Ces recueils hautement convoités depuis trois siècles par les marchands d’estampes pour être disséqués et vendus à la planche, sont devenus introuvables. Paris, chez Bonnart et Trouvain, 1694-1696. In-folio de 157 planches à pleine page dont 126 en couleur, qq. ptes. restaurations marginales. Pleine basane granitée, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné de fleurons dorés, pièce de titre de maroquin rouge. Reliure du XVIIIe siècle. 348 x 245 mm.
Recueil de 126 estampes à pleine page en premier tirage, entièrement enluminées à l’époque et dues essentiellement aux frères Bonnart et à Trouvain. Colas, II, 379. Sont décrits sous ce nom de «recueils Bonnart» quelques rares recueils d’estampes publiées dans le dernier quart du XVIIe siècle par une famille de graveurs marchands d’estampes, les Bonnart. Ces estampes étaient publiées à l’époque, soit à l’unité, soit par séries. Il est donc impossible d’en donner une nomenclature exacte. «Les Bonnart éditeurs d’estampes de modes, dont ils étaient au besoin les graveurs, étaient quatre frères, fils de Henry mort vers 1682. On ne sait pas si ces frères furent concurrents, mais la manière et le format des gravures publiées par eux ont de grandes analogies qui permirent leur réunion pour former des recueils plus ou moins importants composés d’estampes portant les signatures: Bonnart, R.B. dol (Robert Bonnart), H.B. (Henry Bonnart), I.B.F. (Jean-Baptiste Bonnart); ces planches ont été publiées par cahiers ou séparément de telle façon qu’il est impossible d’en donner une nomenclature exacte, d’autant qu’on y joint habituellement d’autres estampes de même genre publiées par des graveurs-éditeurs comme I.D. de Saint-Jean, Nicolas Arnoult, Lepautre, Nicolas Bazin, Berey, ...» «Ces réunions d’estampes ont un intérêt considérable pour la connaissance du costume et des modes sous Louis XIV; elles représentent les grands personnages de la cour, de l’armée, de la magistrature ou de l’église. Certains sont de vraies estampes de modes et peuvent êtres citées comme les prototypes des magnifiques suites publiées au XVIIIe siècle». Colas, Bibliographie générale du costume et de la mode. Cette belle réunion de 157 eaux-fortes est en partie consacrée aux souverains et aux grands personnages européens en habits d’apparat: Louis XIV, Louis le Grand, Mgr le Dauphin, le Duc de Bourgogne, le Duc d’Anjou, Madame de Maintenon, la Reine de Portugal, celle de Dannemark, ... Le recueil comporte également des planches consacrées aux sens, aux saisons, aux continents, ... Le recueil se compose ainsi: -50 estampes gravées par Bonnart et aquarellées à l’époque (20 hommes, 26 femmes et 4 planches pour les heures du jour) -76 estampes gravées par Trouvain et aquarellées à l’époque (33 hommes, 30 femmes et 13 planches allégoriques pour les saisons, les continents, les sens...) -31 planches non coloriées dont 24 gravées par Bonnart et 6 par Trouvain. Parmi ces 31 planches en noir, 11 sont en double état et apparaissent déjà dans la suite coloriée. 126 des 157 estampes ont été aquarellées à l’époque en brillant coloris et beaucoup sont rehaussées d’or. A l’arrière-plan des souveraines européennes se profilent des jardins à la française ou des monuments à l’antique. Ces recueils hautement convoités depuis trois siècles par les marchands d’estampes pour être disséqués et vendus à la planche, sont devenus introuvables.
Dimension extérieur : 55,8 x 40 cm. Cuvette : 50 x 35,5 cm. Magnifique gravure au burin d'époque, peinte d’après Rubens, dessinée par Jean-Marc Nattier et gravée par Antoine Trouvain. En excellent état général. A Paris chez le Seigneur Nattier, peintre de l'académie royale rue Frementeau. Gravure accompagnée d'un texte : Le Grand Duc Ferdinand épouse la Princesse en vertu de la procuration du Roy Henri IV que Bellegarde Grand Ecuier de France lui avoit apportée. Dossat et Silleri avoient negotié ce mariage et le Cardinal Aldobrandin Légat du Pape en fait la ceremonie dans l’Eglise Sta Maria del fiore. L’himenée porte la queue à la Reine qui est accompagnée de la Grande Duchesse et des principales Dames de sa Cour. Et de l’autre côté est la Noblesse Françoise qui avoit suivi le Marquis de Silleri Ambassadeur.
Cette estampe représente le mariage par procuration de Marie de Médicis et d’Henri IV, célébré en la cathédrale de Florence par le Cardinal Pietro Aldobrandini le 5 octobre 1600. La reine, au centre, reçoit l’anneau nuptial de la main de son oncle, le grand-duc de Toscane Ferdinand Ier de Médicis. Autour d’eux sont réunis le marquis de Sillery, garde des sceaux et chancelier de France par l’action duquel le premier mariage d’Henri IV avec Marguerite de Valois a pu être annulé, Roger de Bellegarde, grand écuyer de France, porteur de la procuration, ainsi que, sur la droite, Christine de Lorraine, grande-duchesse de Toscane, et Éléonore, duchesse de Mantoue, la tante et la sœur de Marie de Médicis. Rubens, présent lors du mariage, s’est représenté lui-même derrière la reine, tenant une croix. Seul élément mythologique, Hyménée, dieu du mariage, apparaît au premier plan accompagné d’un chien, symbole de fidélité. Seul manque le futur époux, Henri IV, alors en guerre contre la Savoie. Le couple ne se rencontrera qu’à la fin de la guerre, le 9 décembre 1600, à Lyon. Pierre Paul Rubens est un peintre néerlandais né en 1577 et mort en 1640. C'est un peintre brabançon de l'école baroque flamande.Aidé par un atelier important, Rubens produit une œuvre considérable dans des genres divers. Il accepte de peindre un grand nombre de portraits mais, « d'instinct plus porté aux grand travaux qu'aux petites curiosités » comme il l'écrivait lui-même, il prête peu d'attention aux détails, qu'il ne peint pas en profondeur et dessine de quelques traits. En effet, il va travailler à un rythme extrêmement productif, réalisant 1403 peintures selon le catalogue de Michel Jaffé. Il réalise surtout de grands projets religieux, des peintures mythologiques, et d'importantes séries de peintures historiques. Prisé des Grands pour l'érudition et le charme de sa conversation, il joue également un rôle diplômatique important à son époque et jouit d'une position sociale sans égale chez les artistes de son temps. Jean-Marc Nattier, né le 17 mars 1685 et mort le 7 novembre 1766 est un peintre français talentueux et précoce, qui remporte à l'âge de quinze ans le premier prix de dessin de l'académie. Antoine Trouvain, né en 1640 et mort en 1707, est réputé pour être l'auteur d'une large série de portraits gravés de courtisans du règne de Louis XIV.