Lettre tapuscrite datée du 27 janvier 1906, à propos d'une succession en rapport avec la société Laguionie et Cie. 1 page in-4°. Très bel en-tête. Pas de couvertuire Très bon Paris 1906 1 page in-4°
Reference : 11355
Librairie Seigneur
Martine Seigneur
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Précieux et bel exemplaire de cet ensemble de traités philosophiques de Diderot sur l’esthétique, relié en veau blond de l’époque. Londres, 1749. In-12 de 220 pages chiffrées et 1 p. d’avis aux relieurs (la pagination saute de la p. 209 recto à la page 211 verso), 6 figures gravées hors-texte. - [Relié avec]: II - Lettre de M. Diderot au R.P. Berthier, Jésuite. 1751. 56 pp. -Et: III - Additions Pour servir d’Eclaircissemens à quelques endroits de la Lettre sur les Sourds & Muets. Faux-titre et pp. 242 à 400 (1) f. d’errata, 2 planches hors texte. Ensemble trois ouvrages en 1 volume in-12. Veau blond, filet doré encadrant les plats, dos lisse orné au fer doré à la toile d’araignée, pièce de titre brunie à froid, filet or sur les coupes, tranches rouges. Reliure de l’époque. 156 x 94 mm.
Editions originales de ces lettres de critique littéraire destinées à détruire le mythe de la «belle nature», principe cher à l'époque, contre lequel s'insurge Diderot tout en prenant prétexte de ces débats pour élargir sa propre théorie esthétique. I - «Édition originale de cet écrit philosophique et scientifique de Diderot, publié en 1749, qui fit sensation et valut à son auteur d’être conduit au donjon de Vincennes.» Tchémerzine. Éditions originales, II, 925; Adams, Bibliographie des œuvres de Denis Diderot 1739-1900, t. 2, LG1; Cioanescu 24111. Ce fascinant petit texte fut rédigé par Diderot après la première opération de la cataracte d’une aveugle de naissance par le docteur Réaumur qui avait convié quelques philosophes à assister aux premières réactions du «sujet» au contact de la lumière. De là vint à Diderot l’idée de tirer parti de la cécité comme d’une autre manière d’appréhender le monde, illustrée par trois figures: celle de l’aveugle-né Puiseaux, celle du célèbre géomètre anglais Saunderson, et celle de Melle de Salignac. L’ouvrage aborde le problème des sens, de la morale, du jugement esthétique, de la religion. «La démarche de Diderot lui permet de formuler des intuitions où éclatent la force et la vigueur de cet esprit encyclopédique et audacieux: émergence d’un sixième sens par l’exacerbation des autres sens, sensibilité et énergie de la matière, idées transformistes et notion d’évolution où le hasard joue un rôle, calcul des probabilités, etc.» (En Français dans le texte, n°153). L’ouvrage parut de manière anonyme mais la paternité en fut attribuée à Diderot qui fut emprisonné à Vincennes un mois plus tard. Diderot, philosophe athée, instaurait les premiers fondements du sensualisme: nos sens fondent nos idées et nos croyances. «Si l’aveugle n’a pas les mêmes croyances que nous autres, c’est parce que ses yeux lui font défaut. Notre croyance en Dieu n’a en elle-même rien de divin, elle est issue de nos sens mêmes». L’ouvrage est orné de six planches gravées hors-texte non signées dont une figure tirée de «la Dioptrique» de Descartes. II - Edition originale. Adams, LE1; Tchemerzine, II, 930. Dès février 1751, Diderot réplique sur un ton badin au jésuite Berthier qui, en janvier, dans les "Mémoires de Trévoux", avait critiqué le projet de l'Encyclopédie d'après le prospectus, en particulier pour avoir plagié le projet encyclopédique de Francis Bacon. Diderot répond en écrasant Berthier de son ironie et en s'attaquant à l'ordre des Jésuites. Comme échantillon attractif du contenu de l'œuvre à venir, Diderot livre, dans cette "Lettre à Berthier", l'intégralité de son article "Art" (à partir de la page 15), "l'un de plus élaborés et des plus profonds donnés à l'Encyclopédie" (selon P.-P. Gossiaux in "Diderot et son temps"). Si la réponse facétieuse de Diderot mit les rieurs de son côté, la presse savante qui attendait une justification sur le fond se montra plus sévère vis-à-vis de cette "Lettre" et peu satisfaite de la réponse de Diderot. Il reste que la large polémique qui s'en suivit excita la curiosité du public et contribua à entraîner un afflux de souscripteurs vers l'Encyclopédie, plus de mille dès la fin avril. III - Les Additions furent données par Diderot en mai 1751, soit trois mois après la première émission de la Lettre sur les Sourds et Muets. Supplément imprimé pour compléter la 1re émission de la "Lettre sur les sourds et muets" parue en février 1751 et dans laquelle le dernier cahier, signé X, se composait de la p. 241 (X1r°) et de la table des matières (X1v°-X6v°). Écrit en réponse aux critiques sur la "Lettre sur les sourds et muets". La 1re émission de la "Lettre sur les sourds et muets" et les additions ont été reliées ensemble selon des modalités différentes selon qu'elles l'ont été par les libraires ou les lecteurs eux-mêmes. L'ouvrage ainsi composé a été catalogué séparément. Bibliographie des œuvres de Denis Diderot, 1739-1900 / David Adams, Paris, 2000, t. 2, p. 227-228, LH3 ; "La Lettre sur les sourds et muets de Diderot" / Wallace Kirsop dans "Bibliographie matérielle et critique textuelle : vers une collaboration", Paris, 1970 (Biblio notes, 1). Les Additions sont ornées de 2 planches gravées sur cuivre par Le Mire d'après Charles Eisen. Le faux-titre des Additions est contrecollé sur la page 241, et le feuillet d'errata l'est sur un titre de la seconde émission de la Lettre. Précieux et bel exemplaire de cet ensemble de traités philosophiques de Diderot sur l’esthétique, relié en veau blond de l’époque.
Cohen mentionne une valeur de 80 F à 100 F Or pour les exemplaires ordinaires et ajoute: «Un bel exemplaire en maroquin rouge doublé de maroquin rouge par Cuzin et contenant également les figures avant la lettre et les eaux-fortes, 1300 fr., vente Rich. Lion (n° 232); puis sur grand papier vélin, contient les eaux-fortes et les avant-lettre, qui sont dans celui de Lord Carnarvon (n° 50), en maroquin rouge doublé de maroquin rouge par Cuzin, offert à 1500 fr. au Bull. Morgand II, 6 (1908), n° 631». De l’imprimerie de Didot jeune, à Paris, chez Janet et chez Hubert, an IV (1796). Tome I: VII-277 pp., plus 1 portrait et 6 figures en double état. Tome II: VIII-252 pp., plus 6 figures en double état. Tome III: XIII-196 pp., plus 3 figures en double état. En tout 1 portrait par Lemire et 15 figures de Le Barbier gravées par Baquoy, Dambrun, Duclos, Hubert, Patas, Petit, Romanet et Simonet. «Il existe des exemplaires sur papier vélin avec les figures avant la lettre. Quelquefois la collection des eaux-fortes s’y trouve jointe». (Cohen) 3 volumes grand in-8, plein maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs richement ornés à la rose dorée, filets or sur les coupes, doublures de maroquin rouge à dentelle droite, tranches dorées. Reliure en maroquin doublé de maroquin signé «Cuzin» vers 1875. 242 x 155 mm.
Le célèbre exemplaire Rich. Lion et Lord Carnarvon cité par Cohen imprimé sur grand papier vélin avec les figures avant la lettre et la totalité des eaux-fortes. Cohen mentionne une valeur de 80 F. à 100 F. Or pour les exemplaires ordinaires et ajoute: «Un bel exemplaire en maroquin rouge doublé de maroquin rouge par Cuzin et contenant également les figures avant la lettre et les eaux-fortes, 1300fr., vente Rich. Lion (n° 232); puis sur grand papier vélin, contient les eaux-fortes et les avant-lettre, qui sont dans celui de Lord Carnarvon (n° 50), en maroquin rouge doublé de maroquin rouge par Cuzin, offert à 1500 fr. au Bull. Morgand II, 6 (1908), n° 631». Encombrée d’un hétéroclite et volumineux bagage, une charrette fait un soir son entrée au Mans et s’arrête devant le tripot de la Biche. Elle est occupée par une femme, un jeune homme déguenillé et un vieillard, respectivement nommés la Caverne, le Destin et la Rancune. Tous trois font partie d’une troupe de comédiens, dont le reste est retenu ailleurs par suite d’une rixe. Afin d’être hébergés gratuitement, les arrivants proposent de donner un échantillon de leur répertoire pour le plaisir de l’hôtellerie. Ils endossent la défroque de clients de passage et un pugilat général se déclenche au retour de ceux-ci. La Rapinière, lieutenant de Prévôt, qui a pris part au combat, emmène les comédiens loger chez lui. Peu après survient le reste de la troupe. Complète alors, elle se compose de: Destin, la Rancune, l’Olive, Mlle de l’Etoile, la Caverne, sa fille Angélique, Roquebrune, poète-auteur et metteur en scène: plus quelques valets doublés d’apprentis acteurs. Autour de Mlle de l’Etoile se réunissent bientôt les élégants de la ville, notamment un certain Ragotin qui devient le souffre-douleur de la compagnie et auquel surviennent les plus malséantes aventures. Au milieu de ces avatars vient s’intercaler l’histoire de Destin et de Mlle l’Etoile, véritable mélodrame aux rebondissantes complications. Après l’enlèvement d’Angélique, que suit celui de l’Etoile, tout s’arrange plus ou moins: ainsi se termine l’œuvre, brusquement interrompue. Scarron possède au plus haut point le don d’animer ses personnages et de mettre en lumière les traits saisissants de leur caractère. Tous, même les comparses, sont doués d’une vitalité singulière. Appartenant à des milieux divers, ils se côtoient et se mélangent de la façon la plus divertissante. Tout cela, répétons-le, est rapporté dans une langue hautement savoureuse, aisée, directe, farcie de boutades et que vient tempérer parfois la plus exquise émotion. Certaines figures spécialement poussées se détachent avec un relief saisissant. Mais l’aspect le plus moderne du Roman comique est sans doute à chercher dans l’utilisation du paratexte (écart entre les titres des chapitres et leurs contenus, incipit parodiques, préfaces ironiques) et dans les multiples et facétieuses intrusions de l’auteur par lesquelles s’engage le dialogue avec le lecteur. Pour le plus grand plaisir de celui-ci, qui, interpellé pris à témoin, séduit, moqué, sollicité de suppléer à la paresse de l’écrivain, bénéficie ainsi du privilège rare de visiter ce mort vivant dans le monument qu’il s’est bâti pour que l’éternité le retrouve vif et délié, tel qu’il était avant d’être atteint de paralysie. L’œuvre est ornée de 15 belles figures de Le Barbier (1738-1826). Après avoir commencé ses études à Rouen il se forme dans l'école de dessin de Descamps. Arrivé à Paris en 1757, il entre dans l'atelier de Lebas, puis dans celui de Jean-Baptiste-Marie Pierre. Élève de l'Académie royale de peinture, il n'obtient pas le prix de Rome mais séjourne à ses frais en Italie entre 1767 et 1769 d'où il rapporte de nombreux dessins de paysages. À partir de 1776, il se rend plusieurs années en Suisse. Agréé à l'Académie le 20 juillet 1780, il expose régulièrement au Salon, principalement des scènes de l'histoire antique et moderne. Académicien en 1785 et membre de l'Institut en 1816. Il obtint une première médaille en 1808. Ce fut un ardent propagandiste de Vien et de David. Il a fait des illustrations pour les œuvres d'Ovide, de Racine, Rousseau, Dellile II meurt à Paris en 1826. Ref : E. Benezit, t. 6, p.501, Ed. 1976). Superbe exemplaire, l’un des plus précieux décrit par Cohen.
L’acte initial de la Révolution Française. Paris, de l’Imprimerie Royale, le 24 Janvier 1789.Placard in-folio. La lettre est imprimée sur quatre colonnes séparées par un filet noir. Pts. manques de papier dus aux plis, qq. rousseurs. Encadré. 825 x 545 mm.
Précieux exemplaire de la lettre écrite par le roi le 24 janvier 1789, visant à expliciter le règlement d’élaboration des cahiers de doléances et les modalités d’élection des députés des 3 ordres à l’assemblée des États généraux qui se tiendra le 27 avril 1789 à Versailles. Il s’agit de l’acte initial de la Révolution Française. Depuis la crise commencée en septembre 1788 jusqu’à la réunion des Etats-Généraux le 5 mai 1789, le royaume était agité par la préparation des élections. Celles-ci se déroulèrent dans un climat d’angoisse en même temps que d’espoir. La Noblesse, le Clergé et le Tiers Etat apportaient chacun leurs voix dans les assemblées de baillages d’où allait naître le principe de la souveraineté nationale. Cette grande affiche règle les modalités d’élection des députés aux Etats-Généraux et la confection des cahiers de doléances. La convocation des états généraux est l'ensemble des actions requises pour assurer le succès des États généraux. Elle dura globalement une année, de la mi-juin 1788, avec les premières initiatives royales, à l'ouverture solennelle le 5 mai 1789. Cette période fut consacrée à la publication des directives à partir de janvier 1789, puis à leur mise en application sur tout le territoire, puisqu'il était entendu que l'habitant le plus éloigné de toutes les provinces aurait la possibilité de faire entendre sa voix. Le roi rappelle l'objectif assigné aux futurs états: «Nous avons besoin du concours de nos fidèles sujets pour Nous aider à surmonter toutes les difficultés où Nous Nous trouvons, relativement à l'état de nos finances, et pour établir, suivant nos vœux, un ordre constant et invariable dans toutes les parties du gouvernement qui intéressent le bonheur de nos sujets et la prospérité de notre royaume» et plus loin le roi invite à travailler à «l'établissement d'un ordre fixe et durable dans toutes les parties de l'administration.» Face à une situation politique et financière catastrophique, Louis XVI se voit contraint de convoquer les Etats-généraux, qui seuls peuvent décider la levée de nouveaux impôts et engager la réforme du pays. Leur ouverture, le 5 mai 1789 à Versailles, marque le début de la Révolution Française. Précieux exemplaire de la lettre du roi du 24 janvier 1789, acte initial de la Révolution Française.
Edition originale de la Lettre sur la comète de Maupertuis, précieux exemplaire conservé dans son maroquin olive décoré de l’époque. S.l. [Paris], 1742.In-12 de (1) f.bl., (4) ff., 111 pp., (1) f.bl. Relié en plein maroquin olive de l’époque, plats ornés d’une dentelle dorée, dos à nerfs orné de fleurons dorés, filet doré sur les coupes, roulette dorée intérieure, doublures et gardes de papier décoré d’un semis d’étoiles dorées, tranches dorées sur marbrures. Coins légèrement frottés. Reliure de l’époque. 155 x 87 mm.
Edition originale de ce traité d’astronomie écrit par Maupertuis à l'occasion du passage de la comète de 1742. Graesse, Trésor de livres rares, IV, 448 ; Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, II, 1207 ; Brunet, III, 1543 ; Quérard, La France littéraire, V, 642 ; Houzeau-Lancaster 5826. La comète dont il est question dans cette Lettre fut observée le 2 mars 1742 à l'Observatoire de Paris. L'auteur y explique le système de Newton. Maupertuis, dans sa Lettre sur la comète, considérant l’extrême chaleur que celle de 1680 avait contractée vers le soleil, semble croire que si la comète eût passé près la Terre, elle l’aurait réduite en cendres, ou l’aurait vitrifiée, et que si sa queue seulement nous eût atteints, la terre eût été inondée par des exhalaisons brûlantes et destructives. Pierre-Louis Moreau de Maupertuis (1698-1759) était un philosophe, géomètre et astronome français. Voyageant pour s’instruire auprès des savants du temps, il se lia avec les Bernouilli, La Condamine et Voltaire dont il devait faire un disciple enthousiaste du système de Newton. En 1737 il fut envoyé par Maurepas au pôle Nord avec une expédition qui devait mesurer un degré du méridien terrestre. En 1740, Frédéric II l’avait nommé président de l’Académie de Berlin. En 1743, la Société royale de Londres, puis l’Académie Française lui ouvraient leurs portes. « La comète observée le 2 mars 1742 à l’Observatoire de Paris fut pour lui l’occasion d’adresser à une dame une lettre où il rassemblait tout ce qui avait été dit de faux ou de vrai sur ces astres. Mais, loin de rassurer les hommes, il montre les ravages que les comètes pourraient causer dans l’univers par leur rencontre avec notre planète. » (Biographie générale, 34, 389). « Les détails qu’on lit dans la ‘Lettre sur la comète’ offrirent de l’intérêt à une époque où la science astronomique n’était pas popularisée comme elle l’est aujourd’hui. Selon Maupertuis, la comète en question aurait bien pu nous voler notre lune, et, ‘si nous en étions quittes pour cela’, dit-il, ‘nous ne devrions pas nous en plaindre’. (P. Levot, Biographie bretonne, II, 428) Précieux exemplaire de ce traité d’astronomie de Maupertuis conservé dans sa fine reliure en maroquin olive décoré de l’époque, condition rare pour les éditions originales scientifiques.
Rare édition originale de ce traité d’astronomie écrit par Maupertuis à l'occasion du passage de la comète de 1742. S.l. [Paris], 1742. In-12 de (1) f.bl., (5) ff. (y compris le frontispice), 111 pp., (1) f.bl. Relié en plein veau marbré de l’époque, dos à nerfs orné, filet or sur les coupes, tranches mouchetées rouges. Reliure de l’époque. 156 x 87 mm.
Rare édition originale de ce traité d’astronomie écrit par Maupertuis à l'occasion du passage de la comète de 1742. Graesse, Trésor de livres rares, IV, 448 ; Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, II, 1207 ; Brunet, III, 1543 ; Quérard, La France littéraire, V, 642 ; Houzeau-Lancaster 5826 ; DSB 9, 186 ; Lalande, 418. L’un des quelques exemplaires rares sur grand papier vélin. Dans cet ouvrage adressé à une femme, Maupertuis élabore un traité d’astronomie avant d’étudier la comète dont l’apparition dans le ciel parisien avait suscité un vif émoi en 1742. La comète dont il est question dans cette Lettre fut observée le 2 mars 1742 à l'Observatoire de Paris. L'auteur y explique le système de Newton. Maupertuis, dans sa Lettre sur la comète, considérant l’extrême chaleur que celle de 1680 avait contractée vers le soleil, semble croire que si la comète eût passé près la Terre, elle l’aurait réduite en cendres, ou l’aurait vitrifiée, et que si sa queue seulement nous eût atteints, la terre eût été inondée par des exhalaisons brûlantes et destructives. Pierre-Louis Moreau de Maupertuis (1698-1759) était un philosophe, géomètre et astronome français. Voyageant pour s’instruire auprès des savants du temps, il se lia avec les Bernouilli, La Condamine et Voltaire dont il devait faire un disciple enthousiaste du système de Newton. Voltaire le présenta à Madame du Chatelet et le conduisit à Cirey où il rencontra Koenig qui donnait à la marquise des leçons de mathématiques et de philosophie leibnizienne. En 1737 il fut envoyé par Maurepas au pôle Nord avec une expédition qui devait mesurer un degré du méridien terrestre, près du cercle polaire et il constata expérimentalement l'aplatissement de la terre vers les pôles. En 1740, Frédéric II l’avait nommé président de l’Académie de Berlin. En 1743, la Société royale de Londres, puis l’Académie Française lui ouvraient leurs portes. On lui doit la mesure de l'arc polaire, la preuve de la forme aplatie de la terre, et surtout le mécanisme des trajectoires des comètes. « La comète observée le 2 mars 1742 à l’Observatoire de Paris fut pour lui l’occasion d’adresser à une dame une lettre où il rassemblait tout ce qui avait été dit de faux ou de vrai sur ces astres. Mais, loin de rassurer les hommes, il montre les ravages que les comètes pourraient causer dans l’univers par leur rencontre avec notre planète. » (Biographie générale, 34, 389). « Les détails qu’on lit dans la ‘Lettre sur la comète’ offrirent de l’intérêt à une époque où la science astronomique n’était pas popularisée comme elle l’est aujourd’hui. Selon Maupertuis, la comète en question aurait bien pu nous voler notre lune, et, ‘si nous en étions quittes pour cela’, dit-il, ‘nous ne devrions pas nous en plaindre’. (P. Levot, Biographie bretonne, II, 428) Maupertuis "devoted most of the book to a clear summary of the current state of knowledge about comets, including an overview of the dynamics of the Newtonian solar system and Halley's heroic calculations of cometary orbits. It evolved into a set piece on the analytical power of Newtonian cosmology. Along the way, the extremely elliptical orbits of comets undermined any cosmology built on swirling vortices carrying planets around the sun. Maupertuis's choice of style and genre for his discussion of comets once again enabled him to make a splash on the literary science." Terrall, The Man Who Flattened the Earth. Maupertuis and the Sciences in the Enlightenment, pp. 193-95. Précieux exemplaire sur grand papier de Hollande, complet du frontispice, dit frontispice des comètes, dessiné par Maugein et gravé par Dheulland, conservé dans sa reliure de l’époque en parfait état.