Folio Junior 1984 1984.
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L.A.S., Paris, 29 avril 1838, 3p in-8. A l'écrivain et poète Marguerite-Félicité Seguin. « Mademoiselle, Après avoir lu les Fleurs de Bruyère que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser, je ne puis dire que deux paroles : merci et bravo ! Il y a toute une âme de poète dans ce livre et le lecteur est profondément ému presque à chaque page. Que n'ai-je une voix qui vaille mille échos ! mon sentiment serait bientôt celui de la foule. Résignation, Le claire de lune, abattement, plainte et consolation sont des pièces de l'ordre le plus élevé. Rien de ce que dieu donne au poète ne vous a été refusé, mademoiselle, on ne désire quelquefois dans votre poësie que les parties d'art qui s'acquièrent par le travail et l'étude approfondie des modèles. Mais vous aurez tout cela quand vous voudrez, et il faut le vouloir. Il ne suffit pas que les vers soient beaux, il faut qu'ils soient irréprochables de forme et de façon. Le soin vous manque un peu. Le génie même ne surpasse point impunément ; et quelques vers de plus avec de bons avis auraient complété votre ouvre. Pardon, mademoiselle, de ces doutes que je vous soumets. Ce qui est tout à fait hors de discussion, c'est la touchante et réelle sensibilité, l'imagination poétique, la haute pensée qui se retrouve dans chaque pièce de ce recueil, né dans une solitude, pour charmer toues les âmes solitaires, et qui réalise tout ce que dit la délicieuse lettre de madame de Ma. qui lui sert de préface. Vous avez là, madame, une amie bien précieuse; le cour et le talent sont chez elle un [2 mots illisibles]. Ecoutez ses conseils, comme elle se plait à écouter vos chants. Combien elle a dû être heureuse, ainsi que toute sa famille, de votre [mot illisible], si charmant. si ressemblant !. Vous êtes bien sûre, mademoiselle, que vos Fleures de Bruyères vont parer nos fêtes poëtiques et que votre lyre aura des échos fidèles et reconnaissants dans les cours de tous les amis de la belle et noble poésie. Encore, merci et bravo, mademoiselle, et permettez-moi de vous dire avec un respectueux sentiment, votre très humble et très obéissant serviteur. Emile Deschamps ». Seguin publie ici son premier recueil. Elle publiera aussi Fleurs et larmes et Souvenirs d'Enfance (1843) et Les orphelines polonaise (1852). Elle est originaire d'Auvergne, et semble-t-il, plus précisément d'Haute-Loire. Les Tablettes historiques de l'Auvergne (1843, p.485) en disent : « Mlle Félicité Seguin est la seule femme sérieusement poète à qui l'Auvergne ait donné le jour ». Fleurs et larmes est publié à Ambert (Puy-de-Dôme) par l'imprimeur Seguin fils (son frère ?). Peu d'informations existent sur cette poète. Très belle lettre à la jeune poète. [188-2]
Manuscrit autographe signé de 2 pages format 25 x21 cm, s.d. [1929 ] : Billet de Minuit : "Aubanel fêté en Avignon ou Le souvenir d'Aubanel" : "On vient de clore le cycle des fêtes données en Avignon ces dernières semaines pour commémorer le centenaire de Théodore Aubanel. Dans ce jardin du musée Calvet, où, voici peu de temps, Pol Neveux honorait le passage de Stendhal, un écrivain du nord de la Loire (le signataire de ces lignes), invité par l'Académie du Vaucluse, a apporté à la poésie méridionale l'hommage d'Oïl à Oc. Hommage d'autant plus convaincu et justifié que les chants intimes de Théodore Aubanel, par la qualité de coeur qui les dicte, par leur accent de vérité humaine et permanente, rayonnent bien au-delà de leur foyer. Les vingt-cinq petites pièces qui, dans la Grenade Entr'Ouverte, composent le "Livre de l'Amour" ont été souvent comparées, égalées à l'Intermezzo de Henri Heine. Intermezzo latin, où celui qui devait chanter plus tard en vers impérissables la vénus d'Arles élève, songeant à celle qu'il aima et qui s'est faite religieuse, sa plainte pure, brûlante et soumise. [...] [il évoque : ] "la pauvre fille de Charité, cette "Zani" au visage d'espagnole qui, pour la robe de bure des Soeurs de St Vincent de Paul, quitta la robe "couleur-de-Grenade" qu'elle portait le jour où Aubanel la vit pour la première fois. Les souvenirs terrestres de Zani et d'Aubanel, dans leur matérialité pour ainsi dire décantée, sont pieusement conservés dans la famille du poëte. Présentement, on peut les voir dans une salle du musée Calvet. Il y a là des portraits d'Aubanel, des siens, entre autres du "Corsaire grec" dont le poète descendait. Il y a là aussi un portrait de Zani, pas bien grand, tout modeste, sombre hostie offerte aux mystères cruels du sacrifice. Il y a là des manuscrits, des lettres ; ce touchant "cahier rouge" où Aubanel consigna mille détails tendres [... ] Enfin, dans sa blancheur immaculée, voici le grand exemplaire unique de La Grenade Entr'ouverte, que le poète fit imprimer spécialement "pour Zani" et que sa sainte inspiratrice, toute vouée à soigner les vieillards, à guider les enfants ne devait jamais, pour le presser sur un coeur inconsolé, toucher de ses maines mortelles".
Beau manuscrit autographe signé de Jean-Louis Vaudoyer de son bel article consacré au grand poète du Félibrige, Théodore Aubanel (1829-1886). Il y évoque notamment la figure de Jenny Manivet dite "Zani", premier amour du poète avignonnais. On joint une carte postale ancienne du monument de Théodore Aubanel à Avignon.
S.l., Gallimard, (1965). Un fort vol. au format in-8 (225 x 141 mm) de 543 pp., broché, sous couverture à rabats rempliés.
Edition en partie originale. ''Le présent ouvrage retrace la carrière humaine du poète, ses rapports avec les autres hommes de lettres, ses amitiés. Puis sa carrière à la cour. Jodelle a assisté aux trois premières guerres de religion, aux massacres de 1572 et a pris violemment parti contre les huguenots dont il avait failli embrasser la foi. La quatrième et dernière partie de ce volume est consacrée au Poète chez les femmes. De toutes les tentations qui se sont successivement présentées au poète, aucune n'a eu l'intensité de cette aventure qu'est la recherche de l'autre''. Plats présentant un éclat légèrement altéré. Le premier, une annotation au stylo en angle inférieur gauche. Du reste, bonne condition. Peu courant.
1848-1902 Alfred de Musset (1810-1857) est rongé par le "mal du siècle". Après sa liaison tumultueuse avec George Sand, il sombre dans l'alcoolisme, en proie à la dépression, et mène une vie sentimentale dissolue. Sa mère qui est veuve depuis 1832 trouve refuge auprès de sa fille cadette à Angers, elle doit faire appel en 1847 à une gouvernante pour s'occuper de son "cher Alfred".Après avoir été la première femme de chambre de la princesse de Salm, Adèle Colin (1816-1907) va devenir le principal témoin de la vie du poète dans ses dernières années, son infirmière et sa secrétaire, participant plus tard à sa gloire posthume avec deux livres de souvenirs signés de son nom d'épouse, Adèle Martellet : "Dix ans chez Alfred de Musset" (Chamuel, 1899), puis "Alfred de Musset intime" (Juven, 1906).Ces archives, pieusement conservées par la gouvernante, comptent 10 lettres adressées à Alfred de Musset lui-même : six par sa mère entre 1854 et 1856 (5 enveloppes conservées), une par son frère Paul, une facture de vétérinaire pour la pension de son chien Marzot en 1852 (!) et deux très belles lettres signées de Cristina Trivulzio Belgiojoso (1808-1871), écrivaine issue de l'aristocratie italienne dont le poète était follement épris et qui deviendra une figure du Risorgimento. La première est une cinglante lettre de rupture de la fin des années 1830 (3 p. in-8). Lui demandant s’il n’aurait pas "mieux fait d’abdiquer un peu", la princesse Belgiojoso invite Musset à "oublier quelquefois [sa] géante personne, à la soumettre, à en laisser à d’autres la direction", lui rappelle qu’il existe "une satisfaction dans le sacrifice" puis achève avec une lassitude assassine : "Je ne puis vous écrire davantage parce que j’ai mal aux yeux et je n’y vois goutte. Et d’ailleurs, m’écoutez-vous jamais ?" Une dizaine d'années plus tard, tout est pardonné, elle lui adresse de chaleureuses félicitations en février 1849 pour sa nouvelle comédie créée au Théâtre-Français : "Je ne puis résister au besoin de vous dire que vous venez de faire un petit chef d'oeuvre. Votre "Louison" est admirable de grâce, de vérité, de finesse et de sensibilité. Vous pensez et sentez comme Shakespeare, et parlez comme Marivaux. C'est un étrange amalgame, dont l'effet est très saisissant. Vous ne vous souvenez peut-être plus que j'existe ; n'importe vous avez trouvé un bon moyen pour perpétuer votre souvenir même dans l'esprit le plus oublieux." (3 pages in-18, enveloppe conservée).Dans ses 6 lettres à son fils, Edmée de Musset se préoccupe surtout de sa santé. L'une d'elles est d'ailleurs envoyée à l'établissement des bains de mer du Croisic où le poète suit une cure en septembre 1854. Mais le plus sûr moyen pour obtenir des renseignements est de passer par la gouvernante, comme en témoigne une bonne partie des 80 lettres adressées par Mme de Musset à Adèle Colin entre 1848 et 1863 : "Me sachant consignée à la porte de mon fils comme un créancier incommode et poussée par mon inquiétude, je prends le parti de vous écrire…" (22 janvier 1853). "Il n’aime point à écrire, ne répond pas à mes lettres, et ce n’est que rarement que j’ai des nouvelles par son frère" (8 octobre 1856). Un autre jour, le poète ayant congédié sans préavis la jeune servante, Mme de Musset fait tout pour la retenir : "Les hommes sont changeants, mais dans tous les temps et à tous les âges, ils ont besoin de soins, d’attachement et croyez-moi, il reviendra toujours à apprécier les vôtres. Je vous recommande donc beaucoup de patience, la plus grande douceur (…) surtout ne vous plaignez pas et parlez-lui toujours avec amitié" (13 juin 1849).La mère suit aussi avec attention la vie littéraire et veut savoir tout ce qu'on dit de son fils, notamment lors de son élection à l’Académie française en 1852. La mort du poète en 1857, loin de les distendre, renforce les relations de la gouvernante avec le clan Musset. Après une longue lettre d'explication avec la mère dont elle a conservé le brouillon (11 pages in-8), Adèle Colin devient une intime de son frère Paul (qui lui adresse 56 lettres entre 1857 et 1880), puis de sa soeur Hermine (20 lettres entre 1863 et 1902).Le culte posthume d'Alfred de Musset est au coeur de ces échanges : sa sépulture au cimetière du Père Lachaise, les articles et chroniques de la "Revue des Deux Mondes" ou du "Journal des Débats" où se façonne sa légende, la publication en 1859 du livre événement de George Sand, "Elle et lui", et la réponse immédiate de Paul de Musset, "Lui et elle", puis la véritable hagiographie donnée par le frère en ouverture des "Oeuvres complètes", les reprises de ses différentes pièces, sans oublier le sévère conflit opposant la famille à l’éditeur Gustave Charpentier qui prétendait avoir convaincu Musset de lui céder ses droits d'auteur moyennant une rente viagère...On trouve en complément une quarantaine de lettres et cartes adressées à Adèle Colin par diverses personnalités, dont la princesse de Salm-Kyrbourg (4 lettres), Ulric Guttinger (9), l'éditeur Gustave Charpentier (3), Emile Augier (6), l'écrivaine Élise de Pressensé (5), Paul Déroulède (8), Sully Prudhomme, Jules Claretie, etc.ENSEMBLE UNIQUE auquel on joint les deux livres de souvenirs sur Musset signées Adèle Martellet, ainsi que la biographie d'Alfred de Musset par son frère Paul.
Sous étui bordé. Reliure plein maroquin marron. Dos lisse avec titre doré et petit coeur rouge mosaïqué. Premier plat décoré d'un couple de mariés avec titre et auteur. Reliure signée M. BURKHART.Edition ornée d'un frontispice en couleurs, de 20 compositions en couleurs dans le texte et de 51 lettrines, 15 en-tête de chapitre et 16 culs-de-lampe par Madeleine LUKA, gravés sur bois par Théo SCHMIED. Il s'agit du premier livre illustré par l'artiste.
Paris Librairie Auguste Blaizot 1945 192 pp. In-4. Relié. Très bel exemplaire. 1 volume. TIRAGE LIMITÉ à 220 exemplaires sur vélin de Rives.ÉDITION ornée d?un frontispice en couleurs, de 20 compositions en couleurs dans le texte et de 51 lettrines, 15 en-tête de chapitre et 16 culs-de-lampe par Madeleine LUKA, gravés sur bois par Théo SCHMIED. Il s?agit du premier livre illustré par l?artiste.Première partie : Le Poète rustique, illustré de 27 compositions et de 39 charmantes lettrines. Deuxième partie p. 107 : Almanach du Poète rustique, avec une grande composition en couleurs, en page de titre, où sont représentés les douze signes du zodiaque.Née à Maffliers en 1894, Madeleine Luka (reconstruction de son nom d?épouse Kula) est une peintre et poétesse de style naïf. Elle découvre la poésie de Jammes au moment de la parution de Ma fille Bernadette, lisant dans les pages du poète béarnais tout ce qu?elle vivait elle-même avec la naissance de sa troisième fille Antoinette. Son emballement est tel qu?elle contacte Jammes au début des années 1930 et lui propose d?illustrer le livre. Si le poète est conquis, il refuse et propose à la place à Madeleine Luka d?illustrer un autre de ses textes : Le Poète rustique. Malheureusement, le livre ne paraît pas du vivant de l?auteur.