Les Presses de la Cité Sans date.
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REGIS, Professeur Emmanuel ; TAMBURINI, Augusto ; HACK TUKE, Daniel ; LASCHI, Rodolfo ; COUTAGNE, Henry ; MONTORGUEIL, Georges
Reference : 72004
(1889)
Ensemble sous 3 chemises cartonnées: Premier dossier réunissant les courriers (18 L.A.S., 2 lettres tapuscrites signées, 9 feuillets tapuscrits en anglais, attribuable à Daniel Hack Tuke et qq. prospectus) ; Second dossier de 56 ff. autographes format in-8 et in-4 contenant de nombreuses notes et brouillons pour son ouvrage et ses articles sur les régicides : Troisième dossier d’environ 280 ff. manuscrits (autographes du docteur Emmanuel Régis ou d'autres mains de divers scripteurs, copistes ou traducteurs) et divers documents imprimés joints recueillant les sous-dossiers consacrés aux régicides. Détail du contenu : ] Important lot d'archives comprenant plus de 336 feuillets manuscrits, souvent autographes, du Professeur et aliéniste Emmanuel Régis (brouillons, notes de travail, relevés de notes sur les assassins politiques pour son ouvrage sur les "Régicides"), divers documents imprimés joints et de nombreux lettres autographes signées (L.A.S.) d'intervenants majeurs parmi lesquels Augusto Tamburini (1 L.A.S.), Daniel Hack Tuke (2 L.A.S. et un document autographe signé), Rodolfo Laschi (1 L.A.S.), Henry Coutagne (1 L.A.S.), le journaliste Georges Montorgueil (4 L.A.S.), 2 journaux américains (Gilliams Press Syndicate & The Associated news) : - Augusto Tamburini: lettre en italien rédigée depuis l'asile d'aliénés de Reggio Emilia par le célèbre psychiatre italien Augusto Tamburini, adressée au Dr Emmanuel Régis au sujet du cas de Giovanni Passannante (l'anarchiste ayant tenté d'assassiner le roi Humbert I d'Italie en 1878). LAS de 2 pp. sur 2 ff. à en-tête «FRENOCOMIO DI REGGIO NELL’EMILIA - IL MEDICO DIRETTORE» «S. Maurizio il 21. 2. 1890 Egregio Collega Nel suo bel lavoro sui Regicidi pubblicato nel fascicolo di Gennajo degli Archives d’Anthropologie Criminelle, trovo asserito che « il Passannante dà tuttora dalla sua prigione lo spettacolo di un forzato giunto all’ultimo grado della degradazione e della demenza ». L’uomo ora ciò più non soffre, così mi preme di avvertirla che fino dal Maggio dello scorso anno 1889, in seguito a giudizio pronunciato dal Mr Biffi e da me, incaricati dal Ministero dell’Interno, di visitarlo, il Passannante come affetto da delirio sistematizzato persecutivo e ambizioso allucinatorio, è stato dal Bagno di Portoferrajo trasferito al Manicomio Criminale dell’Ambrogiana, instituito dallo stesso Ministero dell’Interno, dove trovasi sotto cura e custodia psichiatrica. Poiché veggo ch’Ella sta per pubblicare un volume sullo stesso argomento, io Le ho scritto perché, s’Ella crede, voglia rettificare l’asserto, tenuto conto che il voto da Lei emesso era già stato soddisfatto. Gradisca, Egregio Collega, con perfetta stima e considerazione». [ Traduction: «Dans votre bel ouvrage sur les Régicides publié dans le fascicule de janvier des Archives d’Anthropologie criminelle, je trouve affirmé que « Passannante offre encore depuis sa prison le spectacle d'un forçat arrivé au dernier degré de la dégradation et de la démence ». Cet homme ne souffre plus de cela désormais, aussi tenais-je à vous avertir que dès le mois de mai de l'année dernière 1889, à la suite du jugement rendu par le Biffi et moi-même, chargés par le ministère de l'Intérieur de l'examiner, Passannante — atteint d'un délire systématique de persécution et d'ambition allucinatoire — a été transféré du bagne de Portoferraio vers l'asile d'aliénés criminels de Montelupo (L'Ambrogiana), créé par ce même ministère de l'Intérieur, où il se trouve actuellement sous soins et garde psychiatriques. Voyant que vous êtes sur le point de publier un ouvrage sur ce même sujet, je vous écris afin que vous puissiez, si vous le jugez bon, rectifier cette affirmation en tenant compte du fait que le vœu que vous aviez émis avait déjà été exaucé…]En 1878, Passannante avait tenté de poignarder le roi Humbert I . Condamné à mort, sa peine fut commuée en prison à vie. Enfermé dans la prison de Portoferraio (île d'Elbe) dans des conditions inhumaines (cellule sous le niveau de la mer, sans lumière, enchaîné), ce régime provoqua sa folie complète. Face au scandale public, le gouvernement italien chargea Augusto Tamburini et Serafino Biffi d'examiner le détenu. Ils conclurent à sa folie (délire de persécution et d'ambition) et obtinrent son transfert à l'asile d'aliénés criminels de Montelupo Fiorentino (Villa L'Ambrogiana). Tamburini rectifie ici l'information auprès d'Emmanuel Régis pour la mise à jour de son futur livre Les Régicides.- Daniel Hack Tuke (2 L.A.S. et un document autographe signé): Daniel Hack Tuke (1827–1895), célèbre médecin et aliéniste anglais, inventeur du mot»psychothérapie», coauteur d'ouvrages majeurs de référence en psychiatrie au XIX siècle et éditeur du Journal of Mental Science. Première C.P.: “Lyndon Lodge Hanwell, London April 5, 1889 I am very sorry to have been so long in sending you the note on Régicide &c., but you will receive the M.S. in a few days (probably Wednesday). I have found it very difficult to obtain the particular information you require. There is no book in which the information is given, so that I have referred to many”. Yours, Hack Tuke [ Traduction: Je suis très désolé d'avoir tardé à vous envoyer la note sur le régicide, etc., mais vous recevrez le manuscrit dans quelques jours (probablement mercredi). J'ai trouvé très difficile d'obtenir les informations particulières dont vous avez besoin. Il n'existe aucun livre contenant ces informations, si bien que j'ai dû me référer à beaucoup». Deuxième C.P. « Apr 29th / 89 My dear Doctor, I send you the Journal of Mental Science for July 1882 containing a report of the trial of Maclean for shooting at the Queen, & a few remarks by myself upon the trial, in the same number. It is very difficult to obtain for you the information you desire. If I can send you notices of more cases of Regina-cide I will do so with pleasure. In reply to your question, I do not think our judges are more averse to the plea of insanity in Royal cases than in others. The fact is, they are opposed to it in all cases. I think that now, as much justice would be done in cases of attempted Regina-cide as in ordinary attempts to murder. Yours faithfully Hack Tuke» [ Traduction: Mon cher Docteur, Je vous envoie le Journal of Mental Science de juillet 1882 contenant un compte-rendu du procès de Maclean pour avoir tiré sur la Reine, ainsi que quelques remarques de ma part sur ce procès dans le même numéro. Il est très difficile d'obtenir pour vous les informations que vous désirez. Si je peux vous envoyer des notices sur d'autres cas de régicide ("Regina-cide"), je le ferai avec plaisir. En réponse à votre question, je ne pense pas que nos juges soient plus opposés au plaidoyer de folie dans les cas royaux que dans les autres. Le fait est qu'ils y sont opposés dans TOUS les cas. Je pense qu'aujourd'hui, autant de justice serait rendue dans les cas de tentative de régicide que dans les tentatives ordinaires de meurtre ]. 9 feuillets tapuscrits en anglais, attribuable à Daniel Hack Tuke (avec son nom et adresse au crayon sur l’un des feuillets), relatifs à plusieurs régicides, sont présents dans le dossier (Mc’Naughten , Hadfield, Bellingham, Margaret Nicholson, Oxford and Francis)Le procès de Roderick Maclean (1882) concerne la tentative d'assassinat de la reine Victoria à Windsor. Maclean fut déclaré « non coupable pour cause de démence » (Not guilty by reason of insanity), ce qui incita la reine à faire modifier la loi anglaise via le Trial of Lunatics Act de 1883 (« guilty, but insane »). - Rodolfo Laschi 1 L.A.S. de 2 pp.: « Avv. RODOLFO LASCHI PIAZZA S. NICOLÒ, 1 VERONA Verona, Monsieur, J’ai reçu Votre aimable lettre du e je Vous remercie pour avoir bien voulu vous mettre d’accord avec moi au sujet de la question posée sous mon nom au prochain Congrès d’Anthropologie Criminelle. La communication que j’avais l’honneur de présenter au Congrès, aura pour but d’exposer le résultat d’une étude faite sur le mouvement réactionnaire en France, dans ses rapports avec la race, le génie, la densité de la population, l’alimentation, etc... Cet étude n’est qu’un petit extrait d’un gros ouvrage qui paraîtra prochainement à Turin, pour le quel j’ai l’honneur d’avoir collaborateur M. le prof. Cesare Lombroso et qui traite précisément du Crime politique au point de vue anthropologique, juridique et sociologique ; naturellement un des chapitres s’occupe aussi des fanatiques politiques (fous, mattoïdes, passionnés) étudiés en rapport de leur état mental. - Mais de cette partie j’ai déjà donné comunication au premier Congrès de Rome e Vous pouvez la voir resumée dans les Actes du Congrès même pubbliés en ; c’est pour cela que Votre comunication, loin de faire double emploi avec la mienne, ne pourra que donner des nouveaux et certainement précieux matériaux aux recherches déjà faites dans l’argument et en confirmer les résultats. En attendant le plaisir de faire votre personnelle connaissance au Congrès, veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus distingués. Avv. Rodolfo Laschi»Juriste et avocat véronais, disciple proche de Cesare Lombroso et figure clé de l'École italienne de criminologie, Rodolfo Laschi évoque ici le célèbre traité « Le Crime politique et les révolutions par rapport au droit, à l'anthropologie criminelle et à la science du gouvernement » (Il delitto politico e le rivoluzioni), coécrit par Cesare Lombroso et Rodolfo Laschi et qui sera publié à Turin (Fratelli Bocca) en 1890. Dans son courrier, Laschi emploie le terme « mattoïdes » (mattoidi), un néologisme typiquement lombrosien désignant des individus à la frontière entre le génie, l'excentricité et la folie morale, très fréquemment associés dans leurs théories aux illuminés politiques et aux auteurs d'attentats.- Henry Coutagne (1846-1895), médecin légiste et collaborateur d’Alexandre Lacassagne aux «Archives de l’anthropologie criminelle et des sciences pénales», 1 L.A.S. de 2 pp.: «Archives de l’anthropologie criminelle et des sciences pénales. Rédaction au laboratoire de médecine légale de la Faculté de médecine de Lyon Lyon, le 20 mai 1889 Mon cher confrère, J’ai transmis votre lettre au Dr Magitot, secrétaire général du congrès, 8 rue des Saints-Pères à Paris, qui s’empressera certainement de vous inscrire comme membre et vous enverra le programme avec un bulletin d’adhésion que vous n’aurez qu’à lui renvoyer avec 20 francs. Votre communication est d’autant mieux en situation que Laschi, avocat italien, est déjà inscrit pour un travail sur le crime politique. Je vous prie de vouloir bien tenir votre promesse relativement à « L’Encéphale », et nous serions heureux de recevoir de vous soit dans ce journal, soit ailleurs, les critiques que vous jugerez méritées par nos Archives. Nous faisons de notre mieux et en somme de « mauvaises », dont l’application de l’adage : « nul n’est prophète en son pays ». Je crois que nous avons plus d’abonnés à Buenos-Ayres qu’à Paris ! La publication du congrès nouspoussera, je crois, en avant. En attendant le plaisir de vous voir à Paris, je vous prie de me croire votre tout dévoué confrère Henry Coutagne»La lettre fait le lien avec le document de Rodolfo Laschi présenté précédemment : l'expéditeur confirme à Régis que l'avocat italien Laschi est déjà inscrit pour présenter ses recherches sur le crime politique au congrès de Paris. Les «Archives de l’Anthropologie Criminelle » : Revue scientifique phare fondée à Lyon en 1886 par Lacassagne, rivale directe de la revue italienne de Lombroso (Archivio di psichiatria).- Georges Montorgueil 4 L.A.S. «: L’Éclair Journal Politique Quotidien Indépendant. Rédaction 10 Rue du Faubourg Montmartre Paris. Monsieur, Je me trouve empêché d’avoir une entrevue avec Lebrun. J’ai fait demander à M. de Valles, juge d’instruction, de vous autoriser à un titre scientifique quelconque à voir cet anarchiste. J’ignore encore ce qu’il décidera. Dès que j’aurai sa réponse, je vous la transmettrai. Votre interview a produit une très grande et très heureuse impression. Agréez, monsieur, l’assurance de mes sentiments dévoués. Georges Montorgueil» / «Cher Monsieur, M. de Valles a qui j’ai fait part de votre désir serait très heureux de vous voir. Je ne songe pas [… ], mais vos travaux l’ont frappé. Écrivez-lui, dites-lui que vous devez avoir un entretien avec lui, M. de Valles, il vous donnera certainement audience. Alors, une fois là, vous le convaincrez de faire plus. Agréez, monsieur et cher Docteur, de mes sentiments dévoués. G. M.» / «Cher maître, On publie un peu partout une opinion de Lombroso en contradiction avec la vôtre, au moins sur un point essentiel. Sur une contradiction, votre avis serait précieux. Je le sollicite [… ] de votre ordinaire bienveillance. Ce serait grand profit pour le public qui vous a prêté dans cet important débat une oreille [… ] Veuillez agréer, cher maître, l'expression de mes sentiments dévoués et respectueux. Georges Montorgueil» / Cher docteur, J’ai tellement songé à vous que mon article est resté sur le marbre [ … ] Nous serions très heureux d’avoir une impression de vous à ce sujet. N’êtes vous pas très qualifié pour parler comme il sied de la mentalité de ces fanatiques? [… ] je me tiendrai à votre disposition si vous me prenez un rendez-vous […] Georges Montorgueil»Nom de plume d'Octave Lebesgue, grand reporter, chef des informations puis rédacteur en chef au journal L'Éclair, Georges Montorgueil était célèbre pour ses grands dossiers d'actualité et ses ouvrages illustrés. Il évoque ici Ernest de Valles, juge d'instruction parisien réputé, chargé de grands dossiers criminels et d'attentats anarchistes à la fin des années 1890 et au début des années 1900. Pour contourner les règles administratives strictes du dépôt ou de la prison de la Santé, Montorgueil suggère de faire valoir le profil de chercheur et d'universitaire du Dr Régis (« à un titre scientifique quelconque »), afin que la visite ne passe pas pour une simple démarche journalistique ou de curiosité sensationnaliste, mais tout en même temps manifeste l’influence de la grande presse sur la justice et sa prise en compte de la psychiatrie moderne.- 2 courriers tapuscrits datés du 20 et 22 août 1900 de deux agences de presses américaines. L'été 1900 a été marqué par l'assassinat du roi d'Italie Humbert Ier, le 29 juillet 1900, par l'anarchiste Gaetano Bresci après une série de régicides anarchistes en Europe (notamment la mort de l'impératrice Sissi en 1898 ou du président Sadi Carnot en 1894). Le XIIIe Congrès international de médecine s’est tenu à Paris du 2 au 9 août 1900. Emmanuel Régis y a présenté des travaux majeurs sur les régicides, la régicidomanie et la psychologie des criminels politiques/anarchistes et les deux lettres d'agences de presse américaines de Philadelphie et New York montrent la vitesse à laquelle les débats psychiatriques européens sur le régicide ont suscité la curiosité des médias aux États-Unis, inquiets des montées anarchistes (le président américain McKinley sera d'ailleurs assassiné un an plus tard, en septembre 1901, par l'anarchiste Leon Czolgosz).- Charpentier (probablement le docteur Auguste Charpentier, célèbre alieniste français du XIX siècle, médecin-chef à l'asile de Bicêtre«Mon cher ami J’ai égaré l’observation que j’avais prise de Gasnier et que je vous avais apportée au congrès ; mais vous aviez disparu. Vous recevrez en même temps que ce mot, copie de tout ce que j’ai pu faire réunir par [… ] Michel. Je viens de faire photographier Gasnier, Je vous l’enverrai après. Gasnier a réalisé par une attaque d’apoplexie une hémiplégie gauche consécutive. Le diagnostic est cérébral. Cette attaque remonte à un mois à peu près. Dans l’intervalle entre les quinze jours consécutifs à son entrée dans mon service et son apoplexie, un médecin ignorant les motifs de sa séquestration l’eût mis en liberté tant était grand son calme, sa possession de lui-même, tant était nette sa lucidité d’esprit. Il avait refusé absolument toute visite de famille pour éviter toute émotion. A vous. Charpentier»Autres courriers reçus du Dr Ferrus, ami et aliéniste parisien, de Debrit, correspondant suisse le remerciant en 1904 au nom de M. Bouvier et de la Société Jean-Jacques Rousseau pour son article sur Jean-Jacques, de E. Graves, érudit de Mantes lui fournissant des détails sur Louvel, plusieurs lettres d’un confrère bordelais le renseignant sur les régicides dans les pays de langue germanique, d’un collègue palois critique, etc…- A la suite de cette correspondance, on trouve un dossier de 56 ff. autographes format in-8 et in-4 contenant de nombreuses notes et brouillons pour son ouvrage et ses articles sur les régicides, dont un brouillon de lettres datée du 8 septembre 1901 adressée au rédacteur en chef de la Petite Gironde et prenant pour argument l’attentat tout récent contre le Président Mac Kinley. Dans un autre brouillon, probable compte-rendu manuscrit d’un tiers, on évoque son ouvrage sur les Régicides: «Cet ouvrage, qui fait partie de la bibliothèque de Criminologie, a pour objet l’étude psychologique et médico-légale des Régicides, plus exactement les individus qui, en dehors de toute secte et de toute conjuration, ont assassiné ou tenté d’assassiner un monarque ou un puissant du jour. Il est basé sur l’observation comparative de plus de 80 fanatiques célèbres, passés ou présents, dont l’histoire pathologique jusqu’ici mal connue, a été établie aux sources les plus sûres et les plus établies». On y explique que l’auteur plaidant pour le placement en asile d’aliénés pour ces assassins, les derniers coupables de ce type de crime «ont été unanimement déclarés irresponsables et internés. L’auteur pense que son mémoire n’est pas resté absolument étranger à ce résultat et que, désormais, les régicides, types mieux connus, seront traités non plus en criminels mais en malades».- Dossier d’environ 280 ff. et divers documents imprimés joints recueillant les sous-dossiers consacrés aux régicides:- MacLean attentat contre la Reine Victoria 2 mars 1882 ( 9ff.)- Mariotti (c. Freycinet 1885) (6 ff. dont 2 ms.)- Passanante (agression du Roi Humbert 17 novembre 1878) (24 ff. in-8 «Considérations sur le procès de Passanante por le Professeur Cesar Lombroso directeur du Cabinet de Psichiatrie (sic) et de médecine légale dans la Royale Université de Turin», 3 ff. in-4, 13 ff. in-4 (Expertise médico-légale des professeurs ThomasVerga, Biffi, Buonomo, Tamburini, secrétaire Tamburini) manifestement traduits par un scripteur de langue italienne native- Guillaume Parry (att. contre la reine Elizabeth d’Angleterre 1584), 3 ff.- Balthazar Gérard (att. De Guillaume le Taciturne 10 juillet 1584) 4 ff.- Jacques Clément (att. De Henri III 1er août 1589) 13 ff. in-4 et in-8- Nicole Mignon Jean de Lille 1600-1605: 1 f.- De Paris l’Aîné att. De Lepelletier de St Fargeau 20 janvier 1793: 2 ff.- Charlotte Carlemigellix att. du député Féraud 1er prairial an III: 1 f.- John Wilkes Booth ass. du Président Lincoln 1865 : 4 ff.- Guiteau ass. du Président Garfield 2 juillet 1881: 17 ff.- Aubertinass. De Jules Ferry(11 ff. et une coupure de presse)- Santiago Salvador (anarchiste) att. Du Liceo 7 nov. 1893 : Journal Le petit Parisien du 29 juillet 1894- Angiolello (Espagne): 2 ff.- Affaire Baffier: Rapport de MM. Les Docteurs Brouardel et Motet Experts Commis 1887 (rapport lithographié de 19 pp.)- W. Channing. L’etat mental de Czolgosz: 16 ff.- Procédure de Soleyman El-Khaleby, assassin de Kléber: 9 ff.- Mariotti: 2 ff.- Perrin att. contre M. Carnot 5 mai 1889: recueil de coupures de presse dont «L’Intransigeant»du 9 mai 1889- Lucas, attentat contre Louise Michel janvier 1888: 2 ff. de journaux- Galeoti assassin de l’archevêque Martinez Izquierdo 18 avril 1886 (4 ff. avec forte déchirure à la liasse)- Cocher Moore att. contre Edouard Lockroy 14 août 1893 (coupures de presse)- Gasnier septembre 1888 (8 ff. avec forte déchirure à la liasse)- Staps et Schulz : 130 ff. manuscrits, dont traduction française au moins partielle et inédite d'un ouvrage allemand paru à Berlin en 1843 (Berlin 1843, Librairie du Cabinet de lecture berlinois), et extraits d'ouvrage divers (Savary, Bourienne...) consacré à deux cas célèbres de régicides/attentats politiques sous la période napoléonienne Frédéric Staps (Friedrich Staps), jeune illuminé protestant qui tenta d'assassiner Napoléon Ier avec un couteau à Schönbrunn en octobre 1809. Déclaré sain d'esprit à l'époque par le médecin de Napoléon (Corvisart) malgré son fanatisme mystique, il fut fusillé et Charles Jean Frédéric Schulz (Carl Johann Friedrich Schultz)fusillé à Kyritz en septembre 1807 sur ordre du gouvernement français
Très remarquable réunion d'archives privées du célèbre psychiatre et professeur bordelais Emmanuel Régis (1855-1918), auteur d'un important ouvrage, paru en 1890 sur les "Les Régicides dans l'histoire et dans le présent. Étude médico-psychologique". Professeur écouté, Emmanuel Régis attirera à son cours libre de psychiatrie donné à l'hôpital Saint-André de Bordeaux des élèves célèbres tels Saint-John Perse ou Victor Segalen, et son "Manuel pratique de maladie mentale" devenu "Précis de Psychiatrie" à partir de 1906 a marqué son temps. Rédigés entre 1889 et 1904, ces présents documents et cette correspondance internationale dessinent le laboratoire où s'est élaborée la psychiatrie du crime politique à la fin du XIXe siècle : ils reviennent sur l'attentat de Passannante contre Humbert Ier (1878) et sur la tentative de Maclean contre la reine Victoria (1882), et se prolongent jusqu'aux dépêches américaines de 1901, intéressées par les conclusions de l'auteur relatives au traitement des régicides et développées lors du Congrès Médical de Paris. Emmanuel Régis a constitué ici, avec le concours des grandes écoles italienne (Tamburini, Laschi, dans l'orbite de Lombroso), anglaise (Hack Tuke) et française (Coutagne, Charpentier), le socle documentaire de son ouvrage sur "Les Régicides", plaidoyer pionnier pour que le régicide cesse d'être jugé comme un crime et soit enfin traité comme une maladie. La correspondance des principaux aliénistes de l'époque, les brouillons autographes de l'auteur et l'écho pris par ses travaux dans la grande presse composent un ensemble tout à fait remarquable, à la croisée de l'histoire de la psychiatrie, du droit pénal et de l'anarchisme fin-de-siècle. IMPORTANT : Pour tout achat à l'étranger (hors France), une demande d'autorisation d'export doit être demandée, ce qui peut entraîner des délais supplémentaire d'un à deux mois (voire plus) avant expédition.
3 cahiers manuscrits dont deux brochés (l'un oblong), 1928, 40 ff. et 1943, 36 ff. et l'autre cartonné (recueil de citations). Rappel du titre complet : Journal Intime d'Yvonne Soubiran, élève au lycée français de Madrid puis à l'Institut Français de Madrid [ Du 16 mars 1928 au 8 mai 1928 puis du 16 février 1943 au 30 avril 1943 ] Remarquable document qui nous plonge dans la vie quotidienne et intellectuelle d'Yvonne Soubiran, 15 ans en mars 1928 ("j'ai quinze ans, c'est vrai"), une brillante lycéenne du Lycée Français de Madrid. Dans un premier cahier (daté de 1928), elle évoque sa vie quotidienne, et expose le détail de ses cours et des nombreuses conférences auxquelles elle prend plaisir à assister, telle celles de M. Lavedan sur les Hurdes. Elle évoque le cinéma Pardinas où elle se rend le 2 mai pour voir le film "El dos de Mayo". Surtout, elle parle (en date du 8 mai 1928) "d'une conférence très bien de Mr. Chevallier [le philosophe et ami de Bergson Jacques Chevalier ] au sujet de Bergson. Dans sa jeunesse, au sortir de l'école normale Bergson est positiviste. Un jour, professeur à Clermont-Ferrand, il explique à ses élèves la théorie d'Achille et de la Tortue. Pour les mathématiques, il est impossible de démontrer qu'Achille dépasse la tortue s'il part après elle, or dans la réalité il en est autrement. Ce trait donne à réfléchir au savant, il finit par conclure que le mouvement n'est pas une trajectoire mais une durée" [... ] "On pouvait se rendre compte de l'intérêt de la conférence par le silence absolu de la salle, on entendait les mouches voler. L'esprit était emporté vers des régions supérieures, on ne vivait plus qu'en extase, pendus aux mots du conférencier. [ ... ] Marie Louis et sa mère y étaient mais elles n'ont pas été très épatées, moi j'étais transportée, je l'aurai entendu pendant des heures. Maman me disait qu'elle avait ressenti la même impression en écoutant Bergson lui-même qui est venu à Madrid en 1916, pendant la guerre". Dans un second cahier (à partir du mardi 16 février 1943), elle évoque les nombreuses conférences auxquelles elle assiste à l'Institut Français de Madrid, notamment les conférences d'histoire de la littérature et surtout d'histoire de la poésie moderne par l'abbé Jobit (dont elle présente à chaque fois un compte-rendu détaillé, ainsi sur Mallarmé, Valéry ou Apollinaire), par le docteur Botella Llusia, par M. Mattei en philosophie ("un homme d'une culture supérieure, je regrette bien de ne pasl'avoir connu plus tôt") ainsi qu'aux concerts (par le pianiste Reuchsel, la violoniste Albina de Madinaveita, Reine Gianoli, etc...) ; elle se fait embaucher à l'Institut, fête le 15 mars 1943 son anniversaire ("j'ai trente ans aujourd'hui, cela me paraît impossible. Quand j'avais quinze ans il me semblait qu'on était vieux à cet âge, et maintenant je me trouve encore si peu de chose, si enfant par bien des côtés. Comme j'ai toujours vécu dans les jupons de maman, je n'ai pas l'habitude des responsabilités, et je ne sais pas me décider dans les choses sérieuses". Elle évoque les films qu'elle vient de voir (dont Rebecca avec Laurence Ollivier), un peu l'actualité : le recul des allemands devant Karkhov, "l'ambassadeur d'Allemagne von Molkte est mort en quelques jours à la suite d'une appendicite. Il y avait à peine deux mois qu'il était arrivé ici en remplacement de von Störer qui avait été dégommé. Cette mort subite a fait sensation ici et le pauvre chirurgien qui l'a opéré, le Docteur Cardenal a dû être bien embêté"... Elle relate l'arrestation d'un ami par la sûreté espagnole pour complicité dans le passage en fraude de deux voyageurs à la frontière basque. Enfermé à la Puerta del Sol, il est tout d'abord mis au secret dans une cellule microscopique : "le plus triste, c'est qu'on a commencé par lui flanquer une bonne volée pour essayer de le faire parler". Deux jours plus tard "Charles est toujours en prison. Mr Widhof est allé le rejoindre, car naturellement il a tout pris sur lui en disant que c'est lui qui l'avait envoyé à la frontière". Le 1er avril elle décrit l'imposant défilé militaire ; pour le vendredi Saint, les impressionnantes processions de pénitents
Très remarquable document qui nous plonge dans la vie quotidienne et intellectuelle d'Yvonne Soubiran, 15 ans en mars 1928 ("j'ai quinze ans, c'est vrai"), une brillante lycéenne du Lycée Français de Madrid. Dans un premier cahier (daté de 1928), elle évoque sa vie quotidienne, et expose le détail de ses cours et des nombreuses conférences auxquelles elle prend plaisir à assister, telle celles de M. Lavedan sur les Hurdes. Elle évoque le cinéma Pardinas où elle se rend le 2 mai pour voir le film "El dos de Mayo". Surtout, elle parle (en date du 8 mai 1928) "d'une conférence très bien de Mr. Chevallier [le philosophe et ami de Bergson Jacques Chevalier ] au sujet de Bergson. Dans sa jeunesse, au sortir de l'école normale Bergson est positiviste. Un jour, professeur à Clermont-Ferrand, il explique à ses élèves la théorie d'Achille et de la Tortue. Pour les mathématiques, il est impossible de démontrer qu'Achille dépasse la tortue s'il part après elle, or dans la réalité il en est autrement. Ce trait donne à réfléchir au savant, il finit par conclure que le mouvement n'est pas une trajectoire mais une durée" [... ] "On pouvait se rendre compte de l'intérêt de la conférence par le silence absolu de la salle, on entendait les mouches voler. L'esprit était emporté vers des régions supérieures, on ne vivait plus qu'en extase, pendus aux mots du conférencier. [ ... ] Marie Louis et sa mère y étaient mais elles n'ont pas été très épatées, moi j'étais transportée, je l'aurai entendu pendant des heures. Maman me disait qu'elle avait ressenti la même impression en écoutant Bergson lui-même qui est venu à Madrid en 1916, pendant la guerre". Dans un second cahier (à partir du mardi 16 février 1943), elle évoque les nombreuses conférences auxquelles elle assiste à l'Institut Français de Madrid, notamment les conférences d'histoire de la littérature et surtout d'histoire de la poésie moderne par l'abbé Jobit (dont elle présente à chaque fois un compte-rendu détaillé, ainsi sur Mallarmé, Valéry ou Apollinaire), par le docteur Botella Llusia, par M. Mattei en philosophie ("un homme d'une culture supérieure, je regrette bien de ne pasl'avoir connu plus tôt") ainsi qu'aux concerts (par le pianiste Reuchsel, la violoniste Albina de Madinaveita, Reine Gianoli, etc...) ; elle se fait embaucher à l'Institut, fête le 15 mars 1943 son anniversaire ("j'ai trente ans aujourd'hui, cela me paraît impossible. Quand j'avais quinze ans il me semblait qu'on était vieux à cet âge, et maintenant je me trouve encore si peu de chose, si enfant par bien des côtés. Comme j'ai toujours vécu dans les jupons de maman, je n'ai pas l'habitude des responsabilités, et je ne sais pas me décider dans les choses sérieuses". Elle évoque les films qu'elle vient de voir (dont Rebecca avec Laurence Ollivier), un peu l'actualité : le recul des allemands devant Karkhov, "l'ambassadeur d'Allemagne von Molkte est mort en quelques jours à la suite d'une appendicite. Il y avait à peine deux mois qu'il était arrivé ici en remplacement de von Störer qui avait été dégommé. Cette mort subite a fait sensation ici et le pauvre chirurgien qui l'a opéré, le Docteur Cardenal a dû être bien embêté"... Elle relate l'arrestation d'un ami par la sûreté espagnole pour complicité dans le passage en fraude de deux voyageurs à la frontière basque. Enfermé à la Puerta del Sol, il est tout d'abord mis au secret dans une cellule microscopique : "le plus triste, c'est qu'on a commencé par lui flanquer une bonne volée pour essayer de le faire parler". Deux jours plus tard "Charles est toujours en prison. Mr Widhof est allé le rejoindre, car naturellement il a tout pris sur lui en disant que c'est lui qui l'avait envoyé à la frontière". Le 1er avril elle décrit l'imposant défilé militaire ; pour le vendredi Saint, les impressionnantes processions de pénitents
[Samuel Hoare] [Society for the Improvement of Prison Discipline, and for the Reformation of Juvenile Offenders.]
Reference : AMO-2714
(1820)
London, Printed by T. Bensley, 1820 1 vol. in-8 (23 x 14 cm) de VI-(1)-65 pages. 10 planches hors-texte (la plupart dépliantes). Voir le détail des sujets ci-après. Cartonnage de l'époque plein papier gris, relié sur brochure, non rogné, étiquette de titre imprimée au dos (d'origine). 1 planche détachée. Quelques rousseurs et feuillets jaunis, néanmoins excellent papier de qualité (papier vélin de cuve). légères usures au cartonnage néanmoins solide. First edition. "The society for the improvement of Prison Discipline, in submitting to the public the following suggestions respecting the proper regulations to be adopted in Prisons, deem it superfluous to detain their readers by endeavouring to prouve what is already obvious, that the judicious mangement of Gaols is a subject of the utmost importance. An intention has been imputed to this society, than which nothing can be more foreign from its real purpose, that of making the interior of a prison a more desirable residence than the habitations of the poor ; the motives which actuate the members of the society are allowed to be benevolent, but the consequences of carrying their views of reform or improvement into effect, are supposed by some persons to be mischievous ; it is presumed that offenders are intimidated, by the miseries and privations they have experienced or anticipate ; if prisons, it is said, are rendered places of comfort, where food and lodging are gratuitously provided, they become incentives to crime and a recompence for its commission. In this view of the subject, however, the society cannot coincide : it is true, they consider it desirable that prisons should be clean, and the food given to the prisoners, plain, wholesome, and sufficient ; but they are equally anxious that everything which borders on sensual gratification or unnecessary comfort should be entirely prohibited. They are of opinion that the punishment contemplated by the law should alone be inflicted, and that no collateral evils, the horrors of disease, and the corruption of principle, should be superadded ; but they are decidedly adverse to any permission of idleness, dissolute behaviour, or to any indulgencies, excepting those conferred as the reward of good conduct ; they are desirous that constant and imperative labour should occupy the prisoners, and prepare their minds for such instruction as may eradicate evil habits, and substitute good dispositions: a prison thus regulated offers no attraction to the vicious, and the society confidently appeal to the evidence of facts as confirming the deductions of reason, wherever this experiment has been fairly tried. It must be apparent to all who have directed their attention to this subject, that the system of Prison Discipline too. generally prevalent in England was confined to a single object, the safe custody of the prisoner ; and to one method of accomplishing that object, severe and sometimes unnecessary coercion : if the prisoner could be retained within the walls of a gaol by bars, by chains, or by subterraneous and unventilated dungeons, by the use of any rigour or privation ; this plan, aiming only at his personal security, was deemed sufficient: the possibility of reforming the criminal seems never to have been contemplated ; no rule was in force, no arrangement existed which could be referred to such a purpose: the attempt to disengage the culprit from long formed habits of vice, and to rekindle in his breast the latent sparks of virtue, were schemes known indeed by the writings of Howard, but generally regarded as the visionary efforts of an excessive philanthropy. Such has been the progress of public opinion, that it is not now requisite to dwell upon the expediency of making these attempts, or to contend against a system calculated to multiply offences, and to ripen indiscretion into crime; a new plan has been gradually developed, in which moral restraint removes the necessity of brutal violence ; in which the prisoner is justly considered as possessing rights which we must not v violate, and feelings which we must not wound, beyond what the sentence of the law demands: a system equally opposed to that dangerous indulgence which permits scenes of vice, drunkenness, or debauchery to be exhibited ; and to that useless cruelty, which, producing no beneficial effect in the way of example, tends to harden the character of those who are subjected to its operation ; a system, in short, which suppresses for a time at least many evil habits, and substitutes those of industry, decency, sobriety, and order. The strong interest taken by the public in this momentous question, the examples which have been adduced of the successful application of these principles to practice ; the zeal manifested by the magistrates in general throughout the country, and the appointment of committees in both houses of Parliament, furnish a well-grounded confidence that the improved system of Prison Discipline will now be fairly and fully tried. The society for the improvement of Prison Discipline have received so many applications for information respecting numerous particulars, that they apprehend they cannot more effectually consult the wishes or convenience of the public, than by an endeavour to collect and arrange those recommendations which the result of reflection and experience enables them to offer. Much consideration has been bestowed upon the plans which accompany this tract, and great assistance has been derived from the architectural skill of Mr. Ainslie, and Mr. Bullar, in the arrangement and illustration of these designs: these gentlemen have gratuitously afforded the Society most valuable aid, for which the Committee beg to express their sincere acknowledgments ; the object in view was to give such plans, as might best combine the advantages of inspection and classification, leaving it to the discretion of different districts to accommodate the same to their own local circumstances. With regard to the rules which are suggested, there is no pretension to originality ; the first aim of the society has been to obtain an accurate acquaintance with the actual management of the best regulated gaols ; to compare attentively the course pursued in each, with their practical consequences ; and then to select and combine, under one arrangement, those rules which appeared upon the whole most judicious and effective. The importance of providing employment for prisoners, and the difficulty of procuring it, have deeply engaged the attention of the society, but hitherto without enabling them to arrive at any conclusion which is universally applicable ; but there is one species of labour obtained by the introduction of mills, and especially of stepping mills, which may furnish constant occupation to a determinate proportion of the prisoners. The advantages derived from the use of mills in several prisons, have been very conspicuous, not so much perhaps in a pecuniary point of view, as in the moral benefits resulting to the prisoner. A stepping mill of a superior description, and which the Committee cannot too earnestly recommend for the employment of prisoners, has been lately constructed, on very ingenious principles, by Mr. Cubitt, Civil Engineer, of Ipswich. To the liberality and kind attention of this gentleman, the Committee are indebted for the annexed illustrations of the machinery, and explanation of its power and effects. . Should the recommendations here collected, be found useful in assisting those gentlemen, who unite the power with the inclination to promote the grand and progressive work of improvement in Prison Discipline, the object of the society will be fully attained. (Preface, London, 1st January, 1820, Samuel Hoare, Jun., Chairman of the Committee). Samuel Hoare Jr (9 August 1751 – 14 July 1825), chairman of the committee was a wealthy British Quaker banker and abolitionist born in Stoke Newington, then to the north of London. His London seat was Heath House on Hampstead Heath. He was one of the twelve founding members of the Society for the Abolition of the Slave Trade. The engravings are : 1. Plan of a County Gaols for 400 prisoners. Designed by George Ainslie. 2. Plan of a Gaol for on hundred and twenty prisoners. G.T. Bullar architect. 3. Plan of the Chapel and sleeping cells. 4. Plan of a house of correction for sixty prisoners. G.T. Bullar architect. 5. House of correction for twenty eight prisoners. G.T. Bullar architect. 6. Ground Plan of a design for a Prison Corn Mill. 7. Crofs section of design for Prison Mill shewing the elevation of Machinery. 8. Crofts sectiloln of design for Prison Mill, shewing the elevation of the tread wheels and method of working. 9. Longitudinal section of design for Prison Mill, shewing elevation of Machinery. 10. Plan and section for a Pump Mill. (complete). Very rare.
Lyon Albums du Crocodile, septième année, numéro I, janvier-février 1939 In-8 agrafé, couverture illustrée
EDITION ORIGINALE publiée sous le patronage de l'Association générale de l'Internat des Hospices de Lyon, dont elle est un supplément au bulletin périodique Le Crocodile qui paraissait depuis mai 1924. Couverture illustrée de deux compositions en couleurs du peintre lyonnais Jean Couy et vignette de Charleux en titre. Textes de Lucien Michel, Jean lacassagne et Jean Rousset. Hors texte, 30 reproductions de dessins de prisonniers, dont deux en couleurs, représentant des scènes de crime, vues de prison, de bagne ou de maisons closes. Petites fentes en marges de quatre pages.------- Jean Lacassagne est né en 1886 et mort en 1960. Également connu sous le pseudonyme de François Seringard, Jean Lacassagne était le fils du célèbre criminologue et médecin légiste, Alexandre Lacassagne (1843-1924). Enfant, il accompagne son père lors de ces visites en prison, et en resta durablement marqué. En 1911, il passe le concours de médecine. Il devient médecin auxiliaire d'un régiment pendant la Première Guerre mondiale, et après avoir soutenu sa thèse en 1916 et fait son internat en 1918, il devient lui-même médecin, chef de clinique à l'Antiquaille où il est spécialiste des maladies vénériennes. Il officie également dans un dispensaire, et est médecin de prison. « J'ai eu en vingt années, l'occasion d'approcher des milliers de détenus. Je les ai observés, j'ai essayé de les connaître, et c'est ainsi qu'il m'a été possible de réunir les éléments de mes recherches sur les tatouages et sur l'argot. Cela m'a permis, en outre, de constituer une importante et intéressante collection de dessins exécutés en cellule par des repris de justice dépourvus, bien entendu, de toute éducation artistique. » dit-il. Il rencontre notamment l'assassin Louis Rambert, et Émile Simonet dit Fanfan avec qui il noue une relation de confiance. Ce dernier né en 1911 après une enfance malheureuse suit l'exemple de son frère malfaiteur et devient en 1927 chef d'une bande d'apaches, les Kangourous du Bois Noir qui rançonnaient les couples d'amoureux fréquentant le Bois Noir, près du Parc de la Tête d'or. Après avoir ligoté le galant, ils violentaient sous ses yeux sa partenaire. Arrêté et emprisonné à Lyon en 1930, dans les prisons de Saint-Joseph et Saint- Paul, il se lie avec Jean Lacassagne avant d'être déporté en Guyane en 1933. Auparavant, il a donné ses cahiers de dessins au thérapeute, qui en reproduira six dans l'étude qu'il publie en 1939 dans les Albums du Crocodile avec le peintre Jean Couty: L'ART EN PRISON. Bon 0
Impression sur carton format 25 x 18 orné d'une photographie ovale d'un dessin du gisant, Imprimerie du patronage Saint Vincent de Paul. [ Souvenir pieux angevin avec photographie d'un dessin du gisant :] "A la mémoire de Paul Emile Noël Affichard, Commandeur de Saint Grégoire le Grand, Président général des Conférences de Saint Vincent-de-Paul du diocèse, Président du Conseil de fabrique de Notre Dame, Ancien bâtonnier, Membre du Conseil de l'ordre des avocats à la cour d'appel d'Angers. Endormi dans la paix du Seigneur le 28 mars 1898. « L'oreille qui l'entendait, le proclamait bienheureux, parce qu'il avait délivré le pauvre aux abois et l'orphelin dénué de secours" (Job) - « L'homme près de périr lui envoyait ses bénédictions » (Job) - « La justice était son vêtement et son équité l'enveloppait comme un diadème. » (Job) - « Cet homme était simple et droit, craignant Dieu et éloigné du mal. » (Job) - « Son joug était un joug d'amour et de paix. (Messe de mariage) - « Dieu est grand ! paroles que le cher défunt proférait plusieurs fois par jour. » - Heureux ceux qui sont doux, ils posséderont la terre. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés. - Heureux les miséricordieux, il leur sera fait miséricorde - Heureux ceux qui ont le coeur pur, ils verront Dieu. - Heureux les pacifiques, ils seront appelés enfants de Dieu. - Venez les bénis de mon père : possédez le royaume préparé pour vous dès l'origine du monde : car j'ai eu faim et vous m'avez donné a manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais sans asile et vous m'avez recueilli, nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, en prison et vous êtes venus à moi. (St Mathieu) Priez Dieu pour le repos de son âme !"
Souvenir pieux avec image mortuaire, imprimé à l'occasion du décès de Paul Émile Noël Affichard, survenu le 28 mars 1898. Figure éminente de la bourgeoisie catholique angevine, le défunt cumulait d'importantes fonctions tant dans la sphère juridique (ancien bâtonnier et membre du Conseil de l'ordre des avocats à la cour d'appel d'Angers) que dans le domaine religieux et caritatif (Commandeur de l'ordre pontifical de Saint-Grégoire-le-Grand, président du Conseil de fabrique de Notre-Dame et président général des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul du diocèse). Etat satisfaisant (forte pliure).