8, rue Bréa
75006 Paris
France
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Phone number : 01 43 54 43 61 P., Dentu, 1892 in-12, 371 pp, reliure demi-maroquin bleu nuit époque, dos à nerfs lég. épidermé, titre en lettres dorées, tête dorée, bon état (Les femmes des Tuileries)
Table : Le Début de la campagne ; La Première quinzaine de février ; La Seconde quinzaine de février ; La Première quinzaine de mars ; Le Congrès de Châtillon ; Arcis-sur-Aube ; La Marche vers l'Est ; Paris à la fin de mars ; La Fuite de la régente ; La Bataille de Paris ; Napoléon aux fontaines de Juvisy ; La Régence en fuite ; Napoléon à Fontainebleau ; La Première abdication ; La Défection d'Essonnes ; La Seconde abdication ; Les Angoisses de l'impératrice ; Marie-Louise à Orléans ; Tentative de suicide ; La Dernière Semaine à Fontainebleau ; Les Adieux de Fontainebleau ; Le Voyage vers l'île d'Elbe ; Derniers jours de Marie-Louise en France. — "... L'auteur, à la richesse du style, à l'élévation de la pensée, joint la scrupuleuse exactitude des détails. Chacun de ces livres, par l'immensité des recherches qu'il a dû nécessiter, est digne de la patience d'un bénédictin. La plus petite cérémonie y est l'objet de minutieux renseignements, et M. le baron Imbert de Saint-Amand émaille ses études d'appréciations philosophiques d'une valeur incontestée; il éclaire l'histoire d'un jour nouveau en nous montrant les souverains français dans leur correspondance intime, ce qui est bien différent des documents diplomatiques. On les voit tels qu'ils étaient et non pas tels qu'ils se montraient. Aussi, que de jugements faux ses livres détruisent ! Dans ce livre sur Marie-Louise en 1814, on trouve, à côté des faits historiques, des anecdotes inédites d'un charme tout particulier..." (Journal de Monaco, 1885)
Perugia, ACIES, 2015, in-8°, 226 pp, nombreuses illustrations en noir et en couleurs (gravures, portraits, fac-similés), broché, couv. illustrée, bon état. Texte en italien. On joint une lettre a.s. de l'auteur
Ombres et lumières des maréchaux de Napoléon.
Les Libertés Françaises, 1938 pt in-8°, 235 pp, broché, C. de bibl., bon état
Bram, Chez l'Auteur, 1986, gr. in-8°, 430 pp, nombreuses gravures et photos, une carte dépliante hors texte, broché, bon état
Genève, Slatkine, 1973 in-8°, 570 pp, reliure simili-cuir brique de l'éditeur, un mors fendu recollé, pt accroc à la coiffe inf., bon état (réimpression de l'édition de Paris, 1877)
Très vivants mémoires. — "Auguste Jal raconte les plaisirs de la table sous l'Empire, ses liens avec Fouché, les douze derniers jours de Napoléon en France. Des fragments sur les Cent Jours avaient paru dans la Revue des Deux Mondes du 1er octobre 1832." (Tulard, 730) — "Fervent bonapartiste, l'aspirant de marine Jal constitue en 1815 à Lyon une compagnie d'aspirants qui se porte au secours de Paris. Exclu de la marine, il commence une carrière de journaliste et d'hommes de lettres, donnant dans ses mémoires une vivante description des milieux politiques, littéraires et artistiques du temps. La mort l'a surpris avant que ses souvenirs ne dépassent le règne de Louis XVIII." (Bertier de Sauvigny, 540)
Garnier Frères, 1904, fort in-12, viii-676 pp, 91 gravures dans le texte et à pleine page et 12 cartes hors texte en couleurs, certaines dépliantes, reliure percaline vieux rose de l'éditeur (lég. salie), titres en noir au 1er plat et au dos, manque une garde, bon état
Cours complet d'Histoire, rédigé conformément au programme du 11 août 1902.
Hachette, 1995, in-8°, 287 pp, 2 cartes, tableaux, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. Carré histoire)
1783-1815, ces deux bornes chronologiques indiquent l'intention de l'ouvrage : embrasser à la fois la période pré-révolutionnaire, la Révolution et l'Empire. Afin de restituer la complexité fondamentale de ces années, la démarche associe un récit chronologique et une étude des phénomènes de longue durée, dont la Révolution n'est qu'un des moments. Six chapitres retracent la dynamique révolutionnaire. Ils sont construits à partir de la présentation liminaire d'un "événement-rupture" qui marque, chaque fois, le franchissement d'une étape décisive de la Révolution. L'époque impériale, par sa durée, est l'objet d'un traitement plus thématique. Enfin quatre chapitres synthétiques dressent des tableaux de la France en 1783, 1793, 1802 et 1815. Ils prennent la mesure des transformations plus lentes qui modifient les comportements démographiques, l'économie, les structures sociales et les attitudes culturelles. Cartes, schémas, textes, glossaire viennent en appui du texte. Ils font du livre un outil indispensable pour les étudiants en Histoire.
Flammarion, 1932, in-12, 246 pp, broché, papier lég. jauni, bon état
"M. René Johannet a choisi un sujet bien difficile pour sa monographie, qui est celle de Joseph de Maistre ; mais il a l'habitude, nous ayant déjà donné dans ses Itinéraires d'intellectuels l'image de personnes aussi complexes que Georges Sorel et Charles Péguy. Il est bien difficile de voir clair dans les doctrines et même le caractère du gentilhomme savoyard... A l'égard de la biographie même, son livre semble fort complet et nouveau. Les données sur Joseph de Maistre et les femmes sont généralement ignorées, ainsi que sur les origines de la famille Maistre. M. Johannet a bien montré la noblesse toute récente de cet aristocrate fameux. Le dramatique de l'existence réside, pour Joseph de Maistre, dans une infortune et une déception presque continuelles. Il ne souffrit pas seulement de l'exil imposé par la Révolution, mais de la faiblesse, de la bêtise des princes. Peu de monarchistes ont été si clairvoyants sur les monarques. Mais les malheurs de cour ou de carrière ont moins agi sur son esprit que l'horreur sacrée où le mettaient les bouleversements du monde. Quand il revint à Chambéry, après vingt-quatre ans (1817), cet émigré était devenu presque un étranger, et tout Français de culture, il se retira en terre piémontaise, exilé encore. Comme franc-maçon, il avait paru suspect du jacobinisme dont il avait eu tant à souffrir. Comme diplomate, il n'avait pas, à proprement parler, de patrie, il n'avait qu'un roi, un roitelet, que du reste il sauva. Il a écrit en 1819 « Je meurs avec l'Europe », preuve qu'il appartenait bien à, ce dix-huitième siècle aboli où il y avait encore une culture universelle, et où le principe monarchique pouvait encore primer sur le principe des nations. Il semble n'avoir pas cru outre mesure dans l'avenir temporel de ses théories ; c'est ce qui lui permit de se montrer intransigeant, et, à notre sens, paradoxal. Mais il y a deux hommes en lui : un réaliste très fin, un des ancêtres de ce qu'on appelle aujourd'hui la politique expérimentale et, d'autre part, un doctrinaire, à demi illuminé..." (André Thérive, Le Temps, 17 mars 1932)
Chartres, Chez l'auteur, 1969, in-8°, 134 pp, un portrait en couleurs et 10 pl. de gravures hors texte, 2 cartes, chronologie, biblio commentée, broché, couv. illustrée, bon état, un des 2000 ex. numérotés sur Bouffant offset
P., Société des Bibliophiles / New York, Merrill and Baker, s.d. (1903), in-8°, xxiv-387 pp, 5 portraits hors texte sous serpentes, reliure percale bleue de l'éditeur, titres dorés au dos, tête dorée, bon état. Tiré à 503 ex. numérotés sur vergé (Versailles Edition). Texte en anglais
Tome I seul (sur 2). De cette "Versailles Edition" limitée et numérotée, seuls 503 exemplaires en anglais ont été imprimés (n° 349). Compilée par Léon Vallée, la collection “Courtiers and Favourites of Royalty” comprend vingt volumes de « Mémoires de la Cour de France avec illustrations et fac-similés de documents provenant des Archives nationales françaises ». — Mémoires apocryphes écrits par la célèbre devineresse, Mlle Le Normand (1772-1843), appelée la Sybille, qui lisait l'avenir par les tarots ou le marc de café. Joséphine de Beauharnais la consulta sur son sort et celui de son époux le vicomte de Beauharnais emprisonné ; celle-ci lui prédit la condamnation de ce dernier et le futur mariage de Joséphine avec un jeune officier appelé à de hautes destinées. Grâce à cette prédiction, Mlle Le Normand devint une intime de l'Impératrice.
P. et Bruxelles, Editions de la Toison d'or, 1942 in-8°, xiii-417 pp, avertissement bibliographique en début d'ouvrage, broché, papier lég. jauni, bon état
"M. Bertrand de Jouvenel nous a dotés d'un livre d'ensemble sur le blocus continental en remontant à ses origines. Il sera fort utile et met d'ailleurs en oeuvre des documents inédits." (G. Lefebvre, Revue Historique, 1946) — "Le dernier ouvrage de M. de Jouvenel est consacré à l'étude de la rivalité économique franco-anglaise de Colbert jusqu'à la campagne de Russie. Le but poursuivi n'était pas d'interdire à l'Angleterre l'importation, mais de supprimer l'exportation des produits de ses colonies et des articles manufacturés. Ainsi son commerce eût été ruiné... Colbert, puis la Convention et l'Empire ont à cette fin prohibé l'entrée des produits anglais. Ces prohibitions ont été étendues à l'Europe par les décrets de Berlin et de Milan et appliquées même aux marchandises anglaises sous pavillon neutre. Elles ont privé l'Europe des exportations anglaises et américaines en produils manufacturés et en denrées coloniales : sucre, indigo, café, coton... Cette disette, aussi bien que la contrebande, ont provoqué l'achat direct à l'ennemi anglais des produits nécessaires, achat réservé aux importateurs français, tandis que le blocus continental était toujours appliqué à l'Europe. Au principe de ruiner l'Angleterre, Napoléon « substituait un autre principe qui était de vivre en face de l'Angleterre aux dépens du continent européen » (p. 417), prétention qui devait susciter la coalition générale de 1813. L'étude de M. de Jouvenel est à la fois très claire et très documentée..." (Georges de Lussac, Etudes, 1943)
Perrin, 1999 in-8°, 340 pp, 8 pl. de gravures hors texte, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état
Elisabeth Vigée-Le Brun (1755-1842) demeure sans doute la plus illustre des artistes françaises. Véritable prodige, à 13 ans, elle fait son premier portrait, conseillée par Joseph Vernet et par Greuze. A 21 ans, elle est déjà célèbre. A 23 ans, elle est appelée à Versailles pour peindre Marie-Antoinette dont elle sera, jusqu'en 1789, la portraitiste attitrée et à laquelle, ardente royaliste, elle vouera une fidélité sans faille. A 28 ans, elle est admise à l'Académie royale de peinture. Jolie, courtisée, admirée, elle reçoit toute la haute société qui se presse pour la voir peindre dans son atelier. Mariée à Le Brun, marchand de tableaux cupide et louche, elle le quitte en 1789 pour émigrer. Au fil de douze années d'émigration, les souverains et les cours d'Europe vont la fêter et solliciter son talent, tant sa réputation est européenne. On la célèbre à Rome, à Naples (où elle peint sa fameuse Lady Hamilton en bacchante), à Vienne, à Saint-Pétersbourg, "sa dernière patrie", à Berlin. Partout, elle croule sous les commandes. Ses tableaux, son urbanité, sa délicatesse en font la meilleure ambassadrice de l'Ancienne France. En 1802, radiée de la liste des émigrés, elle revient à Paris où, amère, elle ne retrouve pas l'art de vivre et la société qui avaient enchanté sa jeunesse. Infatigable, elle se rend à Londres où elle peint Byron et le prince de Galles, puis en Suisse où elle rencontre et peint Mme de Staël en Corinne, un de ses chefs-d'œuvre. C'est la vie d'une "vedette" européenne que reconstitue Inès de Kertanguy, à l'aide de ses Souvenirs (1835-1837).
Bruxelles et Liège, A la Librairie Polytechinque de Decq, 1869, in-4°, 480 pp, reliure demi-basane verte, dos lisse avec titres et doubles filets dorés, qqs rousseurs, bon état
Première partie : Convention nationale, 1792 et 1793 : Louis XVI, Marie-Antoinette, Marie-Elisabeth et Philippe d'Orléans devant la Constituante ; Deuxième partie : Cour des Pairs de France, 1830 : Les ministres de Charles X devant la Cour des Pairs ; Troisième partie : Cour des Pairs de France, 1836-1840 : Louis-Napoléon Bonaparte devant la Cour des Pairs. Affaire de Strasbourg, 30 octobre 1836, Attentat de Boulogne, 6 août 1840.
KLÉBER (Jean-Baptiste), Auguste Damas, Charles Morand, Antoine Michaux, Joseph Lazowski, Jean Ferrus et Aliud.
Reference : 65180
(1997)
La Vouivre, 1997, in-8° carré,, vi-135 pp, édition établie par Stéphane le Couëdic, texte sur 2 colonnes, 5 gravures dans le texte, 3 cartes hors texte, index, broché, couv. à rabats, bon état
Sont rassemblés dans ce volume des documents revus sur les pièces originales de l’état-major de Kleber en Egypte : tout d’abord Alexandrie puis la campagne de Syrie enfin, après le départ de Napoléon, la bataille d’Héliopolis et le siège du Caire jusqu’à la mort de Kleber (partiellement inédit).
Hachette, 1939 in-12, 255 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Vies privées)
Livre Club du Libraire, 1963 in-8°, ii-351 pp, traduit de l'allemand par G. Daubié, 10 gravures et 6 fac-similés hors texte, reliure soie rouille de l'éditeur, un portrait gravé de Pauline en médaillon au 1er plat, rhodoïd, bon état
Très jolie édition.
P., L. Saintmichel, 1814, pt in-8°, (2)-iv-88 pp, un portrait de Pie VII en frontispice, reliure demi-basane rouge, dos lisse avec titre doré en long, bon état
Même si toutes les routes mènent à Rome, l’itinéraire de ce périple n’est reste pas moins inattendu puisqu’il passe par Limoges et Toulouse, en France, et par Lorette et Ancône, en Italie. Ce parcours tortueux ne s’entend du reste qu’en gardant à l’esprit les conditions dans lesquelles se trouve alors l’Europe et l’incidence du déroulement de la guerre où s’affrontent la France et les puissances coalisées. Le 1er janvier 1814, les alliés ont franchi le Rhin tandis que Joachim Murat, le roi de Naples, envahissait la plus grande partie des États pontificaux, à commencer par Rome...
P., Chez l'Auteur, 1961, in-4°, 32 pp, 2 pl. de blasons hors texte, sources, broché, 1er plat illustré, bon état. Rare (Saffroy, III, 34233)
Arthaud, 1969, gr. in-8°, 431 pp, 84 illustrations en noir tirées en héliogravure hors texte, 37 cartes, appendices sur l'organisation de l'armée, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état
Excellent ouvrage retraçant toutes les batailles napoléoniennes : Arcole, Marengo, Austerlitz, Iéna, Friedland, Wagram, etc. Ce livre est la première histoire complète des campagnes de Napoléon – car pour l'auteur le chef n'existe pas sans ses soldats ni le génie sans ses « circonstances ».
Grasset, 1989, gr. in-8°, 529 pp, 16 pl. de gravures et documents hors texte, biblio, index, broché, bon état
Pour l'Histoire, Jean-François Champollion restera l'homme qui perça le mystère des hiéroglyphes, ajoutant quelques millénaires à la mémoire du monde. Mais il y a bien d'autres facettes, moins connues, dans cette riche personnalité : révolutionnaire au tempérament romantique, amoureux d'une poétesse toscane, fervent de Bonaparte et adversaire de Napoléon, Champollion fut un homme passionné, aventureux, et un authentique héritier de la philosophie des Lumières.
P., A. Dupret, 1886, in-8°, xv-589 pp, cartonnage percaline carmin, dos lisse avec titre et caissons, décor noir et or aux 1er plat (rel. de l'époque), reliure un peu défraîchie, mais intérieur propre et sans rousseurs. Peu courant
"M. Auguste Lacroix paraît être un ancien industriel, d'opinion monarchique, qui, d'après son aveu même, a « la passion d'écrire ». Comme il a vu 1830, 1848, 1852 et 1870, il a voulu « défendre ses principes contre un système de gouvernement comme la République, qui ne nous a donné que des tourments, des ennemis et des embarras. » Son livre va de la Révolution de 1789 à la fin du second Empire. Les événements qu'il évoque servent de prétexte à d'honnêtes réflexions, parfois à des souvenirs personnels. En résumé, c'est un livre de saine polémique." (Victor Pierre, Revue des questions historiques, 1887)
P., Veuve Desbleds, 1844, in-16, 92 pp, une gravure allégorique (L'Histoire) en frontispice, broché, couv. muette d'attente, habile restauration au coin des premiers feuillets, bon état. Edition originale
Jacques Laffitte (1767-1844), régent de la Banque de France en 1809, juge au tribunal de commerce en 1813, président de la chambre de commerce, il fut appelé, à la chute de l'Empire, le 25 avril 1814, par le gouvernement provisoire, aux fonctions de gouverneur de la Banque... Député libéral, il participa à la Révolution de Juillet en 1830 et devint président du Conseil de Louis-Philippe Ier.
Calmann-Lévy, s.d. (1899), in-8°, xi-363 pp, 3 fac-similés hors texte, broché, dos lég. fendu, bon état. Manque le portrait de Garat en frontispice
Biographie de ce Basque, chanteur admiré de Marie-Antoinette, chef des Incroyables et des Muscadins, qui traversa sans encombre tous les régimes... — "C'est, autour de ce chanteur demeuré célèbre pour son dandysme, son zézaiement, son afféterie et malgré tout sa voix si belle, une évocation intéressante des milieux qu'il a traversés, des mondes où il a vécu, depuis la cour de Versailles, où il fut le chanteur favori de Marie-Antoinette, jusqu'à l'Empire, qui le voit vieilli, mais portant beau encore. Ce Basque, fils d'un avocat de Bordeaux, chanteur et amateur de danse, était allé à Paris étudier le droit ; mais alors aussi, sous couleur d'expliquer les Pandectes poudreuses, on pratiquait d'autres occupations. Garat se lie, en effet, avec les principaux musiciens, se fait entendre dans des concerts avec un tel succès qu'il est mandé à Trianon où il chante des duos avec Marie-Antoinette, des chansons basques, comme Jélyote disait à Louis XV les airs du Béarn. D'où fureur du père, suppression des subsides : quel opprobre pour une famille de robe ! La reine obtient une pension pour Garat qui interprète Glück, fait connaître Mozart. Au milieu de ces fêtes champêtres que peignent Watteau et Pater survient la Révolution. Garat donne un instant dans les idées nouvelles pour les répudier bien vite et fréquente chez Mesdames de Beauharnais, chez Talma, va à Rouen où il se lie avec Boïeldieu, est arrêté, puis libéré et promène sa voix à Hambourg, en Hollande, en Belgique, où il ne compte plus les triomphes. L'avènement du Directoire le ramène en France : il retrouve bien vite sa réputation. On le voit assidu chez la belle Mme Tallien, une bayonnaise ; il chante dans tous les salons, accompagné par Méhul, Chérubini, à des cachets que ne connaissent pas les artistes d'aujourd'hui. Il devient l'idole de la foule, l'arbitre des élégances : on imite le zézaiement, le grasseyement, la myopie, les originales toilettes de cet Incroyable, prédécesseur des Brummel et des d'Orsay. Cette vogue se poursuit sous le Consulat et l'Empire. Il ne compte pas les succès féminins. Garat a exercé une influence considérable au Conservatoire : Fouchard, Levasseur, Roland, Nourrit furent ses élèves, ainsi que Mesdames Duret, Boulenger, Rigard, Duchamp, Hym. Il tomba tout à coup, suivit avec tristesse sa décadence et souhaita la mort qui vint le délivrer le ler mars 1823 : il avait seulement 60 ans. Le récit est piquant, instructif, évoquant des mondes fort divers et bien curieux; l'auteur n'a négligé aucune source pour que cette biographie fût très complète et il convient de le louer de tous points." (Louis Batcave, Revue des études historiques, 1901)
Plon, 1937 pt in-8°, 354 pp, biblio, broché, couv. illustrée d'un portrait de Rostoptchine, papier jauni, état correct
Biographie de Fiodor Rostoptchine (1765-1826), gouverneur de Moscou en 1812 et père de Sophie Rostopchine, dite « la comtesse de Ségur ».