Paris, La Connaissance, 1926. 2 vol. in-12, veau fauve ciselé, teinté et peint, sur les plats et les dos lisses, encadrement d'entrelacs symétriques rouges et verts ponctués de losanges, carrée et points noirs ; au centre du premier plat, au tome I : reine égyptienne assise en majesté sur un trône, sur fond désertique épuré ; au tome II : sous un ciel étoilé et sur ce même fond irréel, une figure féminine voilée et mystérieuse (peut-être Hawa, la nourrice obscure de Goha ?) semble flotter ; roulette intérieure à froid, tête dorée, couvertures conservées sans le dos, 19,5 x 13,5 cm (reliures signées Alice Jacquin).Célèbre roman poétique et cruel, inspiré de la figure légendaire orientale de Goha, personnage ambigu, à la fois naïf, sage et insensé. Cette tragédie orientale symboliste, parue pour la première fois en 1919, remporta un vif succès critique et public ; elle fut finaliste du prix Goncourt la même année, derrière À l’ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel Proust. L’ouvrage inspirera en 1959 le film Goha, avec Omar Sharif et Claudia Cardinale.Cette édition reprend la préface d’Octave Mirbeau donnée pour l’édition originale de 1919 et est ornée de gravures hors texte de Mariette Lydis.Tirage limité à 2 000 exemplaires ; celui-ci est l’un des 100 exemplaires de tête sur papier de Hollande, accompagnés d’une suite en noir des gravures, n° 54.Intéressantes reliures aux décors empreints de mystère et témoignant du processus de création : les seconds plats ont curieusement été laissés vierges sur fond bleu teinté ; sur le premier volume, on perçoit les tracés préparatoires d’une composition abandonnée ; et on note une inattendue erreur de datation aux dos, portant « 1929 » au lieu de 1926.Décoratrice active dans la première moitié du XX siècle, Alice Jacquin (1879-1952) développe une conception singulière de la reliure, nourrie d’une sensibilité profondément picturale.Couronnées à de multiples reprises, ses œuvres sont exposées pendant près d’un demi-siècle… avant de disparaître. Conçues comme des pièces uniques, ses reliures — véritables tableaux de cuir — sont aujourd’hui d’une grande rareté sur le marché. Nous avons rédigé un catalogue descriptif d'une collection de 16 reliures d'Alice Jacquin, que nous vous adresserons sur simple demande.
1900 Mademoiselle Agar (1832-1891), grande tragédienne de la comédie française, remercie vivement, son "cher poète" de ses vers "trop élogieux" qui sont "la plus douce récompense des maux soufferts".Née Marie-Léonide Charvin, elle avait épousé en secondes noces, en 1880, Georges Marye, conservateur des antiquités africaines à Alger. Ses liens avec la Comédie française furent amers et elle ne fut jamais sociétaire. Elle termina sa carrière prématurément, malade et fatiguée.
Bourg-en-Bresse, Francisque Martin-Bottier, 1857. In-12, bradel demi-percaline verte du XXe siècle, couvertures conservées sans le dos.Septième édition de cet historique du monastère royal de Brou, ornée d'un frontispice.
Paris, Debray, 1807. In-12, 123 pp., demi-chagrin rouge, dos lisse orné (Rel. XIXe s.). Nouvelle édition de cet éloge de l'oeuvre de Périclès, qui sut utiliser les arts comme instruments politiques et moraux.Composé à la manière antique sous forme de six dialogues imaginaires, l'ouvrage met en scène le philosophe Anaxagore et Euripide qui échangent sur le théâtre ; Anaxagore et Périclès, traitant d'architecture ; Phidias et Périclès, de la sculpture..., et se termine par l'« Apothéose de Périclès ».Karl Theodor von Dalberg (1744-1817), archévêque de Ratisbonne, défend ainsi l’idée que les arts ne sont pas seulement un luxe ou un divertissement, mais une force morale et civique, capable de transformer les sociétés.Les éditions antérieures sont très rares ; on a trouvé l'évocation que d'une traduction française par Arborio Breme, depuis l'allemand en 1802, puis d'une nouvelle édition de cette traduction en 1805 à Ratisbonne.Cachet ovale "de Cayrol" : député de la Nièvre, sous-intendant militaire et bibliophile, Louis de Cayrol (1775-1859) réunit une importante collection dont la vente eut lieu en 1861. Ex-libris manuscrit De Dupas (?).
Sl, L'Esprit nouveau, 1962. In-8, broché, non coupé.Édition originale rare de cet essai de Maurice Allais, futur prix Nobel d'économie en 1988, sur les accords signés en mars 1962 entre le FLN et le gouvernement français, pour mettre fin à la lutte armée pour la décolonisation, sur l'ensemble du territoire algérien. "Maurice Allais est délégué général du Mouvement pour une Société Libre. En 1956, il a été le premier à proposer publiquement la séparation de l’Algérie en deux zones reliées, ou non, l’une à l’autre par des liens politiques, mais où chacune des deux communautés d’Algérie aurait pu se sentir et être effectivement libre, et il n’a cessé depuis de s’intéresser, dans différentes études, au problème algérien". La transition vers l'indépendance fut néanmoins chaotique et cette étude est un témoignage prémonitoire de la situation de guerre civile qui s'empara du pays en juillet 1962.Exemplaire complet du rarissime "Post-Scriptum", 3 pp. in-8 tapuscrites, pliées, écrites après les événements de juin 1962, ici analysés par Maurice Allais, en 4 points.Exemplaire enrichi d'un envoi de l'auteur, "contre une politique aussi injuste qu'inhumaine", au journaliste suisse François Bondy (1915-2003).Rousseurs sur le premier plat de la couverture, dos en partie décollé.
1917 Paris, Camille Bloch, 1917. In-12, 80 pp., (2) ff. (table, achevé d'imprimer), broché.Édition originale de ces puissants poèmes sur les douleurs de la guerre ; elle est illustrée de 29 beaux bois de Dufy.Tirage à 251 exemplaires. Un des 180 sur vélin teinté.
Paris, Édouard Baldus, vers 1869. 61 planches volantes, dont le titre (15 x 22,5 cm).Cette reproduction photographique en héliogravure contient le titre et les 60 planches de la série des Petites grotesques parue en 1550 à Orléans, avec le double monogramme d'Androuet du Cerceau, AD, et d'Édouard Baldus, EB, et la numérotation des planches.Elle était destinée aux architectes, artistes décorateurs et collectionneurs d’ornements.Quelques salissures et rousseurs, plus marqués au titre et aux planches 28, 31 et 34. Petit manque angulaire à la pl. 8.
Slnd (Londres, vers 1950). In-8, 54 pp., broché.34 photogravures. Sir Felix John Clewett Pole fut le directeur général du Great Western Railway de 1921 à 1929, gare de Paddington.Quelques taches.
1512 Paris, Henri Étienne, 1512. In-8, 8 ff. (le dernier blanc), 92 ff. de texte, (60) ff. d'index, vélin de l'époque, titre manuscrit au dos et petite étiquette.Rare édition princeps de ce fameux itinéraire à travers la Rome antique. Publiée à Paris par Geoffroy Tory, elle est imprimée en rouge et noir, ornée d’initiales gravées sur bois à fond criblé. En 1512, Geoffroy Tory, jeune professeur, devient régent du Collège de Coqueret, après avoir été régent du collège du Plessis (1508-1512). Il y publie des ouvrages d'auteurs antiques, à l'attention des universitaires, et est en contact avec Henri Estienne, libraire de l'université. "Ce texte qui avait été composé par l'empereur romain Antonin Le Pieux, recense les distances entre les villes de l'Empire romain. Dans son édition, Tory collationne deux manuscrits [l'un du 9e et l'autre du 15e s.], et propose, dans sa copie de travail récemment retrouvée à la médiathèque d'Orléans, tout un système d'interventions colorées pour l'apparat critique [il emploie 3 couleurs dans ce manuscrit : rouge, rose et et bleu]. La lettrine A qui ouvre le texte comprend déjà le compas, outil de proportion si cher à Tory par la suite. La devise "civis" ("citoyen"), que Tory place à cette époque dans tous ses ouvrages — le sens du devoir envers autrui qui ne le quittera jamais — prend même pour la première fois la forme d'un monogramme. L'Antonin est le plus abouti de ses premiers livres sur le plan de la mise en page". (Geoffroy Tory, imprimeur de François Ier. Paris, RMN-Grand Palais, 2011, p. 23-24).Tory donne en septembre 1512 chez Henri Estienne cette édition, dédiée à son ami berruryer Philibert Babou, (alors au service d'Anne de Bretagne). Il y explique "que le manuscrit qu'il destinait à Babou avait été détourné l'année précédente par le messager chargé de le transmettre. Il s'agit probablement de ce ms. 312 de la Bibliothèque d'Orléans, qui porte des traces de grattage semblant indiquer une volonté de masquer l'identité de son destinataire originel". (Bibliothèques virtuelles humanistes). Nous avons pu consulter ce fameux manuscrit de la Bibliothèque d'Orléans (MS0312), daté 5 mai 1511 ; il contient 187 feuillets, en grande partie de la main de Geoffroy Tory. Il a été en effet "transcrit pour Philibert Babou de La Bourdaisière, contrôleur des finances (†1557) à la demande de Christophe de Longueil qui disposait de deux manuscrits dont l'un provient de Gand (9e siècle) et l'autre, issu de la Bibliotheca Lamoniana (15e siècle), est aujourd'hui conservé à la bibliothèque nationale de France (fr. suppl. n° 671). Guillaume Prousteau a racheté le fond d'Henri de Valois (1603-1650), lequel avait transcrit en marge du manuscrit, des extraits de la Table de Peutinger dans le cadre de sa préparation de la Noticia Galliarum." (B. Vilain).L'édition ouvre sur plusieurs pièces liminaires : la dédicace à Philibert Babou, surintendant des finances de François Ier, datée du collège Coqueret, 14 sept. 1512 (Tory y explique qu'après la perte du premier manuscrit, celui d’Orléans, il est heureux d'éditer ce texte) ; une dédicace au lecteur, dans laquelle Tory utilise pour la première fois son sigle "Civis" ; un abrégé de la vie d'Antonin d'après Sabellico ; et une éloge en vers de Geoffroy Tory par le poète et typographe bourguignon Gérard de Vercel.C'est le troisième ouvrage de cosmographie publié par Tory (après un Pomponius Mela chez Gourmont en 1507, et une Cosmographie de Pie II, chez Estienne en 1509) ; c'est surtout le second ouvrage qu'il confie à Estienne et le plus petit de leur production.Cet ouvrage eut sûrement pour Tory une importance particulière, et peut-être est-ce pour vérifier et affiner les données trouvées dans les manuscrits étudiés qu'il voyagea en Italie à partir de 1513 ?Traditionnellement attribué à l'empereur Antonin [86-161], ce texte date sans doute de la fin du IIIe siècle voire du milieu du IVe siècle ; composé sur plus de 75 années, il est l'une des sources les plus importantes pour la géographie antique.Cet "Itinerarium", conçu pour aider les voyageurs, décrit les grandes routes de l'Italie, liste les étapes, indique les distances intermédiaires entre les villes, permettant de connaître diverses routes et villes disparues aujourd'hui. On parcourt ainsi l'immense réseau d'itinéraires construits sur le vaste territoire de l'Empire romain : de l'Espagne (Gadeira = Cadix) à la Palestine (Césarée), de la Crimée à l'Égypte (Alexandrie), et même en Angleterre (Britannia). Une courte section sur certaines voies maritimes et îles, intitulée Imperatoris Antonini Augusti Itinerarium maritinum, occupe les feuillets 83 à 85. Ex-libris manuscrit de l'époque sur le titre ; ex-libris de la bibliophile milanaise Giannalisa Feltrinelli (1866-1952 ; n° 2112, 11 décembre 2001, Christie's).Ravissant exemplaire en reliure de l'époque.Renouard, ICP, II, 230 : "Préface de l'édition datée 19 août 1512." - Schreiber 15, "[Tory's] puzzling woodcut monogram appears here for the first time". - Mortimer, French, 326. - Adams, 1229. Voir également : Catalogue des manuscrits médiévaux de la Bibliothèque municipale d'Orléans, CNRS, 2010, p. 437-438 — Geoffroy Tory de Bourges, exposition à la Bibliothèque de Bourges, 2019, n° 7, p. 64).On ne connaît qu’une petite dizaine d’exemplaires dans les institutions françaises : Besançon fonds ancien ; Chantilly, bibliothèque duc d'Aumale ; Troyes ; Toulouse ; Montpellier ; Mazarine ; Sainte Geneviève ; Museum d'histoire naturelle ; BnF ; Auxerre.Petite mouillure marginale au premier cahier ; petite tache aux versos des feuillets A5, B3, H3 recto ; petit manque marginal sans atteinte au texte aux ff. 79 et 80 ; défaut de pliage et d'impression au f. N2 sans perte de texte ; petits manques au vélin, taché et manipulé, coutures laches.
Gravure sur bois en noir (50 x 32,5 cm).Épreuve sur beau papier vélin BFK Rives, numérotée 15/15 et signée par l'artiste.Paul Baudier (1881-1962) excella sur le thème des paysages, souvent inspiré de son Gâtinais natal.
Avignon, J. Roumanille, 1860. In-8, xix pp., 323 pp., maroquin à long grain rouge, encadrement doré, dos à nerfs orné, roulette intérieure, tranches dorées (Calvès).Édition originale, bilingue, du chef d'œuvre de la poésie provençale d'Aubanel, recueil de poèmes inspirés par un amour impossible ; avec un avant-propos de Mistral.Bel exemplaire dans une fine reliure signée Calvès (en pied du dos) — qualité rare pour cet ouvrage.Quelques rousseurs.
Gravure sur bois en trois tons, coloriée noir et bleu foncé (66,5 x 51 cm).Épreuve sur papier vélin fort, numérotée 38/50, signée par l'artiste.
1860 Paris, Talbot, Imp. Lemercier, s.d. (vers 1860). In-8 oblong, percaline rouge ornée de fleurons dorés répétés dans un treillage à froid (Cartonnage de l'époque).Ravissant album contenant 40 lithographies de Clerget, l'un des illustrateurs le plus importants des albums de Talbot : un titre en noir et 39 vues coloriées gommées concernant le Mont-Dore (sauf les 2 premières sur Clermont-Ferrand, et les deux dernières sur la Cascade de Verrières, et Champeix).La numérotation non suivie permet de comprendre que l'éditeur Talbot constituait ces petits albums, à destination des touristes du Puy de Dôme, selon les planches dont il disposait dans son fonds.Petites rousseurs, la 11e vue est fortement roussie. Quelques planches plus courtes de marges. Cartonnage détaché en partie.
Grenoble, imprimerie Allier, 1950. In-8, cartonnage éditeur illustré or et vert.Quatrième édition. Illustrations in-texte, et 2 cartes dépliantes. Joli cartonnage dessiné par Robert Roquin.Petits frottements et taches au cartonnage.
Clermont-Ferrand, Imprimerie L. Bellet, 1894. In-12, broché, couverture illustrée, second plat détaché en partie, vignettes in texte.
Clermont-Ferrand, Typographie Ferdinand Thibaud, s.d. (vers 1860). In-12, cartonnage toile éditeur illustré d'un joli encadrement historié doré, représentant deux Auvergnats au pied d'un volcan et devant un château fortifié.Nombreuses illustrations in-texte, 2 cartes dépliantes.Envoi a. s. de l'auteur à son ami D. Branche, 16 juillet 1862.Cartonnage frotté. Qq rousseurs.
Leipzig, Karl Baedeker ; Paris, Paul Ollendorf, 1903. In-12, cartonnage éditeur toile rouge, titre or. Septième édition, illustrée de 12 cartes, et 21 plans de villes.
Leipzig, Karl Baedeker ; Paris, Paul Ollendorf, 1898. In-12, cartonnage éditeur toile rouge, titre or. Sixième édition, illustrée de 8 cartes, dont 2 dépliantes, et 22 plans de villes.
Leipzig, Karl Baedeker ; Paris, Paul Ollendorf, 1901. In-12, cartonnage éditeur toile rouge, titre or. Septième édition, illustrée de 12 cartes, et 20 plans de villes.
Paris, Charles Gosselin, 1832-1833 (I-II) ; Ed. Werdet, mars 1837 (III). 3 vol. in-8, I : 396 pp., (2) ff. d'errata et table ; II : 416 pp., ; III : 369 pp., (3) ff. ; demi-veau havane, dos à nerfs orné or et à froid, pièce de titre et de tomaisons noires (Rel. pastiche XXe).Éditions originales rares de ces célèbres pastiches moyenâgeux, répartis en trois dixains.Plaisant exemplaire (le dos en pastiche soigné et plats d'origine).
Paris, G. Charpentier, 1882. In-12, demi-maroquin brun, dos lisse orné en long, couverture et dos conservés (reliure du début du XXe sièle).Édition originale de ces souvenirs littéraires de Banville, dans lesquels l'auteur évoque Alfred de Vigny, Baudelaire, Balzac, Daumier, Dumas, Heine, Théophile Gautier... et Victor Hugo. L'illustration comprend un frontispice de Rochegrosse, tiré sur chine.Précieux exemplaire de Juliette Drouet, offert par l'auteur quelques semaines avant la mort de l'ancienne actrice et compagne permanente de Hugo ; Banville lui adresse cet envoi autographe signé au crayon, sur le faux-titre : "A madame J. Drouet, Respectueux hommage de son très humble et dévoué Théodore de Banville".Cette provenance est particulièrement émouvante car dans cet ouvrage, Banville consacre un chapitre entier à Victor Hugo et témoigne de son admiration et de ses liens familiers avec son cercle : « À toutes les époques de ma vie, j’ai toujours connu mon cher et vénéré maître Victor Hugo. » (p. 446) ; il raconte les rencontres, les soirées, les repas et différents épisodes de la vie du poète et de ses proches. Juliette Drouet joue elle-même un rôle actif dans ce réseau personnel et littéraire, elle n'est pas uniquement « la maîtresse de Hugo » ; elle reçoit à dîner ; ses réceptions sont fréquentées par les fils de Hugo ; elle entretient des rapports avec les amis et relations littéraires du poète ; mais surtout elle copie les manuscrits, et accompagne le travail de Hugo.Ce déférent envoi permet de comprendre que Banville éprouve la même admiration à l'égard de Hugo et de Juliette Drouet. À la mort de cette dernière le 11 mai 1883, Banville lui rend hommage dans Gil Blas du 13 mai 1883 sous le titre « Madame Juliette Drouet », puis lui consacre un portrait dans La Lanterne magique la même année.Ex-libris Mors frottés, charnière supérieure fendue.
Paris, Saugrain l’aîné, 1761. In-12, (1) f. de titre, 242 pp. mal chiffrées 142, (2) ff., veau marbré, dos à nerfs orné, tranches rouges (Reliure de l’époque).Classique de la parfumerie française - néanmoins rare -, ce traité fut composé par Simon Barbe, le plus grand parfumeur du XVIIe siècle qui servit le Dauphin ; paru pour la première fois en 1699, cet ouvrage est un véritable livre de recettes, et donne nombre de consignes techniques à l'intention des gens de métier : gantiers, perruquiers, marchands de liqueurs. Il est divisé en neuf chapitres, détaillant les secrets de la composition des parfums, les différentes sortes de savonnettes, les pommades, les poudres pour les cheveux, les grosses poudres de Violette, les eaux de senteurs, les pastille à brûler, les liqueurs à parfums à la bouche. Et pour cette deuxième édition, "corrigée et largement augmentée" établie par l'imprimeur Claude-Martin Saugrain, un dernier chapitre est consacré à la distillation : alambic, serpentin, bain de vapeur, fumier de marc de raisin...Nouvelle édition, rare, publiée après le nouveau privilège daté du 29 mai 1761 (on ne trouve dans les collections publiques que les éditions de 1699 et 1745). Importante dans l’histoire de la parfumerie, elle parait sans les recettes nouvellement condamnées car utilisant des cosmétiques minéraux et métalliques dangereux. L'approbation signée Guettard, premier médecin du roi, spécifie en effet qu'ont été retranchées « les compositions dans lesquelles il entre de la litarge, du blanc de plond (sic), du sublime corrosif, de l’alun, du nitre ».Bel exemplaire en reliure de l’époque.Ex-libris Kilian Fritsch.Petit manque à la coiffe supérieure.
1855 Paris, L. Hachette, 1855. In-8, broché, étui moderne.Édition originale de ce recueil dédié à Claude-François Denecourt (1788-1875), qui mit en valeur les richesses de la forêt de Fontainebleau en y créant des sentiers pédestres et en installant des points de vue pittoresques. Il fut composé à l'initiative des écrivains Ferdinand Desnoyers et Auguste Luchet, nommé gouverneur du château de Fontainebleau en 1848.Les auteurs les plus en vue répondirent, en vers ou en prose, à cette sollicitation dont Charles Asselineau, Théophile Gautier, Théodore de Banville, Champfleury, Alphonse de Lamartine, Charles Monselet, Henry Murger, Alfred de Musset, George Sand... et Gérard de Nerval, s'attendrissant comme les autres auteurs romantiques sur la nature, livre le poème "Les Papillons".Tout opposée est la contribution de Baudelaire car il choisit d'adresser 4 textes évoquant une poétique urbaine... à travers ses "Deux crépuscules : Le soir - Le matin" — poèmes en vers— , suivis de 2 poèmes en prose : "Le crépuscule du soir "et "Le crépuscule du matin". Dans la lettre qu'il adresse à Desnoyers (p. 73), Baudelaire affirme être un poète de la grande ville : " Mon cher Desnoyers, vous me demandez des vers pour votre petit volume, des vers sur la Nature, n'est-ce pas ? sur les bois, les grands chênes, la verdure, les insectes, - le soleil, sans doute ! Mais vous savez bien que je suis incapable de m'attendrir sur les végétaux, et que mon âme est rebelle à cette singulière Religion nouvelle, qui aura toujours, ce me semble, pour tout être spirituel je ne sais quoi de shocking. J'ai toujours pensé qu'il y avait dans la Nature, florissante et rajeunie, quelque chose d'affligeant, de dur, de cruel - un je ne sais quoi qui frise l'impudence. Dans l'impossibilité de vous satisfaire complètement suivant les termes stricts du programme, je vous envoie deux morceaux poétiques, qui représentent à peu près la somme des rêveries dont je suis assailli aux heures crépusculaires."Rousseurs, dos fragile (coutures laches) et doublé.
1896 Paris, Bibliothèque artistique et littéraire, 1896. In-4, demi-maroquin noir à coins, dos à nerfs, tête dorée, couverture et dos conservés (Duhayon).Édition originale de cet ouvrage collectif établi sous la direction de Stéphane Mallarmé. Illustré d'un frontispice de Félicien Rops, du fac-similé d'une page dessinée par Baudelaire, il comprend une importante étude des Fleurs du Mal par A. Ourousof, une trentaine de poèmes en hommage à Baudelaire, en vers signés Mallarmé, Coppée, Hérold, Louys, Régnier, Rodenbach, Richepin..., en prose par Claretie, Jacques des Gachons, Nadar... ; suivent des œuvres posthumes inédites, et des notes pour une iconographie. La justification donne la liste détaillée des souscripteurs.Tirage unique à 255 exemplaire, celui-ci est un des 200 sur vélin, justifié à la plume n° 191, souscrit par M. Vidal Naquet, Marseille.
Gravure sur bois en trois tons (65 x 51 cm).Épreuve sur beau papier vélin, numérotée 18/20.Sujet rare dans l'oeuvre de Paul Baudier (1881-1962), habituellement centrée sur les paysages ; l'artiste ne consacra à Paris que peu de gravures, dont une série sur les métiers et exceptionnellement sur les monuments.