Paris, Les Editions de Minuit, 1967. In-8 broché de 402-[2] pages, couverture imprimée.
Reference : 15091
Edition originale au tirage limité à 218 exemplaires numérotés, celui-ci un des "112"sur bouffant sélect (82). Ce roman de la mémoire familiale couvre une journée de la vie du narrateur déroulée en de longues phrases sur douze chapitres. Claude Simon, dont les précédents romans avaient été sélectionnés aux principaux prix littéraires, décroche enfin avec celui-ci le Prix Médicis. Vignes, 521. En belle condition, non coupé.
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Édition originale du Discours sur l'Histoire universelle avec un précieux manuscrit de travail Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1681. 1 vol. (190 x 250 mm) de 11 f. (dont les feuillets manuscrits montés sur onglet), [1] f., 561 p. et [3] f. Maroquin janséniste rouge, dos à nerfs, titre doré, doublures et gardes de moire verte, tranches dorées, étui bordé. Édition originale du Discours sur l’Histoire universelle. Exceptionnel exemplaire auquel a été joint un fragment du manuscrit de la Défense de la tradition et des Saints-Pères.
Une association cohérente : dans ces deux textes, Bossuet vise les thèses de Richard Simon ; implicitement dans le Discours et ses nombreuses additions apportées à partir de 1700 ; explicitement dans La Défense de la Tradition... dont la première partie est consacrée à dévoiler les erreurs de Simon exposées dans ses écrits de manière habile pour éviter la censure, tandis que la seconde, auquel ce fragment manuscrit se rattache, est une apologie de saint Augustin et de sa doctrine sur les dogmes du péché originel, de la grâce et de la prédestination. L'édition originale du Discours sur l'histoire universelle. Cette édition est réalisée par Sébastien Mabre-Cramoisy (1637-1687), petit-fils et héritier du grand éditeur parisien Sébastien Cramoisy (1584-1669) dont les textes parus sous sa marque « Aux trois cigognes » relevaient en grande partie de sujets religieux dont il avait fait sa spécialité. Favori et protégé de la Cour, premier directeur de l'imprimerie royale du Louvre, il laissa à sa mort ses titres et le prestige de son enseigne à son fils, formé auprès de lui. L'édition est ornée de deux vignettes gravées d'après Le Pautre par Jolain (l'une en tête, qui représente le Temps, assis et tenant l'écusson avec les armes du Dauphin ; l'autre en fin). La « deuxième édition originale » sera publiée a Paris chez le même éditeur, mais au format in-12 : elle contient quelques infimes corrections de Bossuet. Brunet avertit que « des exemplaires portent l'adresse de Leonard, 1682, ou celle de Roulland, 1691 » et mentionne comme « la derniere publiee du vivant de l'auteur et celle qui a le plus d'autorite » la «troisieme edition originale», « revue par l'auteur », Paris, Roulland, 1700 (ou Michel David, 1703), in-12. Le texte : « Fidèle à la conception traditionnelle qui fait de l'histoire un répertoire d'enseignements à l'usage des Princes », ce texte a été écrit par Bossuet lorsqu'il était précepteur du dauphin Louis de France, fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche. Inspiré de La Cité de Dieu de saint Augustin, le Discours... divise en treize chapitres, « l'histoire universelle », c'est-à-dire (à cette époque) celle de l'Europe et du Moyen-Orient, depuis le récit biblique de la Création jusqu'au règne de Charlemagne. Outre son caractère pédagogique, la portée philosophique et les implications politiques du Discours sur l'histoire universelle en font l'un des textes majeurs de l'auteur, dont la postérité retient surtout l'oeuvre (par ailleurs sublime) des Oraisons funèbres. En 1681 pourtant, année de la première parution du Discours..., Bossuet, nommé archevêque de Meaux alors qu'il vient d'achever son préceptorat auprès du dauphin, est devenu l'un des personnages les plus influents de l'Église de France. Les manuscrits et les imprimés relatifs à ce texte sont conservés à la BnF sous les n° 12832-37. Ils comprennent une copie revue et corrigée par Bossuet, et un exemplaire de l'édition originale parue chez Cramoisy, en 1681, la même que celle que nous présentons ici. « Cet exemplaire (au format in-4) porte un grand nombre de notes, de corrections, de suppressions et de divisions écrites de la main de Bossuet pour préparer la 3° édition qu'il donna lui-même en 1700 ». Bossuet révisa jusqu'à sa mort le contenu de ce texte qu'il jugeait fondamental, laissant après la troisième édition nombre de notes manuscrites qui serviront à l'édition définitive de l'abbé Caron. Le fragment manuscrit de la Défense de la Tradition et des Saints Pères : Le manuscrit relié en tête de cet exemplaire du Discours sur l'histoire universelle (1681) est celui d'un fragment de la Défense de la Tradition et des Saints Pères dont la première publication sera posthume (1753). Il se rapporte à six des derniers chapitres de cet ensemble imposant dont l'édition comporte un millier de pages. Le contexte de la Défense de la Tradition... : Bossuet y réfute la thèse du prêtre et érudit Richard Simon (Dieppe 1638 - 1712) sur la doctrine de Saint Augustin (son maître incontesté) dans l'ouvrage publié en 1693 chez Peinier Leers à Rotterdam (pour échapper à la censure) et intitulé Histoire critique des principaux commentateurs du Nouveau Testament... Célèbre pour son art du sermon, Bossuet a également brillé dans celui de la controverse, art ô combien nécessaire en son temps où circulent les thèses de Calvin et de Luther. « Avec sa douceur habituelle, il confondait les systèmes sans blesser personne, et forçait les hérétiques à s'avouer vaincus ; jamais il n'oublia la grande règle de toute discussion religieuse : l'unité, dans ce qui est nécessaire ; la liberté, dans ce qui est douteux ; la charité dans tous les cas. » (Histoire de Bossuet, Ardant et Thibaut, 1868). Cet imposant texte de controverse que Bossuet n'eut pas le temps de faire imprimer et auquel il travailla jusqu'à sa mort, fut publié une première fois dans le deuxième volume de ses OEuvres posthumes (Amsterdam, Aux dépends de la Compagnie, 1653) puis en édition séparée sous le titre Défense de la Tradition et des Saints Pères (Paris, chez Hérissant & Estienne, 1763). Il est conçu en deux parties dont la seconde est la plus importante. La première contient les livres I à IV et la seconde les livres V à XII ; ce dernier livre- où vient se placer notre manuscrit qui comporte 6 des 39 chapitres. Bossuet rédigera un livre XIII, qui ne sera publié que plus tard et ne figure ni dans les OEuvres posthumes (1753) ni dans l'édition séparée (1763). De Défense de la Tradition..., on ne connaît aujourd'hui que le manuscrit quasi complet de ce Livre XIII (partie II) (292 f.) et une copie de travail conservée à la Bnf sous la cote NAF 28227 (13) du fonds Bossuet provenant de la bibliothèque du Grand Séminaire de Meaux, décrite par Bourseaud comme « très incomplète ». Comme notre manuscrit, elle se présente en deux colonnes, mais celle de gauche comporte le texte d'une autre main que celle de Bossuet et seules les notes, corrections ou additions à droite du texte sont autographes, alors que notre fragment est entièrement de la main de Bossuet. En marge inférieure droite, comme sur notre manuscrit autographe, figurent les initiales « LB » du père Vivien de la Borde (1680-1748), l'ami du neveu de Bossuet, évêque de Troyes (1664-1743). Ce dernier qui hérita des papiers de son oncle fut le premier à en entreprendre le classement et le projet de publication avec l'aide de La Borde. « Bossuet n'a publié lui-même qu'une partie de ses écrits. De 1655 à 1704, il en a fait paraître 75 ou 80 ; son neveu en a donné 7 ou 8 de 1709 à 1741 et tous les autres ont été imprimés de 1745 à 1897. » (Bourseaud, Histoire et description des manuscrits, p. XXVII). La dispersion progressive du très volumineux ensemble des manuscrits de Bossuet après la mort de son neveu et celle de La Borde (dont une partie entrera en 1817 dans le fonds de la Bibliothèque royale tandis que d'autres seront vendus à l'amiable par le libraire Lamy) peut expliquer l'existence de ces feuillets fort heureusement conservés grâce à l'initiative du commanditaire de la reliure de notre exemplaire. Notons que dans la collection James de Rothschild réunissant un nombre significatif de manuscrits de l'évêque de Meaux, ceux-là ne concernent en majorité que des lettres. Détail du fragment manuscrit de la Défense de la Tradition et des Saints Pères : 38 pages en 20 feuillets (135 x 195 mm) sur papier vergé, numérotés « 784 B 1 à 784 B 6, 784 D à 784 Z (sauf I, V, W), 784 AA à 784 HH, et 785 A à H » et paraphés en marge inférieure gauche des initiales « LB ». Le texte est réparti en deux colonnes : celle de droite réservée au texte, celle de gauche aux notes, références, additions et corrections. Les passages soulignés par Bossuet sont en italique dans l'édition imprimée. Ce fragment concerne les chapitres XXVII à XXXIV du Livre douzième « La Tradition constante de la doctrine de S. Augustin sur la Prédestination » de la seconde partie : « Erreurs sur la matière du Péché originel & de la Grace ». Il manque cependant le début du chapitre XXVIII « Autres prières d'Origène... » et la fin du chapitre XXXIV. Titres des chapitres tels que notés par Bossuet : - chap. XXVII : « Prières d'Origène : conformité de sa doctrine avec celle de St. Augustin » ; - chap. XXVIII-IX : « Dieu fait ce qu'il veut dans le bon & dans le mauvais : beau passage d'Origène, pour montrer que Dieu tenait en bride les persécuteurs » ; - chap. XXX : « Grande puissance de la Doctrine et de la Grâce de J.C. comment démontrée et expliquée par Origène » ; - chap. XXXI : « Que cette grâce reconnue par Origène est prévenante & quel rapport elle a avec la Prière » ; - chap. XXXII : « Prière de St Grégoire de Naziance rapportée par St Augustin » ; - chap. XXXIII : « Prière de Guillaume abbé de St Arnoult de Metz » ; - chap. XXXIV : « St Augustin prouve que la doctrine précédente que les anciens Docteurs ont reconnu la Prédestination : ce qu'il répond aux passages où ils l'attribuent à la prescience ».
L'épopée complète en reliure uniforme de Semet & Plumelle Paris, Calmann Lévy, 1897 et 1899. 4 vol. (115 x 185 mm) de 336, 350, 419 et 404 p. Demi-maroquin havane à coins, dos à nerfs orné de caissons d'encadrement et de petits fers, filets pointillés sur les mors, tête dorée sur témoins, titre doré, date en pied, couvertures et dos conservés (reliure signée de Semet & Plumelle). Éditions originales. Série complète des quatre titres de l'Histoire contemporaine.
Arrivé à la maturité, reconnu après les succès de Thaïs et de sa Reine Pédauque, Anatole France cherche à renouveler sa manière, laisse le manuscrit de la Vie de Jeanne d'Arc de côté et menant une existence mondaine «imagine une suite de romans d'un genre nouveau». L'Orme du mail suivi par Le Mannequin d'osier, l'Anneau d'amétyste et Monsieur Bergeret à Paris vont prendre place dans la série de son Histoire contemporaine, «large tableau, d'un réalisme puissant». Un sujet principal constitue le creuset de ses études de moeurs : la nomination d'un évêque dans une ville de province. Lorsqu'Anatole France se rendait à Capian, la propriété d'Arman et Léontine de Caillavet il consigna sans doute les confidences du prêtre du village quant aux tractations autour de l'évêché laissé vacant. Le premier de la série de l'Histoire contemporaine, l'Orme du Mail laissait présager un bel avenir et fut salué par la critique, Faguet écrivit : «M. France a écrit son premier roman réaliste et il est fort bon. - Enfin !...» Bel ensemble en reliure uniforme de Semet & Plumelle.
Quatre tirages originaux de Waléry [Paris, 1928]. 4 tirages noir et blanc sur papier argentique (185 x 240 mm), tampon du photographe au dos «Photographie Waléry. 9bis, rue de Londres. Paris». Photographies de scène réalisées par le studio Waléry pour la pièce Mariette ou Comment on écrit l'histoire, avec et Yvonne Printemps et Sacha Guitry dans les rôles-titre. On y voit Yvonne Printemps, vieillie, dans le rôle de la chanteuse Mariette Fleury, et costumée en homme dans celui de Giovanni.
Jouée pour la première fois au Théâtre Édouard VII le 1er octobre 1928, Mariette est une réécriture de Comment on écrit l'histoire, pièce en 2 actes composée par Sacha Guitry pour une unique représentation au Théâtre Sarah Bernhardt le 4 décembre 1920, dans le cadre du Gala Noblet. Dans sa version d'origine, Yvonne Printemps partageait le rôle de Mariette avec Sarah Bernhardt (celle-ci jouant les scènes où le personnage est âgé) tandis que Guitry interprétait Napoléon et jouait aux côtés de son père, Lucien Guitry, lequel tenait le rôle du roi Jérôme. Les clichés sont l'oeuvre du fils du célèbre photographe polonais Stanisław Julian Ostroróg (1836-1890) qui fit carrière entre Londres et Paris sous le nom de Waléry, créant une véritable marque de fabrique. Stanislaw Julian Ignacy (1863-1929) reprit l'atelier à la mort de son père en 1890 et s'associa avec Charles Auguste Varsavaux.
Prix Goncourt 1946 Paris, René Julliard, (15 mars) 1946. 1 vol. (120 x 190 mm) de 220 p. et [2] f. Broché, non coupé, sous étui. Édition originale. Un des 50 premiers exemplaires sur vergé surfin (n° 42) - seul grand papier. Envoi signé : «Pour Monsieur Max Ph. Delatte qui a tant fait pour le Prix Goncourt 1946 ; avec tous mes vœux de santé et de bonheur pour 1947. Hommage amical de J.J. Gautier, janvier 1947».
Lors de la séance du 3 décembre, l'Académie remit exceptionnellement deux prix : celui de 1940 à Francis Ambrière pour Les Grandes Vacances, et celui de l'année à Jean-Jacques Gautier (1908-1986) pour cette Histoire d'un fait divers. Le choix, en faveur d'un critique dramatique déjà en vue au Figaro, consacrait aussi un éditeur nouveau venu dans le cercle des grands, René Julliard. Le roman s'inspire d'un fait divers réel : un crime passionnel qui avait défrayé la chronique. Mais loin du roman noir ou du Simenon « dur », Gautier choisit une veine naturaliste et psychologique, attentive au déterminisme des gestes et des vies ordinaires. Bel exemplaire. Des bibliothèques Max Philippe Delatte (envoi) et Gérard Pouguet, avec ex-libris.
Exemplaire Armand Salacrou, juré Goncourt Paris, René Julliard, (15 mars) 1946. 1 vol. (120 x 185 mm) de 220 p. et [2] f. Broché, sous emboîtage. Édition originale. Envoi signé : «À Monsieur Armand Salacrou, en souvenir d'un excellent déjeuner et d'une conversation où l'amitié eut presque autant de part que l'art dramatique, cette [Histoire d'un fait divers] qui lui arrivera en pleine période de travail, le téléphone coupé, sur L'Archipel Lenoir. Sept. 1946, J.J. Gautier».
Bel exemplaire, offert à l'un des jurés Goncourt. De la bibliothèque «Prix Goncourt» de Gérard Pouguet, avec ex-libris.