Genève, Editions du Mont-Blanc, 1968, gr. in-8°, 293 pp, 20 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état
La querelle du quiétisme en France. — Issue d'une famille de la noblesse, née à Montargis où elle fut élevée chez les Ursulines, Mme Jeanne Bouvier de La Mothe Guyon vivait dans une sorte d'illumination permanente. Ses lectures, son avidité à la perfection, son étrange facilité à écrire, lui donnaient une place assez rare. Elle se singularisa en vivant pendant cinq ans avec le père La Combe. Ensemble, ils parcouraient les provinces, visitaient les monastères, prêchant et annonçant les données nouvelles de la dévotion dans un colloque direct d'homme à Dieu, selon la doctrine de Molinos. Mme Guyon fit imprimer deux petites brochures : “Les Torrents spirituels” et “Le Moyen court et très facile de faire oraison”, dans lesquelles on remarquait sa vive connaissance de la spiritualité, son aisance et son autorité à parler des degrés de la perfection avec une ferveur passionnée. Leur doctrine ascétique, dans la lignée de sainte Thérèse, saint Jean de la Croix, sainte Chantal, reflétait les enseignements quiétistes. En octobre 1688, Fénelon fait la connaissance de Mme Guyon. Sa carrière comme sa destinée allaient en être transformées. Grâce aux “Lettres spirituelles” si nombreuses qu'ils échangèrent, on peut tracer les grandes lignes des idées nouvelles que Fénelon reçut de Mme Guyon. L'archevêque de Cambrai considère que la vraie perfection chrétienne ne peut se trouver que dans les états contemplatifs. La réforme intérieure, pour lui, doit s'écarter des constantes méditations sur la mort et sur l'horreur du péché. Du fait que l'on doit se conduire « selon le cœur de Dieu » et selon une Nature qui est volonté de Dieu, le problème du bien et du mal, de la justice, des péchés, ne se pose plus. La vie n'est plus qu'un « amour perpétuel ». Les exagérations auxquelles conduisait cette doctrine indignèrent la hiérarchie. Divers incidents offrirent à l'Inquisition de belles occasions de s'emparer des quiétistes dont les idées s'apparentaient à un nouveau schisme. Pour son “Moyen court”, Mme Guyon fut traduite devant une commission ecclésiastique, puis arrêtée et envoyée à Vincennes. Comme Fénelon faisait l'impossible pour la sauver, un conflit d'une exceptionnelle âpreté jaillit entre lui et Bossuet. L'affaire dura quatre ans. Fénelon crut habile de porter le différend à Rome, mais l'évêque de Meaux fit intervenir furieusement Louis XIV qui obligea le pape à sévir. Celui-ci, presque à regret, fit condamner Fénelon, qui souscrivit pleinement au jugement, sans reconnaître jamais, pourtant, les erreurs qu'on lui attribuait. Cet incroyable conflit de la spiritualité, qui secoua l'Eglise de France au XVIle siècle, masquait en réalité l'affrontement des scolastiques et des mystiques. On a donc pu dire justement que le duel Fénelon-Bossuet donna le signal d'une renaissance religieuse. Le condamné, au nom du Pur Amour, devait triompher et Mme Guyon se situe à l'origine de ce renouveau. Chemin parsemé de larmes et de fleurs, de lumières et de pénombres montée d'une visionnaire qui se voulut chef d'école, et que toujours admira le grand Fénelon : il faut explorer leur correspondance, leurs écrits, dans toute leur prodigalité. C'est ce à quoi s'applique François Ribadeau Dumas dans cet ouvrage admirablement documenté. Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Paris Nagel 1946 In-12 Collection "Pensées" - 141 pp
Bon Broché à raba
in 12 carré pleine toile verte à la bradel,pièce de titre cuir,fer,filets dorés.Faux-titre, titre,272 pages, non rogné,couverture conservé,F.Alcan 1925 une déchirure en marges extérieure de la page 111 envoi de l’auteur,non du dédicataire effacé
Paris, Alcan, 1918 .In 8 de 394 pages. Reliure demi toile amateur. Bon Etat