136 books for « Autographs; 18th »Edit

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Reference : 6675

(1782)

‎Extrait des registres de la Cour de la bourse de Bordeaux.‎

‎Extrait des registres de la Cour de la bourse de Bordeaux. 17 janvier 1782. 4 pages in-4°. Curieux document : jugement entre le seigneur de Bonneval, habitant en son château de Lacroze et Marie Audié, aubergiste. Cette dernière semble ne pas avoir réglé la somme de 400 livres pour l’achat de 8 barriques de vin rouge. Très bon 1782 4 pages in-4°.‎


‎manuscrit‎

Librairie Seigneur - Le Poêt en Percip

Phone number : 06 79 21 01 07

EUR50.00

Reference : 10188

(1785)

‎Lettre de cachet contre Nicolas Bayeul ou Bailleur,‎

‎donnée à Versailles le 30 mai 1785, signée “Louis”, note en marge “Entré le 10 juin 1785 / Force” et signature Le Bon de Breteuil. Le Roi demande et ordonne de recevoir “à l’Hôpital” pour 3 mois le sieur concerné. In-folio, 1 p.‎


‎Beau et rare document. ‎

Librairie Ancienne Clagahé - Lyon

Phone number : 04 78 37 21 35

EUR680.00

Reference : 6472

(1784)

‎Recueil d'ariettes, chansons, romances, etc.‎

‎Avec des airs de J.-J. Rousseau entre autres.Belle étiquette en page de garde de “Des Lauriers ... tient magasin de papiers ... rue Saint Honoré”.Nombreuses feuilles réglées, non remplies. Pleine basane racinée, dos long richement orné aux petits fers, tranches marbrées. Reliure de l'époque. Très bon 1784 1 volume in-8°‎


‎Manuscrit‎

Librairie Seigneur - Le Poêt en Percip

Phone number : 06 79 21 01 07

EUR295.00

‎ "[BOURBON-CONDE Louise-Anne de] & SADE Donatien Alphonse François, Marquis de & SADE Jean-Baptiste-François-Joseph, comte de" ‎

Reference : 59468

(1758)

‎Testament ‎

‎" - Paris dimanche 2 avril 1758, 13,4x19,2cm et 11,7x17,8cm, 2 feuillets. - Testament de Louise-Anne de Bourbon-Condé dite Mademoiselle de Charolais, recopié de la main de Jean-Baptiste-François-Joseph, comte de Sade (et père du Marquis), dans lequel cette dernière fait de son neveu, Louis-François Joseph de Bourbon, prince de Conti, son légataire universel. Une seconde partie concerne les legs aux gens de livrée, aux femmes et valets de chambre, à la femme de garde-robe, etc. Note de bas de page de la main du Marquis de Sade : « dite Mademoiselle de Charolais ». On y joint un billet de notes, rédigé de la main de Sade, en vue de la publication de la correspondance de son père. Ce testament a été rédigé cinq jours avant la mort de Mademoiselle de Charolais, dont le décès survint le vendredi 7 avril 1758 à la suite de trois mois de maladie. La seconde partie du testament est datée du dimanche 2 avril 1758, sur la première est mentionnée la date du dimanche 12 avril 1758 : il s'agit bien sûr d'une date fautive. La totalité de cette copie a été rédigée de la main du Comte de Sade qui vécut avec Mademoiselle de Charolais à son château d'Athis-Mons à partir de 1750 jusqu'à la mort de cette dernière. Le jeune Comte de Sade, envoyé par son père à Paris aux alentours de 1720, eut pour protecteur Louis-Henri de Bourbon, Prince de Condé, dit Monsieur le Duc. Dès son arrivée, le jeune homme apprécie la vie de cour et « Chose rare, il plaît aux femmes sans se faire haïr des hommes : d'où le nombre de ses amis, au moins aussi élevé que celui de ses maîtresses. [...] M. de Sade ne se contente pas de conquêtes faciles ; les bourgeoises l'indiffèrent. Celles qu'il recherche - et conquiert le plus souvent - sont des femmes de cour, non seulement pourvues d'esprit et de beauté, mais parées encore d'un nom illustre, de crédit, d'influence ou de fortune, capables en un mot de servir ses intérêts et de le mettre bien en cour. » (Lever, Sade). Parmi son tableau de chasse figure Mademoiselle de Charolais, de sept ans son aînée, soeur de son protecteur et alors maîtresse royale. Peu désireuse de se marier, elle préférera toute sa vie conserver le célibat et multipliera les aventures et les amants prestigieux. Elle fut notamment la favorite du Duc de Richelieu, mais aussi de Louis XV pour lequel elle recrutait de nombreuses maîtresses, écopant ainsi du sobriquet de « maquerelle royale ». La rencontre charnelle entre Mademoiselle de Charolais et le Comte de Sade eut lieu le 24 novembre 1725 alors que ce dernier était contraint de garder le lit à cause d'une entorse. Une lettre de Louise-Anne atteste de cette aventure naissante : « Le 24 novembre est le plus beau jour de ma vie si je suis rentrée en possession de mon royaume et de ma souveraineté, par les droits du lit où je vous ai prêté serment de fidélité. Je compte y avoir reçu le vôtre et je vis maintenant pour le plus joli roi du monde. » (Papiers de famille, p.20). La passion n'est pourtant pas réciproque et le volage Comte de Sade fait bientôt la rencontre de la Duchesse de la Trémoïlle. S'éloignant ainsi de Mademoiselle de Charolais, il lui écrit en guise de rupture : « J'ai regardé, Madame, les avances que vous m'avez faites, comme des agacements de votre esprit et point de votre coeur. Je n'avais point l'honneur de vous connaître, je ne vous devais rien, une entorse m'obligeait de garder ma chambre, j'y étais désoeuvré, vos lettres étaient jolies, elles m'amusaient, je me suis flatté s'il était vrai que j'eus fait votre conquête, que vous me guérissiez d'une passion malheureuse qui m'occupe uniquement. » (op. cit. p.23). En 1752, le Comte de Sade est ruiné par son train de vie, il a envoyé le jeune Donatien au collège Louis-le-Grand et loge chez sa bonne amie Mademoiselle de Charolais au château d'Athis-Mons : « Je me suis retiré chez Mademoiselle, quoiqu'il soit cruel à mon âge de dépendre de quelqu'un, pour diminuer ma dépense. » (Lettre du Comte de Sade à son oncle le prévôt de L'Isle-sur-Sorgue, 11 novembres 1752). Il demeurera chez son amie, l'accompagnant dans ses nombreux déplacements à travers l'Europe, jusqu'au décès de celle-ci. La correspondance entre le Comte de Sade et Mademoiselle de Charolais perdura, comme en attestent les lettres consignées par le Marquis de Sade qui, avec une grande piété, joua un rôle important de conservateur dans le but de publier un jour les oeuvres paternelles. Ce testament de la main du Comte de Sade a été conservé dans cet esprit. Le Marquis, admiratif de l'histoire de son père, conservera toute sa vie le portrait en habit de cordelier que Mademoiselle de Charolais avait offert au Comte de Sade et l'accrochera dans sa chambre à Charenton. Rare témoignage de la grande amitié du Comte de Sade et de Mademoiselle de Charolais, précieusement conservé par le Marquis de Sade. Provenance : archives de la famille. - Photos sur www.Edition-originale.com - [AUTOMATIC ENGLISH TRANSLATION FOLLOWS] A holograph of Louise-Anne de Bourbon-Condé, known as Mademoiselle de Charolais, in which she made her nephew, Louis Francois de Bourbon, prince of Conti, his sole legatee. A note is attached, Sade a publisher of his father." Paris _dimanche 2 avril 1758 "13,4x19,2cm et 11,7x17,8cm" 2 feuillets‎


Le Feu Follet - Paris

Phone number : 01 56 08 08 85

EUR2,800.00

‎ "[SADE Donatien Alphonse François, Marquis de] SADE Renée-Pélagie Cordier de Montreuil, Marquise de" ‎

Reference : 59449

(1777)

‎Billet autographe de reconnaissance de dettes de 150 livre à la présidente de Montreuil.‎

‎" - s.n., s.l. 16 juin 1777, 17,1x11,1cm, une feuille. - Billet autographe signé de Madame de Sade, dans laquelle cette dernière reconnaît des dettes envers sa mère, Madame la présidente de Montreuil. Un petit trou sans manque de texte. Paraphe du notaire précisant le nombre de pièces en dessous des trois lignes de texte. Tout au long de sa vie, le Marquis - fastueux et très dépensier - fut criblé de dettes et n'eut de cesse de chercher de l'argent, principalement auprès de ses beaux-parents par l'entremise de sa femme. Provenance : archives de la famille. - Photos sur www.Edition-originale.com - [AUTOMATIC ENGLISH TRANSLATION FOLLOWS] Autographed note signed by Madame de Montreuil Marquise de Sade, in which she acknowledges debts to her mother, the President of Montreuil. A small hole without lack of text. Initials the banker with the number of pieces below the three lines of text. Provenance: archives of the family." s.n. s.l. _16 juin 1777 "17,1x11,1cm" une feuille‎


Le Feu Follet - Paris

Phone number : 01 56 08 08 85

EUR680.00

‎ "[SADE Donatien Alphonse François, Marquis de] SADE Renée-Pélagie Cordier de Montreuil, Marquise de" ‎

Reference : 59444

(1778)

‎Billet autographe de reconnaissance de dettes de 200 livres à la présidente de Montreuil.‎

‎" - s.n., s.l. 18 janvier 1778, 16,3x5,1cm, une feuille. - Billet autographe signé de Madame de Sade, dans laquelle cette dernière reconnaît des dettes envers sa mère, Madame la présidente de Montreuil. Un tout petit trou sans gravité. Paraphes du notaire de Sade, Maître Gibert, précisant le nombre de pièces versées au verso de chaque billet. Tout au long de sa vie, le Marquis - fastueux et très dépensier - fut criblé de dettes et n'eut de cesse de chercher de l'argent, principalement auprès de ses beaux-parents par l'entremise de sa femme. Provenance : archives de la famille. - Photos sur www.Edition-originale.com - [AUTOMATIC ENGLISH TRANSLATION FOLLOWS] Provenance: family archives." s.n. s.l. _18 janvier 1778 "16,3x5,1cm" une feuille‎


Le Feu Follet - Paris

Phone number : 01 56 08 08 85

EUR680.00

‎ "[SADE Donatien Alphonse François, Marquis de] SADE Renée-Pélagie Cordier de Montreuil, Marquise de" ‎

Reference : 59447

(1777)

‎Billet autographe de reconnaissance de dettes de 200 livres à la présidente de Montreuil.‎

‎" - s.n., s.l. 18 avril 1777, 11x17,1cm, un feuillet remplié. - Billet autographe signé de Madame de Sade, dans laquelle cette dernière reconnaît des dettes envers sa mère, Madame la présidente de Montreuil. Un petit trou sans manque de texte. Paraphe du notaire de Sade, Maître Gibert, précisant le nombre de pièces versées en dessous des trois lignes de texte. Tout au long de sa vie, le Marquis - fastueux et très dépensier - fut criblé de dettes et n'eut de cesse de chercher de l'argent, principalement auprès de ses beaux-parents par l'entremise de sa femme. Provenance : archives de la famille. - Photos sur www.Edition-originale.com - [AUTOMATIC ENGLISH TRANSLATION FOLLOWS] Autographed note signed by Madame de Montreuil Marquise de Sade, in which she acknowledges debts to her mother, the President of Montreuil. A small hole without lack of text. The banker's initials indicating the number of coins paid on the back of each banknote. Provenance: archives of the family." s.n. s.l. _18 avril 1777 "11x17,1cm" un feuillet remplié‎


Le Feu Follet - Paris

Phone number : 01 56 08 08 85

EUR680.00

‎ "[SADE Donatien Alphonse François, Marquis de] SADE Renée-Pélagie Cordier de Montreuil, Marquise de" ‎

Reference : 59448

(1777)

‎Billet autographe de reconnaissance de dettes de 48 livres à la présidente de Montreuil.‎

‎" - s.n., s.l. 15 septembre 1777, 17,1x11,1cm, une feuille. - Billet autographe signé de Madame de Sade, dans laquelle cette dernière reconnaît des dettes envers sa mère, Madame la présidente de Montreuil. Un petit trou sans manque de texte. Paraphe du notaire de Sade, Maître Gibert, précisant le nombre de pièces versées au verso du feuillet. Tout au long de sa vie, le Marquis - fastueux et très dépensier - fut criblé de dettes et n'eut de cesse de chercher de l'argent, principalement auprès de ses beaux-parents par l'entremise de sa femme. Provenance : archives de la famille. - Photos sur www.Edition-originale.com - [AUTOMATIC ENGLISH TRANSLATION FOLLOWS] Autographed note signed by Madame de Montreuil Marquise de Sade, in which she acknowledges debts to her mother, the President of Montreuil. A small hole without lack of text. Initial signature of the banker specifying the number of pieces paid on the back of the sheet. Provenance: archives of the family." s.n. s.l. _15 septembre 1777 "17,1x11,1cm" une feuille‎


Le Feu Follet - Paris

Phone number : 01 56 08 08 85

EUR680.00

‎ "[SADE Donatien Alphonse François, Marquis de] SADE Renée-Pélagie Cordier de Montreuil, Marquise de" ‎

Reference : 59651

(1778)

‎Billet autographe de reconnaissance de dettes de trois cents livres à la présidente de Montreuil.‎

‎" - s.n., s.l. 18 janvier 1778, 19x12,7cm, une feuille. - Billet autographe signé de Madame de Sade, dans laquelle cette dernière reconnaît des dettes envers sa mère, Madame la présidente de Montreuil. Un tout petit trou sans gravité. Paraphes du notaire de Sade, Maître Gibert, précisant le nombre de pièces versées au verso de chaque billet. Tout au long de sa vie, le Marquis - fastueux et très dépensier - fut criblé de dettes et n'eut de cesse de chercher de l'argent, principalement auprès de ses beaux-parents par l'entremise de sa femme. Provenance : archives de la famille. - Photos sur www.Edition-originale.com - [AUTOMATIC ENGLISH TRANSLATION FOLLOWS] Autographed note signed by Madame de Montreuil Marquise de Sade, in which she acknowledges debts to her mother, the President of Montreuil. A tiny hole without gravity. Signed by the notary of Sade, Maître Gibert, specifying the number of coins paid on the back of each note. Provenance: archives of the family." s.n. s.l. _18 janvier 1778 "19x12,7cm" une feuille‎


Le Feu Follet - Paris

Phone number : 01 56 08 08 85

EUR680.00

‎ "SADE Donatien Alphonse François, Marquis de & ANONYME" ‎

Reference : 59474

(1790)

‎Liste du Théâtre français et du Théâtre italien‎

‎" - s.d. (circa 1790), 16,20,1cm, 3 pages sur un double feuillet. - Liste de 38 pièces (15 pièces jouées au Théâtre-Français et 23 à la Comédie-Italienne), rédigée sans doute par un secrétaire du Marquis. Annotations, ratures, biffures et corrections de la main du Marquis de Sade. Cette liste correspond à des pièces de théâtre jouées de 1783 à 1785 au Théâtre français (actuel Théâtre de l'Odéon) et au Théâtre italien (connu de nos jours sous le nom d'Opéra-Comique ou Salle Favart). Le Marquis avait pour habitude de se faire envoyer chaque année l'Almanach des spectacles afin de se tenir informé des actualités de la scène parisienne. Ainsi dans une lettre de décembre 1784 à sa femme Renée-Pélagie, il demande : « Liste d'objets dont j'ai besoin. [...] Deux almanachs [...] des spectacles. Les comédies ou tragédies nouvelles de l'année, de l'un et l'autre spectacles. J'en ai d'autant plus besoin cette année, que j'ai prodigieusement travaillé dans l'un et l'autre genre et que je ne puis me passer de ce qui paraît, pour m'instruire et vérifier. ». Toutes les pièces listées dans cet inventaire apparaissent dans les almanachs théâtraux reproduits par Sylvie Dangeville dans son ouvrage Le Théâtre change et représente (Honoré Champion, Paris, 1999). Soucieux de garder un lien avec le monde extérieur, le Marquis commande énormément d'ouvrages, notamment les brochures des pièces théâtrales fraîchement parues. Ainsi en 1775, dans une lettre à la Veuve Duchesne, célèbre libraire-éditrice parisienne, il demande : « Pour l'intelligence du billet ci-joint, Madame Duchesne est priée de jeter les yeux sur l'Almanach des Spectacles, article pièces nouvelles, et en conséquence elle voudra bien remettre au présent porteur tout ce qui [a] été imprimé à l'un ou l'autre spectacle, savoir du Théâtre français depuis l'Hôtellerie ou le faux ami et du Théâtre italien depuis l'Amitié au village, l'un et l'autre inclusivement, si elles sont imprimées ou exclusivement si elles ne le sont pas, jusqu'à l'époque de la clôture des spectacles. Le porteur n'a qu'un louis ; si les pièces montaient à une somme plus forte, Madame Duchesne enverrait d'abord pour cette somme et ferait dire celle qu'il faudrait envoyer le lendemain pour avoir le total. ». Le « billet » dont il est question en début de missive est très vraisemblablement la liste que nous proposons ; les deux titres auxquels fait référence le Marquis y apparaissent. Rare et précieuse liste répertoriant les ouvrages lus par le Marquis au commencement de son incarcération à La Bastille, point de départ de sa production littéraire prolifique. Provenance : archives de la famille. - Photos sur www.Edition-originale.com - [AUTOMATIC ENGLISH TRANSLATION FOLLOWS] List of 15 French and 23 Italian pieces, probably written by a secretary and annotated on the margin by the Marquis. Provenance: archives of the family." _s.d. (circa 1790) "16,20,1cm" 3 pages sur un double feuillet‎


Le Feu Follet - Paris

Phone number : 01 56 08 08 85

EUR2,300.00

‎ "SADE Donatien Alphonse François, Marquis de" ‎

Reference : 59110

(1780)

‎"Lettre autographe à sa femme. Souffrance et philosophie : « si l'on pouvait lire au fond de mon cur, voir tout ce qu'elle y opère cette conduite-là, je crois qu'on renoncerait à l'employer!»"‎

‎" - s.n., s.l. 17 août 1780, 10x16cm, 2 pages sur un feuillet. - « Qu'on punisse tant qu'on voudra, mais qu'on ne me tue pas : je ne l'ai pas mérité [...] Ah ! si l'on pouvait lire au fond de mon cur, voir tout ce qu'elle y opère cette conduite-là, je crois qu'on renoncerait à l'employer ! » Lettre autographe du Marquis de Sade adressée à sa femme. Un feuillet recto verso rédigé d'une écriture fine et serrée. Elle porte en tête la date partielle « ce jeudi 17 ». Deux infimes traces de pliures. La fin de la lettre a été mutilée à l'époque, probablement par l'administration carcérale qui détruisait les passages licencieux de la correspondance du Marquis. Ainsi, quelques mois plus tard, en mars 1781 sa femme lui écrit : « Tu devrais bien, mon tendre ami, réformer ton style pour que tes lettres puissent me parvenir dans leur entier. Si tu dis des vérités, cela offense, aigrit contre toi. Si tu dis des faussetés, on dit : voilà un homme incorrigible, toujours avec la même tête qui fermente, ingrat, faux, etc. Dans tous les cas, ton style ne peut que te nuire. Ainsi réforme-le. ». La lettre été retrouvée telle quelle lors de l'ouverture en 1948 de la malle du Marquis conservée scellée par la famille depuis 1814 et est publiée sous cette forme amputée dans la correspondance du Marquis de Sade. Provenance : archives de la famille. Cette lettre a été rédigée le 17 août 1780, durant l'incarcération du Marquis à la prison de Vincennes. Suite à une énième altercation avec son geôlier, les promenades lui sont interdites depuis le 27 juin et ne lui seront rendues que le 9 mars de l'année suivante. La suppression des sorties affecte très fortement la santé physique et mentale du Marquis qui ne cesse de réclamer à Renée-Pélagie leur rapide rétablissement : « Je vous demande avec la plus vive instance de me faire prendre l'air : je n'y peux plus absolument tenir. » Les souffrances engendrées par ces privations sont prétexte à la mise en place d'une mécanique de culpabilité et de chantage avec sa femme : « Voilà trois jours que j'ai eu des étourdissements affreux, avec le sang qui me porte à la tête à un tel point que je ne sais comment je ne suis pas tombé sur le carreau. Quelqu'un de ces jours, on m'y trouvera mort, et vous en serez responsable, après vous avoir averti comme je le fais et vous avoir demandé les secours dont j'ai besoin pour y obvier. » Le Marquis fait ici intentionnellement jouer la corde sensible de Renée-Pélagie, mettant à rude épreuve ses valeurs chrétiennes et lui assignant le rôle de grande inquisitrice : « Vous pouvez me faire accorder ce que je demande, tout en conservant à votre signal la même force ». On observe, comme dans la lettre de Tancrède, une nouvelle apparition du « signal », qui recouvre ici une toute autre sémantique encore. Composante essentielle de la pensée carcérale du Marquis, ce langage codé comme les interprétations fantasmées des lettres de ses correspondants, alimentent les hypothèses des chercheurs, philosophes, mathématiciens... et poètes biographes. Ainsi Gilbert Lely estime que, loin d'être le symptôme d'une psychose, le recours aux signaux est une « réaction de défense de son psychisme, une lutte inconsciente contre le désespoir où sa raison aurait pu sombrer, sans le secours d'un tel dérivatif ». Absentes de la correspondance durant ses onze années de liberté, ces strates sémantiques sibyllines, « véritable défi à la perspicacité sémiologique » (Lever p.637), réapparaitront dans son journal de Charenton. Cette lettre est d'ailleurs l'occasion pour le Marquis de déployer son panel rhétorique, faisant s'affronter au sein d'une même phrase les antonymes sadiques. « Plaisir » rime ainsi avec « abominable », « cimetière » et « jardin » se superposent, « je souffre » se conjugue comme « je jouis » et la « douceur » côtoie la « noirceur ». La pratique maîtrisée de cet exercice d'éloquence épouse le fond de la pensée sadienne : la souffrance et le plaisir sont intimement mêlés, simultanément subis, infligés et désirés. On entrevoit au travers de ces associations le manichéisme perméable de la pensée philosophique du Marquis, qui atteint son paroxysme à la fin de la lettre, parfaitement perceptible en dépit de son amputation : « Oui je conçois le mal, et je conçois qu'on le fasse ; c'est une perversité de l'homme inévitable à sa nature ; mais je ne conçois que, quand quelque plaisir... ». Or le statut de martyr du Marquis est une véritable mise à l'épreuve de la philosophie de Sade qui légitime la souffrance d'autrui au nom d'une jouissance égoïste. En réalité, malgré la « méchanceté noire » du « sublime arrangement » qu'il subit, Sade loin de renier sa philosophie en l'éprouvant, ne réclame pas une part de plaisir indue, mais la simple considération d'un « besoin extrême ». « Bien loin de demander des plaisirs », le prisonnier justifie au contraire, par une longue argumentation l'absence de satisfaction attendue : « On n'a qu'à m'accorder qu'une demi-heure et seulement trois ou quatre fois par semaine, aussi longtemps que j'aurais dû être sans en avoir, et je vous proteste que je compterai tout ce temps-là, c'est-à-dire depuis l'époque où elles m'ont été ôtées, et tout le temps qu'elles me le seront accordées qu'une demi-heure, que je compterai, dis-je, tout cet intervalle-là comme n'ayant pas dû y aller du tout. » Aussi, cette démonstration alambiquée est-elle capitale pour comprendre la psychologie du Marquis. Sous le joug de ses geôliers - et de sa femme - il se constitue victime consentante, ne réclamant que « les secours » élémentaires : « Soyez bien sûre que je ne demande qu'absolument ce qui m'est nécessaire, et que je souffre mille fois plus d'être obligé de demander que je ne jouis de ce qu'on m'accorde ». La lettre dévoile ainsi une composante aussi essentielle que méconnue de la personnalité du Marquis. Il ne se contente pas- à l'instar des personnages sadiques de ses romans - d'être l'instigateur du vice, mais endosse tout aussi bien la position de la victime à laquelle ne doit être accordée que le droit - et les moyens - de vivre : « Qu'on punisse tant qu'on voudra, mais qu'on ne me tue pas : je ne l'ai pas mérité. » Cette réclamation est à mettre en parallèle avec ses romans à venir, dans lesquels les personnages vulnérables, victimes des tortures les plus inqualifiables, connaissent toujours un bref moment de répit durant lequel leurs bourreaux suspendent leur châtiment. Ces interruptions prennent la forme d'entractes philosophiques, au cours desquels les tortionnaires se font les porte étendards des idées sadiennes. Ce n'est donc pas le Sade persécuteur mais bien un captif blessé qui puisera au cur de sa souffrance carcérale pour fomenter les châtiments des 120 journées de Sodome, comme en témoigne cette fantastique confession prémonitoire : « Ah ! si l'on pouvait lire au fond de mon cur, voir tout ce qu'elle y opère cette conduite-là, je crois qu'on renoncerait à l'employer ! » - Photos sur www.Edition-originale.com - [AUTOMATIC ENGLISH TRANSLATION FOLLOWS] Handwritten letter to his wife. Sufferance and philosophy: ""si l'on pouvait lire au fond de mon cur, voir tout ce qu'elle y opère cette conduite-là, je crois qu'on renoncerait à l'employer !"" August 17, 1780, 10 x 16 cm, loose leaves ""Punish as much as you like, but do not kill me: I did not deserve it [...] Ah! If you could read to the bottom of my heart, see everything that happens there, I think you would give up using it!"" Handwritten letter from the Marquis de Sade addressed to his wife. One recto-verso leaf written in fine, tight writing. It has the partial date at the top ""ce jeudi 17"" ""this Thursday 17th."" Two slight signs of folding. The end of the letter was mutilated at the time, probably by the prison administration which destroyed the Marquis's licentious correspondence. So, several months later, in March 1781 his wife wrote to him: ""My dear, you really must change your style so that your letters can reach me whole. If you give the truth, it offends, turns against you. If you give any untruths, they say: this is an incorrigible man, always with the same head that ferments, ungrateful, false etc. In any case, your style can only harm you. So change it."" The letter was found as it was when, in 1948, the Marquis' trunk, that had been sealed by the family since 1814, was opened and it was published in this reduced form in the correspondence of the Marquis de Sade. Provenance: family archives. This letter was written on 17 August 1780, during the Marquis's incarceration in Vincennes prison. Following the umpteenth altercation with the prison guard, the right to go for a walk was taken away from him on 27 June and was not reinstated until 9 March the following year. The Marquis's physical and mental health is strongly affected by not being able to go out and he constantly begs Renée-Pélagie for the right to be quickly reinstated: ""I urge you to let me get some fresh air: I absolutely cannot take it any longer."" The suffering caused by these deprivations is a pretext for setting up a mechanism of guilt and blackmail with his wife: ""There, three days that I have felt an awful dizziness, with blood rushing to my head so much so that I do not know how I have not fainted. One of these days, they will find me dead and you will be responsible, after having warned you as I do and having asked you for the help which I need to avoid it."" Here, the Marquis is intentionally pulling on Renée-Pélagie's heartstrings, really putting her Christian values to the test and giving her the role of grand inquisitor: ""You can grant me what I ask for, whilst keeping, on your signal, the same strength."" We note, as in Tancrède's letter, a new appearance of ""signal,"" which masks completely different semantics. An essential component of the Marquis's prison mindset, this encoded language, like the fantasised interpretations of his correspondents' letters, feeds the theories of researchers, philosophers, mathematicians... and poet biographers. As such, Gilbert Lely estimates that, far from being symptomatic of psychosis, the return to signals is ""his psyche's defence reaction, a sub-conscious struggle against despair where, without the help of such a distraction, his motivation could have declined."" Missing from his correspondence during his eleven years of freedom, these enigmatic semantic depths, ""a real challenge to semiological judgement"" (Lever p.637), reappear in his Charenton magazine. This letter is also an opportunity for the Marquis to deploy his rhetorical panel, confronting the sadistic antonyms in the same sentence. ""Pleasure"" is synonymous with ""abominable"" ""revolting,"" ""cemetery""and ""garden"" are superimposed, ""I suffer"" is conjugated as ""I enjoy"" and ""softness"" stands alongside ""darkness."" The mastered practice of this eloquence exercise is united with the depths of Sadian thought: sufferance and pleasure are closely mixed, simultaneously endured, inflicted and desired. Through these associations, we glimpse the sensitive Manicheism of the Marquis's philosophical thought, which reaches its climax at the end of the letter, perfectly clear despite having a part missing: ""Yes, I perceive evil, and I perceive that it is done; it is an inevitable perversity of man; but I only perceive when some pleasure..."" Yet the Marquis's status as a martyr is a real test of Sade's philosophy that justifies the suffering of others in the name of selfish pleasure. In reality, despite the ""black wickedness"" of the ""sublime arrangement"" ""sublime arrangement"" to which he is subjected, Sade, far from denying his philosophy by experiencing it, does not claim a single part of the unwarranted pleasure, but the mere consideration of an ""extreme need."" ""Far from asking for pleasures,"" on the contrary, the prisoner justifies the lack of expected satisfaction through a lengthily argument: ""They only have to grant me a half hour and only three or four times per week, such a long time that I should have to be without it. I tell you that I will count all of this time, that is to say, the time since it was taken away from me and all the time when I only had half an hour, I will count, I tell you, all of this time as not having to go out at all."" Also, this convoluted demonstration is essential to understand the Marquis's behaviour. At the hands of his jailers - and his wife - he makes himself a willing victim, only asking for ""basic help"": ""Be sure that I am only asking for what is absolutely necessary and that I am suffering a thousand times more for having to ask than I enjoy what is granted to me."" The letter uncovers an element as essential as it is unknown about the Marquis's personality. He is not content - following the example of the Sadian characters in his novels - to be the instigator of the defect, but he takes on the position of the victim to whom only the right - and the means - to live must be granted: ""Punish as much as you like, but do not kill me: I did not deserve it"". This demand is to be compared with his future novels, in which the vulnerable characters, victims of the most unspeakable tortures, are always granted a brief moment of respite during which their executioners suspend their punishment. These interruptions take the form of philosophical intervals, during which the torturers are the standard bearers of Sadian ideas. Therefore, it is not the Sade persecutor but a wounded captive who will draw on the heart of his prison sufferance to incite the punishments of the 120 Journées de Sodome, as evidenced by this fantastic premonitory confession: ""Ah! If you could read to the bottom of my heart, see everything that happens there, I think you would give up using it!"" " s.n. s.l. _17 août 1780 10x16cm 2 pages sur un feuillet‎


Le Feu Follet - Paris

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‎ "SADE Donatien Alphonse François, Marquis de" ‎

Reference : 67594

(1790)

‎Enveloppe rédigée de la main du Marquis de Sade‎

‎" - Paris s.d., 10x6cm, une enveloppe. - Enveloppe rédigée de la main du Marquis de Sade destinée à sa femme Renée-Pélagie née Cordier de Launay de Montreuil, Marquise de Sade. Epouse fidèle et dévouée tout au long de l'incarcération de son mari qu'elle quitta à sa libération, la mystérieuse Madame de Sade inspira Yukio Mishima pour sa pièce éponyme. Provenance : archives de la famille. - Photos sur www.Edition-originale.com - [AUTOMATIC ENGLISH TRANSLATION FOLLOWS] Envelope written by the hand of the Marquis de Sade for his wife Renée-Pélagie born Cordier de Launay de Montreuil, Marquise de Sade. Faithful and devoted wife throughout the incarceration of her husband she left at his release, the mysterious Madame de Sade inspired Yukio Mishima for his eponymous play. Provenance: family archives." Paris _s.d. 10x6cm une enveloppe‎


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‎ "SADE Donatien Alphonse François, Marquis de" ‎

Reference : 59364

(1783)

‎Lettre autographe inédite à sa femme. L'oeil du Marquis : « ... et suis-je donc ici pour des années ? Adieu je suis au désespoir.»‎

‎" - s.n., s.l. s.d. (février 1783?), 11,7x19,1cm, Une page sur un feuillet remplié. - Lettre autographe inédite de Donatien Alphonse François de Sade rédigée d'une écriture fine et serrée sur une page adressée à sa femme. Deux petites brûlures causant la perte de quelques lettres en haut du premier feuillet. Adresse de Madame de Sade à Paris sur la quatrième page. Provenance?: archives de la famille. Sans date, cette lettre a été rédigée au début du mois de février 1783, durant l'incarcération du Marquis à la prison de Vincennes. Cette lettre pleine de douleur physique et morale est écrite depuis la cellule enfumée du Donjon dans lequel est consigné Monsieur le 6, interdit de visites depuis plus de deux mois et souffrant de cécité partielle et de terribles maux de tête. En apparence décousue, mêlant remerciements, plaintes, supplications et reproches, cette lettre d'amour autant que de haine, révèle la très grande faiblesse du prisonnier en cette période charnière de sa vie carcérale. C'est en effet exactement à cette période que prend forme dans sa tête malade l'univers littéraire unique du Marquis de Sade. «?J'ai reçu la lettre du docteur et je vous en remercie, j'y répondrai quand je pourrai onque ma tête le pourra.?» C'est au commencement de l'année 1783 que le Marquis subit d'importantes inflammations oculaires ; il perdra presque totalement l'usage de ses yeux de janvier à juillet 1783. Sade rédigera un rapport détaillé de ses maux dans un précieux document intitulé Journal de mon il. Concernant ses céphalées, il écrit dans son Journal pour le mois de février?: «?Le 9 souffrant horriblement, j'eus nuit bonne mais de grandes douleurs de tête. Le 10 si mal à la tête que je ne pus me lever qu'à trois heures.?» C'est d'ailleurs cette unique allusion à des maux de tête qui nous permet de dater précisément cette lettre. Le «?docteur?» dont il est ici question n'est autre qu'Henri Grandjean, chirurgien-oculiste du roi et de la famille royale, envoyé examiner le prisonnier à la suite de ses instantes demandes?: «?Je vous prie de m'envoyer un médecin oculiste, et le meilleur de Paris.?» (Lettre à Renée-Pélagie du 4 février 1783). Le Marquis est alors très anxieux à l'idée de perdre la vue, comme le trahit la très fréquente répétition du verbe voir à quelques lignes d'intervalle?: «?me venir voir?», «?si je les vois?» ou encore «?si vous me voyiez?». C'est cependant sous l'effet de cette cécité naissante et des douleurs afférentes, qui le privent de toute distraction et le contraignent à l'inertie, que Sade commence à imaginer ses futures odyssées érotiques comme il le confessera quelques mois plus tard dans une lettre d'avril 1783?: «?Mon il est toujours le même, et on est très éloigné de penser même à me le guérir [...]. Au reste, je m'en occupe moins, je lis moins, je travaille moins, et ma tête erre sur autre chose avec une force si prodigieusement plus vive, qu'en réalité, à l'inconvénient près qu'il est fort grand, je serais presque tenté de n'en être pas fâché?! Je l'avais toujours bien entendu dire, qu'un sens affecté triplait la force de l'imagination, et je l'éprouve. Ça m'a fait inventer une singulière règle de volupté. C'est que je suis très persuadé que l'on parviendrait à rendre les plaisirs de l'amour au dernier degré de force possible, en amortissant un ou deux sens, et même plus, chaque fois qu'on veut jouir.?» Mais pour l'heure, le Marquis, encore loin de cette introspection fertile, est submergé par l'omniprésente souffrance qui semble le maintenir dans un état de grande confusion. Affaibli par cette violente affliction, Sade, «?à bout?», cède «?au désespoir?», et quittant la posture virulente qui lui est coutumière, devient une victime impuissante, soumise à la cruauté du clan des Montreuil?: «?N'obtiendrais-je donc jamais la plus légère faveur des bourreaux qui vous entourent ne sont-ils donc pas encore las de me persécuter, pour moi je le suis bien de souffrir. Eh mon Dieu je suis à bout.?» Cette supplique semble préfigurer les longues plaintes de la future Justine qui, cible du mauvais sort et des plus abominables châtiments, se laisse aller aux lamentations. À l'instar de son héroïne, Sade met à nu une faiblesse non feinte, marquée par l'étonnante litanie vocative «?Eh mon dieu?». Blessé tant physiquement que moralement, il s'en prend à Renée-Pélagie, qui malgré l'interdiction (depuis le 28 novembre 1782) de visiter son mari et son entrée au couvent de Sainte-Aure, continue à lui être fidèle et à correspondre avec lui. Cependant, ces échanges assidus semblent, mystérieusement faire enrager le Marquis?: «?Laissez-moi respirer au nom de Dieu au moins quinze jours, sans m'accabler comme vous faites de coups de poignards sur coups de poignards.?» Dans les rares lettres de Renée-Pélagie subsistantes à cette époque, il n'y a pourtant nulle trace d'animosité ou d'«?exécrables lettres?», et «?les poignards?» sont plus vraisemblablement l'expression de sa souffrance paranoïaque. On assiste d'ailleurs ici à un bipolarisme flagrant, où l'on devine un Sade partagé entre la souffrance physique provoquée par sa maladie et le manque moral causé par la suspension des visites?: «?Je voudrais ajouter à cela que si vous pouviez obtenir de me venir voir vers le commencement du carême, le plus grand service que vous pourriez me rendre serait de m'apporter vous-même les affaires-là qui me ferait mourir si je les vois venir sans vous.?» Pour échapper à la folie, il met en place un calendrier relativement précis comme en témoignent les repères temporels abondants de cette lettre?: il demande la tranquillité «?jusqu'au premier mars?», c'est-à-dire «?au moins quinze jours?», ce qui amènerait une possible visite de sa femme «?vers le commencement du carême?» soit à «?[l']époque du 1er mars?», visite qu'il pourra néanmoins attendre «?jusqu'en 8?». Mais l'agenda rassurant de ses visites conjugales se dissout soudain dans une temporalité effrayante, où se font écho la conscience précise du temps écoulé «?depuis six ans que je souffre?», et l'incertitude de l'avenir carcéral?: «?Suis-je donc ici pour des années???» Dès lors, le Marquis de Sade, aristocrate malchanceux en instance de libération et qui consacrait toute son énergie à cette seule finalité, devient pensionnaire attitré du donjon de Vincennes. Et de cette nouvelle posture naîtra bientôt la possibilité d'accéder à une liberté plus vaste que celle vainement espérée sa vie durant?: l'écriture. Une des rares lettres intimes encore inédites du Marquis de Sade. - Photos sur www.Edition-originale.com - [AUTOMATIC ENGLISH TRANSLATION FOLLOWS] SADE Donatien Alphonse François, Marquis de Unpublished autograph letter to his wife. L'il du Marquis: ""... et suis-je donc ici pour des années? Adieu je suis au désespoir."" N. p. [Vincennes Castle] n.d. [February 1783?], 117 x 191 mm (4 5/8 x 7 1/2 ""), one page on a folded leaf ""What monster, oh dear God, what monster breathes these lazy expressions that you use and am I then here for years to come? Farewell, I am at the edge of despair."" Unpublished autograph letter by Donatien Alphonse François de Sade written in a fine and close hand on one page addressed to his wife. Madame de Sade's Paris address to fourth page. Two small burns with loss of a few letters to top of first leaf. Undated, this letter was written at the beginning of February 1783 during the Marquis' incarceration in the prison at Vincennes. The letter, full of both physical and emotional pain, was written from the locked cell in the dungeon to which 'Monsieur le 6' was confined, denied visits for over two months and suffering from partial blindness and terrible headaches. Apparently rambling, the letter is a mixture of thanks, complaints, supplications and reproaches, and is as much a love letter as a letter of hate, revealing the terrible vulnerability of the prisoner during this transitional period of his incarceration. It was in fact precisely during this period that the unique literary universe of the Marquis de Sade took shape in his sick head. ""I received the doctor's letter and I thank you for it, I shall reply if ever my head allows me."" It was at the beginning of 1783 that the Marquis suffered from significant swelling to his eyes; he lost the use of his eyes almost completely from January to July 1783. Sade wrote a detailed report of his illnesses in an important record entitled Diary of my Eye. As for his headaches, he writes in his Diary for February: ""9th, suffering terribly, I had a good night but strong headaches. The 10th it was so bad with my head that I couldn't get up till three"". It is, by the by, this sole allusion that allows us to date the letter. The ""doctor"" mentioned here is none other than Henri Grandjean, the King's surgeon and eye doctor, and that of the royal family, sent to examine the prisoner following his insistent demands: ""Please send me an eye doctor, the best in Paris"" (letter to Renée-Pélagie, 4 February 1783). The Marquis was very concerned at the time at the prospect of losing his sight, as we can see by his frequent use of the verb ""to see"" every few lines: ""come see me"", ""if I see them"" and ""if you could see me"". It was nonetheless while suffering from the onset of this blindness and various pains that deprived him of all other distractions and confined him to inactivity that Sade began to conceive his future erotic Odysseys, as he would note in a letter a few months later, in April 1783: ""My eye is unchanged, and even the prospect of a cure seems to be very far off...Thus I am less occupied, I read less and work less, and my mind wanders to other things with a force so prodigiously more lively that, really, however grave the inconveniences I am faced with, I am almost tempted not to mind. I've always heard it said that when one of the senses is diminished, it triples the power of the imagination, and I am the living proof. It has made me come up with a singular rule of sensual pleasure. I am deeply convinced that one can whip up the pleasure of love to the utmost possible extent in shutting down one or two of the senses, or even more, each time one wants to climax."". But at the time, the Marquis, still far from this fruitful introspection, is overwhelmed by the ever-present suffering that seems to keep him in a state of profound confusion. Weakened by this violent affliction, Sade is ""at the edge"" of imminent ""despair"" and, stepping out of the virile pose that he usually adopts, becomes a powerless victim, subject to the cruelty of the Montreuil clan.: ""Will I never gain the slightest favor from the executioners who surround you, are they not tired of persecuting me? As for me, I am tired of suffering. Oh, God, I'm exhausted."" This supplication seems to prefigure the long complaints of the future Justine who, the victim of an unfortunate fate and the most appalling punishments, allows herself to fall into lamentation. Like his heroine, Sade here displays an unfeigned vulnerability, marked by the extraordinary vocative litany of ""Oh, God"". Wounded as much emotionally as physically, he turned to Renée-Pélagie who, despite the ban on visiting her husband (in place since 28 November 1782), and her entering the convent of Sainte-Aure, continued to be faithful to him and to correspond with him. Nonetheless, these dutiful exchanges seem to make the Marquis peculiarly angry: ""Let me breathe for two weeks at least, in the name of God, without harassing me like you do with dagger blow upon dagger blow."" In the rare extant letters from Renée-Pélagie from this period, there is, however no trace of animosity or of ""execrable letters"" or ""daggers"", which more probably reflect an expression of Sade's paranoia. We can also see on display here an obviously bipolar personality, which reveals a Sade divided between the physical suffering brought on by his illness and an emotional suffering caused by the prohibition on visits. ""I wanted to add that if you could arrange to come and see me before the beginning of Lent, the greatest service you could do me would be to bring yourself the things that would make me die if I saw them arrive without you"". To avoid going mad, he put together a relatively detailed calendar, as the numerous references to time in his letter attest. He wants peace ""until the first of March"", which is to say ""at least two weeks"", which would put a potential visit from his wife off until ""about the start of Lent"" or in other words ""around the first of March"", but which could potentially be pushed ""until the 8th"". But the reassuring calendar of these conjugal visits suddenly dissolves in a frightening sense of time where the precise awareness of the time that's gone by ""in the six years that I've suffered"" echoes, as well as the uncertainty of his future in prison. ""Am I then here for years to come?"" From then on, the Marquis de Sade, an aristocrat nonetheless hapless when it came to his liberation, and who devoted all his energies to this one goal, became a permanent resident of the dungeon at Vincennes. And from this new attitude was to come, not much later, the possibility of finding a far greater liberty than the one he longed for most of his life: writing. One of the rare intimate letters of the Marquis de Sade that remains unpublished. Provenance: family archives." s.n. s.l. _s.d. (février 1783?) "11,7x19,1cm" Une page sur un feuillet remplié‎


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‎ "SADE Donatien Alphonse François, Marquis de" ‎

Reference : 59108

(1781)

‎Lettre autographe à sa femme. Hommages à la Présidente : « Faire noyer vive l'exécrable coquine qui depuis neuf ans (...) suce mon sang... »‎

‎" - s.l. (Vincennes) s.d. (circa 1781), 15,7x20,1cm, une feuille. - Lettre autographe, non signée, du Marquis de Sade adressée à sa femme. Une page rédigée à l'encre, écriture serrée sur 31 lignes. Cette lettre a été publiée dans la correspondance du Marquis de Sade. Provenance?: archives de la famille. Cette lettre a été rédigée lors de l'incarcération de Sade à Vincennes, probablement en avril 1781, si l'on en croit les quelques repères temporels évoqués par le rédacteur lui-même. Le Marquis parle en effet de la fin de l'«?exil de Marseille?», faisant ainsi référence à la décision de la cour d'Aix-en-Provence qui, le 14 juillet 1778, casse le jugement pour débauche et libertinage, mais lui interdit d'habiter ou de fréquenter la cité phocéenne pour une durée de trois ans. Sade revient en outre sur l'un des épisodes marquants de sa vie, sa cavale italienne, qui eut lieu entre janvier et novembre 1776?: «?il valait autant me tuer tout d'un coup ou me laisser dans le pays étranger quand j'y étais?». Le Marquis évoque également «?l'étonnante faveur?» qui lui est faite «?de changer de bercail?», c'est-à-dire sa possible translation au fort de Montélimar. En avril 1781, Madame de Sade obtient du Roi, par l'intermédiaire de son amie Madame de Sorans, l'autorisation que son mari soit transféré à la prison montilienne. Le Marquis explique dans la lettre?: «?je trouve qu'il faut être d'une belle impudence pour oser écrire à un malheureux qui souffre depuis neuf ans [...] de remercier bien humblement la personne qui lui obtint l'étonnante faveur de changer de bercail?». Sade fait sans doute ici référence à cette fameuse Madame de Sorans, dame de compagnie de la sur de Louis XVI et amie de sa femme qui, par esprit romanesque, acceptera d'intercéder en sa faveur auprès du Roi. C'est au commissaire Le Noir, cité dans cette lettre, que Renée-Pélagie laisse le soin d'annoncer la nouvelle au détenu?: «?Ah je vois ce que c'est à présent que votre belle visite de M. Lenoir, je suis accoutumé à le voir en milieu de mes détentions.?» Bien que, comme le souligne Pauvert (in Sade vivant), ce changement de «?bercail?» occupe grandement les pensées du Marquis et ses lettres, ce dernier n'y sera jamais envoyé, préférant rester dans les geôles du donjon de Vincennes. Sade est enfermé depuis maintenant plusieurs années et cette lettre tout en mouvements trahit sa soif de liberté. Cette lettre a été rédigée au moment où Madame de Sade s'est retirée au couvent Sainte-Aure. Si elle appréhende cette retraite comme une libération du carcan marital, le Marquis est quant à lui obsédé par l'idée de sa sortie et évoque d'ailleurs une possible date de libération?: octobre 1783. Cette longue incarcération commencée en 1777 durera pourtant jusqu'en avril 1790, date de l'abolition des lettres de cachet. Les visites de Madame de Sade ne seront quant à elles rétablies par l'administration carcérale que le 13 juillet 1781, après quatre ans et cinq mois de séparation. Plusieurs des grands thèmes de la correspondance sadienne transparaissent déjà dans cette lettre des premières années de détention. Tout d'abord, la haine éprouvée à l'encontre de sa belle-mère, la Présidente de Montreuil, cette «?exécrable coquine qui [lui] suce [le] sang [...] déshonore [ses] enfants [qui] n'est pas encore rassasiée de faire des horreurs et des platitudes?» et qu'il a le désir «?de faire noyer vive?». Le Marquis s'y plaint en outre de sa mauvaise condition physique?: «?la tête me tourne et je n'ai pas besoin dans l'état où je suis d'une augmentation de chagrin?» et utilise des épithètes toutes sadiennes pour exprimer son désespoir?: «?un malheureux qui souffre depuis neuf ans?», «?qu'ai-je fait grand dieu qu'ai-je fait pour souffrir depuis douze ans?». - Photos sur www.Edition-originale.com - [AUTOMATIC ENGLISH TRANSLATION FOLLOWS] SADE Donatien Alphonse François, Marquis de Autograph letter to his wife. Hommages à la Présidente: ""Faire noyer vive l'exécrable coquine qui depuis neuf ans [...] suce mon sang..."" N. p. [Vincennes Castle] n. d. (circa 1781), 157 x 201 mm (6 3/16 x 7 15/16 ""), single leaf ""The more I think about it, however, the more I think you have to have quite a nerve to dare write to a poor suffering unfortunate..."" Autograph letter unsigned from the Marquis de Sade to his wife. One page, closely written in ink on 31 lines. This letter was written during Sade's imprisonment at Vincennes, probably in April 1781, if one is to believe the occasional indicators of date referenced by the writer. Sade mentions the end of his ""exile from Marseilles"", referring to the decision of the court in Aix-en-Provence to overturn his conviction for debauchery and libertinage on the 14 July 1778, but which nonetheless banned him from living in or visiting Marseilles for three years. Sade also mentions one of the defining episodes of his life, his flight to Italy between January and November 1776: ""they may as well have killed me straight off as left me in that foreign country where I was."" Sade also mentions the ""amazing favor"" that befell him of ""moving house"", which is to say his potential transfer to the fort at Montélimar. In April 1781, Madame de Sade, through the good offices of her friend Madame de Sorans, got authorization from the King for her husband to be transferred to the prison there. Sade explains in the letter: ""I think you have to have quite a nerve to dare write to a poor suffering unfortunate who has been beset these nine years...telling him to thank, ever so humbly, the woman who obtained for him the amazing favor of moving house."" Sade is here no doubt referring to the famous Madame de Sorans, a lady of Louis XVI's sister's bedchamber and a friend of his wife's who, out of a spirit of adventure, accepted the task of petitioning the King in his favor. It was to Commissioner Le Noir, referenced in this letter, that Renée-Pélagie left the task of breaking the news to the prisoner: ""Ah, I see now what this nice little visit by M. Lenoir means, I'm used to seeing him in the middle of my incarcerations."" Despite the fact that, as Pauvert points out in Sade vivant, this change of ""house"" occupied the Marquis' thoughts to a large extent, he was never actually moved, preferring to stay in the gaols of the keep at Vincennes. At this point, Sade had been imprisoned for several years and this letter, full of movement, reveals his thirst for freedom. This letter was written when Madame de Sade withdrew to the convent at Sainte-Aure. If she saw this act as a liberation from the yoke of her marriage, the Marquis for his part was obsessed by the idea of his own liberation and mentions a potential date: October 1783. His long incarceration, which began in 1777, would last till April 1790, when lettres de cachet were abolished. Madame de Sade's visits were not reauthorized by the prison authorities until 13 July 1781, after four years and five months of separation. Several important themes in Sade's correspondence already appear in this letter from his first years in prison. First of all, his hatred for his mother-in-law, the Présidente de Montreuil, an ""execrable wretch who drinks [my] blood...disgraces [her] children, who has not yet done scattering her horrific deeds and platitudes"" and whom he would like to ""drown alive"". The Marquis also complains of his poor physical health: ""my head spins and in my condition I hardly need any more misery"", using very Sadean epithets to express his despair. ""A poor suffering unfortunate who has been beset these nine years""; ""what have I done, what have I done dear Lord, to suffer for twelve years?"". Provenance: family archives. " s.l. |(Vincennes) _s.d. (circa 1781) "15,7x20,1cm" une feuille‎


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‎ "SADE Donatien Alphonse François, Marquis de" ‎

Reference : 59363

(1781)

‎Lettre autographe à sa femme. Le sot témoin : «C'est un bien sot personnage que celui du témoin [...] rien dans l'univers pourrait m'engager à jouer un tel rôle»‎

‎" - s.n., s.l. [Prison de Vincennes] s.d. (mars 1781), 15,9x20,1cm, Un feuillet recto-verso. - Lettre autographe censurée de Donatien Alphonse François de Sade rédigée d'une écriture fine sur deux pages adressée à sa femme Renée-Pélagie. Plusieurs soulignements, ratures et biffures. Sans date, cette lettre a été rédigée au début du mois de mars 1781 à la prison de Vincennes. La fin de la lettre a été mutilée à l'époque, probablement par l'administration carcérale qui détruisait les passages licencieux de la correspondance du Marquis. La lettre été retrouvée telle quelle lors de l'ouverture en 1948 de la malle du Marquis conservée scellée par la famille depuis 1814 et est publiée sous cette forme amputée dans la correspondance du Marquis de Sade. Provenance?: archives de la famille. Cette lettre relate l'une des grandes obsessions carcérales de Sade?: prendre l'air. «?J'ai un besoin d'être à l'air qui est au-dessus de tout ce qu'il est possible d'imaginer.?» Heureux hasard, les promenades - interdites depuis de 27 juin 1780 - lui seront rendues quelques jours après la rédaction de cette missive, le 9 mars 1781 soit après trente-six semaines de suspension. Pour lors, le Marquis est toujours consigné dans son «?espèce de cachot?» et s'apitoie sur son sort, ne manquant pas au passage de culpabiliser sa femme?: «?j'ai un besoin étonnant d'air, et je ne passerai sûrement pas l'été sans y succomber, si on ne me le fait pas respirer davantage ce printemps?». Loin de demander une promenade comme à son habitude, le Marquis dans cette requête implicite, souligne la nécessité physiologique que revêt sa demande?: «?S'il m'était seulement possible de respirer l'air trois ou quatre heures par jour sur le haut de la tour, je serais content, preuve que ce n'est pas le stérile plaisir d'une promenade dans un cimetière qui me tente, mais le besoin essentiel de respirer.?» La lettre s'enchaîne sur le deuxième grand sujet de la vie pénitentiaire sadienne?: les visites de Renée-Pélagie. «?Le premier objet de votre lettre auquel je réponds est celui où vous me proposez de me venir voir. Vous ne pouvez certainement rien me proposer de plus agréable et de plus fait pour apporter quelque consolation dans ma malheureuse situation.?». Le Marquis se plaît même à imaginer le rétablissement d'une vie de couple adaptée aux contraintes de la vie carcérale?: «?Vous devriez, si vous obtenez cela, venir prendre une petite maison pour votre été à Vincennes.?» Madame de Sade n'a pas eu l'autorisation de voir son mari depuis son arrestation et leurs entrevues ne seront rétablies qu'à partir du mois de juillet 1781, c'est-à-dire près de 4 ans et œ après son incarcération et seulement en présence du commis de police Boucher. La perspective d'une rencontre chaperonnée déplaît fortement à Sade?: «?Vous devriez, si vous obtenez cette permission, tâcher d'abord de l'obtenir sans témoin, car ces visites avec un témoin sont d'une gêne et d'un ennui mortels?: et d'ailleurs, vous en conviendrez, c'est un bien sot personnage que celui du témoin. Il doit être bien persuadé qu'on le maudit, et que le diable m'emporte si d'après cette certitude-là, rien dans l'univers pourrait, m'engager à jouer un tel rôle.?» L'irruption du champ lexical théâtral, genre littéraire fétiche du Marquis, dans cette lettre («?personnage?», «?jouer un tel rôle?») montre ici la perméabilité entre la fiction et la réalité et peut être appréhendée en regard de son uvre future. En effet, dans les romans à venir, les personnages de voyeurs seront investis d'un rôle primordial?: sans eux, l'acte sadique n'a pas d'existence légitime. Ainsi Justine, personnage principal du roman éponyme, occupe-t-elle une place centrale ; spectatrice inopinée des pires infamies (pédophilie, pédérastie...) elle se fait la complice du lecteur, mais aussi le double de Sade, comme le souligne Bernard Noël?: «?Justine n'est pas seulement la ""complice"" de Sade?: elle est Sade...?» (in Jean Paulhan, Le Marquis de Sade et sa complice, Éditions complexes, 1987). Le Marquis, à travers les plaintes exprimées dans cette lettre, esquisse déjà cette relation complexe au témoin, sujet tour à tour adjuvant et opposant. Assimilé à un délateur émissaire du pouvoir, il devient fantasmatiquement le représentant de la plus haute autorité inquisitrice?: la Présidente de Montreuil. «?Je n'ai point de secret d'État à vous confier. Le Gouvernement, en dépit de Madame votre mère, n'est rien dans cette affaire-ci. Je ne vois pas, d'après cela, pourquoi gêner aussi cruellement dans de telles visites un mari et une femme qui n'ont à parler que de leurs simples affaires.?» Ce spectre omniprésent de la belle-mère refait surface dans la lettre lorsque le Marquis évoque le fonctionnement de «?la maison?», appellation pittoresque désignant la prison. Il rapporte avec précision à sa correspondante ses observations quant au fonctionnement du système de blanchisserie?: «?Il semble exactement que ce soit une femme de charge qui gronde des valets de ce qu'ils négligent le linge qu'on leur prête?: multiplicité de petites insolences autorisées par l'ingénieux Bailli, lequel est visiblement soudoyé par la présidente pour accumuler à chaque instant en façon de signaux toutes ces petites infamies-là.?» Ainsi la Présidente de Montreuil se trouve-t-elle mêlée à une anecdote du quotidien pénitentiaire et est une fois encore à l'origine de la transmission d'un funeste signal. Composante essentielle de la pensée carcérale du Marquis, ce langage codé comme les interprétations fantasmées des lettres de ses correspondants, alimentent les hypothèses des chercheurs, philosophes, mathématiciens... et poètes biographes. Ainsi Gilbert Lely estime que, loin d'être le symptôme d'une psychose, le recours aux signaux est une «?réaction de défense de son psychisme, une lutte inconsciente contre le désespoir où sa raison aurait pu sombrer, sans le secours d'un tel dérivatif?». Absentes de la correspondance durant ses onze années de liberté, ces strates sémantiques sibyllines, «?véritable défi à la perspicacité sémiologique?» (Lever p. 637), réapparaîtront dans son journal de Charenton. La fin de la lettre a été mutilée, à l'instar de beaucoup de missives envoyées à cette époque. Ces amputations sont le fait de la censure pénitentiaire qui supprimait systématiquement et minutieusement les passages licencieux ou injurieux. Ainsi, justement en mars 1781, Renée-Pélagie conseille à son époux?: «?Tu devrais bien, mon tendre ami, réformer ton style pour que tes lettres puissent me parvenir dans leur entier. Si tu dis des vérités, cela offense, aigrit contre toi. Si tu dis des faussetés, on dit?: voilà un homme incorrigible, toujours avec la même tête qui fermente, ingrat, faux, etc. Dans tous les cas, ton style ne peut que te nuire. Ainsi réforme-le.?» - Photos sur www.Edition-originale.com - [AUTOMATIC ENGLISH TRANSLATION FOLLOWS] Handwritten letter to his wife: ""The Foolish Witness"" [Vincennes Prison] n. d. [March 1781], 15,9 x 20,1 cm, one recto-verso leaf Handwritten, censored letter by Donatien Alphonse François de Sade, written in fine writing across two pages addressed to his wife Renée-Pélagie. A number of examples of underlinings, crossing-out and erasing. Without a date, this letter was written in early March 1781 in Vincennes prison. The end of the letter was mutilated at the time, probably by the prison administration which destroyed the Marquis' licentious correspondence. In 1948 the letter was found as it was when the Marquis' trunk, which had been sealed by the family since 1814, was opened; it was published in this reduced form as part of the Marquis de Sade's correspondence. Provenance: family archives. This letter deals with one of Sade's great prison obsessions: having fresh air. ""My need to be out in the fresh air is above everything that I can imagine. A fortunate coincidence, walks - which had been forbidden since 27 June 1780 - were returned to him several days after writing this missive, on 9 March 1781, after having been suspended for thirty-six weeks. During that time, the Marquis is held always in his 'kind of dungeon' and wallows in self-pity, not missing the opportunity to blame his wife: 'I have a surprising need for fresh air, and I will certainly not spend the summer without succumbing to it, if you do not make me breathe more this spring?'. Far from asking for a walk as was his norm, in this implicit request the Marquis highlights the physiological necessity of this request: 'If it was only possible for me to breathe fresh air for three or four hours per day from the top of the tower, I would be happy, proof that it is not the sterile pleasure of a walk in the cemetery that appeals to me, but the essential need to breathe.'"" The letter continues onto the second big topic of Sade's life in prison: Renée-Pélagie's visits. ""The first point in your letter to which I reply is the one where you suggest coming to see me. You could certainly not have suggested anything better and furthermore bring some consolation to my unfortunate situation."" The Marquis even likes to imagine reinstating life as a couple, adapted to the constraints of life in prison: ""You should, if you get it, come and take a little house for your summer in Vicennes. Madame de Sade had not been authorized to see her husband since his arrest and their meetings would only be reinstated in July 1781, namely almost 4 œ years after his imprisonment and only in the presence of the Boucher police clerk. The prospect of a chaperoned meeting was not at all pleasing for Sade: ""You should, if you get permission, first try to get it without a witness, because these visits with a witness are a deadly embarrassment and a nuisance: and besides, you will agree, the character of the witness is that of a foolish one. He must be convinced that he is cursed, and that the devil take me so by this certainty, nothing in the universe could commit me to play such a role?"" The sudden use of theatrical language, the Marquis' favourite literary genre, in this letter (""character, play such a role?"") demonstrates the permeability between fiction and reality and an understanding in regard to his future work. Indeed, in novels to come, the voyeur's characters will be vested with a primordial role: without them, the sadistic act has no legitimate existence. Thus, Justine, the main character of the eponymous novel, has a central role; unexpected spectator of the worst infamies (paedophilia, pederasty...) she becomes the reader's accomplice, but also Sade's double, as Bernard Noël highlights: ""Justine n'est pas seulement la ""complice"" de Sade: elle est Sade..."" ""Justine is not only Sade's ""accomplice: she is Sade..."" (in Jean Paulhan, Le Marquis de Sade et sa complice, Éditions complexes, 1987). Through his complaints expressed in this letter, the Marquis already sketches out this complex relation to the witness, a subject who is both adjuvant and opponent. Likened to an emissary of power, he phantasmically becomes the representative of the highest inquisitive authority: the President of Montreuil. ""I have no State secret to confide in you. The Government, despite Madame you mother, has nothing to do with this business. I do not see, from this, why such visits between a husband and a wife who have nothing to talk about but their simple affairs, should be so cruelly disturbed.""This omnipresent ghost of the mother-in-law resurfaces in the letter when the Marquis alludes to the functioning of ""the house"", the picturesque name for the prison. He reports his precise observations on the functioning of the laundry system to his correspondent: ""It seems exactly as if there is there is a woman in charge who tells the valets off for neglecting the laundry they are given: an abundance of small insolences authorised by the ingenious Bailli, the one who is obviously bribed by the president to constantly accumulate all these little infamies by way of signals. ""As such the President of Montreuil finds herself involved in an anecdote of daily prison life and is once again responsible for giving out a harmful signal. An essential component of the Marquis' prison mindset, this encoded language, like the fantasised interpretations of his correspondents' letters, feeds the theories of researchers, philosophers, mathematicians... and poet biographers. As such, Gilbert Lely estimates that, far from being symptomatic of psychosis, the return to signals is a ""réaction de défense de son psychisme, une lutte inconsciente contre le désespoir où sa raison aurait pu sombrer, sans le secours d'un tel dérivatif"" ""reaction of his psyche's defence, a sub-conscious struggle against despair where, without the help of such a distraction, his motivation could have declined."" No present in his correspondence during his eleven years of freedom, these enigmatic semantic depths, ""a real challenge to semiological judgement"" (Lever p. 637), reappear in his Charenton diary."" The end of the letter was mutilated, like many of the missives sent in this era. These removed sections are the result of the prison censorship that systematically and meticulously removed licentious or abusive passages. Thus, rightly in March 1781, Renée-Pélagie advises her husband: ""My dear, you really must change your style so that your letters can reach me whole. If you give the truth, it offends, turns against you. If you give any untruths, they say: there is an incorrigible man, always with the same head that ferments, ungrateful, false etc. In any case, your style can only harm you. So change it."" " s.n. s.l. [Prison de Vincennes] _s.d. (mars 1781) "15,9x20,1cm" Un feuillet recto-verso‎


Le Feu Follet - Paris

Phone number : 01 56 08 08 85

EUR11,800.00

‎( OPHTALMOLOGIE / REGIONALISME NORMAND )‎

Reference : 1705

(1718)

‎"Lettre de Daviel, Oculiste, à M. Moisant, Négociant, Rue du Vieux Palais, Rouen".‎

‎ 1718 Rouen, 17 juillet 1816. Lettre autographe d'une page.‎


‎Lettre de l'oculiste Daviel réclamant des honoraires au négociant Moisant, tous deux résidant à Rouen. Nous signalerons le nom de Jacques Daviel, chirurgien oculiste, originaire également de Normandie et mort en 1762. DES PHOTOGRAPHIES NUMERIQUES SONT DISPONIBLES PAR E-MAIL SUR SIMPLE DEMANDE - WE CAN SEND PICTURES OF BOOKS ON SIMPLE REQUEST. ‎

Librairie Ancienne Michèle Masson - Bordeaux

Phone number : +33 (0)5 56 51 22 26

EUR30.00

‎(EUGENE DE SAVOIE, PRINCE. 1663-1736).‎

Reference : 1490

(1703)

‎A AMSTERDAM. CHEZ HENRY DESBORDES, MARCHAND LIBRAIRE. 1703. IN-12 (9,5 X 15 X 3 CENTIMETRES ENVIRON) DE (8) + 494 PAGES, RELIURE D'EPOQUE PLEIN VEAU BRUN, DOS A CINQ NERFS ORNE DE CAISSONS A FLEURONS DORES, TITRE DORE SUR ETIQUETTE MAROQUIN ROUGE, TRANCHES MOUCHETEES ROUGES. ILLUSTRE D’UN PORTRAIT EN FRONTISPICE. PLATS AUX ARMES DOREES ATTRIBUABLES A PHILIPPE (OU PHILIBERT) BON, SEIGNEUR DE SAINT-MARTIN DU TERTRE (1635-1711), D’APRES OLIVIER-HERMAL-ROTON (FER N° 2, PLANCHE 1762). PETITS DEFAUTS EXTERIEURS, SINON BON EXEMPLAIRE. ‎


Librairie du Château de Capens - Capens

Phone number : 33 05 61 87 90 67

EUR230.00

‎[Louis Philippe d'Orléans] - Georges ANSON‎

Reference : CX1168

(1751)

‎Voyage autour du monde fait dans les années MDCCXL, I, II, III, IV. - [et] - Lettre autographe signée de Louis Philippe d'Orléans -‎

‎ 1751 Amsterdam et Leipzig - Arkstée et Merkus - 1751 - 1 volume in4 de 330 pages - Reliure de l'époque, veau marbré, dos à nerfs orné, pièce de titre havane, tranches rouges - Bel et unique exemplaire - ‎


‎Bien complet des 35 cartes et vues - Exemplaire provenant de la Bibliothèque du Roi Louis Philippe au Palais Royal - (cachet) - On y joint une Lettre Autographe Signée de Louis Philippe d'Orléans à "Mon cher Abbé" - Neuilly le 16 juin 1820 : Il veut lui témoigner combien il est affligé par la "perte cruelle et inattendue" qu'il vient de faire - ‎

Librairie CHARMOY - Nyons

Phone number : 0686182277

EUR1,500.00
Shipping price: €0.00

‎[Pierre Chaunu] GUTH Paul - (Ossun 1910 - Ville d'Avray 1997) - Ecrivain français‎

Reference : GF27056

(1789)

‎Manuscrit autographe intitulé: "Le Grand déclassement par Pierre Chaunu (Robert Laffont)" - ‎

‎ 1789 1 page 1/5 in4 - râtures et corrections - trésbon état -‎


‎Texte de critique sur l'ouvrage de Pierre Chaunu analysant le bilan de la révolution française établi à propos du bicentenaire de 1789 - Chaunu "brandit sa plume comme d'Artagnan dégaine" - Il dénonce un "immense gachis" -: effondrement économique, génocide vendéen, guerres - Au final: "pour quatre personnes qui parlent français en 1789, une parle anglais" - C'est l'inverse en 1989 - Il remercie Chaunu de nous rememorer ce qu'on commémore - ‎

Galerie Fert - Nyons

(SNCAO)

Phone number : 33 04 75 26 13 80

EUR100.00

‎[STRASBOURG] - VILLETTE (Charles, Marquis de)‎

Reference : 201800304

(1760)

‎2 lettres autographes signées. ‎

‎s.l., s.e., s.d. (vers 1760); in-4, 4 pages et 1/2 page, . Les 2 volumes. Charles de Villette (1736-1793) était officier, écrivain et conventionnel (Oise) ; il épousa la fille adoptive de Voltaire malgré une réputation de débauché, par ses dépenses et ses amours masculines. Il fut enfermé pendant plusieurs mois, dans la Citadelle de Strasbourg (ou de la Petite Pierre, les avis divergent). Grimm, dans sa Correspondance littéraire (août 1765), rapporte en tout cas « qu'il remplit tout Paris d’un duel où il devait avoir tué un ancien lieutenant-colonel, après l’avoir outragé dans une promenade publique, de la manière la plus indécente et la plus punissable. C’était pour mettre sa bravoure hors de doute qu’il avait imaginé de faire courir ce bruit. Les campagnes en Hesse lui avaient offert des occasions plus simples de se laver de tout soupçon de poltronnerie. Quoi qu’il en soit, ce prétendu duel fit tant de scandale, l’offense qui devait l’avoir occasionné était si contraire aux mœurs, que le ministère public informa contre le fait ; et lorsqu’on en vint aux éclaircissements, il se trouva qu’il n’y avait nul fondement ni à l’offense ni au combat. Cette platitude fit enfermer M. de Villette pendant six mois dans la citadelle de Strasbourg". La plus longue des deux lettres est adressée au marquis de Paulmy d'Argenson, qui fut secrétaire d'État à la Guerre en 1757 après la disgrâce de son oncle et gouverneur de l'Arsenal en 1771. D'un caractère enjoué et frondeur, Villette écrit avec beaucoup d'esprit et se plaint en particulier de l'ennui de manger seul, comme le pape. "(…) mais moi pauvre liliput, qui me suis toujours ajusté le matin pour exister le soir, qui ne puis pas me vanter d'avoir digéré jamais bien parfaitement, j'aime à considérer la belle nature… je voudrais un causeur avec lequel on put digérer doucement, les pieds sur les chevets… au lieu de cela, je me fais lire Robinson Crusoé…" Il trancrit ensuite une pièce de vers à l'intention de son correspondant, qu'il aime et qu'il honore, comme "un des plus aimables hommes qui soyent en France". La plus courte des deux lettres, probablement rédigée juste avant son emprisonnement, dit ceci : "Je pars dans l'instant malgré moi pour Strasbourg. Je me recommande à vous sur terre comme un dévôt se recommande à Dieu qui est au ciel, je vous baise mille fois les mains, et vous remercie mille fois plus encore de ce que j'ai vécu, de ce que j'attends, de vos bontés". 1760‎


Librairie de L'Amateur - Strasbourg

Phone number : 33 03 88 32 11 72

EUR400.00

‎[Voltaire] Ducis Radonvilliers :‎

Reference : 2525

(1779)

‎Discours prononcés dans l'Académie Française le jeudi IV mars M.CC.LXXIX, à la réception de M. Ducis, Sec. ord. de Monsieur.‎

‎Paris, Demonville, 1779 ; in-4 ; demi veau marbré glacé, dos à nerfs ornés, fleurons dorés, pièce de titre rouge, tranches rouges (reliure du XIXe) ; 42 pp.‎


‎Envoi autographe signé de Ducis à Mademoiselle de Lepaud.Elu à la place prestigieuse de Voltaire, M. Ducis lui consacra son discours comme le veut la tradition.Une charnière faible, légèrement fendillée et un petit trou comblé au second plat, le reste en bel état.‎

Librairie Ancienne Clagahé - Lyon

Phone number : 04 78 37 21 35

EUR300.00

‎Anonyme‎

Reference : 35090

(1799)

‎Recueil de Poésie pendant mes deux années chez Mr. Pépin à Cherbourg l'an 7 et 8 de la République [ Manuscrit de Poésie - à Cherbourg 1799 - 1800 ]‎

‎1 vol. grand in-8 reliure de remploi de l'époque plein vélin, Cherbourg, 1799-1800, 186 pp.‎


‎Beau manuscrit rédigé par un rédacteur anonyme, lors de ses deux années à la pension de M. Pépin, à Cherbourg. D'une belle écriture très lisible, on peut y découvre tous les genres rhétoriques, avec une multitude d'acrostiches, des bouts-rimés, des cantiques, des charades ("plat-eau", "corne-muse", "thé-atre", "mit-an", etc...), de contes ("Le Chapelier et les Singes", Gils Blas en voyage", etc...), des distiques latins traduits en vers, des Discours ("Discours d'un précepteur à la rentrée des classes"), un drame ("Le Bon Coeur"), un éloge, des Epigrammes et des Epitaphes, des Fables sur sujet imposé, ou imitées de Phèdre, de nombreux Logogriphes, des odes et poèmes, des sentences et des traductions... Bon état (mouill. aux ff. en tête n'affectant pas le texte‎

SARL Librairie du Cardinal

Phone number : 09 82 20 86 11

EUR700.00

‎ANONYME‎

Reference : GITf652

(1777)

‎RECUEIL DE RECETTES intéressant la Pharmacie, la Médecine, l'économie domestique.TEXTE DU XVIIIe SIECLE ENTIEREMENT MANUSCRIT.‎

‎1 cahier (28cm sur 19cm) couverture muette de l'époque 21 pages avec 1 supplément central de 2 feuillets (24cm sur 19cm) et 1 feuillet indépendant (10cm sur 19,5cm) recto verso daté 14 9bre 1777 et 22 juin 1778. Encre légèrement pâlie en tête de quelques pages, manque de papier en bordure de la première page avec petite perte de texte, manque au bas de la dernière page sans perte de texte.‎


‎Recueil en langue française de 84 recettes (y compris celles du supplément et du feuillet indépendant), rédigées pratiquement sans marges, petits interlignes, écriture bien lisible. Les recettes se suivent sans ordre particulier et sont décrites avec plus ou moins de détails. On trouvera aussi bien un remède contre la rage, un contre l'épilepsie, qu'une pommade contre les gerçures, le moyen de calmer la migraine ou, plus curieux, celui pour ne pas dormir. Le recueil contient aussi plusieurs recettes pour fabriquer de l'encre, colorer les fleurs, imiter le faux marbre, ôter les taches mais aussi fabriquer du savon à barbe, teindre les cheveux en noir, fabriquer du parfum en poudre. Cet intéressant et curieux recueil en langue française fut probablement composé par un apothicaire ou une ménagère instruite originaire de Provence ou du Languedoc. On trouvera, en effet, une recette pour la préparation des olives picciolines; l'huile d'olive est employée dans plusieurs recettes, à noter aussi l'utilisation de la feuille de figuier pour noircir les cheveux.‎

Librairie Sylvie Nouvène

Phone number : 3304 91 53 24 21

EUR200.00

‎Anonyme ‎

Reference : 24326

(1772)

‎Rare manuscrit de dépenses et recettes domestiques des années 1772-1775 [ Livre de Comptes 1772 - 1775 Table : Loyer d'âpartement et pension ; Gages ; Voyages ; Bois, Bougies et Chandelles, &c ; Depense de Nouriture et d'âpartement ; Achat de toilles, Bazins, Mousselines et facons ; Blanchissage de Linge Gros et fin et de Dentelle ; Souliers, Bottes, Chaussons, gans, bas, mittons, caleçons, etc. ; Corps et ouvrage de Baleines ; Achat, façons et garnitures de Robes ; Mantelest, Coeffes et Coeffures, fichus, toutes choses de Blonde et de gase, ruban, evantails, perles et fausses fleurs ; Poudre, Pomade, Pattes, eaux de senteur, peignes et epeingles, carcasses, lassets, eguilettes et cordons de fil ; Menües Depences ; Achat de Bijoux et Racomodage et ouvrages ; Presens en argent, où effets ; Maistres et achats relatifs à l'étude ; Extraordinaire ; Jeu ]‎

‎1 vol. in-8 reliure d'époque pleine basane, dos lisse orné en long, triple filet doré sur plats, chasses ornées, toutes tranches dorées, 1771-1775, 196-23 pp. (dont 76 pp. ont été complétées par l'auteur, reliure frottée avec petit manques en coins, manques en mors et coiffes). La table des matières annonce " 1 : Loyer d'âpartement et pension page 1 ; 2 : Gages p. 5 ; 3 : Voyages p. 7 ; 4 : Bois, Bougies et Chandelles, &c p. 13. ; 5 : Depense de Nouriture et d'âpartement p. 19 ; 6 : Achat de toilles, Bazins, Mousselines et facons p. 25 ; 7 : Blanchissage de Linge Gros et fin et de Dentelle p. 37 ; 8 : Souliers, Bottes, Chaussons, gans, bas, mittons, caleçons, etc. p. 47 ; 9 : Corps et ouvrage de Baleines p. 67 ; 10 : Achat, façons et garnitures de Robes p. 69 ; 11 : Mantelest, Coeffes et Coeffures, fichus, toutes choses de Blonde et de gase, ruban, evantails, perles et fausses fleurs p. 109 ; 12 : Poudre, Pomade, Pattes, eaux de senteur, peignes et epeingles, carcasses, lassets, eguilettes et cordons de fil p. 149 ; 13 Menües Depences p. 163 ; 14 : Achat de Bijoux et Racomodage et ouvrages p. 169 ; 15 : Presens en argent, où effets ; 16 : Maistres et achats relatifs à l'étude p. 183 ; Extraordinaire p. 191 ; 18 : Jeu p. 195" ‎


‎Ce rare livre de comptes domestiques manuscrit propose, reliés tête-bêche, les Dépenses et les Recettes d'un rédacteur anonyme, manifestement une femme, vivant avec sa bonne, et apparemment établie entre Paris et Everly [ Seine-et-Marne ] ; son niveau social paraît relativement élevé et ses revenus sont assez conséquents : sur l'année 1772, le montant total de ses dépenses fut de 6365 livres, 8 sols et 9 deniers ( et s'élève à 11174 livres en 1775), pour des recettes globales d'un montant de 6614 livres (11374 livres en 1775), ce qui est d'un bon niveau, sachant que le loyer d'un appartement lui coûte 45 livres par mois, que 3 paires de souliers sont comptabilisées pour 14 livres ou que le salaire annuel moyen d'un ouvrier est alors de 250 livres. Si l'on trouve plus aisément d'anciens livres de comptes professionnels, de tels livres de comptes domestiques, très riches d'enseignement sur la vie quotidienne sous l'ancien régime sont aujourd'hui beaucoup plus rares et recherchés. La rédactrice de ce livre de compte évoque en octobre 1772 un voyage de Maneville à Paris, puis un voyage en Angleterre (pour un montant de 365 livres), le 5 juin 1773 un déplacement de Paris à Everly, en octobre un passage à l'hôtel d'Harcourt et, ainsi qu'en 1774 et 1775 le paiement de porteurs à Versailles, en 1775 un transport de chaise à porteur (sic !) de Versailles à Rheims pour un montant de 58 livres, divers voyages de Langlois à Everly, le coût d'un emballage de robes pour Reims (28 livres) etc. etc.. On apprend également que l'auteur du manuscrit s'est rendu à Bailleuil, Theuville et Villenoxe [ Villenauxe ]. Les frais de bois s'élèvent à 222 livres pour l'année 1771 (dont 2 livres et 8 sols pour les deux cierges de la Chandeleur). Pour les dépenses de bouche, on relève notamment l'achat d'huîtres, de "glaces en gouté", de pain de sucre et de thé, de "glaces en brioche pour gouté". Les achats de toiles et mousselines concernent des fichus, corsets, "toille de laval", toile pour festons de deux "falbanats", ou pour feston de 12 chemises d'hommes, de "polonnaise de basin", "pour festons en monture de 13 tours de gorge" etc. etc. Le blanchissage évoque le racommodage de "mon habit de paysane" (plus loin "de mon habit de troubadour") comme celui de "bas de soie", de "Polonaise de croisé" ou d'une "coeffure de maline brodée", etc.. Les achats de souliers et gants concernent des "bas de Soye blanc de Nîme", 14 paires de souliers, de dessus de soulier brodés, 24 paires de "chosons", de "gans pour monter à cheval" etc. etc.. Pour les corps et ouvrages de Baleines, on note un "corps à monter à cheval" pour 18 livres ou le racommodage d'un habit de Cochoise. Le chapitre des Robes est très fourni, avec des achats de tissus plus ou moins importants (jusqu'à 30 aunes pour un montant de 123 livres), la mention d'un achat "payé à Mme Le Vieux couturière rue du Bac vis-à-vis l'Hôtel des Mousquetaires la façon d'un désabillé de taftas noir", du "taftas noir gris blanc chiné et pistache", de toile "pour façon d'un déshabillér de satin bleu, d'une robe de dauphine rose, d'une robe de musulmane à panier, d'une robe de pou de soie...", d'une "robe de perse verte", de robes en "taftas d'Angleterre", en "taftas d'Italie" ; on trouve aussi l'achat de nombreux bonnets, chapeaux, fichus, "coeffure de blonde", plumes, "paire de manchette de blonde de chenille" ; le chapitre des Dépenses Extraordinaires évoque notamment, "la nourriture de 20 jours de mon cheval à l'école militaire", 24 livres "pour avoir fait copier et relier l'instruction des Ursulines", on note même l'achat "du présent registre" pour 6 livres, l'achat des Sermons de Massillon, ou de "La Religion méditée en 6 vollumes" etc. etc. ; au titre des dépenses d'Education, elle évoque un Maître d'Ecriture pour 2 mois", un maître de Clavecin pour 2 mois, un maître de musique pour 2 mois, un "maître de danse anglois", un "maître de Harpe", "M. de La Roche maître de Dessein", "M. Baltasar Maître de danse", "M. de Baumont Maître d'Histoire", "M. Grécour, Maître de danse", un "maître de viole turque", un maître de mathématiques et de "phisique" ; Les dépenses de mercerie et de pommades sont conséquentes. En 1775, les pertes au jeu "déduction faite du gain" s'élève à 572 livres. Tous ces détails sont naturellement très loin d'être exhaustifs, et l'on trouvera dans ce document un foule remarquable de détails pittoresques et passionnants qui permettent de rendre remarquablement, à qui peut lire entre les lignes, toute l'atmosphère particulière à un certain milieu à la fin du règne du règne de Louis XV et en début de règne de Louis XVI.‎

SARL Librairie du Cardinal

Phone number : 09 82 20 86 11

EUR1,450.00

‎[Chez Guillyn] - ‎ ‎Anonyme ; [ MENON ]‎

Reference : 52503

(1755)

‎Les Soupers de la Cour, ou l'art de travailler toutes sortes d'alimens, Pour servir les meilleurs Tables, suivant les quatres Saisons ( Tomes 1, 2 et 3 sur 4) [ Edition originale - Exemplaire paraphé par l'auteur ]‎

‎3 vol. in-12 reliure de l'époque pleine basane mouchetée, dos à 5 nerfs orné, Chez Guillyn, Libraire, Paris, 1755, Tome I : xii-xxij pp., 1 f. n. ch. (privilège), 404 pp., Tome II : 1 f. n. ch., xxij-460 pp. ; Tome III : 1 f. n. ch. (titre), xxij-300 pp.‎


‎Conformément à ce que signale Vicaire, l'avertissement dans le premier tome est paraphé par Menon. Vicaire précise que "les Soupers de la Cour sont rares ; on ne les rencontre qu'assez difficilement. Ces quatre volumes sont très estimés et atteignent un prix assez élevé dans les ventes" (Vicaire, 591) Cuisinier le plus mystérieux de l'histoire de la gastronomie française, on ne connaît rien de la vie de Menon (J. Menon d'après son paraphe ?). Le présent exemplaire réunit les trois premiers tomes de l'édition originale, et mériterait une restauration de qualité : les reliures sont absolument hors d'état (plats détachés voire manquants, dos fendus) mais l'intérieur est bien frais. Prix en l'état.‎

SARL Librairie du Cardinal

Phone number : 09 82 20 86 11

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