Marchal ?). Il défend dans son introduction la place de Rennes comme capitale de la Bretagne, introduction que nous retranscrivons ici dans son entièreté. Introduction (ff. 1-3) : Rennes, Ville bretonne, Capitale de la Bretagne. « C'est un Rennais qui écrit ce livre. On peut le croire lorsqu'il dit qu'il aime sa ville. Il l'a défendue comme on défend une mère contre les dénigreurs, qui ne la connaissent pas, et contre les vandales qui veulent la souiller. On peut compter qu'il la défendra encore... C’est un Breton, aussi. Nous aimons Rennes dans la Bretagne. Pour nous, le patriotisme local conditionne le patriotisme national. Nous ne serions pas un bon Breton si nous n’aimions pas la ville qui a défendu jusqu’au bout l’indépendance de la Bretagne, et qui a tenu la dernière – tout le pays étant conquis, aplati, soumis – contre les canons français. Pour cela, elle n’a de leçon de patriotisme à recevoir de personne, et tous les Bretons peuvent la saluer, chapeau bas. Rennes n’a pas toujours été la ville bourgeoise et provinciale qu’on voit aujourd’hui ; elle a donné le signal de bien des émeutes ; elle les a payées fort cher, mais la dernière, en s’amplifiant, est devenue la Révolution française. Rennes était une jolie ville ; nous dirons même : une belle ville, jusqu’aux dernières années du XIXe siècle ; en somme, tant qu’elle a réussi à tenir son rang de capitale de la Bretagne. C’est la Centralisation qui l’a tuée ! Rennes est située juste où il faut pour être la capitale de notre pays ; c’est pourquoi elle l’a toujours été depuis que les Bretons ont une capitale, n’en déplaise aux Nantais au grand port duquel il manque encore un titre, paraît-il… Pour nous, nous nous contentons du nôtre ! La question de Rennes ou Nantes, capitale de la Bretagne, a d’ailleurs été tranchée par Marteville, le meilleur historien rennais. Tous les ducs de Bretagne ont été couronnés à Rennes et notre ville a été qualifiée par eux tous “capitale de notre païs et duché”, même par François II qui fit construire le château de Nantes ! Une seule exception sous le règne d’Henri IV, souverain étranger, après les guerres de la Ligue… Alors, le parti ligueur, n’ayant pu se maintenir à Rennes, avait fait de Nantes son boulevard en Bretagne… Henri IV tenait à se concilier les Nantais qu’il venait de vaincre. On sait que ce roi venait du Midi et qu’il était prodigue de paroles flatteuses. C’est donc tout : un souvenir de guerre civile. À part cela, tous les souverains français reconnurent la prééminence de Rennes. D’ailleurs, à quoi bon discuter ? Le Parlement de Bretagne, gardien des franchises et coutumes du Duché, siégeait à Rennes, de même que la Commission Intermédiaire des États de Bretagne, véritable gouvernement breton. Cela suffit ! Concédons aux Nantais que leur ville fût la résidence des derniers ducs. Mais Versailles n’a jamais empêché Paris d’être la capitale de la France ! Et si, demain, le rêve de nos vieux rois se réalisait, si la Bretagne – marchant vers le soleil – s’annexait les départements voisins, qui se dépeuplent, et dont certains sont déjà mis en valeur par les Bretons, Rennes serait encore mieux placée, – à mi-chemin qu’elle est des côtes de la Manche et des marais poitevins, des rives de la Sarthe et de la rade de Brest. Cela, personne ne peut le contester, ni les partisans du maintien de l’union avec la France, ni ceux – dont nous sommes – de la libération de la Bretagne et de son intégration directe dans l’Europe nouvelle. Nous croyons donc que la question de la capitale bretonne est fixée pour l’avenir, comme elle l’a été dans le passé, parce qu’elle est dessinée par l’histoire et la géographie. Fasse donc le Ciel que notre ville connaisse encore des jours glorieux, comme ceux qu’ont connus nos pères ! » Chapitre I : Brève Histoire du Vieux-Rennes. Feuillets 3 à 25. L’auteur décrit notamment l’héritage gallo-romain de Rennes (tout en le fustigeant), puis l’époque des invasions germaniques et des invasions scandinaves, des premiers rois bretons, Nominoé, Alain Barbetorte, la domination anglaise du XIIe siècle. Il cite des extraits du Livre des Manières d’Étienne de Fougères. « La “Gaule” évoque pour nous la plus lointaine idée de la patrie ; mais entendons-nous bien : la Gaule, c’est-à-dire la Celtique. Ils ne descendent point des Gaulois, ceux qui tiennent Vercingétorix pour un sauvage et qui se vautrent aux pieds de la Louve romaine. Nous ne sommes pas de ceux-là ! Nous estimons que la Gaule a tout perdu en perdant sa langue, que la Bretagne (c’est-à-dire l’Angleterre actuelle) avait conservée. Et nous pensons que c’est un quasi-miracle que l’arrivée d’émigrants de l’île de Bretagne, au V° siècle, pour receltiser ce coin de terre ! Voilà pourquoi nous estimons que la langue bretonne n’est pas étrangère à Rennes ; qu’elle y a doublement droit de cité, – et d’abord comme fille authentique du gaulois de l’île de Bretagne. Nous la retrouverons bientôt. » (Extrait). « Quelle ne fut pas notre heureuse surprise l'année dernière lorsqu'on trouva dans les travaux du camp de St. Jacques plus de cent pièces de monnaie des Redones cachées dans un vase antique ! Toutes portaient une de ces têtes d'homme, divinité ou guerrier, dont a si bien parlé Camille Julian, et au revers le char de la Confédération armoricaine et la roue solaire des Redones. » Cette phrase pourrait renvoyer à la découverte en 1941 d’un important dépôt monétaire sur le site de fouilles de Saint-Jacques-de-La-Lande et nous permet de dater ce tapuscrit. Plus loin, il cite en note un ouvrage de 1936 (L’Armorique, mélange d’Histoire). « Nous ne retracerons pas ici les évènements fameux qui contraignirent les Bretons à quitter l’Angleterre. Disons que nous sommes convaincu qu’il ne s’agit pas alors de pauvres émigrants en larmes fuyant leur patrie moribonde, comme aurait voulu nous le faire croire M. de La Borderie, mais bien de tribus belliqueuses, déjà armées par les Romains pour défendre le littus saxonicum, et qui refusèrent de se soumettre au joug de l’étranger. Ne partirent que ceux qui voulurent rester libres, et la suite de l’histoire des Bretons le prouve bien ! On ne la comprend même pas sans cela. » (Extrait). « La marée bretonne déferla sur toute la Haute-Bretagne, l’Anjou, le Maine, la Normandie et le Poitou. Sans l’invasion scandinave du IX° siècle, Rennes serait probablement au centre d’un État purement celtique, englobant tout le massif géologique armoricain et groupant huit à neuf millions d’habitants. C’est M. Loth qui disait que si la receltisation de cette région avait été totale, il eût fallu des guerres d’extermination pour l’unir à la France. » (Extrait). Au sujet des vers d’Étienne de Fougères : « Naturellement, puisque nous sommes en France, il n’y a que les savants allemands qui se soient intéressés à ce vieux morceau de notre littérature ! Penser qu’à cette époque l’évêque de Rennes versifiait dans la langue des paysans, ça nous change des prélats de nos jours ! Nous ne voyons guère que Mgr St Marc, lui aussi fils du terroir, qui eût pu en faire autant. » L’auteur continue en décrivant l’étendue des faubourgs de Rennes au XIIIe siècle et son évolution, puis l’époque des guerres civiles, les guerres féodales, la guerre de Succession de Bretagne, le Siège de 1356, les « jours sombres de St Aubin-du-Cormier » en 1488. Il cite fréquemment les historiens locaux, Ogée et Marteville notamment, sur lesquels il s’appuie. Il décrit ensuite les conditions du mariage forcé d’Anne de Bretagne à Charles VIII qui permirent de lever le Siège de Rennes. « L’indépendance bretonne était morte. N’avions-nous pas raison de dire que l’histoire de Rennes est beaucoup plus triste à la période féodale qu’à l’époque de Nominoé ? ». « À voir avec quelle rage Rennes se jeta, comme toute la Bretagne, dans les guerres de religion stupéfie ! Oubliée la nationalité bretonne pour laquelle on avait répandu tant de sang ! […] Il n’y a pas un siècle plus triste que le XVI° pour toute la Bretagne ! C’est une grisaille désolante que parviennent à peine à égayer les contes d’Eutrapel. » Viennent ensuite la Grand Siècle, la description de Rennes et de ses faubourgs au XVIIe siècle, puis la Révolte du Papier Timbré (« Un évènement autour duquel on a fait un grand tapage, sans toujours bien le comprendre […]. Remarquons d’abord qu’il s’agit d’une secousse sociale, parfaitement comparable à la Commune de Paris, et nullement d’une révolte nationale bretonne. ») et le grand incendie de décembre 1720 et ses dégâts regrettables et colossaux. Enfin, « La Révolution va bientôt ouvrir l’ère des cataclysmes architecturaux. Au fait, cette Révolution, elle est un peu notre œuvre, car c’est à Rennes qu’elle se manifesta tout d’abord. Cela commença par une agitation en Bretagne contre le pouvoir royal. » « Des médiocres prétentieux comme Moreau furent les dieux du jour, et Rennes devait bientôt sombrer dans les folies révolutionnaires. La marche de l’héroïque et malheureuse armée vendéenne ne vint même pas la réveiller, si elle fît trembler ses historiens barbouillés de sang et coiffés de plumets tricolores. Les orties poussèrent à la place où se dressait jadis la cathédrale où l’on couronnait les ducs, et par adulation pour un sabreur corse promu successeur de Charlemagne, Rennes finit par renier ses armes et par couvrir son blason de mouches à miel. Elle les a – heureusement – reprises depuis lors ! Mais elle a perdu – hélas ! – sa couronne qu’il faudra bien lui redonner un jour… le jour prochain où elle sera, de nouveau, la capitale de la Bretagne. » (Fin). Le tapuscrit s’arrête ici, à la fin du premier chapitre consacré à l’histoire du Vieux-Rennes. Est-ce que l’auteur s’est arrêté là et son projet n’a jamais vu le jour, ou est-ce que les chapitres suivants de ce tapuscrit existent ailleurs ?
LEMAISTRE DE SACY (Louis-Isaac, trad.) / BIDA (Alexandre, ill.)
Reference : 598
(1882)
Paris Librairie Hachette 1882 In-f° (43 x 61.5 cm), [2] ff. bl. - [2] ff. - 38 pp. - [12] pl. - [3] ff. bl., en feuilles sous chemise éditeur imprimée fermée par des rubans.
12 EAUX-FORTES ORIENTALISTES EN PREMIER TIRAGE, UN DES 20 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE HOLLANDE. Édition originale de l'illustration d'Alexandre Bida. Un des 20 exemplaires sur Hollande, après 10 exemplaires sur Chine et 20 exemplaires sur Whatman. L'ouvrage est illustré de bandeaux, vignettes et culs-de-lampe ainsi que de 12 eaux fortes sous serpentes légendées, le tout d'après Alexandre Bida. Ce volume est le dernier d'une série de publications issue de la collaboration entre Hachette et Bida : aux monumentales Saintes Évangiles illustrées de 128 eaux-fortes (1873) s'ajoutent Le Livre de Ruth (1876), L'Histoire de Joseph (1878) et L'Histoire de Tobie (1880). 21e livre de la Bible hébraïque, le livre d'Esther est compris dans la tradition chrétienne parmi les "livres historiques" de l'Ancien Testament. Esther, épouse du roi de Perse Assuérus, parvient à obtenir de lui qu'il mette fin aux intrigues du vizir Haman qui projette d'exterminer la population juive. Élève de l'atelier d'Eugène Delacroix, Alexandre Bida (1813-1895) affine son trait orientaliste au cours de plusieurs voyages qui le mènent en Turquie, en Syrie, au Liban, en Grèce, en Égypte... les dessins à caractère quasi-ethnographique qu'il en rapporte intriguent à Paris : il est notamment le premier européen à représenter des personnes juives en prière devant le mur des Lamentations (Le Mur de Salomon, 1857). Exposé aux Salons de Paris puis aux expositions universelles de 1855 et 1867, il y figure curieusement parmi les peintres, bien qu'il travaille exclusivement au crayon, au fusain et au lavis de gris. Théophile Gautier comment à ce sujet : "M. Bida ne fait pas de peinture ; il est vrai qu'il n'en a pas besoin. Ces dessins sont colorés comme des Descamps et des Marilhat. Avec du noir et du blanc, il est parvenu à rendre la lumière, la chaleur ardente et l'éclat de ces belles contrées animées de soleil." (Les Beaux-Arts en Europe, 1855, p. 151) Son choix du noir et blanc, rare parmi les orientalistes, rend son travail particulièrement propice à la reproduction par la gravure. Le fait n'échappe pas à Hachette, et Bida passe contrat avec la maison d'édition pour l'illustration d'une Bible. En 1861, il part pour la Palestine, accompagné de Georges Hachette et d'un photographe, afin de réunir la documentation iconographique nécessaire au projet (le récit d'une partie de son voyage, "Excursion au Mont-Sinaï", paraît en 1864 dans la revue Le Tour du Monde dont il est l'un des illustrateurs). Ce Grand oeuvre occupera vingt années de sa carrière, s'achevant en 1882 avec la parution de L'Histoire d'Esther. La critique est unanimement positive : mêlant réalités contemporaines de l'orient à une riche documentation archéologique, Bida contribue avec sa Bible au développement d'une nouvelle iconographie sacrée. Jean de l'Hers, dans un article nécrologique de L'Art méridional, estime ainsi : "Il fut, dans tous les cas, le premier à rendre aux personnages de l'Histoire sainte les caractères de leur race, les moeurs de leur pays, leurs costumes traditionnels, en outre qu'il les replaça dans leur milieu, comme paysage et comme habitations. Il a ainsi restitué aux scènes de l'ancien et du nouveau Testament, la réalité orientale et leur a donné toute la vérité probable [...]" (15 janvier 1895, p. 11) Quelques feuillets et serpentes effrangés. Malembits Michèle. "Alexandre Bida : un Orient en noir et blanc." In Histoire de l'art, N°51, 2002. pp. 101-113.
Paris Librairie Hachette 1880 In-f° (40.5 x 58 cm), [1] f. bl. - [2] ff. - 48 pp. - [14] pl. - [1] f. bl., en feuilles sous chemise éditeur imprimée fermée par des rubans.
14 EAUX-FORCES ORIENTALISTES EN PREMIER TIRAGE, UN DES 50 EXEMPLAIRES SUR WHATMAN. Premier tirage de l'illustration d'Alexandre Bida. Un des 50 exemplaires sur Whatman, après 10 exemplaires sur Chine. Suivent 150 exemplaires sur Hollande. L'ouvrage est illustré d'une quarantaine de bandeaux, vignettes et culs-de-lampe ainsi que de 14 eaux fortes sous serpentes légendées, le tout d'après Alexandre Bida. Ce volume est l'avant dernier d'une série de publications issue de la collaboration entre Hachette et Bida : aux monumentales Saintes Évangiles illustrées de 128 eaux-fortes (1873) s'ajoutent Le Livre de Ruth (1876) et L'Histoire de Joseph (1878). L'Histoire d'Esther suivra en 1882. Livre du canon catholique et orthodoxe, le livre de Tobie est l'unique à citer l'archange Raphaël : il y intervient pour aider Tobie, jeune israëlite de la tribu de Nephthali, à guérir son père aveugle et délivrer sa future épouse de l'influence du démon Asmodée. Élève de l'atelier d'Eugène Delacroix, Alexandre Bida (1813-1895) affine son trait orientaliste au cours de plusieurs voyages qui le mènent en Turquie, en Syrie, au Liban, en Grèce, en Égypte... les dessins à caractère quasi-ethnographique qu'il en rapporte intriguent à Paris : il est notamment le premier européen à représenter des personnes juives en prière devant le mur des Lamentations (Le Mur de Salomon, 1857). Exposé aux Salons de Paris puis aux expositions universelles de 1855 et 1867, il y figure curieusement parmi les peintres, bien qu'il travaille exclusivement au crayon, au fusain et au lavis de gris. Théophile Gautier commente à ce sujet : "M. Bida ne fait pas de peinture ; il est vrai qu'il n'en a pas besoin. Ces dessins sont colorés comme des Descamps et des Marilhat. Avec du noir et du blanc, il est parvenu à rendre la lumière, la chaleur ardente et l'éclat de ces belles contrées animées de soleil." (Les Beaux-Arts en Europe, 1855, p. 151) Son choix du noir et blanc, rare parmi les orientalistes, rend son travail particulièrement propice à la reproduction par la gravure. Le fait n'échappe pas à Hachette, et Bida passe contrat avec la maison d'édition pour l'illustration d'une Bible. En 1861, il part pour la Palestine, accompagné de Georges Hachette et d'un photographe, afin de réunir la documentation iconographique nécessaire au projet (le récit d'une partie de son voyage, "Excursion au Mont-Sinaï", paraît en 1864 dans la revue Le Tour du Monde dont il est l'un des illustrateurs). Ce Grand oeuvre occupera vingt années de sa carrière, s'achevant en 1882 avec la parution de L'Histoire d'Esther. La critique est unanimement positive : mêlant réalités contemporaines de l'orient à une riche documentation archéologique, Bida contribue avec sa Bible au développement d'une nouvelle iconographie sacrée. Jean de l'Hers, dans un article nécrologique de L'Art méridional, estime ainsi : "Il fut, dans tous les cas, le premier à rendre aux personnages de l'Histoire sainte les caractères de leur race, les moeurs de leur pays, leurs costumes traditionnels, en outre qu'il les replaça dans leur milieu, comme paysage et comme habitations. Il a ainsi restitué aux scènes de l'ancien et du nouveau Testament, la réalité orientale et leur a donné toute la vérité probable [...]" (15 janvier 1895, p. 11) Quelques feuillets et serpentes effrangés. Malembits Michèle. "Alexandre Bida : un Orient en noir et blanc." In Histoire de l'art, N°51, 2002. pp. 101-113. Vicaire IV, 146
MORICE, Pierre-Hyacinthe (Dom), et TAILLANDIER, Charles (Dom).
Reference : 1838
(1835)
Guingamp, Benjamin Jollivet, 1835-1837. 20 vol. in-8, (20 x 13 cm), et 1 vol. de planches fort in-8, (20 x 13,5 cm) ; LXXXVIII pp., 358 pp. ; 503 pp. ; 511 pp. ; 512 pp. ; 526 pp. ; 555 pp. ; 463 pp. ; LXXX pp., 398 pp. ; 504 pp. ; 476 pp. ; 509 pp. ; 544 pp. ; 528 pp. ; 587 pp. ; 568 pp. ; 613 pp. ; 448 pp. (la table des noms propres in-fine s'arrête à Pabutual) ; 451 pp. ; 576 pp. ; 589 pp. Reliure d'époque en demi-basane verte à long grain et à coins, dos lisse orné d'entrelacs romantiques, titre et tomaison dorés. Quelques frottements aux reliures et usures d'usage notamment aux coins. Beaucoup de pages du tome 1 ont été cornées (traces de plis angulaires) et quelques-unes dans les volumes suivants. Mouillure angulaire (sans atteinte au texte) sur l'ensemble du tome 2, petite mouillure marginale (sans atteinte au texte à la fin du tome 4, grande mouillure à quelques feuillets du tome 8. Quelques taches en coins de pages au tome 16. Les tranches de l'atlas sont irrégulières (certains cahiers mal reliés). Menus défauts mais exemplaire très correct néanmoins.
Seconde édition après l'originale in-folio parue au milieu du XVIIIe siècle. Ouvrage très important commencé par Dom Morice – à la demande des États de Bretagne, pour donner une meilleure version de l'Histoire de Bretagne que celle de Dom Lobineau – et continuée par Dom Taillandier après la mort de Dom Morice.Histoire générale de Bretagne du tome 1 au tome 13, avec une grande carte dépliante au tome 1 (déch. sans manque). Au début du tome 8, l'Avertissement (celui du tome 2 de l'édition originale) explique le décès de l'auteur et la reprise de son travail par son successeur. Aux tomes 14 et 15 : Mémoires sur l'établissement des Bretons dans l'Armorique, et leurs premiers rois.Au tome 16 : Notes sur l'Histoire de Bretagne.Au tome 17 : Catalogue historique des évêques et abbés de Bretagne.Au tome 18 : Catalogue historique des abbés de Bretagne.Aux tomes 19 et 20 : Supplément aux Preuves de l'Histoire de Bretagne.L'atlas comporte 311 planches lithographiées (la plupart par Villain d'après Levilly), essentiellement de monnaies, sceaux et médailles, certaines sur papier plus fin (il est possible que certaines de ces planches soient des copies) : - 143 pl. de sceaux et médailles (num. de 1 à 145, sans les n° 11, 19, 22, 54, 86, 107, 111, 119 et 123, avec une pl. n° 177 entre la 67 et la 68, et suivies de pl. num. 2, 229, 230, 231, 30 et 31), avec une galerie de ver le long de la charnière entre les pl. 112 et 130 ; - 89 pl. de sceaux et médailles, "2e partie" (num. de 33 à 154, sans les n° 36, 38 à 43, 49, 51 à 55, 58, 59, 61, 63, 68, 73, 82 à 85, 87, 88, 94, 111, 130 à 132, 135 et 143 à 145, avec 2 pl. 126 différentes) ; - 24 pl. de monnaies (num. de 1 à 24) ; - [30] pl. des Armoiries des Trente Bretons ; - [22] pl. de portraits et tombeaux et [3] pl. de batailles. Sacher (p. 152) ne précise pas le nombre de planches ; les exemplaires que nous avons pu voir ou voir décrits ont tous un nombre de planches différent.