8, rue Bréa
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France
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Phone number : 01 43 54 43 61 P., Dumaine, 1867, in-8°, 379 pp, 14 planches hors texte dont un fac-similé dépliant, 3 cartes dépliantes in-fine, reliure demi-basane vert bouteille, dos lisse, titres et filets dorés (rel. de l'époque), rousseurs, mors en partie fendus, état correct. Edition originale rare, enrichie d'un envoi a.s.
Par le général Fay (1827-1903), Chef d'escadron d'état-major, ancien aide de camp du maréchal Bosquet. Issu de l'école militaire de Saint-Cyr, sous-lieutenant en 1847, lieutenant en 1850, il servit en Algérie. Capitaine en 1853, il participa à la guerre de Crimée et se distingua aux batailles de l'Alma (20 septembre 1854), d'Inkerman (5 novembre 1854) et du Mamelon Vert (7 juin 1855). Lieutenant-colonel en 1870, colonel en 1874, général de brigade en 1879, il fut promu général de division en 1885.
P.-Nancy, Berger-Levrault, 1889 gr. in-8°, vi-404 pp, 5e édition, revue et augmentée, une grande carte dépliante des environs de Metz hors texte, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs pointillés soulignés à froid, titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire
Armand Colin, 1972, gr. in-8°, 458 pp, biblio, index, broché, bon état
"... M. Fayolle attribue à Sainte-Beuve un rôle déterminant « dans l'élaboration d'une certaine image de la littérature française » ; il se propose donc de détruire un mythe, de montrer que le soi-disant « naturaliste des esprits », en dépit de ses prétentions à une méthode objective, a en fait assumé « une magistrature sociale » (p. 13). C'est un « Sainte-Beuve homme d'ordre » qu'il présente, en examinant les articles que le lundiste a fournis au Constitutionnel d'octobre 1849 à décembre 1852 et qui attestent une curieuse convergence d'intentions plus politiques que littéraires. (...) La thèse est brillante, d'une verve salubre, admirablement construite, écrite avec l'élégance et le don de la formule qui caractérisent le professeur passionné qu'est Roger Fayolle..." (Jean Gaulmier, Revue d'Histoire littéraire de la France) — Table : Comment Sainte-Beuve définit sa méthode avant les « Lundis ». – Comment Sainte-Beuve, critique, conçoit son rôle social. – Portraits de femmes du XVIIIe siècle : Madame Du Deffand, madame de la Tour-Franqueville et Rousseau, Mlle de Lespinasse, Mme d'Epinay et Rousseau, Mme de Grafigny et Voltaire, Mme du Châtelet et Voltaire, Mme Geoffrin, etc. – Portraits de révolutionnaires de 1789 : Barnave, Camille Desmoulins, Mirabeau, Sieyès, Saint-Just, etc.
Genève, H. Georg, 1887, in-8°, viii-336 pp, un portrait de James Fazy en frontispice, reliure pleine percaline bleue à la bradel, dos lisse, pièce de titre basane havane, fleuron, date et double filet dorés en queue (rel. de l'époque), bon état
La seule biographie conséquente sur James Fazy, écrite par son neveu et légérement hagiographique. James Fazy (1794-1878) est un homme politique suisse, fondateur du Parti radical genevois. Il débuta dans le bureau d'un agent de change, passa de là dans le journalisme, fut, en 1830, un des rédacteurs et des signataires de la protestation qui donna à Paris le signal de la Révolution de Juillet, continua dans le journal La Tribune une opposition républicaine qui lui attira plusieurs condamnations, et échappa à la captivité par l'intervention bienveillante de Casimir Périer qui, sur son engagement de quitter la France, lui fit accorder la remise des peines encourues. C'était donner en même temps un organisateur et un chef à l'opposition à Genève où il rentra après un séjour en Angleterre... Rentré à Genève en 1833, Fazy ne sera élu à la Constituante qu'en décembre 1841 et n'entrera au Grand Conseil qu'en 1842. Mais il n'a pas attendu son élection pour jouer un rôle important dans la lutte politique où il s'est jeté dès son retour...
New York, Chelsea House Publishers, 1990, gr. in-8° carré, 112 pp, 48 gravures et photos, 2 cartes, 8 pages de photos en couleurs sur la potterie, biblio, glossaire, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Indian of North America). Texte en anglais
Les tribus Powhatan comprenaient environ 30 groupes d'Indiens (dans ce qui est aujourd'hui la Virginie) sous la domination du chef Powhatan à la fin des années 1500. Ces peuples avaient des sociétés similaires, dans lesquelles les femmes cultivaient les champs et les hommes chassaient, pêchaient et parfois faisaient la guerre aux ennemis proches. Alors que Powhatan consolidait son pouvoir, les colons britanniques commencèrent à arriver dans leur territoire. En 1607, ces nouveaux venus fondèrent la première colonie britannique permanente d'Amérique du Nord, Jamestown. Dans les premières années de Jamestown, le peuple Powhatan et les Virginiens coexistaient pacifiquement. La fille du chef Powhatan, Pocahontas, devint même célèbre en Angleterre pour avoir prétendument sauvé la vie du leader colonial John Smith. Mais au fur et à mesure que la Virginie grandissait, les colons commencèrent à prendre les terres des Indiens par la force...
P., Editions Cercle d'Art et Centre de diffusion du livre et de la presse, 1970, gr. in-4°, 311 pp, abondante et très riche iconographie (caricatures, photos, fac-similés) : très nombreuses illustrations en noir et en couleurs, reliure toile rouge de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état
Ce livre veut donner à voir ce que fut la Commune, à l'aide de documents iconographiques pour la plupart inédits. Outre de très nombreuses gravures, ces documents sont en premier lieu des autographes de militants de la Commune, lettres, poèmes, mais aussi les brouillons de discours, notes, papiers officiels que les membres de cet état que fut la Commune devaient à tous les échelons remplir, pour faire vivre une ville de près de 2.000.000 d'habitants...
PUF, 1963, in-8°, 207 pp, biblio, index, broché, couv. salie, état correct (Publications de la faculté des lettres et sciences humaines de Paris, série "Recherches", Tome VIII), envoi a.s.
La vie intellectuelle danoise au XIXe siècle. Il est difficile de nier l’importance de l’oeuvre critique de Georg Brandes (1842-1927) dans le monde littéraire et culturel danois et scandinave, voire européen, vers la fin du XIXe siècle. Ami, et parfois ennemi, des plus grands auteurs scandinaves, de Bjørnstjerne Bjørnson et Henrik Ibsen à August Strindberg en passant par J. P. Jacobsen — et initiateur de l’étude des philosophes Søren Kierkegaard et Friedrich Nietzsche —, le travail de Brandes influença toute une génération d’artistes et d’intellectuels.
Tallandier, 1986, in-8°, 294 pp, broché, couv. illustrée, bon état
En décembre 1849, le tsar Nicolas Ier, qui voulait décourager ses opposants, organisa le procès truqué, puis la fausse exécution du groupe Pétrachevski. Fiodor Dostoïevski en faisait partie. Il n’oublia jamais cette épreuve ni les quatre ans passés dans les bagnes du tsar, sous l’uniforme gris et noir, les fers aux pieds, parmi les voleurs et les assassins. Hôtes involontaires du système pénitentiaire russe, tel Dostoïevski, ou poussé par la curiosité comme Tchékhov (qui enquêta sur le bagne de l’île de Sakhaline), les écrivains russes – comme au XXe siècle Soljenitsyne ou Zinoviev – ont informé l’Occident sur son existence et sa nature. En France aussi, le XIXe siècle a vu se créer des bagnes colonisateurs. Mais, annonçant peut-être l’Archipel du Goulag, le bagne sibérien est devenu le symbole de la répression organisée par un régime autoritaire contre les intellectuels. Jocelyne Fenner brosse ici un tableau précis et vivant du système pénitentiaire de la Russie des Tsars entre 1825 et 1905. Des polices illettrées et corrompues, une justice archaïque et un arsenal de peines allant du knout à la déportation et au bagne, voilà en quoi consistait la machine judiciaire russe. Après un voyage qui pouvait durer 18 mois, les exilés, forçats ou déportés gagnaient leur lieu d’assignation : le bagne cerné de palissades ou de ! miradors pour les uns, pour les autres un village sibérien où ils s’installaient, tant bien que mal. Les conditions d’existence de ces exilés sont encore mal connues et réservent des surprises au lecteur. Jocelyne Fenner a dépouillé des archives, des correspondances, des récits de voyage : elle amorce ici la découverte d’une Russie qui n’a pas fini de fasciner et d’étonner.
Rennes, Ouest-France, 1989, gr. in-8°, 287 pp, qqs photos et gravures, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
"Jocelyne Fenner a réalisé une étude vivante, agréable à lire, qui sacrifie souvent à l'anecdote, sur un sujet difficile et dramatique. D'emblée, l'auteur esquisse à larges traits une toile de fond de l'histoire de la Russie de 1855 à 1914, ponctuée d'attentats terroristes qui ont porté atteinte au prestige de l'Etat et provoqué la stupeur dans les capitales européennes. La « Narodnaïa Volia », dont l'idéologie et les actes seront relayés en 1900 par les socialistes-révolutionnaires, se présente comme un bras justicier armé de bombes pour abattre le régime tsariste et comme un vecteur puissant pour répandre l'Idée russe de révolution dans un pays où le respect des institutions se pare d'un caractère religieux. Et les portraits de Catherine Brechkovskaïa, Boris Savinkov, Sophie Perovskaïa, Andreï Jeliabov, Vera Figner, Stepniak Kaliaev, Gerchouni, et surtout de l'agent double Azev éclairent une société civile marginale... Après la dissolution de la terrible IIIe Section de la Chancellerie secrète de S.M. l'Empereur en mars 1880, l'Okhrana pourchasse les terroristes dans l'Empire de Russie et à l'étranger, à Genève, Zurich, Paris surtout avec le concours de la police française qui privilégie le renseignement, alors que le cabinet noir en Russie surveille les correspondances. Le terroriste traqué, sans domicile fixe, qui a cependant besoin de papiers d'identité et de respectabilité pour trouver à se loger « dans des appartements conspiratifs », survit au jour le jour, et toute erreur entraîne l'arrestation et le départ vers les neiges silencieuses de la Sibérie..." (Sylvain Bensidoun, Revue Historique, 1990)
Plon-Nourrit, 1903, gr. in-8°, xvi-547 pp, un portrait en frontispice, reliure demi-toile verte, dos lisse orné d'un fleuron doré, pièce de titre basane brune, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état, envoi a.s.
Nouméa, Editions Sudocéan, 2017, in-8°, 283 pp, cartes et plans, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
L'histoire du bagne français ; L'histoire du bagne de Nouvelle-Calédonie ; Un bagnard bien secret ; L'héritage parisien ; L'enquête parisienne ; Le trésor bagnard ; La condamnation aux travaux forcés ; La conduite vers le bagne calédonien ; Le sort des bagnards calédoniens ; Une évasion réussie ; L'oeuvre des bagnards ; Bibliographie. — L’univers du bagne apparaît de nos jours comme un monde irréel, tant il semble inimaginable que des hommes aient pu subir un tel sort, dans les conditions particulières que l’on peut imaginer. Ce n’était pourtant, à l’époque, à partir de 1748, que la « peine logique » infligée à ceux qui enfreignaient la Loi. La présence de ces « indésirables », concentrés dans les centres de Brest et de Toulon, étant susceptible de déranger l’opinion publique, il fut décidé de s’en débarrasser en les transférant dans les colonies de Guyane, à partir de 1852, et de Nouvelle-Calédonie, à partir de 1864. Il s’agissait en même temps d’utiliser cette disposition, pour imposer le peuplement de ces pays par l’implantation contrainte de colons français. Le personnage principal de notre histoire, condamné aux travaux forcés pour un vol, vivra ce terrible drame en Nouvelle-Calédonie, où il affrontera les affres de sa condition de forçat avec patience et résignation. L’aventure et les faits des plus inattendus auxquels il devra faire face le feront surnommer « Roussette », du nom d’une chauve-souris locale endémique. Enfin, le destin le conduira à survivre à cette épreuve, et à choisir de s’installer définitivement dans ce pays pour y fonder une famille. Devenu, un « pionnier », pour sa participation à la construction de cette colonie des « antipodes », il léguera à ses descendants, comme nombre de bagnards, un passé exceptionnel, dont ils revendiqueront l’héritage avec fierté. (4e de couverture)
Hachette, 1889, in-12, viii-362 pp, reliure demi-percaline anthracite, dos lisse, pièce de titre basane noire, fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), qqs pâles rousseurs, bon état
Thomas Ferneuil est l’un des pseudonymes qu’utilise Fernand Samazeuilh (1845-1921), banquier bordelais et très actif président de la Société des Amis de l’Université de Bordeaux. — "Qu’on le regrette ou non, la Révolution française, d’objet de foi qu’elle était, devient de plus eil plus un objet de science. La doctrine révolutionnaire ne nous apparaît plus comme un évangile impeccable ni comme un tissu de monstrueuses aberrations, mais nous nous habituons peu à peu à n’y voir qu’un fait social de la plus haute importance, dont nous cherchons à connaître les origines et la portée. Les temps commencent à être mûrs pour une étude objective et impartiale de cette histoire. Le très intéressant livre que vient de nous donner M. Ferneuil est une nouvelle et importante manifestation de cet état d’esprit. La question que s’est posée M. Ferneuil n’est pas de celles que l’on peut résoudre d’un mot, car les principes de 89 peuvent être considérés sous des aspects très différents. Ils sont un événement historique, un fait politique, en même temps qu’une théorie scientifique de la société. Oubliez les conditions sociales dans lesquelles ils se sont produits pour les considérer en eux-mêmes, et vous n’y verrez qu’une suite de propositions abstraites, définitions, axiomes, théorèmes, qui se présentent comme le résumé d’une science définitive : c’est une sorte de bréviaire de sociologie, du moins d’une certaine sociologie. Mais replacez-les dans leur milieu historique, et le point de vue change. Les hommes de la Révolution n’étaient pas des savants qui imaginaient un système dans le silence du cabinet, mais des hommes d’action qui se croyaient appelés à reconstruire la société sur des bases nouvelles ; et il est trop clair qu’une pareille reconstruction ne pouvait pas se faire d’après une méthode scientifique. En réalité ce sont les besoins, les aspirations de toute sorte dont était travaillée la société française qui ont guidé les hommes d’État de l’époque et déterminé les grandes lignes de l’œuvre à la fois destructive et réparatrice qu’ils avaient entreprise. Les fameux principes ne font qu’exprimer ces tendances, bien plutôt que les rapports réels des choses..." (Émile Durkheim, Revue internationale de l'enseignement, 1890) — "D'autres ont jugé, et jugé sévèrement, les principes de 1789 à lumière de l'histoire ; après M. Taine, ce point de vue est épuisé. M. Ferneuil entreprend de les critiquer à la lumière d'une science embryonnaire, la sociologie. Aux solutions des problèmes sociaux dogmatisées par nos aïeux révolutionnaires, il oppose celles que préconisent nos contemporains évolutionnistes. Comme on le voit, sa critique n'est pas seulement négative, elle ne se borne pas à démolir, elle reconstruit et d'ailleurs, jamais haineuse ni passionnée, elle ne s'inspire d'aucun esprit de parti... Le livre que nous venons d'apprécier est intéressant, instructif et opportun, et digne assurément d'être recommandé aux lecteurs de la “Revue”." (Gabriel Tarde, Revue Philosophique de la France et de l'Étranger, 1889) — "... « Les droits garantis aux citoyens sont contenus dans cette formule fameuse : les principes de 1789 », ces principes de 1789 « ne sont pas autre chose, considérés en eux-mêmes, que l'expression de la justice dans l'organistion politique et sociale » (Aucoc, 1878). Pouvaient s'établir ainsi, à partir des déclarations des droits, maintes constructions déductives se réclamant des sciences politiques ou sociales. C'est le cas de “Les principes de 1789 et la science sociale” dans lequel Th. Ferneuil parcourt tous les chapitres de la science sociale avant de dire son mot sur le droit politique (suffrage universel, système représentatif, nature et distinction des pouvoirs) et ce qu'il dit être le droit privé( il y rattache les questions du collectivisme et du socialisme)." (Pierre Favre, “La constitution d'une science du politique”, Revue française de science politique, 1983)
Hachette, 1933, gr. in-8°, xii-736 pp, biblio, index, broché, bon état, envoi a.s.
"M. Ferran consacre un gros volume de 732 pages à l'Esthétique du poète, « bréviaire poétique du siècle » comme dit l'auteur. Cet ouvrage est un monument tout à l'honneur de la science française : le scrupule de la documentation y est presque excessif : il s'ensuit que du point de vue analytique, ce livre est définitif. Grâce à M. Ferran des gazettes et d'autres documents d'un accès difficile nous restituent l'atmosphère des articles de Baudelaire ; les citations courtes et longues se multiplient, les noms se suivent en rangs serrés, tous les grands et les menus faits de la vie artistique sont rappelés : une fresque imposante se déroule, fouillée jusque dans les moindres détails : avec une conscience, une patience, une minutie admirables se reconstitue la pensée de Baudelaire se développant dans son milieu naturel. Certes, Baudelaire n'est pas un philosophe, mais ses articles pleins de remarques pénétrantes touchent à toutes les grandes questions de l'esthétique et les éclairent parfois d'un éclat singulier : ne signalons, pour commencer, que les idées sur la forme artistique, les caractères du beau et du comique, le mystère de la création, le sens métaphysique de l'art. L'œuvre de M. Ferran est une mine de documents et de références. Cent cinquante pages d'excellentes tables facilitent l'accès. Le plan suivi est simple. Première partie : l'auteur suggère l'atmosphère générale de l'époque et synthétise l'esthétique du poète à ses débuts : c'est ici que nous trouvons l'analyse des meilleures pages de Baudelaire sur la peinture qui résument, croyons-nous, toute son esthétique. La deuxième partie, la plus importante, met Baudelaire en face des grands auteurs dont il a subi l'influence : ce sont, comme on sait, Edgar Poe, Eugène Delacroix, Richard Wagner. M. Ferran défend la thèse que ces grands artistes ont amené Baudelaire à se découvrir plus qu'ils ne l'ont transformé. Leur influence serait plus révélatrice que créatrice. En toute hypothèse, elle est réelle et profonde..." (E. De Bruyne, Revue Philosophique de Louvain, 1936)
P., Charpentier, 1879, in-12, xii-347 pp, huitième édition, C. de bibl., modeste reliure pleine toile écrue, dos lisse, pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), rousseurs éparses, reliure lég. salie, état correct
L'auteur (de son vrai nom Louis de Bellemare) voyagea longtemps aux Etats-Unis et au Mexique. Né à Grenoble en 1809, Gabriel Ferry se rend en effet au Mexique en 1830 pour affaires commerciales. Il reste pendant dix ans dans ce pays, avant de retourner en France en 1840. Ce voyage le marque profondément, et va lui servir de source pour la plupart de ses écrits. Il publia dans la “Revue des Deux-Mondes” d'intéressantes études sur ce qu'il avait observé ainsi que des oeuvres d'imagination. S'appuyant sur ses connaissances du pays, et extrapolant à partir d'anecdotes qu'il a entendu conter, il privilégie le cadre du Nord du Mexique et du Sonora, développant une véritable mythologie du Sud des Etats-Unis, qui restera longtemps en France le modèle privilégié de représentation de l'Ouest, et nourrira les rêves de conquêtes français sous Napoléon III... A la fin de 1851, Louis Bonaparte l'envoya d'ailleurs à San-Francisco avec la mission de veiller aux besoins des émigrants français qui allaient chercher fortune en Californie. Ce fut pendant ce voyage qu'il périt en mer sur l'Amazone, consumé par un incendie le 5 janvier 1852. (Larousse du XIXe, t .16, p. 813). Ses ouvrages furent publiés en volume, après sa mort.
dans la Revue de Paris, 1897, gr. in-8°, 23 pp, broché, bon état
Cette étude écrite en 1890 et restée inachevé était destinée à la “North American Review”. — On trouve dans ce même numéro du 1er juillet 1897. – Les déracinés, 4e partie (Maurice Barrés) ; Le dernier amour de Lope de Vega (Gustave Reynier) ; Poésies (Edmond Rostand) ; Le Mouvement agraire en France (Léopold Mabilleau, 29 pp) ; Lettres d'une amoureuse, 1ère partie (Brada) ; Madame Cornu et Napoléon III (entretien avec Mme Cornu au sujet de Napoléon III par l'économiste anglais Nassau-W. Senior, présenté et traduit par Eugène d'Eichtal, 17 pp) ; Le théâtre populaire (Maurice Pottecher).
Calmann-Lévy, s.d. (1914), fort in-8°, viii-591 pp, un portrait en frontispice, et 2 planches hors texte, index, broché, couv. lég. abîmée, dos abîmé recollé, état correct
"Jules Ferry a laissé une très copieuse correspondance à peu près inédite. On vient d'en extraire un peu plus de 250 lettres, réparties sur toute la durée de sa vie politique. Elles sont publiées presque sans notes, mais avec un bon index. Peu de lettres se rapportent aux grandes affaires, à la politique étrangère ou coloniale, aux lois scolaires, etc. La lutte contre le boulangisme apparaît mieux et il y a, dans les lettres des dernières années, des morceaux importants (sur les affaires tunisiennes, les lois électorales, les syndicats d'instituteurs). Ce qui intéressera et plaira davantage, ce sont les lettres où Ferry, éloigné de la vie publique pour plus ou moins longtemps, par exemple lors de sa mission à Athènes en 1872, ou pendant des voyages et des séjours à la campagne, surtout après 1887, révèle par des descriptions ou des récits familiers une sensibilité profonde et un sens très vif de l'observation exercée sur lui-même (voir, p. 499, une lettre à sa femme relatant le succès d'un de ses discours) ou sur les autres (voir, p. 506, le très joli récit d'une fête à l'Opéra en l'honneur du shah de Perse). Cela donne des éléments de premier ordre aux historiens pour juger l'homme, à défaut de l'orateur ou du ministre, que d'autres volumes sans doute feront mieux connaître plus tard." (Raymond Guyot, Revue historique, 1917)
Bloud, 1906, gr. in-8°, xiii-460 pp,
Presses de Valmy, 1997, in-8°, 281 pp, préface de Jean-Marc Varaut, un portrait en frontispice et une planche hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (ouvrage couronnée par l'Académie des Sciences Morales et Politiques, Prix Adrien Duvand 2000)
Ce livre, témoignage exceptionnel d'une carrière de magistrat à cette époque sensible que fut la première moitié du 19e siècle, vient confirmer le trouble, les polémiques et les difficiles relations qui ont toujours régnées entre le pouvoir exécutif et le "pouvoir judiciaire". André de Feuilhade de Chauvin, magistrat du Parquet, monarchiste de coeur mais libéral de raison, s'efforça sans relâche, malgré les pressions et les intrigues diverses de conjuger ses convictions et sa rigueur personnelles avec un loyalisme sans faille à l'égard des régimes établis. Un document précieux et authentique.
Calmann-Lévy, 1896, in-8°, 395 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), bon état
Très intéressants souvenirs de la guerre de 1870 et lettres précieuses d'O. Feuillet sur la province pendant la guerre et sur deux visites à Chislehurst en 1871. Valérie Feuillet (1832-1906) avait épousé, en 1851, le romancier et dramaturge Octave Feuillet (1821-1890), qui fut membre de l'Académie française. Il était surnommé le « Musset des familles ».
P., Education et Récréation J. Hetzel et Cie, s.d. (1878), pt in-8°, 112 pp, un frontispice, une petite gravure sur la page de titre et 86 gravures de Bertall dans le texte, reliure toile grise à motifs noirs et blancs, dos lisse, pièce d'auteur basane carmin et pièce de titre basane bleue, tête dorée, couv. illustrée conservée (rel. fin XIXe), pièces d'auteur et de titre et coiffes lég. frottées, bon état
Deuxième titre de la "Petite Bibliothèque Blanche". Dans cette nouvelle collection lancée en 1878, Hetzel rééditera les 18 titres du "Nouveau Magasin des Enfants" et ajoutera de nombreux autres titres (la collection complète en comprendra 82). Octave Feuillet se sert ici d'un personnage populaire pour "composer autour de lui, une fiction nouvelle. Le procédé ne manque pas de saveur, car l'histoire ainsi contée bénéficie de la faveur acquise auparavant par une figure bien connue" (Trigon, Histoire de la Littérature enfantine, p. 64). D'après Laffont-Bompiani, Octave Feuillet obtint par ses aimables comédies un grand succès auprès de la Cour de l'Impératrice Eugénie, ce qui lui valut le surnom de "Musset des Familles".
P., Charpentier, 1879, in-8°, iii-660 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs filetés à froid, caissons à froid et fleurons dorés, pièces de titre et d'auteur chagrin carmin (rel. de l'époque), bon état
"Source de premier ordre pour l'histoire de la Commune, par un témoin républicain resté à Paris... On ne peut mettre en doute l'impartialité de ses jugements." (Le Quillec, 1785)
F. Fetscherin et Chuit, 1886, in-12, 354 pp, reliure pleine percaline bleue, dos lisse, titres, doubles filets fleuron doré (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état
Premier volume seul (sur 2) : souvenirs de juin 1871 à décembre 1875. Fidus est le pseudonyme du publiciste bonapartiste Eugène Balleyguier, dit Loudun. — "Le Journal de Dix ans, par Fidus contient le lamentable épilogue de l'histoire du second empire, et nous ne saurions trop en recommander la lecture à ceux qui sont curieux de savoir ce qu'est le parti bonapartiste, de quelles espérances il se nourrit et quels principes le dirigent. Fidus est un journaliste clérical qui a joué le rôle d'intermédiaire subalterne entre Chiselhurst et certains personnages influents du parti catholique, entre autres Mgr Bonnechose. Ayant à ce titre accès auprès de M. Rouher et des autres meneurs bonapartistes, et par ses attaches cléricales auprès des légitimistes et des orléanistes, il a su beaucoup de choses, et son journal a un incontestable intérêt. Ce qui en fait surtout le prix, c'est la candeur de l'auteur. Non seulement il annonce tous les huit jours le rétablissement de l'empire, non seulement il croit toutes les énormités qu'on lui raconte sur les républicains ; mais encore il dévoile sans aucune réticence les plans les plus coupables ou les plus absurdes du parti auquel il se vante d'appartenir. Jamais pamphlétaire radical n'aurait fait un si cruel pamphlet contre les impérialistes que ce fervent impérialiste..." (G. Monod, Revue Historique, 1886)
P., Albert Savine, 1889, in-12, 488 pp, index des noms cités, broché, bon état. Peu courant (Le Quillec, 2902)
Tome 2 (sur cinq) du "Journal de Fidus" par Eugène Balleyguier, dit Eugène Loudun (1818-1898), écrivain et journaliste français. Orléaniste dans ses jeunes années, ce conservateur évolua progressivement vers un bonapartisme fervent. Malgré la chute du Second Empire, il continua de militer pour la cause bonapartiste. En 1873, il aurait, selon certaines sources, tenté d'organiser un coup d'Etat bonapartiste à Lyon, projet arrêté par la maladie, puis la mort de Napoléon III. Il entretint des relations régulières avec l'impératrice Eugénie et avec le Prince impérial, décédé en 1879, en mémoire duquel il écrivit un opuscule, "Son Altesse le Prince impérial". Il publia entre 1885 et 1890, sous le pseudonyme de Fidus, cinq tomes de souvenirs (de 1870 à 1883) sous le titre "Journal de Fidus" (dont les deux premiers volumes avaient d'abord été publiés en 1872-73 sous le titre “Journal d'un Parisien pendant la révolution de Septembre et la Commune”)
Perrin, 2002, gr. in-8°, 382 pp, biblio, cadre chronologique, index, broché, couv. illustrée, bon état
Sur plus d'un siècle, du règne de Louis XVI à la veille de la Grande Guerre, la mémoire féminine s'est attachée aux ruptures et aux mutations sociales de ces temps de révolutions. Exclues de l'action, réduites à l'observation ou à l'influence mondaine, des dames de cour ou de la haute société ont tenté de décrire mais aussi d'expliquer leurs expériences successives, de comprendre l'enchaînement historique. A partir de leurs souvenirs et de leurs lettres, l'auteur brosse la fresque d'une histoire de France vue par les femmes. La première génération est politique, et juge le passé comme responsable du présent : les inconsciences de l'Ancien Régime engendrent une Révolution, la Révolution le despotisme, mais également la renaissance sociale et la fusion impériales ; l'émigration provoque la longue division du royalisme, et d'abord l'illusion mortelle de la Contre-Révolution. Malgré le rejet commun d'une Révolution devenue sanglante et spoliatrice, la plupart d'entre elles ont été imprégnées de la culture et des valeurs des Lumières : liberté, mérite, utilité, et ce patriotisme qui voit aussi dans l'unité nationale la sauvegarde d'une élite adaptée à son temps, faisant du préjugé de naissance un réalisme politique. 1848 est une coupure majeure, avec la menace d'une révolution sociale, la révélation des utopies socialistes qui ont nourri déjà l'expression de nouveaux féminismes, ouvriers et intellectuels : les temps, désormais, ne cesseront plus d'être «révolutionnaires». Dans une bonne société de plus en plus amalgamée, la religion devient le critère politique essentiel, facteur espéré de stabilité hiérarchique, mais menant souvent, aussi, à l'indifférence politique. Croissante depuis le début du XIXe siècle, l'étroitesse défensive de l'éducation des filles contraste non seulement avec la liberté féminine du temps des Lumières, mais avec l'aspiration à une émancipation qui serait une nouvelle adaptation, non à la politique, mais à une société en pleine modernisation. Fondée sur la culture volontaire et l'adoption mondaine de la littérature et des arts, cette conquête de la liberté personnelle entraîne la prédominance spontanée de l'autobiographie, et la description de la société à travers elle. — "« Le goût passionné de l'étude doit tenir quelque chose de celui de la liberté », affirme Victorine de Chastenay dans ses Mémoires. De bonne noblesse bourguignonne, surdouée (elle lit dès l'âge de 10 ans Plutarque et Racine), libérale, observatrice directe de la Révolution, elle est imprégnée de la culture et des valeurs des Lumières. Voici l'une des dames de la cour ou de la haute société que Suzanne Fiette suit au fil de ses mémoires pour nous brosser le tableau, sur plus d'un siècle, d'une histoire de France vue par les femmes. Pour les femmes, note l'auteur, écrire est une façon de s'affirmer dans l'espace public et de participer au grand débat, ouvert depuis le début du XIXe siècle, sur l'éducation des femmes. Exclues de l'action, cantonnées dans le domaine privé ou limitées à l'influence mondaine, « nos dames » ne donnent qu'un tableau partiel de leur temps, en passant par l'autobiographie. Elles semblent plus attentives à leur milieu qu'au sens des événements et leurs témoignages tombent volontiers dans l'anecdote. Seule Mme de Staël exprime cet engagement politique et cette lucidité analytique de l'écrivain qui font d'elle le champion de l'émancipation féminine. Des salonnières de l'Ancien Régime (Julie de Lespinasse, Elisabeth Vigée-Lebrun) aux femmes de lettres de la fin du XIXe siècle (Gyp, Elisabeth de Gramont), toutes, cependant, témoignent de la liberté d'esprit des élites cultivées qui permet le rapprochement des classes et qui ouvre la voie à l'égalité des sexes. À travers le prisme de la mémoire féminine, Suzanne Fiette présente ainsi le processus de fusion de la noblesse avec la bouigeoisie, déjà étudié dans la Noblesse française des Lumières à la Belle Époque (Perrin, 1997). Se plaindra-t-on de l'abondance des documents cités ? Cet ouvrage constitue une mine pour l'histoire des mentalités." (Regina Bollhalder Mayer, Revue des Deux Mondes, 2003)
Hachette et Cie, 1878, in-12, 471 pp, 7e édition revue et corrigée, 10 figures d'astronomie dans le texte, reliure demi-chagrin brun foncé, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état
"Ce que l'on trouvera dans cet ouvrage, ce n'est pas seulement une tentative de solution, par la science, du problème de la vie future, mais encore l'exposé de toute une théorie de la nature, une véritable philosophie de l'univers." (Introduction) — "C'est à la suite de la mort de son fils que l'auteur a écrit ce livre qui pourrait s'appeler le spiritualisme démontré par la science. Nature intime de l'homme ; Le corps, l'âme et la vie ; L'être surhumain ; Morts, résurrections et incarnations ; Le soleil séjour définitif des âmes ; L'homme planétaire ; Pluralité des existences humaines ; Souvenirs des existences antérieures ; Impressions des mourants." (Caillet, 3924)