Minuit, 1977, in-8 br. (13,5 x 21), XXXVI-655 p., coll. "Arguments", traduit de l'anglais sur l'édition de 1959 par Micheline Pouteau, nouvelle préface par l'auteur, 8 cartes, bon état.
A-t-il existé et existe-t-il une forme sociale particulière à laquelle on puisse donner le nom de "société asiatique" ou de "despotisme oriental", quitte à englober dans ce singulier "Orient" le Pérou Inca ou les Chaggas d'Afrique ? Après bien d'autres, Karl Wittfogel répond par l'affirmative, mais avec une volonté systématisante et une documentation d'une ampleur jusque-là inégalée. Aboutissement d'une recherche et d'une polémique qui dure depuis plusieurs décennies, "Oriental Despotism" est un livre qui provoque le lecteur et ne peut pas ne pas susciter la discussion . Si nuancée et développée que soit la pensée de l'auteur, les lignes générales en sont simples et claires , à condition d'avoir présents à l'esprit les cadres généraux de la théorie marxiste à laquelle K. Wittfogel doit l'essentiel de sa formation. Il existe un certain nombre de sociétés — telles celles de l’Égypte pharaonique ou de la Chine impériale — dans lesquelles la classe dirigeante ne se définit pas par la place qu'elle occupe dans les rapports de production, mais par son rôle d'appareil d'État bénéficiant du surplus du travail paysan. La formation de telles couches sociales s'explique historiquement par la "réponse", dans certaines conditions bien définies, aux problèmes que pose l'organisation des grands travaux, et singulièrement des travaux d'irrigation et de drainage, dans les vallées inondées ou inondables des pays semi-arides. K. Wittfogel appelle hydroagriculture et parfois agriculture lourde ce type d'activité humaine qui réclame des hommes plutôt que des techniciens, des conducteurs d'hommes plutôt que des ingénieurs. Le Grand Canal de Chine aussi bien que les pyramides d’Égypte sont l'œuvre de foules. Voir le sommaire sur photos jointes.