8, rue Bréa
75006 Paris
France
E-mail : clio.histoire@free.fr
Phone number : 01 43 54 43 61 Hachette, 1926 in-8°, 205 pp, 8 pl. de gravures hors texte, broché, couv. très lég. salie, bon état
Biographie vivante du père de Victor Hugo, Joseph-Léopold Sigisbert Hugo (1773-1828). Les rapports officiels présentent le capitaine et le général Hugo comme un soldat actif, probe et loyal, et ses Mémoires nous montrent qu'il fut ménager de la vie de ses hommes, aimé et estimé par eux. Hugo n'a donc embelli la physionomie de son père que dans la mesure naturelle et permise à sa piété filiale. Hugo a fait de la bonté le trait dominant du caractère de son père. « Il inspirait aisément, dit-il, le dévouement, étant lui-même le dévouement et la bonté mêmes. Il suffisait de le connaître pour s'attacher à lui. Il était humain jusqu'à l'attendrissement... Sa bonté était contagieuse. » Et de cette humanité, V. Hugo nous donne la preuve en racontant comment son père fit soigner et guérir le chef des révoltés Garride, qui s'attendait à être fusillé, et comment, par son ordre, « les égorgements des prisonniers cessèrent dans la vieille Castille, et l'on s'y battit avec ce que la guerre permet d'humanité » ; les Mémoires mêmes du général Hugo témoignent à maintes reprises de ce respect qu'il eut de la vie de son ennemi désarmé. Sa pitié pour les blessés est un fait constant. Entre autres, le récit de la bataille de Sotoca relate un trait d'humanité qui n'est point sans rapport avec les sentiments que nous révèle le poème d'Après la Bataille : le combat vient de finir, le général Hugo est victorieux ; le soir tombe ; mais le vainqueur n'abandonne pas ainsi le champ de bataille : « Je fis alors rechercher si, parmi les malheureux étendus sur la terre, il s'en trouvait qui vécussent encore ; et nous en découvrîmes trois qui n'étaient pas même blessés et qui allaient être sabrés sur le champ, si je n'eusse donné l'ordre de faire des prisonniers. Un seul, parmi les autres, respirait encore... j'envoyai quelques paysans de Trillo, les uns, chercher un matelas dans le village, les autres, couper des branches d'arbres, afin de faire un brancard pour transporter ce blessé avec nous... ».
P., Flammarion, s.d. (1903), in-8°, 569 pp, une vingtaine de gravures hors texte et de dessins, dont 12 planches hors texte, index, broché, un portrait de Mellinet en couverture, dos fendu, papier jauni, bon état
Pyrénées, Vendée, Waterloo, Paris, Metz, Espagne, Algérie. — L'auteur a eu accès aux lettres du général Émile Mellinet (1798-1894) à son frère Charles, et a tiré un excellent parti de cette correspondance, qu'il nous présente sous forme de mémoires, en lui conservant son empreinte originale et son cachet autobiographique. L'ouvrage renferme un grand nombre de lettres du général Mellinet. — Table : Ses ancêtres (1691-1740) - Le conventionnel François Mellinet (1741-1793) - L'adjudant-général Anne Mellinet (1768-1807) - Débuts militaires du général Émile Mellinet (1808-1822) - En Espagne (1823-1829) - En France (1830 à 1840) - En Algérie (1841) - En Algérie (1842) - En Algérie (1843) - Appendice - Composition des régiments - Livre d'or.
Charleville-Mézières, Editions de la Société des écrivains ardennais, 1934, gr. in-8°, 107 pp, 10 portraits et illustrations sur 8 pl. hors texte, tableau généalogique de la famille du peintre, biblio, broché, bon état. Edition originale publiée dans les Cahiers Ardennais, tiré à 1000 ex. sur Vélin bouffant, tous numérotés
Jean Baptiste Couvelet (1772-1830) est un peintre miniaturiste. — I. Les origines ; II. Enfance et jeunesse ; III. L'Ecole Centrale des Ardennes ; IV. Sa vie ; V. Le peintre et ses élèves ; VI. Ses œuvres. — On ne sait pas avec certitude s'il a été ou non l'élève de Jacques-Louis David. Nommé professeur de dessin de l'École centrale de Charleville le 4 avril 1798, Couvelet mène à la fois sa carrière de peintre et de professeur, réalisant un très grand nombre de miniatures et portraits dont celui du général Morin alors directeur de la manufacture d'armes de Charleville. En 1815, il est nommé adjoint à la commission des finances de Charleville alors occupée par les troupes prussiennes. Couvelet meurt à son domicile de Mézières en 1830.
Baudouin, 1827 2 vol. in-8°, viii-395 et 320 pp, fac-similés hors texte, reliures demi-veau havane, dos lisses ornés de filets et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos abîmés avec manques, rousseurs éparses, état moyen
Tomes I et II seuls (sur 4). Bausset était préfet du palais impérial. — "Ces souvenirs abondent en anecdotes et renseignements divers..." (Tulard 99).
La Vouivre, 2001, in-8° carré, xvi-186 pp, édition traduite et annotée de Patrick Puigmal, 2 portraits de l'auteur et une carte hors texte, 4 illustrations dans le texte, index, broché, bon état
Jeune officier de hussards, Georges Beauchef participe aux guerres de l’Empire de 1805 à 1809. Il est ensuite prisonnier, s’évade à la nage, travaille jusqu’en 1812 à Messine puis Malte. Il retourne en France en 1813 et participe à la bataille de Waterloo. Refusant de servir les Bourbons, il s’exile à New-York puis en octobre 1816 rallie le Rio de la Plata. Il combat dans l’armée des Andes puis pour l’indépendance du Chili et devient colonel. Il se distingue dans la baie de Corral avant d’être, en 1822 et 1823, gouverneur de la province de Valdivia. Héritier de l’Empire, il forme à la française les troupes indiennes, noires ou hispaniques sous ses ordres, dirige l’École militaire de Santiago et s’intègre à la société chilienne. Un excellent livre sur l’histoire de ces guerres d’indépendance si mal connues en France, où les officiers français jouèrent un grand rôle.
Flammarion, 1989, in-4°, 272 pp, 241 illustrations en noir et en couleurs, chronologie, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état
La découverte de l'Egypte ancienne par les Européens et la naissance de l'égyptologie dans la première moitié du XIXe siècle à partir de l'Expédition d'Egypte. L'aventure militaire (Fernand Beaucour) ; Les savants en Egypte (Yves Laissus) ; Les conquêtes archéologiques (Chantal Orgogozo) ; La naissance de l'égyptologie (Chantal Orgogozo).
Panckoucke, 1818, 2 vol. in-8°, (8)-384-192 pp, 3 cartes dépliantes (capitainerie générale de Caracas, partie de l'Amérique du Sud, Mexique) et un portrait gravé de Thaddeus Kosciuszko hors texte, les 2 tomes reliés ensemble en un volume demi-veau glacé carmin, dos lisse orné en long, titres dorés, tranches marbrées (rel. de l'époque), petit manque de papier p. 121-122 affectant quelques lettres, sinon bel exemplaire fort bien relié à l'époque. Peu courant (Hatin, 554)
Cahiers des “Annales des faits et des sciences militaires, faisant suite aux Victoires et conquêtes des Français de 1792 à 1815” parus de janvier à juin 1818, contenant le “Précis historique de la révolution de l'Amérique espagnole, de 1808 à 1818” – ces deux volumes comprenant également le 'Précis de l'histoire de l'Art militaire' par M. de Carrion-Nisas (de Homère jusqu'à la décadence de la milice romaine) ; une analyse du Naufrage de la frégate la Méduse, par M. Parizot ; la 'Relation de l'expédition du Portugal, faite en 1807 et 1808', par le lieutenant-général Thiébault ; une Notice biographique sur le général polonais Kosciuszko, par A. Jullien ; la Relation de l'épidémie qui a régné à Mayence pendant les mois de décembre 1813 et le premier trimestre de 1814, par le docteur Laurent ; etc.
P., Paul Geuthner, 1967, gr. in-8°, 50 pp, paginé 83-132, 10 planches hors texte, broché, bon état
Editions de l'EHESS, 1987, gr. in-8°, 366 pp, index des documents, glossaire, biblio, broché, bon état (Coll. Documents et recherches sur le monde byzantin, néohellénique et balkanique)
83 ordres du divan, ou conseil impérial, presque tous inédits, ont été extraits du manuscrit E. 12321 des archives du palais Topkapi à Istanbul. Sur une période de quatre mois (de fin décembre 1544 à début avril 1545), ils présentent au jour le jour l’ensemble de l’activité de l’impressionnante machine politico-administrative de Süleyman Ier (Soliman le Magnifique) dans l’un de ses secteurs d’intérêts privilégiés : les pays roumains. Ces quatre mois si remplis deviennent ainsi l’une des périodes les mieux documentées de l’histoire des pays roumains au XVIe siècle, et l’une de celles où la véritable nature de leurs rapports complexes et pragmatiques avec le sultan se dégage le plus clairement.
Laffont, 1972 in-8°, 204 pp, 16 pl. de gravures hors texte, broché, bon état (Coll. Les Ombres de l'histoire)
1804. En quatre ans, Bonaparte est devenu le maître de la France. Mais il veut plus. La folle entreprise de quelques royalistes va lui permettre d'obtenir ce qu'il recherche : l'adhésion du plus grand nombre à un régime qui consolide l'oeuvre de la Révolution... Cadoudal, l'ancien chef de l'armée catholique et royale, vient à Paris avec l'ex-général Pichegru. Ils prennent contact avec l'un des plus prestigieux soldats de la République, le général Moreau. Le but ? Assassiner Bonaparte et, avec l'homme, faire disparaitre le régime...
PUF, 1973 in-12, 96 pp, broché, bon état (Coll. Dossiers Clio)
"Nos lecteurs connaissent la collection « dossiers Clio ». II s’agit de présenter aux étudiants, aux chercheurs et – pourquoi pas ? – au grand public, en une courte synthèse de 14 à 29 pages les interprétations que les historiens contemporains ont données d’un événement ou d’une période de l’histoire. Une deuxième partie (une cinquantaine de pages) groupe des documents caractéristiques. Une troisième partie (une vingtaine de pages) est consacrée aux extraits des historiens dont il a été question au début. Enfin une courte bibliographie d’une ou deux pages termine le volume. Jean-Paul Bertaud a rédigé dans cette série un volume sur l’Empire. Il ne pouvait être question d’examiner tous les problèmes qui se posent à son sujet. Jean-Paul Bertaud s’est borné à l’exposé de quelques grandes controverses : l’Empire est-il le legs de la Révolution ? ou a-t-il une nature totalement différente ? Est-il l’Etat des « propriétaires » ? Napoléon a-t-il voulu reconstituer les anciens « ordres » ? La guerre a-t-elle empêché la croissance économique, ou l’a-t-elle favorisée ? 28 documents sont publiés : on trouve des diagrammes (le mouvement des salaires et des fermages), des comptes (les dotations du maréchal Berthier), des statistiques (le pourcentage, par tranche d’âge des officiers subalternes, dans l’armée impériale), des textes législatifs, des documents d’archives inédits (les propos séditieux d’un curé de l’Orne, en 1811), et quelques « classiques » extraits de Chaptal, de Mme de Chastenay et de Napoléon lui-même. Dans les « points de vue », textes de Taine, Aulard, Georges Lefebvre, Marcel Reinhard, Ernest Labrousse, M. Lévy-Leboyer, François Crouzet, P. Butel, Louis Bergeron, Albert Soboul, et moi-même. Un petit volume très dense, appelé à rendre de grands services." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1973)
Editions Douin, 2010 in-8°, 78 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Réédition de l'édition de 1818
Réédition de l'édition originale de 1818, relation désormais classique de la bataille de Waterloo rédigée avec un souci d'impartialité par le général Jean-Baptiste Berton (1769-1822), qui avait commandé une brigade du corps d'Exelmans. — "Le général Berton présente une esquisse des faits tels qu’il les a vus ; et cette esquisse, bien tracée et bien raisonnée, peut servir à jeter du jour sur des points jusqu’alors obscurs ou mal éclairés. Ce qu’il a écrit sur la bataille de Waterloo se rapporte plus particulièrement aux mouvements de l’aile droite de l’armée française, dont la brigade, commandée par le général Lierlon, faisait partie." (Esprit des journaux, avril 1818) — J.-B. Breton dit Berton : général et conspirateur, né en 1769, condamné à mort par la Cour royale de Poitiers et exécuté le 5 octobre 1822. Elève des écoles de Brienne et de Châlons, il entra, en 1792, comme sous-lieutenant, dans la légion des Ardennes, et fit, avec ce corps, les campagnes de l’armée de Sambre-et-Meuse, sous Moreau, obtint le grade de capitaine, et servit successivement sous Bernadotte et Victor. Il se distingua de la manière la plus brillante à Austerlitz, dans les campagnes de Prusse, à Friedland et en Espagne. Nommé général de brigade en 1813, il assista à la bataille de Toulouse, et commanda les dragons du général Exelmans à Waterloo. Rentré à Paris après le licenciement de l’armée de la Loire, il publia ce "Précis historique de la bataille de Waterloo", qui fut cité avec de grands éloges par les journaux libéraux.
Albin Michel, 1959 in-8°, 516 pp, broché, couv. illustrée, bon état
Deuxième volume (sur 3) des mémoires du général Bertrand. — "Document capital sur les dernières années de l'empereur." (Tulard, 143) — Dans ce second volume, le Grand Maréchal Bertrand poursuit une oeuvre entreprise au lendemain du départ de Las Cases, chassé de Sainte-Hélène. Il s'y montre le témoin sincère de la Captivité, un témoin sans complaisance qui ne se préoccupe ni de plaire ni de séduire, mais de cerner la vérité d'aussi près que possible. Sténographe impavide, greffier d'histoire, il nous livre "un portrait sans retouche" de Napoléon, il enregistre "la voix même de l'homme" selon l'expression de l'historien Pierre d'Espezel et l'appréciation du regretté Louis Madelin. C'est l'Empereur déchu, peint ad vivum, avec ses manies et ses tics, son esprit taquin et mordant, ses colères et ses accès de bon sens, la médiation de ses erreurs ou de ses fautes passées, son amour passionné pour la grandeur de son pays, ses appétits hégémoniques, ses vues prophétiques sur l'avenir de l'Europe dont le souci le hante jusque dans les tourments de l'exil. Tout a été dit, semble-t-il, sur Napoléon. On s'aperçoit en analysant le second volume des Cahiers de Sainte-Hélène, qu'il restait encore beaucoup à dire sur l'oeuvre et sur l'homme, qu'il restait beaucoup de traits neufs à recueillir et maintes leçons profitables à recevoir de celui qui fut à la fois un stratège sans égal le premier capitaine du monde, mais aussi l'un des politiques les plus clairvoyants de son siècle.
Perrin, 1910, in-12, xii-455 pp, reliure demi-basane aubergine, dos à 5 nerfs soulignés à froid et fleurons dorés, pièce de titre basane havane, couvertures conservées (rel. de l'époque), bon état
La débâcle de la couleur locale. – Mirage et réalité. – L'Orient qui bouge : la plèbe, la misère, le travail. – Jeunes-Turcs. Jeunes-Egyptiens. Chrétiens et Juifs. – Nationalisme, séparatisme et révolution. – Les Ecoles. – La mêlée des Religions. – L'Orient contre l'Europe. — Par Louis Bertrand (1866-1941), romancier et essayiste, une figure de proue du nationalisme français de l’entre-deux-guerres, qui, par son radicalisme, rappelle Maurice Barrès et Charles Maurras. Professeur agrégé à Alger de 1891 à 1900. Il effectue son premier voyage en Égypte et en Grèce en 1906. Ce voyage d'une année fut entrepris pour la Revue des Deux Mondes à l'initiative de Brunetière. Louis Bertrand en rapporta ce livre où il dénonce le Mirage oriental ; dans cette « enquête au pays du Levant », il rejette l’idée de « fraternité universelle » et, au nom de la Nation, appelle à « se rebarbariser » pour pouvoir « [s’adapter] aux conditions du monde moderne, qui est, en grande partie, un monde barbare ». Une conception colonialiste associant l’altérité à une menace permanente. Voir par exemple comment il représente la ville orientale du Caire : « Nulle part au monde, pas même à Jérusalem, je n’ai respiré un pareil bouquet de puanteurs. Des effluves asphyxiants se dégagent du fleuve obstrué d’immondices et de charognes d’animaux ; le sol où l’on marche n’est qu’un dépotoir, un entassement de débris innommables que la chaleur recuit et liquéfie en des chimies invraisemblables. C’est d’une telle véhémence, d’une concentration d’arômes si nuancée, que l’odorat se pervertit et qu’à la longue on croit humer, en un prodigieux élixir, tous les fumets troublants de l’exotisme » (p. 59). — "M. Louis Bertrand, qui aime, comme on sait, à bousculer nos illusions et ne s'embarrasse pas des traditions ni des légendes, même dans les sujets les plus traditionnels et les plus légendaires, nous offre un livre tout bouillant d'images et d'idées sur le Mirage oriental. « Il y a cent ans, nous dit l'auteur, à l'époque tumultueuse et trouble du romantisme, alors que Turcs, Arabes et Japonais n'étaient guère pour nous que des sujets de pendules ou de paravents, des prétextes à poèmes byroniens et à romans exotiques, on pouvait s'amuser à décrire leurs vestiaires et ignorer leurs âmes : cela ne tirait pas à conséquence. Aujourd'hui, ces gentillesses ne sont plus de saison. On ne saurait trop connaître des gens qui, demain, peuvent être nos adversaires et qui se souviennent toujours d'avoir été nos vainqueurs »." (Ph.-Emmanuel Glaser, Le Mouvement littéraire, 1909) — "Avec un merveilleux talent d'exposition, en une langue, modèle d'élégance et de clarté françaises, M. L. Bertrand s'attache à dissiper les illusions des « lecteurs éblouis des Orientales », à dénoncer tous les mirages : mirage de la couleur locale, mirage des élites intellectuelles, mirage de la rénovation turque, mirage de la régénération islamique, mirage de la pénétration occidentale, mirage de la mission laïque ; rien n'est oublié ! Son enquête comprend tout l'Orient classique, depuis l'Égypte jusqu'à la péninsule des Balkans. L'auteur a visité le Levant à un moment particulièrement intéressant. « L'Orient se transforme et la mentalité musulmane avec lui, mais dans un sens qui n'est peut-être pas celui que nous souhaitons... période de crise, où les moeurs anciennes, entamées par les mœurs nouvelles, composent un spectacle hybride et déconcertant (p. 39) », mais la fréquentation des élites orientales ne l'a pas empêché de découvrir le fanatisme sommeillant au fond des masses populaires (p. 82) (...) Dans l'ordre intellectuel, il faut placer « les Syriens et les Grecs à peu près ex aequo. et, enfin, bon dernier, le gros Turc d'Asie » (p. 413-414)- Dans la masse musulmane, M. L. Bertrand distingue fort à propos ce qu'il appelle les élites Jeunes-Turcs et Jeunes-Egyptiens. « Il y a lutte chez eux entre la culture européenne et toute leur hérédité mentale. Quand cette culture ne leur est pas une gêne, ils s'en servent comme d'un trompe-l'œil. Leur éducation les a doués d'une double face : ils présentent l'une ou l'autre, selon qu'ils s'adressent à un coreligionnaire ou à un Occidental. Ils possèdent deux claviers intellectuels. ils changent de clavier en changeant d'auditoire. » (p. 220.) Nous demeurons en plein mirage oriental ! « Ce livre risque de mécontenter beaucoup de monde. » L'esquisse psychologique de l'âme levantine, impossible de le nier, n'est pas flatteuse pour les chrétientés orientales. Le livre ne satisfera pas davantage les musulmans. Moins que jamais les Jeunes-Turcs se montrent disposés à accueillir la critique ; les conseils les plus désintéressés leur paraissent du dénigrement, des dénis de justice. Au lieu de nous arrêter à ces récriminations, recueillons plutôt les leçons se dégageant de cette longue et fructueuse enquête. Commençons par une douloureuse constatation après un siècle de diplomatie, d'intervention en faveur des réformes et des opprimés, après les sacrifices de nos missions, en dépit de leurs œuvres de bienfaisance et d'instruction, malgré la pluie d'or déversée sur le Levant par l'épargne et la philanthropie occidentales, l'Europe, à l'heure présente, y trouverait difficilement des amis désintéressés. Avec des nuances dans la désaffection, au gré des affinités ethnographiques et religieuses, toutes ces races reconnaissent un ennemi commun « Cet ennemi, c'est nous-mêmes, nous Européens, qui, par nos entreprises industrielles, nos opérations financières, nos agiotages effrénés (auxquels d'ailleurs les Orientaux s'associent avec empressement), bouleversons sans cesse les conditions économiques de ces pays. » (p. 144-) Jeunes-Turcs et Jeunes-Égyptiens essayent de s'organiser une patrie. « Or, une patrie se fonde toujours contre quelqu'un. » (p. 166.) Cette patrie sera turque et islamique au dedans, xénophobe a l'extérieur ou elle ne sera pas ! Voici la conclusion du “Mirage oriental” : Là-bas au Levant, on est « las de notre tutelle et de notre ingérence... le monde asiatique est en proie aune sourde effervescence. Les tendances de la masse en Égypte, comme en Turquie, sont au fond plus réactionnaires que révolutionnaires. » (p. 441). Dans ces tendances réactionnaires, faites de fatalisme, de résignation confiante en la volonté de Dieu, il est permis, à la suite de M. L. Bertrand, de reconnaître un des atouts de l'Orient islamite. « Avec une pareille force de résistance, on vient à bout de toutes les épreuves, on défie les hommes et la durée. » (p. 444.) On peut attendre l'heure. « Allah est avec les patients » répète le Qoran. Et les musulmans attendent « Plus prolifiques que les Européens, ils ont une religion et une armée. Les Turcs sont, par excellence, une nation militaire. » A cette nation militaire, il manque encore un corps d'officiers. Cette lacune, nous travaillons à la combler : Nous recommençons toutes les folies de l'Empire romain à la veille des invasions. Nous initions les Barbares à notre tactique, nous leurs vendons nos armes, nous leur montrons à s'en servir. Ces gens qui ne connaissent ni nos scrupules, ni nos lassitudes, ni nos névroses, dont les âmes nous sont fermées, dont les pensées sont à mille lieues des nôtres, ces apprentis de la guerre moderne se chargent de nous enseigner un peu de psychologie. Il faut que nous-mêmes, tout en restant des intellectuels, nous redevenions capables d'agir comme des Barbares, si nous ne voulons pas être mangés par les Barbares. (p. 448). Si, après ces avertissements, le mirage oriental continue à nous amuser, on n'en pourra rendre responsable le courageux écrivain. Son livre nous paraît un des plus méritants consacrés à la matière en cette dernière décade." (Henri Lammens, Revue Etudes, 1910)
Plon, 1949, in-8°, v-289 pp, 4 gravures hors texte (portraits de Georges Cadoudal, du général Pichegru, de Bonaparte en 1802, et une aquarelle de la réunion des conjurés à la ferme de la Poterie en 1804), broché, couv. illustrée d'un portrait de Bonaparte jeune lég. salie, envoi a.s.
"Dans ce nouveau livre, P. Bessand-Massenet montre coment, dans un pays tiraillé entre les partis, épuisé par les expériences idéologiques, Bonaparte réussit à mettre un terme à la guerre civile, à restaurer « l'unité de la famille française ». On devine les rapprochements passionnants que cette époque suggère sans cesse avec la nôtre ! L'auteur s'est abstenu de les souligner lui-même, mais les analogies abondent..." (C. Melchior-Bonnet) — "Le respect stendhalien que M. Bessand-Massenet porte aux « petits faits vrais » l'incite, lui aussi, à ne négliger aucun détail significatif, mais cette documentation si précieuse et rare nous est livrée sans le moindre pédantisme. Chez M. Bessand-Massenet, l'art efface le travail..." (A. Fraigneau) — Par Pierre Bessand-Massenet (1899-1985), fils de Léon Alloend-Bessand et de Juliette Massenet. En 1921, par un décret du Conseil d’Etat, il est autorisé à prendre le nom de Bessand-Massenet, car il descend, par sa mère, du compositeur Jules Massenet (1842-1912). Après des études de lettres, il entreprend, dès 1920, ses premières recherches historiques sur la période révolutionnaire aux Archives nationales ou départementales. De 1926 à 1939, il devient l’un des collaborateurs des éditions Grasset pour les livres d’histoire, puis administrateur des éditions Plon et créateur avec Maurice Bourdel (propriétaire de Plon) des éditions La Palatine, qu’il dirige jusqu’en 1972. Ancien élève de Théodore Gosselin, dit G. Lenôtre (1857-1935), et plus tard collaborateur du célèbre historien, il contribue à la parution chez Grasset, de 1932 à 1939, dans la collection La Petite Histoire, de recueils d’articles publiés par G. Lenôtre. Il est l’éditeur scientifique de Trois siècles d’histoire de France, chez Perrin en 1977. Pierre Bessand-Massenet est surtout connu par ses ouvrages consacrés à la Révolution française. Il s’est notamment spécialisé sur la période post-thermidorienne : Le chemin de César (prix Femina d’histoire pour le premier tome et prix Gobert de l’Académie française pour le second) ; Robespierre ; Le 18 brumaire ; Quand la France attendait Bonaparte ; etc.
P., Dentu, 1868, in-8°, (4)-422 pp, deuxième édition, reliure demi-chagrin rouge, dos à 5 nerfs filetés orné de fleurons dorés, titres dorés, tête dorée (rel. de l'époque), bon état
Tome II seul (sur 2) : les derniers temps de l'Empire (1813), puis le ralliement aux Bourbons, avant d'être ministre de l'Intérieur puis de la Marine sous la première Restauration et enfin député à la Chambre introuvable où il s'opposa aux Ultras. "Source d'un grand intérêt pour l'histoire de la première Restauration et pour les années 1814-1817." (Tulard, 148 ; Bertier, 114)
Hachette, 1894, in-4°, viii-272 pp, 24 planches hors texte en couleurs, en-têtes et culs-de-lampe gravés par MM. Rougeron et Vignerot, d'après les aquarelles de MM. Alfred Pavis, Le Blant, Delort et Maurice Orange, la couverture et les 4 frontispices ont été exécutés par les mêmes graveurs, d’après les compositions et les aquarelles de M. A. Giraldon, reliure demi-veau blond à coins, dos lisse orné d'un fleuron doré, pièce de titre bleu-nuit, , plats de percaline bleu-nuit ornés d'un décor doré et polychrome, titre doré dans un cartouche rouge, tête dorée, gardes peignées, charnières intérieures renforcées, couvertures papier illustrées en couleurs (reliure de l’éditeur), imprimé sur papier couché, bon état. Edition originale
Belle édition illustrée. “D’après les mémoires du Cannonier Bricard, du Maréchal Bugeaud, du Capitaine Coignet, d’Amédée Delorme, du Timonier Ducor, du Général Ducrot, de Maurice Dupin, du lieutenant général Duc de Fezenzac, du Sergent Fricasse, de l’Abbé Lanusse, du Général de Marbot, du Maréchal Marmont duc de Raguse, de Charles Mismer, du Colonel de Montagnac, de Napoléon Ier, du Maréchal de Saint-Arnaud, du Comte Philippe de Ségur, du Général de Sonis, du Colonel Vigo-Roussillon.”
P., Bloud & Barral, s.d. (1897), in-8°, 416 pp, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées, bel exemplaire
"Un ouvrage où les Historiens de la Révolution et de l'Empire les plus récents ont chacun un chapitre, dont la réunion forme un gros livre très attrayant." (La Province du Maine) — Table : M. l'abbé Augustin Sicard ; Le patriote Palloy ; Paris révolutionnaire ; Le vrai chevalier de Maison-Rouge ; Le baron de Batz ; Le centenaire de Cathelineau ; Georges Cadoudal et la chouannerie ; Le baron de Cormatin ; Le 18 Fructidor ; Un historien du Directoire ; Quiberon ; Le capitaine La Tour d'Auvergne ; L'œuvre scolaire de la Révolution ; Une conspiration sous le Consulat ; Émigrés et Chouans ; Les complots militaires sous le Consulat et l'Empire ; Eugène de Beauharnais ; La vie en France sous le Premier Empire.
P., Bloud & Barral, s.d. (v. 1880), in-8°, 416 pp, 4e édition, broché, dos brisé recollé, état correct
"Un ouvrage où les Historiens de la Révolution et de l'Empire les plus récents ont chacun un chapitre, dont la réunion forme un gros livre très attrayant." (La Province du Maine) — Table : M. l'abbé Augustin Sicard ; Le patriote Palloy ; Paris révolutionnaire ; Le vrai chevalier de Maison-Rouge ; Le baron de Batz ; Le centenaire de Cathelineau ; Georges Cadoudal et la chouannerie ; Le baron de Cormatin ; Le 18 Fructidor ; Un historien du Directoire ; Quiberon ; Le capitaine La Tour d'Auvergne ; L'œuvre scolaire de la Révolution ; Une conspiration sous le Consulat ; Émigrés et Chouans ; Les complots militaires sous le Consulat et l'Empire ; Eugène de Beauharnais ; La vie en France sous le Premier Empire.
Le Meilleur Livre d'Histoire, 1961, gr. in-12, 286 pp, nombreuses gravures, reliure toile éditeur, numéroté
Honoré Champion, 2000 gr. in-8°, 427 pp, préface de Daniel Robert, annexes, biblio, index, reliure cartonnée de l'éditeur, bon état (Coll. Vie des Huguenots)
Benjamin-Sigismond Frossard (1754-1830), par sa formation à la prestigieuse académie de Genève, par ses goûts, ses tendances philosophiques et ses engagements politiques, est véritablement un « homme des Lumières ». Sa carrière comporte plusieurs points forts. À Lyon, où il est pasteur depuis 1777, il se fait de nombreuses relations : Brissot, les Roland – mais il est aussi membre de la prestigieuse Société royale d'Agriculture. L'université d'Oxford lui décerne le Doctorat honoris causa. Il publie en 1789 “La Cause des esclaves nègres”, qui reste, en langue française, l'ouvrage le plus important et le plus complet contre la traite et l'esclavage. À Lyon, il joue, la Révolution venue, un rôle non négligeable dans l'administration de la ville, puis du département, en particulier pour réorganiser l'instruction publique. En 1802, à Paris, il est un des rédacteurs du mémoire dont l'administration impériale fera la base de la loi de 1802 organisant les cultes réformés. En 1809, il est chargé de créer, de toutes pièces, la Faculté protestante de théologie à Montauban décidée par l'Empereur et, nommé doyen, il s'acquitte de cette mission en dépit de nombreuses difficultés. Le protestantisme français lui doit beaucoup. Outre La Cause des esclaves, il a laissé de nombreux écrits et des traductions (Hugh Blair, Wilberforce) ainsi que ses cours à Montauban (celui de morale évangélique reflète ses tendances philosophiques), dont il est rendu compte. Robert Blanc, qui nous donne cette première biographie de B.-S. Frossard, dont il est le descendant direct, a pu notamment disposer d'un fonds important d'archives familiales. Préface du professeur Daniel Robert, professeur émérite à l'École des Sciences sociales.
P., Louis-Michaud, 1910 pt in-8°, 192 pp, 36 gravures dans le texte et à pleine page, broché, couv. illustrée, état correct
"Blayney fut capturé à Cadix en juillet 1810 par un détachement du corps de Sébastiani. Il traversa comme captif toute l'Espagne (c'est l'objet du premier volume), puis se rendit de Saint-Jean-de-Luz à Verdun en passant par Paris. On lira avec curiosité le chapitre relatif à l'internement à Verdun et celui consacré à l'invasion de 1814." (Tulard 168)
Laffont, 1979 gr. in-8°, 585 pp, 50 gravures d'époque sur 24 planches hors texte, 14 cartes sur 12 pl. hors texte, chronologie, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état
« Le Tondu, disaient-ils, gagne ses guerres avec nos jambes. » Et ils marchaient et, harassés, ils combattaient et longtemps ils volèrent de victoire en victoire, râlant, pillant, massacrés et massacrant, acclamés et détestés, héros et martyrs, fascinés par le génie d'un homme qui savait les rejeter en avant au mépris de la mort. Jusqu'à Moscou, jusqu'à la terrible retraite et jusqu'à Waterloo, où s'accomplit le destin... Jamais comme dans ce livre on ne nous avait fait partager la vie de ces hommes levés dans l'Europe entière : la Grande Armée, dans son odeur forte et dans sa brutalité, dans sa misère ; dans son courage et dans sa gloire...
Plon, 1907, 3 vol. in-8°, xxxv-505, 434 et 448 pp, 2 portraits de la comtesse de Boigne en frontispices, pièces justificatives, reliures demi-percaline verte, dos lisses, pièces de titre basane havane, fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), dos lég. frottés, bon état (Tulard, 173 ; Bertier, 131)
Tomes 1, 2 et 3 seuls (sur 4) : Tome 1 : 1781-1814 ; Tome 2 : 1815-1819 ; Tome 3 : 1820-1830. Fragments. — Manque le dernier tome qui concerne la période 1831-1866. — «Seul le tome 1 intéresse l’Empire. Il est particulièrement riche en anecdotes sur l’opposition royaliste. » (Tulard, 173) — «Commencés en 1835 et tenus ensuite au jour le jour, ces mémoires intéressent la Restauration pour les vol. 2 et 3. Trait d’union entre la société impériale et les milieux liés à l’émigration, la comtesse de Boigne a joué un rôle non négligeable en 1814. Elle a ensuite suivi son père, ambassadeur, à Turin et à Londres, avant de se fixer définitivement en France. Après la Révolution de Juillet, elle a mis toute son influence au service du nouveau régime. Du fait de sa liaison intime avec Pasquier, elle a pu connaître bien des choses.» (Bertier, 131).
Plon, 1908, 4 vol. in-8°, xxxv-505, 434, 448 et 547 pp, 3 portraits en frontispice, un fac-similé recto-verso, pièces justificatives, index, reliures demi-basane noire, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres, tomaisons et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos lég. abîmés, mque la partie sup. du dos du tome 1, sinon bon état
Complet. Tome 1 : 1781-1814 ; Tome 2 : 1815-1819 ; Tome 3 : 1820-1830 ; Tome 4 : 1831-1866. Fragments. «Seul le tome I intéresse l’Empire. Il est particulièrement riche en anecdotes sur l’opposition royaliste (portraits de Mme Récamier, de Mme de Chevreuse, d'Alexis de Noailles, de Chateaubriand). Quelques détails peu connus sur le mécontentement suscité par les gardes d'honneur et la conscription. Mais on ne perdra pas de vue qu'il s'agit de l'œuvre d'un adversaire de l'Empire.» (Tulard, 173). Texte également capital pour l'Emigration (Fierro, 169), et, d'une façon générale, pour la Restauration : «Commencés en 1835 et tenus ensuite au jour le jour, ces mémoires intéressent la Restauration pour les vol. 2 et 3. Trait d’union entre la société impériale et les milieux liés à l’émigration, la comtesse de Boigne a joué un rôle non négligeable en 1814. Elle a ensuite suivi son père, ambassadeur, à Turin et à Londres, avant de se fixer définitivement en France. Après la Révolution de Juillet, elle a mis toute son influence au service du nouveau régime. Du fait de sa liaison intime avec Pasquier, elle a pu connaître bien des choses.» (Bertier, 131).