8, rue Bréa
75006 Paris
France
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Phone number : 01 43 54 43 61 GLM/Pygmalion, 1998, gr. in-8°, 380 pp, 12 pl. de photos hors texte, lexique, biblio, notes, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état
Après avoir combattu sur le front russe, Otto Skorzeny entre dans les services secrets. Hitler lui confie en 1943 la mission qui va le rendre célèbre : retrouver et libérer Mussolini qui vient d'être renversé. L'opération spectaculaire qu'il monte lui vaut immédiatement la confiance illimitée du Führer. Mais son histoire ne s'arrête pas avec la guerre. Evadé en 1948 avec la bénédiction des Américains, il met sur pied l'organisation Odessa, qui s'emploie notamment à protéger les anciens SS. Dès lors, on le retrouve en Argentine aux côtés de Juan et Evita Peron, en Egypte, structurant les forces militaires et policières de Nasser, ou encore entraînant les premiers commandos palestiniens destinés à détruire Israël. La première biographie de cet homme trouble au parcours sidérant.
INFIELD (Henrik), Henri DESROCHE, Koka FREIER et Clarence SENIOR.
Reference : 76040
(1956)
Editions de Minuit, 1956, in-8°, 135 pp, 26 gravures et photos sur 16 pl. hors texte, biblio, broché, bon état (Coll. Bibliothèque Internationale de Sociologie de la Coopération). Peu courant
"Après avoir retracé l'évolution des modes d'exploitation, les auteurs examinent de façon détaillée le fonctionnement des coopératives d'exploitation qui se sont établies en grand nombre après la réforme agraire de 1917, faisant revivre les communautés de village pré-colombiennes pour donner aux paysans misérables la possibilité d'utiliser les techniques de culture moderne." (Revue française de science politique, 1957) — L'Introduction, sous la plume de H. Desroche, a pour thème : « Propriété privée et propriété collective dans l'histoire sociale de la paysannerie mexicaine. » L'étude de H. Infield et K. Freier porte sur « Les Hommes des Ejidos. Journal de voyage à travers les coopératives communautaires rurales du Mexique moderne ».
Laffont, 1968, gr. in-8°, 395 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce jour-là)
"Histoire d'amour, choix romantique qui fit du roi Edouard VIII le duc de Windsor, ce n'est pas ce que l'on trouvera dans ce livre. Seuls les aspects politiques, les intrigues, les rivalités personnelles sont étudiés dans ce volume. C'est donc exclusivement une affaire anglaise. Après trente ans pouvons-nous y trouver encore quelque intérêt ? Peut-être, si l'on veut bien se souvenir que nous sommes à trois ans de la déclaration de la seconde guerre mondiale et que ces personnages dont la conduite est minutieusement décrite, sont ceux qui, à cette même époque, menaient ou influençaient la politique étrangère de la Grande-Bretagne." (E. Tesson, Etudes, 1968)
Anthropos, 1998, in-8°, 192 pp, tableaux, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
La consommation des dérivés du cannabis fait depuis longtemps l'obtjet de multiples spéculations visant à en dramatiser ou banaliser les effets, ceci le plus souvent en dehors de toute préocupation scientifique. Mais ces consommations sont en réalité largement méconnues. Les auteurs posent ici les bases, pour la première fois en France, d'une description détaillée des pratiques des usagers de cannabis. Réalisée à Paris, en banlieue, à Rennes, à Marseille et dans deux sites ruraux (la Drôme et le Lot), cette étude ethnographique situe la place spécifique du cannabis parmi les autres drogues illicites. Via la parole et les expériences des usagers, elle décrit les dimensions les plus courantes et les plus discrètes de ces consommations, les situant en permanence dans les contextes – économique, légal, familial, climatique... – qui sont les leurs.
P., Les Iles d'Or, 1956, in-8°, 339 pp, 10 tableaux, broché, bon état
"L'excellent ouvrage d'Inkeles sur la formation de l'opinion publique soviétique a été enfin traduit en français." (Hélène Carrère d'encausse et Anna Seliverstoff, Revue française de science politique, 1963)
Maspero, 1970, gr. in-8°, xvi-216 pp, réimpression en fac-similé de l'édition de la Bibliothèque communiste - Librairie du Travail (juin 1934)
Lausanne, Editions Rencontre, 1972, in-8°, 127 pp, 78 illustrations et photos en noir et en couleurs, une carte et 5 tableaux, chronologie, index, biblio, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Dossiers du XXe siècle)
La voie tracée par Théodore Roosevelt fut reprise par le président démocrate Woodrow Wilson. Il semblait désormais impossible que l'Amérique se tienne à l'écart de l'histoire du monde. Son engagement militaire aux côtés des Alliés durant la première guerre mondiale représenta à ce titre une révolution inouie dans la mentalité américaine. Pourtant, la réaction fut brutale. Une opposition violente se déchaîna contre Woodrow Wilson et l'empêcha de sceller définitivement le pacte de l'Amérique avec le monde : Woodrow Wilson, le promoteur de la Société des Nations, vit finalement l'oeuvre de sa vie s'écrouler sous les coups de boutoir du nationalisme étroit de ses adversaires politiques...
Hachette, 1970, in-8°, 318 pp, une photo de Jules Isaac, broché, pt pliure au 1er plat, bon état
Laffont, 1979, in-8°, 441 pp, 16 pl. de photos hors texte, généalogies hors texte, broché, couv. illustrée, bon état
Hachette Réalités, 1980, gr. in-8°, 393 pp, 68 photos en noir dans le texte et 12 pl. de photos en couleurs hors texte, index bibliographique, reliure simili-cuir éditeur, jaquette illustrée, très bon état
Un panégyrique à la gloire de Saddam Hussein, avec de nombreuses photos en compagnie des grands du monde entier.
Flammarion, 1959, in-12, 234 pp, index, broché, bon état
"Plus que d'un livre d'histoire politique, que le titre pourrait faire attendre, il s'agit ici, avant tout, d'un compte rendu de mandat : élu en 1951 à l'Assemblée nationale de la IVe République et réélu en 1956 pour défendre une loi d'amnistie, lutter contre la peine de mort, réhabiliter la mémoire du maréchal Pétain..., J. Isorni raconte comment il s'est acquitté de sa tâche, dit ses succès et ses échecs ; il expose aussi les raisons, à la fois personnelles et politiques, de son opposition au retour du général de Gaulle. L'ouvrage contient d'intéressantes anecdotes, en particulier sur le financement des élections (pp. 9-10), à propos d'un dîner avec Bourguiba (pp. 119-127), d'une soirée avec Pierre Mendès-France (pp. 131-132) et sur les derniers jours de la IVe République." (Revue française de science politique, 1959)
Flammarion, 1962, in-12, 220 pp, 8 pl. de photos et fac-similés hors texte, annexes (lettre de Weygand, lettre à l'Amiral Leahy, lettre à l'ambassadeur Stucki), broché, couv. poussièreuse, bande conservée, bon état
"Publication de seize lettres inédites adressées à la maréchale Pétain par Philippe Pétain pendant sa captivité au fort du Portalet et à l'île d'Yeu. J. Isorni commente longuement cette correspondance donnant des indications sur les conditions dans lesquelles se sont déroulées les dernières années de la vie du maréchal, ses jugements sur les hommes ou les événements contemporains." (Revue française de science politique, 1963)
Flammarion, 1957, in-12, 200 pp, index, broché, bon état
"Nulle trace d'antiparlementarisme dans ce vivant tableau du Parlement par le défenseur du maréchal Pétain. C'est avec bonhommie que J. Isorni parle de ses adversaires politiques (y compris MM. Mendès-France, Cot et Duclos)." (Revue française de science politique, 1958)
Flammarion, 1961, in-12, 234 pp, annexes, broché, bon état
Fameux réquisitoire contre de Gaulle. — "J. I. reste fidèle à lui-même. Ici, comme dans “Ainsi passent les Républiques”, il met son talent au service de sa passion anti-gaulliste. Après avoir soutenu dans le premier chapitre (« Lui... ») que la caractéristique essentielle du général de Gaulle est sa volonté de se maintenir au pouvoir, coûte que coûte, l'auteur évoque ensuite («...Qui les juge») les « héros » du « procès des barricades » et ceux du « procès des généraux ». Défenseur d'Alain de Sérigny, au cours du premier, et de Pierre-Marie Bigot, au cours du second, J. I. publie en annexes le texte de ses plaidoiries. Le lecteur notera (p. 50 sqq.) l'éloge de Georges Bidault, « premier résistant de France », qui a promis d'aller « enterrer Pétain à Douaumont »." (Revue française de science politique, 1962) — "En attendant que l'histoire porte un jugement, il est déjà permis de mesurer ce que furent le régime gaulliste et son chef et de juger celui qui juge."
Laffont, 1984, gr. in-8°, 539 pp, 8 pl. de photos hors texte, index, broché, bon état
Premier tome (sur 3) des mémoires du célèbre avocat anti-gaulliste : l'adolescence, les procès Philippe Pétain, Robert Brasillach, Louis Renault, etc. — "La passion a dominé ma vie. Celle-ci s'achèvera, riche de combats et d'émotions, ma seule richesse, avec tous ces souvenirs que j'en garde, presque toujours exceptionnels, et qui parfois encore me hantent, douloureusement. Des vivants et des morts se sont emparés de tout mon être. Ils m'ont poursuivi et ils demeurent en moi. Je leur ai voué les sentiments les plus forts et les plus contradictoires. J'ai aimé et detesté dans de graves circonstances. Je n'ai pas le droit de l'oublier. J'ai abordé la politique non pas en quittant mon métier, mais en l'exerçant. Il m'a conduit à elle par la violence des événements, en l'exerçant. Il m'a conduit à elle par la violence des événements, par les combats les plus divers contre les pouvoirs au nom de la conception que je me suis faite de la justice. Ma force a été d'être toujours du côté des prisonniers, quels qu'ils soient, s'ils me demandaient de les assister. Ma fierté sera d'être demeuré libre, encore que la liberté ait été pour moi un risque grave dans un pays où elle est conçue comme la nôtre. Elle m'aura permis d'être, pendant quarante ans, sans que je l'eusse cherché, le témoin de choses exécrables et criminelles, que je n'ai pu empêcher. Elles s'accomplissaient sous le masque de la Justice, parfois vêtue de robes rouges ou de défroques militaires. J'ai alors pensé que c'était un devoir pour moi de témoigner. Avant de poser définitivement la plume dont j'ai peut-être abusé, je désire donc écrire, contre l'indifférence et l'oubli, ce que fut ma destinée mêlée à tant d'autres. Mon existence s'est déroulée dans un continuel contresens ; exilé à l'intérieur de mon propre pays, et, dans le temps qui reste devant moi, je ne sais si je reviendrai jamais de cet exil qui ne dit pas son nom. Le sort a voulu que je ne fusse qu'un marginal dont la ligne, cependant, aura été toute droite." (Jacques Isorni)
Laffont, 1984, gr. in-8°, 539 pp, 8 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. lég. passée, bon état, envoi a.s. à un historien américain « qui cherche la vérité, avec toute ma sympathie et mon respect pour la manière dont il travaille »
Premier tome (sur 3) des mémoires du célèbre avocat anti-gaulliste : l'adolescence, les procès Philippe Pétain, Robert Brasillach, Louis Renault, etc. — "La passion a dominé ma vie. Celle-ci s'achèvera, riche de combats et d'émotions, ma seule richesse, avec tous ces souvenirs que j'en garde, presque toujours exceptionnels, et qui parfois encore me hantent, douloureusement. Des vivants et des morts se sont emparés de tout mon être. Ils m'ont poursuivi et ils demeurent en moi. Je leur ai voué les sentiments les plus forts et les plus contradictoires. J'ai aimé et detesté dans de graves circonstances. Je n'ai pas le droit de l'oublier. J'ai abordé la politique non pas en quittant mon métier, mais en l'exerçant. Il m'a conduit à elle par la violence des événements, en l'exerçant. Il m'a conduit à elle par la violence des événements, par les combats les plus divers contre les pouvoirs au nom de la conception que je me suis faite de la justice. Ma force a été d'être toujours du côté des prisonniers, quels qu'ils soient, s'ils me demandaient de les assister. Ma fierté sera d'être demeuré libre, encore que la liberté ait été pour moi un risque grave dans un pays où elle est conçue comme la nôtre. Elle m'aura permis d'être, pendant quarante ans, sans que je l'eusse cherché, le témoin de choses exécrables et criminelles, que je n'ai pu empêcher. Elles s'accomplissaient sous le masque de la Justice, parfois vêtue de robes rouges ou de défroques militaires. J'ai alors pensé que c'était un devoir pour moi de témoigner. Avant de poser définitivement la plume dont j'ai peut-être abusé, je désire donc écrire, contre l'indifférence et l'oubli, ce que fut ma destinée mêlée à tant d'autres. Mon existence s'est déroulée dans un continuel contresens ; exilé à l'intérieur de mon propre pays, et, dans le temps qui reste devant moi, je ne sais si je reviendrai jamais de cet exil qui ne dit pas son nom. Le sort a voulu que je ne fusse qu'un marginal dont la ligne, cependant, aura été toute droite." (Jacques Isorni)
Laffont, 1984-1986, 2 vol. gr. in-8°, 539 et 452 pp, 16 pl. de photos hors texte, annexes, index, brochés, qqs pages gondolées au tome 2, bon état
Les 2 premiers volumes (sur 3) des mémoires du célèbre avocat anti-gaulliste : Philippe Pétain, Robert Brasillach, Louis Renault, Bernardy de Sigoyer, etc.
La Table ronde, 1972, in-8°, 489 pp, 35 photos et fac-similés sur 24 pl. hors texte, broché, bon état
Tome I seul (sur 2). — "Me Isorni a entrepris de nous donner une biographie de Pétain aussi complète qu'il est possible aujourd'hui de le faire. Voici le premier volume qui va jusqu'au 21 mai 1940. Sur cette longue période, des inédits ont été publiés, particulièrement sur la vie privée du futur maréchal, et Me Isorni en verse d'autres au dossier. Des travaux ont été également menés à bonne fin, spécialement sur le commandement à la fin de la première guerre mondiale. A travers le récit des événements, c'est donc la personnalité de son héros, au sens propre, que l'auteur essaie de dégager. Secret, certes, ce qui n'a pas été sans lui nuire, prenant la situation au sérieux quand les circonstances sont graves, et ne se payant pas de mots, mais d'une activité intelligente et inlassable pour parer aux dangers, tel apparait, aux moments critiques, l'homme de guerre. Et le portrait se poursuit pendant la paix, au Maroc, au ministère, à l'ambassade en Espagne. Naturellement, sur son chemin, l'auteur rencontre Foch, de Gaulle et quelques autres qui furent en désaccord ou en opposition avec Pétain ; il n'est pas tendre pour eux. Récit intéressant et riche où il y a beaucoup à retenir, mais plaidoyer sans réserve. C'est là qu'on peut être moins d'accord avec l'avocat." (E. Tesson, revue Etudes, 1972)
Flammarion, 1951, in-12, 336 pp, 16 pl. de photos et fac-similés hors texte, annexes, broché, bon état
"Fini le procès et refermée la tombe, cet ouvrage fait le récit impartial d'un verdict désormais entré dans l'Histoire. Il fait connaître aussi aux Français et à l'étranger des côtés ignorés de la figure du Maréchal, et toute sa vie secrète et douloureuse. Un bouleversant témoignage."
Montréal, Les Editions de l'Homme, 1984, in-8°, 507 pp, traduit de l'américain (“ITT: The Management of Opportunity”), 16 pl. de photos hors texte, notes, notes bibliographiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
"Avec plus de cent compagnies oeuvrant dans des secteurs aussi variés que l'hôtellerie et l'électronique, International Telegraph and Téléphone est devenu à la fois le plus vaste conglomérat du monde... et le plus controversé. Dans l'histoire tumultueuse d'ITT, deux hommes se détachent: Sosthenes Behn, le fondateur de la corporation en 1920, qui rêvait d'une entreprise ayant des ramifications aux quatre coins du globe – on l'accusa d'avoir aidé l'Allemagne nazie lors de la Deuxième Guerre mondiale –, et Harold Geneen, qui prit la relève en 1958 et transforma ITT en conglomérat et que plusieurs considèrent comme le plus grand administrateur de son époque. Son nom fut relié aux scandales de l'administration Nixon..."
Laffont, 1964, in-12, 95 pp, broché, bon état
“Mon général, nous ne sommes pas heureux...” — Un pamphlet critique du Général issu de la droite centriste. Cette fraction démocrate-chrétienne de la droite française aurait aimé que le Général se contente de sortir la France du bourbier algérien et s'en retourne dans sa retraite « colombéenne ». Mais parce qu'il est bien là, le grand avocat Georges Izard se fait le procureur de sa politique étrangère avec des arguments atlantistes et européistes... Georges Izard sera plus tard élu à l'Académie française le 11 février 1971 au fauteuil d'Henri Massis.
Julliard, 1957, in-8°, 220 pp, broché, papier jauni, bon état
"Les plaidoiries de M. Izard, l'avocat connu, font place, pour cette fois, à un réquisitoire. L'auteur ne se contente pas de détailler le « scandale » Staline. Il refait, dans une étude serrée, la critique du marxisme. Et, sans prononcer, à son sujet, un verdict favorable, il montre quelques-unes des infidélités dont Staline s'est rendu coupable vis-à-vis des consignes officielles. C'était notamment une thèse essentielle, chez Marx, et même chez Lénine, qu'après la révolution, l'État devait progressivement « dépérir » au profit de la démocratie effective. On sait ce qu'il en est advenu sous le joug établi et maintenu par le tyran défunt du Kremlin. M. Izard estime d'ailleurs que, par une logique interne, le bolchevisme est condamné à persister, comme le montre le drame de Budapest, dans les mêmes errements. La « destalinisation », interprétée par Khrouchtchev, ne peut être qu'un leurre. Peut-être seulement les dures expériences du passé et les exigences vitales de l'avenir finiront-elles par rendre au monde le bienfait de la liberté. Puissent les peuples, satellites ou autres, de plus en plus comprendre que le « viol d'un mausolée » pour en expulser une idole, comme s'y emploie Me Izard, est un geste de salubrité publique qui n'a rien de sacrilège." (Henri Du Passage, revue Esprit, 1957)
IZARD (Georges), André Deléage, Georges Duveau, Jules Roman, L.-E. Galeÿ.
Reference : 125526
(1938)
Éditions Pierre Tisné, 1938, in-12, 124 pp, broché, état correct, envoi a.s. à Albert Milhaud
"On voudra bien ne pas juger, au corps typographique de cette note la place que nous donnons à ce petit livre. Il nous arrive au dernier moment, et nous avons voulu lui faire écho dès ce numéro, dans les dernières pages qui restaient disponibles. Il a pour nous une signification précieuse. Ses auteurs, sauf un, appartiennent au tout premier noyau des fondateurs d'Esprit. Ils ont créé, à nos côtés, la Troisième Force. Puis, ils ont cru bon de fusionner ce mouvement jeune, intact, avec le frontisme. Ensemble, il y a deux ans, ils ont quitté le frontisme pour le Parti socialiste. Nous regrettions cette dispersion dans des forces de moins en moins innocentes. Ils pensaient, eux, y échapper au danger des sectes politiques et s’y ouvrir de plus larges contacts avec les grands courants du pays. Laissons ce passé dont seul l’avenir jugera. Le fait est que voici nos camarades posant à nouveau un acte collectif, dont l'indépendance à l'égard du socialisme officiel éclate tout au long de la lecture. Cet acte, nous le demandions il y a un mois d’Izard et de Philip. Que nous puissions le juger incomplet ou n'être pas d'accord avec tout ce qu’on nous propose importe peu ici. Il y a dans ce manifeste un ton, une volonté, qui peuvent en faire, s'ils se maintiennent, un départ de première importance pour l’avenir de la France. Sa première valeur, est de nous apporter, fût-ce à titre d'hypothèse de travail, la mise au point la plus complète qui ait été faite jusqu'à ce jour d’une politique de « résistance » aux fascismes ne supportant aucune compromission avec Versailles. Un remarquable bilan de l'après-guerre fait place nette des regrets de M. de Kérillis. On sait que cette même attitude nous a toujours irréductiblement différencié d'une partie des « résistants » : voici donc que se constitue en force politique, cette « troisième voie» de politique extérieure, jusqu'ici restée chez nous un commentaire de revue ; elle rejette aussi bien les « fantômes familiers des coins sombres du quai d'Orsay » que la constitution de Munich en tête de ligne d’une politique, la « substitution de la politique du chien battu à celle du chien hargneux ». Mais comment endiguer l’expansion nazie en Europe sans recommencer plus loin, sous notre égide, la ligne Maginot diplomatique anti-allemande qui vient de craquer au niveau de la petite Entente ? Les auteurs proposent d'abandonner toute intervention directe en Europe orientale, puisque nous ne pourrions ni économiquement ni militairement la soutenir, mais sans nous désintéresser de la formation spontanée d'un bloc de résistance constitué pour des raisons qui ne nous concernent pas, mais qui pourrait servir notre liberté dans les zones où nous avons à vivre et à rayonner, à savoir l'occident et l'empire. Donc dans ce secteur, comme nous le demandons nous-mêmes, ni intervention ni abstention, mais présence vigilante et discrète. Symétriquement et en contre-partie la France doit exiger l'abandon de la politique adverse d'encerclement en Méditerranée orientale et en Espagne, en affirmant une politique positive eurafricaine et un avenir d'interpénétration avec l'Espagne libre, analogue, sauf dans la manière, à la solidarité que l'Allemagne entend aujourd’hui pratiquer avec les États danubiens. Armistice et plébiscite en Espagne, mise en réserve du pacte franco-russe au profit d’un pacte liant l'URSS conjointement aux quatre puissances, autarcie impériale avec contrôle des changes complètent l'appareil. Comme nous, Izard pense qu'une politique extérieure ainsi décidée et large de vues, nécessite un redressement intérieur radical. « Le fascisme naît tout armé des déceptions accumulées par la démocratie ». Le conservatisme démocratique est donc sa plus sûre chance (nous rejoignons ici le thème de notre n° de décembre). La démocratie doit se faire forte ; restaurer la délégation d’autorité contre l'impuissante anarchie du « gouvernement dus masses » ou de la prétendue « démocratie permanente » qui « n’est que le faisceau divergent des rébellions individuelles contre la volonté nationale » ; refréner l’inhibition que le Parlement exerce sur l’exécutif ; bousculer les méthodes et en réformer profondément l'esprit des Chambres ; démanteler les féodalités économiques. Est-ce tout ? Non sans doute, même, nous l’imaginons, dans la pensée des auteurs. Mais plus que leurs modalités nous importe de percevoir, derrière les réformes préconisées par ce manifeste, une certaine révolte et une certaine décision dont on voudra encourager la promesse. Par instants on aimerait que baisse le ton, et si le fond n’accorde rien à une forme quelconque de néo-nationalisme, il arrive que l’ardeur jacobine entraîne des formules discutables. Mais les outrances de l'ouvrage s'expliquent assez par une irritation saine et sont elles-mêmes un heureux stimulant dans un pays dont les réflexes s’amortissent. On dit que certains livres font penser. Il nous faut aussi aujourd'hui des livres qui fassent vouloir. En voici un. Et ceux-là, comme dit un de leurs auteurs aujourd’hui célèbre, c'est l’action qui les corrige." (Em. Mounier, Esprit, janvier 1939)
[IZARD, Georges] – BOYSSON (Emmanuelle de).
Reference : 24270
(2003)
ISBN : 9782856169384
Presses de la Renaissance, 2003, in-8°, 322 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
Evocation intime et sensible peuplée de personnages hors du commun, cette biographie est aussi une aventure familiale. Celle d'une petite fille qui cherche à percer le mystère d'un grand-père à la fois proche et lointain. En nous entraînant dans la vie romanesque de Georges Izard, Emmanuelle de Boysson nous plonge dans le tourbillon des passions politiques et intellectuelles du XXe siècle. L'on croise ainsi au fil des pages François Mitterrand et Victor Kravchenko, Paul Claudel et Charles Maurras, Mohammed V du Maroc et son fils Hassan II, le jeune Zaher Shah d'Afghanistan et le cardinal Daniélou, pour ne citer que quelques personnages hors normes de cette étonnante galerie. Cofondateur de la revue “Esprit”, ténor du barreau, ami et confident François Mauriac, Izard est au cœur de tous les combats de son temps. Homme du peuple devenu un seigneur de la vie parisienne, il n'a jamais oublié ni ses racines ni le tort dont les humbles sont si souvent les victimes. C'est cette lutte contre l'injustice et pour le triomphe de la liberté qui fut le moteur de toute sa vie.