P. Téqui 1924 1924.
Reference : 300005802
Démons et Merveilles
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s. n. | Beaune 1787 | 17.8 x 22.1 cm | Relié
Carnet de ventes de vin à expédier par une maison de négoce de Beaune, 63 ff. (124 pp.) rédigées à la plume, suivi de 26 ff. vierges. Les commandes couvrent les années 1787-1795, puis quelques pages datées de 1809 sont consacrées à des minutes de lettres souvent envoyées depuis Coblence, en lien avec des expéditions, probablement rédigées par des intermédiaires. Rare cahier de commandes d'un commerce de négoce en vin, probablement la maison Patriarche, constituant l'un des plus anciens témoins de leur activité de négoce. Cette source inédite et de première main permet de combler les lacunes dans la connaissance des jeunes années de cette maison, éclairant les goûts et des désirs de sa clientèle, les prix pratiqués pour les différentes appellations et millésimes, l'identité et les circuits d'exportation de leurs représentants sillonnant la France et létranger, le coût et les types de moyens de transports utilisés. Vélin à lacets, recouvert d'une autre peau de réemploi où figure un texte à la plume (acte notarié de Beaune, selon toute vraisemblance), second plat fendu en plusieurs endroits, dont les déchirures affectent le dos en deux endroits. * Le registre couvre les années 1787-1795 dun négoce qui bénéficie dun « édit, pris en 1776 sous linfluence de Turgot, qui libéralisa pleinement la libre circulation et le commerce des vins dans tout le royaume. » (Jean-Marc Bonnefoy, Le monde de la vigne dans la région de Nolay de la fin du XVIIIe siècle à 1914, p. 95). Les commandes sont répertoriées à partir de septembre 1787, quelques mois seulement après la visite dans la région de Thomas Jefferson qui s'était délecté de Meursault, Pommard et Volnay, comme en témoignent ses notes de voyage (Notes of a Tour into the Southern Parts of France). Le XVIIIe siècle a vu naître une quinzaine de maisons, dont Patriarche, créée en 1780. Plusieurs éléments semblent indiquer qu'il s'agit en effet de ce négoce : une mention d'un bibliographe sur le contreplat, ainsi qu'une lettre de 1809 jointe au registre adressée à Patriarche et Misserey par un mauvais payeur, qui implore une extension pour l'acquittement de son dû. Entre 1808-1811, le manuel du négociant indique en effet Patriarche et Misserey en tant qu'associés dans sa liste concernant Beaune. On découvre plusieurs grades de première, seconde ou troisième qualité, le vin vieux, ainsi quà l'occasion, lappellation de leur provenance véritable, qui sest généralisée à partir des années 1730 : Meursault, Beaune, Volney, Pommard, Chassagne... Le plus ancien millésime indiqué date de 1784. Le profil de la clientèle est constitué de professionnels du vin (négociants, marchands et aubergistes), le reste allant à des membres de lélite sociale, notamment des titulaires doffices et de charges, particuliers fortunés ou ecclésiastiques se groupant pour les commandes. La zone de chalandise couvre le nord et lest de la France, ponctuellement la Normandie, ainsi que Paris, Vienne en Autriche, Turin, Bruxelles et la Suisse (Bâle, Berne et Neufchâtel). La plupart des commandes se compte en feuillettes, bouteilles, en pièces, plus rarement en quarteau, tandis que les prix sont généralement indiqués pour la quantité en queue. Les affaires sont apportées par divers intermédiaires, dont le chanoine Fromageot de Beaune dont la réputation a été louée dans lEurope entière par le comte de Rosenberg, très présent dans les lignes du registre pour ses nombreuses commandes depuis lAutriche : « Le Cte Rosen[berg] [] me dit que son correspondant pour le vin de Bourgogne est l'abbé Fromageot, chanoine à Beaune, qu'une pièce lui revient à 240 tt, que je n'ai qu'à lui faire descendre le Rhône. » (Europäische Aufklärung Zwischen Wien und Triest. Die Tagebücher des Gouverneurs Karl Graf Zinzendorf, 1776-1782). Certaines bouteilles doivent parfois être marquées, les monogrammes indiqués dans les marges la plupart des commandes sont spécifiques, parfois cryptiques (« ni vieux ni nouveau » ; « qui ait du co
Galerie d'art de la Grande Maison de Blanc | Paris 1926 | 16.6 x 11.2 cm
Rare et luxueux carton d'invitation pour lexposition organisée par le critique dart André Warnod sur l'« art nègre », terme qu'il invente en 1910 dans la revue Comdia pour désigner originellement la statuaire africaine et océanienne. Du 20 janvier au 20 février 1926, quatre peintres sont invités à exposer à la galerie d'art de la Grande Maison de Blanc, place de l'Opéra à Paris. Il sagit très probablement des Français Marguerite Guy-Lemm (née Lemaire) et Luc-Albert Moreau, de l'Uruguayen Pedro Figari et du Hollandais Kees van Dongen. Bel état de conservation, lettrage en creux gris clair sur un papier doux gris foncé, traces de pliure au coin supérieur droit. * La thématique de l'art nègre qu'André Warnod aborde à travers les uvres picturales des quatre artistes de l'exposition ci-contre fait probablement écho à ses propres réflexions sur ce même sujet qu'il formula par écrit quelques années plus tôt : « Il se pourrait fort bien qu'un jour, peut-être bientôt ; peut-être même avant que cette année qui commence soit terminée, qu'on se mette à découvrir la statuaire nègre et que, pour les générations qui viendront après la nôtre, telle uvre de l'ancien Soudan soit considérée comme un chef-d'uvre indiscutable ; un peu comme sont pour nous la Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace ou encore cette pauvre Joconde. Il faut dire aussi que cet art nègre archaïque s'accorde très bien avec les uvres d'artistes « contemporains » tout à fait d'avant-garde peut-être les classiques des années futures sait-on jamais ! Quand ce temps-là sera venu et même avant, peut-être, l'art nègre sera probablement celui qu'on montrera comme modèle aux aspirants artistes. L'art grec aura vécu et sera considéré comme une erreur qui aura duré plusieurs siècles. » Comdia, « Arts décoratifs et Curiosités artistiques », « L'art nègre », 2 janvier 1912 Par cette analyse, André Warnod introduit à sa manière l'art nègre dans un univers pictural occidental. Il l'envisage comme une forme artistique libérée de son caractère ethnographique et propre à supplanter le modèle classique gréco-romain. Quelques années plus tard, Warnod met en pratique sa pensée par cette exposition. Dans la Grande Maison de Blanc, il réunit des peintres de formation occidentale et y présente sa vision revisitée de l'art nègre comme mouvement pictural, ici incarnée par les toiles de Guy-Lemm, Moreau, Figari et van Dongen, ce dernier s'étant même désigné comme un « nègre blanc » dès 1910. Beau carton d'invitation pour l'exposition d'André Warnod sur le (néo-)art nègre, qualifiée de « très curieuse » par la revue L'Europe nouvelle. Malgré les efforts de Warnod pour institutionnaliser son « art nègre » occidentalisé, cette forme artistique ne sera pas retenue par la postérité et n'obtiendra pas la distinction de « classique » qu'il espérait. Cette invitation constitue un rare témoignage de cette quête artistique des plus singulières. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
DUTERTRE - Jean-Baptiste Prosper JOLLOIS - FEVRE (delineavit)
Reference : 25347
(1809)
Imprimerie Impériale | Paris 1809-1829 | 70 x 53.50 cm | une feuille
Gravure originale à l'eau-forte in plano, non rognée, extraite de l'édition dite «Impériale» de la Description de l'Égypte ou Recueil des observations et recherches faites en Égypte pendant l'expédition française, publié par les ordres de Sa Majesté l'Empereur Napoléon le Grand. Réalisée entre février 1802 et 1829 sur ordre de Napoléon Bonaparte et publiée à partir de 1809 [en réalité 1810], elle fut tirée à 1000 exemplaires sur Vergé filigrané «Égypte ancienne et moderne» et offerte aux institutions. Superbe vue du jardin de la maison de Hassan Kachef, dans laquelle s'installa un temps Napoléon Bonaparte lors de l'expédition en Egypte. C'est l'un des plus beaux palais du Caire, qui contient en ses murs un Institut pour les sciences et les arts qui s'inspire de l'Institut de France et qui reçoit Monge pour président. Cette vue est agrémentée de plans et d'une vue intérieure de la maison d'Ybrâhim Kykheyd el Sennary. Infimes piqûres marginales sans atteinte à la planche, légère décharge d'encre au dos, sinon excellent état de fraîcheur et de conservation. ARCHITECTURE ISLAMIQUE DU CAIRE : L'ensemble de gravures auquel cette planche appartient constitue une des premières études raisonnées des monuments de l'Egypte islamique au Caire, rassemblant plans, coupes et élévations de mosquées, de mausolées et de fortifications, depuis le IXe siècle tulunide jusqu'aux constructions mameloukes contemporaines de l'arrivée des troupes de Bonaparte. Par ailleurs, les architectes et ingénieurs de l'Institut d'Egypte ont réalisé une large série de planches consacrées aux habitations et constructions civiles, qu'elles soient de grande ou plus modeste facture, apportant de précieux témoignages sur la vie des Cairotes de la fin du XIXe siècle. Les quelques vestiges antiques restant dans la ville furent également immortalisés par les savants de l'Institut, qui avaient établi leurs quartiers dans la capitale. Volume ETAT MODERNE, I : Le génie des savants de l'Institut se révèle particulièrement à travers les planches de la section dite Egypte Moderne. Architecture, industrie, structures sociales, état sanitaire, régime des eaux, musique, artisanat, sont exposés avec une précision et une qualité graphique exceptionnelle. L'esprit de L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert reste sous-jacent dans la démarche des dessinateurs de la Description de L'Egypte, qui accompagnent les volumes de textes de nombreuses planches détaillées, s'employant à dresser un portrait des populations empreint de beauté et de respect. Riches pachas ou simples artisans potiers sont représentés avec sensibilité, vaquant à leurs occupations au milieu de compositions esthétiques, sans pour autant tomber dans l'idéalisme ou la caricature. LA DESCRIPTION DE L'EGYPTE, édition IMPERIALE (1809-1829) : La Description de l'Egypte est un des chefs d'uvre de l'édition française et le point de départ d'une nouvelle science: l'égyptologie. Titanesque exposé de l'Egypte au temps des conquêtes de Bonaparte entre 1798 et 1799, elle est répartie en 23 volumes dont 13 volumes de gravures rassemblant près de 1000 planches en noir et 72 en couleur. Les 6 volumes de planches intitulées Antiquités sont consacrés aux splendeurs de l'Egypte pharaonique. L'Histoire naturelle est répartie en 3 volumes de gravures. Un volume est consacré aux Cartes géographiques et topographiques tandis que les 3 volumes : Etat Moderne dressent un portrait saisissant de l'Egypte copte et islamique telle qu'elle était vue par les armées d'Orient de Bonaparte. La «campagne d'Egypte», désastre militaire, dévoile à travers les gravures de la Description de l'Egypte la réussite scientifique qu'elle est devenue, grâce aux quelques 167 savants membres de la Commission des sciences et des arts de l'Institut d'Egypte qui suivaient l'armée de Napoléon. L'Institut a réuni en Egypte le mathématicien Monge, le chimiste Berthollet, le naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire, ainsi que de nombreux artistes, ingénieurs, architect
S. n. | à Paris 1783 | 23 x 37.50 cm | relié
Edition originale rare, et unique édition de cet ouvrage. Illustrée de nombreux tableaux, d'une grande planche dépliante figurant la généalogie blasonnée des Desplanques, des figures de blason in-texte, et particularité notable de ce livre, 15 portraits en médaillon "au physionotrace" (procédé inventé par Louis Chrétien et developpé par Edmé Quenedey dans le genre de la gravure au lavis dont on retrouve les signatures au bas des portraits avec la date et le lieu de leur réalisation). On notera également la présence d'un supplément de 4 pages avec une planche de blasons sur papier fin bleuté. Reliure en demi basane blonde légèrement postérieure. Dos lisse orné de 4 fers et de roulettes. Titre doré. Un accroc en tête avec manque. Restauration feuillets 3 et 4 en marge, en raison d'une mouillure. Bordures externe et basse avec accrocs. Ex-libris aux armes du XIXe : ancienne bibliothèque du château du Plessis-Brion. Ainsi que l'annonce l'avertissement, le propos de l'auteur n'est pas d'établir l'histoire de la maison de Bethune, déjà rédigée par Du Chesne, mais de démontrer par toutes les preuves à sa disposition que les Desplanques descendent directement de Robert Ier, seigneur de Bethune, le premier représentant de la branche en 970. La maison ducale et princière de Béthune compte parmi les plus anciennes et illustres maisons de France et d'Europe ; la plupart des princes d'Europe lui sont affiliés, sans compter ceux spécialement de la maison de France ; son plus célèbre représentant fut le duc de Sully. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
S. n. | à Amsterdam 1769 | 19 x 25.50 cm | relié
Nouvelle édition, et sans doute la première in-4 qui réunit les trois histoires parues entre 1760 et 1765.Traduction par Mme Belot, visée par l'auteur lui-même. Reliure en pleine basane marbrée d'époque. Dos à nerfs orné de filets. Pièce de titre de maroquin bleu, et de tomaison de maroquin brun. Epidermures en coiffes de queue des six tomes. Quelques manques sur les plats, dû à des galeries de vers et au dernier nerf du tome I. Bordure du plat inférieur dénudé pour moitié sur un cm. Bon exemplaire cependant, très frais. Cette Histoire d'Angleterre est sans conteste l'oeuvre la plus populaire, et qui eut un grand succès, du philosophe david Hume, père de l'empirisme philosophique et dont l'importance dans l'histoire de la philosophie est à la mesure de Descartes en France. L'histoire ne pouvait en effet qu'intéresser le philosophe puisqu'elle est une somme inégalée d'expérience, en tant que telle, elle est incontournable à qui recherche le savoir ; l'historien est un empiriste, puisque ne pouvant simplement percevoir les liens de causalité entre les faits et les événements, il est contraint dans sa vision de les concevoir dans un mouvement. Cependant pour Hume, il ne s'agit nullement de conceptualiser l'histoire et son ouvrage suit classiquement la chronologie des faits, c'est une histoire fournie et détaillée de l'Angleterre, qui s'étend de l'arrivée des romains à la Révolution de 1688 ; elle est divisée en trois période historiques et dynastiques : la maison des Plantagenêt, celle des Stuart, et celle des Tudor. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -