s. d. (vers 1750). RECUEIL MANUSCRIT DE 8 COMÉDIES « MESSÉANTES », DONT UNE INÉDITE
2 tomes reliés en 1 vol. in-12° (194 x 126 mm) 239 pp - 238 pp., papier filigrané au cornet avec contremarque SC (non identifié, inconnu à Gaudriault), demi-veau moucheté, dos à 5 nerfs, tranches rouges (reliure de l'époque). Recueil manuscrit de 8 parades, dont une pièce inédite de Charles Collé. Le terme « parade » désigne à l'origine les comédies jouées devant les théâtres populaires dans le but d'attirer les badauds à l'intérieur. Mais au XVIIIe siècle, ces farces sont adoptées comme divertissement mondain : les bourgeois rejouent entre eux des scènes aperçues à la foire, et bientôt leurs amis du grand monde se pressent pour assister à ces spectacles. La parade de société séduit autant qu'elle inquiète : burlesque, absurde, anti-théâtrale, le genre fait appel à des références érudites tout en jouant sur la « messéance ». Dans Le Remède à la mode, par exemple, Isabelle simule une colique : son amant Léandre se présente chez elle grimé en docteur pour lui administrer un lavement, tandis que son fiancé les observe par le trou de la serrure. Grimm, dans sa correspondance du 15 septembre 1756, exprime tout son mépris pour le genre : « C'est un ramassis de malpropretés, d'obscénités, de balourdises, d'extravagances démesurées, de mauvais compliments jetés à la face des gens, de calembours et de noms propres scatologiques, avec des coquilles, des liaisons et du zézaiement dans la prononciation. » On compte parmi les plus célèbres auteurs de parade aussi bien des chansonniers et dramaturges (Charles Collé) que des magistrats, comme Thomas Gueulette, bibliophile et historien du théâtre qui, de ses 26 ans à sa mort, fut substitut du procureur du Roi. Plusieurs dizaines de ces parades furent imprimées sans le consentement de leurs auteurs en 1756 dans l'ouvrage Théâtre des Boulevards, ou recueil de Parades. (3 vol. Mahon : Gilles Langlois, 1756) L'éditeur est un nommé Corbie. On ne le connait que par l'anecdote suivante, tirée d'un manuscrit autographe de Collé, qui se plaignait de la manière infidèle dont plusieurs de ses parades y sont imprimées : « Soyez sûrs et certains, que toutes les parades qui sont zenterrés vives dans ce damné Théâtre des boulevards sont de la faciende de M. de Sallé (secrétaire de Maurepas), à l'exception de l'Isabelle grosse par vertu, qu'est de Fagan ; une qu'est de Montcrif, en vers (l'Amant Cochemard), une qu'est de Piron (le Marchand de merde), et trois ou quatre autres de moi, qui m'ont été volées par un Savoyard décrotteur. » L'ouvrage, divisé en 2 tomes titrés 3 et 4, comprend : Tome 3 : une lettre anonyme et apparemment inédite au président Hainaut (Hénault) le remerciant d'avoir assisté à une pièce. Conseiller au parlement de Paris en 1705, puis président de la Première chambre des Enquêtes en 1710, Charles-Jean-François Hénault signa lui-même quelques parades. Le Remède à la mode (1729), parade de Thomas Gueulette et Charles-Alexandre Salley pp. 7-88. Parue dans Théâtre des boulevards, ou Recueil de parades, t. II. Isabelle grosse par vertu (1738), de Thomas Gueulette et Christophe-Barthélémy Fagan de Lugny. pp. 89-123. Parue dans Théâtre des boulevards, ou Recueil de parades, t. II. Ah ! que voilà qui est beau ! (1730), de Thomas Gueulette et Louis-César de la Vallière. pp. 124-18. Parue dans Théâtre des boulevards, ou Recueil de parades, t. I. Léandre Ambassadeur (1720), de Thomas Gueulette, pp. 185-239. Parue dans Théâtre des boulevards, ou Recueil de parades, t. II. Tome 4 : Caracataca et Caracataque, Thomas Gueulette, pp. 1-111. Parue dans Théâtre des boulevards, ou Recueil de parades, t. I. L'amant poussif, pp. 112-159. Parue dans Théâtre des boulevards, ou Recueil de parades, t. II. Léandre hongre, de Charles Collé. pp. 160-222. Parue dans Théâtre des boulevards, ou Recueil de parades, t. I. L'Enfant Rouge, pièce inédite de Charles Collé, pp. 223-238. Cette dernière pièce semble n'être documentée que dans un manuscrit conservé à la bibliothèque de Versailles (Ms L 60) sous le titre « OEuvres de Monsieur Collé non imprimées ». Avec l'indication « L'Enfant rouge, parodie d'une scène d'Athalie. » Elle met en scène un dialogue entre Madame Pataclin, séductrice, et le très naïf Balthazar. Provenance : Pierre Enckell (1937-2011), ex-libris manuscrit à l'encre bleue sur la première garde blanche. Journaliste, lexicographe et auteur d'un article sur Charles Collé, " Un air de folie et d'indécence " (paru à titre posthume dans Charles Collé (1709-1783) : Au coeur de la République des Lettres [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2013). L'annotateur de l'article décrit le manuscrit détenu par Pierre Enckell comme la seule autre copie connue du texte de L'Enfant Rouge (p. 27). Bibliographie : Jennifer Ruimi, "La joyeuse mise à mort d'Aristote dans les parades de société" dans Théâtres en liberté du xviiie au xxe siècle. Genres nouveaux, scènes marginales ?, 2013,. Moureau, Françoise, "Le Recueil Corbie ou les parades en liberté (1756) : théâtre secret et gens du monde au XVIII siècle", (Revue d'histoire du théâtre, n°1-2, 2004, p. 121-133). CCFR : Une dizaine de recueils de ce type seulement, avec plus ou moins de pièces. Coins rognés, frottements sur les coupes.
3 volumes in-4, plein veau moucheté de l'époque, dos à 5 nerfs soulignés de filets dorés, pièces de titre et de tomaison de maroquin noir et rouge, roulette dorée sur les coupes, tranches rouges, (6), 383 p. ; vii, 456 p. et (6), 573, (49) p., 25 planches de portraits gravés hors texte. London, A. Millar, (and Edinburgh: Printed by Hamilton, Balfour and Neill), 1755-1763.
Thomas Blackwell (1701-1757) was a distinguished classical scholar and historian but also counted among the luminaries of the Scottish Enlightenment. This seminal work, "Memoirs of the Court of Augustus" firmly established his reputation as a leading figure of his time. Following Blackwell's demise, John Mills undertook the task of continuing and finalizing the third volume, which saw publication in 1763.Renowned for its portrayal of significant historical figures through authentic antiquities, Blackwell's work garnered acclaim upon its release. Samuel Johnson himself lauded its meticulous depiction of events and its engaging narrative style.Vol. 1 have imprint: London: Printed for A. Millar, 1760.Vol.2: Edinburgh: Printed by Hamilton, Balfour and Neill, 1755.Vol. 3: London: Printed for A. Millar, 1763. "Continued and completed from the original papers of the late Thomas Blackwell (...) by John Mills, Esq.".Large paper issue. Index to all three volumes.Contemporary engraved armorial bookplate of Joseph Pickford Esqr, with the motto "Si vincula gero non vincor" on all three volumes.Some minor worm damage without affecting the text. Joints and hinges a little worn. Some scattered browning.A good copy well bound at the time.
Paris / Marseille / Alger / Toulon : Dentu / A. Barlatier / Brachet et Bastide / Monge et Villamus, 1842. « LE COLON AFRICAIN NE DEVRA JAMAIS LAISSER ROUILLER SON FUSIL »
In-8° (230 x 150 mm), 128 pp., broché, couverture imprimée. Édition originale de cet ouvrage dans lequel le général Bugeaud, alors gouverneur général de l'Algérie, préconise une colonisation militaire (plutôt que civile) du pays. Envoyé en Algérie en juin 1836 pour écraser la résistance d'Abdelkader, Bugeaud se déclare dans un premier temps opposé à la colonisation de peuplement, qu'il juge trop coûteuse. Toutefois, nommé gouverneur général de l'Algérie en 1840, il résout de se consacrer au projet de conquête « absolue », et détaille dans cet ouvrage les méthodes par lesquelles il propose d'y parvenir. Bugeaud demande ainsi le maintien des mêmes effectifs militaires pour la « pacification » (contre-guérilla qu'il dirigera de façon particulièrement violente) que pour la conquête, afin d'accorder la priorité à la soumission de l'entièreté du pays : « Ne serait-ce pas de la dernière imprudence que de négliger l'élément militaire dans la constitution des colons qui viendront s'implanter dans sur le sol d'un peuple si guerrier, si fanatique, si prompt à recourir aux armes ? [...] Le colon africain ne devra jamais laisser rouiller son fusil ». (p. 32) Selon Bugeaud, l'armée pourrait, tout en combattant la résistance, préparer le terrain à une future colonisation de peuplement en développant elle-même l'agriculture et le commerce jusqu'à devenir auto-suffisante. Il illustre son exposé par un état des recettes de l'Algérie en 1841. Bugeaud conclut en élaborant un plan de « soumission » des arabes sur le long terme par le biais de l'appel du commerce : « C'est l'alcool qui a vaincu les Indiens, c'est le commerce qui soumettra les Arabes ; la force peut les vaincre, il faudra long-temps pour qu'elle les domine ; mais le commerce seul pourra nous attacher les populations [...] Chaque arabe qui s'enrichira deviendra notre partisan. » (pp. 110-111) ; « Que nous soyons assez forts pour commander la paix, assurer la liberté des communications et prévenir les exactions ; que chacun puisse être riche sans danger, et l'Arabe deviendra producteur par l'appât de l'argent, deviendra aussi consommateur par sa possession. » (p. 113) Gouverneur général de 1840 à 1847, Bugeaud établira un système de gouvernement indirect en collaboration avec la noblesse arabe tout en menant une politique militaire de dévastation (terre-brûlée, enfumages...). Entré en conflit avec François Guizot, il est remplacé par le duc d'Aumale. Thomas-Robert Bugeaud (Limoges, 1784 - Paris, 1849), officier des guerres de l'Empire puis député de la Dordogne sous la monarchie de Juillet, fut gouverneur général de l'Algérie de 1840 à 1847. Il y conduisit la conquête du pays, fut fait maréchal de France en 1843 et duc d'Isly en 1844. Bibliographie : Tailliart 2701 ; Playfair 946. Couverture tachée et roussie, manques au dos. Rousseurs plus ou moins présentes, quelques feuillets coupés maladroitement.
ENQUETE INDUSTRIELLE DE 1825 - MAISEAU (Raymond-Balthazar) traducteur, MALTHUS (Thomas Robert).
Reference : 25646
In-8 (220 x 140 mm), plein maroquin havane, dos janséniste à 4 nerfs, titre doré, couverture et dos d'origine conservés (reliure moderne), xix, 359 p. Paris, Baudouin frères, 1825.
Première édition française de cette importante enquête parlementaire britannique, issue des travaux du "Select Committee on Artizans and Machinery" présidé par Joseph Hume en 1824, sur l'industrie continentale et les effets de la législation limitant l'exportation des machines. Les dépositions de négociants, d'ingénieurs, de manufacturiers et d'ouvriers éclairent la concurrence franco-britannique au lendemain du Blocus continental.Traduite et présentée par Raymond-Balthazar Maiseau, elle s'ouvre par une lettre de François Delessert, alors président de la Chambre de commerce de Paris.La déposition capitale de Thomas Robert Malthus ferme le recueil (p. 339-345), traduite du sixième rapport du comité (Parliamentary Papers, 1824, V, p. 598-601). C'est ici l'une de ses rares interventions publiques sur la politique industrielle. Interrogé sur l'opportunité de lever la prohibition, il traite du coût comparé du travail anglais et français, des effets de la machine sur l'emploi et des limites de la division du travail, dont les avantages, soutient-il, ne croissent pas indéfiniment avec le capital ni avec la demande.Le comité conclut à l'abrogation des lois sur l'émigration des artisans et sur les coalitions, votée dès 1824, la prohibition sur les machines restant en vigueur.Adolphe Blanqui y voyait le départ des enquêtes françaises sur l'industrie : "Elle a donné le signal aux recherches que nous avons enfin daigné faire chez nous" ('Hist. de l'éco. pol. en Europe', II, p. 449).(Goldsmiths'-Kress, n° 24495).Petit tampon ex-libris.Quelques rousseurs.Bel exemplaire, non rogné, bien relié en maroquin havane.
LOUIS XVI - PICHON (Thomas Jean), GOBET (Nicolas), PATAS (Charles Emmanuel) illustrateur
Reference : 39267
Grand in-8° (218 x 138 mm), maroquin rouge cerise à grain long, dos lisse orné de compartiments ornés de triples filets en place des nerfs et d'un fleuron "Empire" répété au centre, palette en tête et pied, titre doré, filet gras d'encadrement aux plats, tranches mouchetées (rel. début du XIXe dans le style de Bozérian), xvi, 190, (2), 124 pages, 9 planches dépliantes hors-texte et 14 vignettes historiées à tiers de page dans le texte et (61) feuillets non chiffrés dont 39 planches de costumes, 11 feuillets d'explications et 1 feuillet d'approbation. A Paris, chez Vente, Libraire des Menus Plaisirs du Roi, 1775.
Une des deux éditions in-octavo parues l’année de l’originale, celle-ci sous la seule adresse de l’éditeur Pierre Vente. Elle est illustrée d’un riche ensemble gravé : frontispice, neuf grandes planches dépliantes figurant les moments clés de la cérémonie, trente-neuf planches représentant les costumes et uniformes officiels, vignette de titre gravée aux armes royales, vignettes et culs-de-lampe dans le texte. L’ensemble est gravé au burin par Charles-Emmanuel Patas (1744-1802). Le récit du sacre est précédé des "Recherches sur le Sacre des Rois de France" réunies par Nicolas Gobet (1735-1781), garde des archives de Monsieur et secrétaire du comte d’Artois, et suivi d’un "Journal historique de ce qui s’est passé à cette auguste cérémonie" tenu par l’abbé Thomas-Jean Pichon (1731-1812), historiographe de Monsieur et maître d’oeuvre de l’ouvrage. (Cohen-de Ricci, 785-786. Ruggieri, 606. Vinet, 529. Watanabe-O’Kelly, 2206).Provenance : la famille Hay, Earls of Erroll, ancienne noblesse écossaise, avec ex-libris gravé portant la devise "Leal Hag Feal" ("Loyal et Fidèle"), provenance probablement liée à la présence des Gardes écossais lors des cérémonies (une gravure les représente).Exemplaire bien complet. Cette édition, qui porte au titre la mention "Dans l'Église de Reims" et donne pour seule adresse "Vente" sans "Patas", a été livrée sans le plan de Reims.Auréole brune angulaire affectant les vingt dernières pages. Quelques petits accrocs de papier marginaux.Bon exemplaire, grand de marges, imprimé sur grand papier de Hollande, bien établi dans une reliure dans le goût de Bozerian.
HOBBES (Thomas), HOLBACH (Paul Thiry, baron d') traducteur et FAIGUET DE VILLENEUVE (Joachim)
Reference : 38500
(1772)
2 ouvrages reliés en un volume in-12 (153 x 96 mm), plein veau marbré de l'époque, dos lisse entièrement orné d'un décor doré à la grotesque, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges.
1- Première édition de la traduction française réalisée par le baron d’Holbach de cette oeuvre qui exerça une influence déterminante tant sur sa propre doctrine que sur la philosophie politique des Lumières. L’adresse londonienne est fictive; le livre a en réalité été imprimé à Amsterdam par Marc-Michel Rey. "Diderot nous a laissé un témoignage de l’enthousiasme que suscita chez lui ce traité [in Lettre à Sophie Volland]. Bien des éléments de cette doctrine passeront dans le Système de la Nature, avant tout le sensualisme conséquent, le mécanisme et le relativisme des critères moraux et sociaux" (cf. Naville, 'Holbach', p. 218-224). (Conlon, 'Siècle des Lumières', 72:860. Garcia, 'Hobbes: Bibliogr. internationale', p.8. Vercruysse, éd. 2017, 1772/D2. Tchemerzine-Scheler, III, 729).2- Édition originale et unique de cet essai, développement de l’article "Usure" que l’auteur avait rédigé pour l’Encyclopédie.Faiguet de Villeneuve présente une défense vigoureuse du prêt à intérêt, en réfutant les critiques traditionnelles émanant de l’Église et du droit.Sur la base d’arguments d’ordre religieux, économiques et sociaux, il démontre que le prêt favorise le développement du commerce et de l’industrie, tout en permettant aux individus créatifs de développer leurs compétences et de créer une dynamique bénéfique entre détenteurs de capitaux et entrepreneurs.Au fil de sa démonstration, il propose une réforme novatrice du service postal, suggérant que le tarif d'expédition soit calculé en fonction de la forme et du poids des envois.Joachim Faiguet de Villeneuve (1703-1780), économiste et philanthrope, trésorier de France au Bureau des Finances de Châlons-sur-Marne, fut l’un des collaborateurs réguliers de l’Encyclopédie. Il est reconnu comme l’un des pionniers de la science de l’économie politique en France.(Conlon, 'Siècle des Lumières', 70 :874. Goldsmiths’-Kress, n°10683.3. Higgs, n°5043).Mors frottés. Très bon exemplaire, très frais, relié à l’époque.
In-4 (275 x 212 mm), broché, couverture de papier d'attente, 14 p. Paris, P.G. Simon, Imprimeur du parlement, 1781.
Edition originale. Publié une première fois en 1770, l’ouvrage connut deux éditions à la suite. La plus étendue, celle de 1780, fut condamnée par ce très sévère arrêt du Parlement de Paris du 23 mai 1781 comme "blasphématoire, séditieux, tendant à soulever les peuples contre l'autorité souveraine & à renverser les principes fondamentaux de l'ordre civil". Son auteur, Raynal, qui y est décrété d’arrestation, "appréhendé au corps, & amené ès prisons de la Conciergerie", choisit l’exil.L'interdiction valut une immédiate célébrité à l'auteur comme à l'oeuvre. La part de Diderot dans la rédaction de cet ouvrage a été largement réévaluée par la critique moderne.Cet arrêt amplement motivé constitue une véritable synthèse de la réaction politique, philosophique et morale, d'une partie des autorités et des "anti-lumières" aux nouvelles doctrines.Bon exemplaire, non rogné.
2 volumes in-8, plein veau brun de l'époque, dos à 5 nerfs, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, (48), 420, (4) p. et (20), 616,(24) p. London, J. Waugh, 1749.
First edition by published posthumously by the nephew and successor of the author Thomas Amory (1700-1774).The author Henry Grove (1684-1738) was an English nonconformist minister, theologian and dissenting tutor.The preface and the concluding chapters were contributed by Amory himself. In his preface he informs us that Grove used his manuscript for over thirty years in instructing youth. On his deathbed he charged Amory to ensure its publication.On this important essay on moral philosophy, in which the authors criticise the systems of Grotius, Puffendorf, Hobbes, Berkeley, Clarke, Gibson, Locke, Turnbull, Wollaston, Descartes, etc., see Alan P. F. Sell, "Philosophy, Dissent and Nonconformity, 1689-1920", J. Clarke, 2004, pp. 61-67).Binding damaged. Some scattered foxing. Good condition inside.
Paris : René Kieffer, 1924. EXEMPLAIRE DE LA BIBLIOTHÈQUE PERSONNELLE DE RENÉ KIEFFER
2 vol. in-8° (205 x 150 mm), [3] ff. - 255 pp. - [1] f. + [3] ff. - 235 pp. - [1] f., maroquin grenat, dos à 4 faux-nerfs à décor à froid à la plaque, décor à froid à la plaque sur les plats, encadrement intérieur de filets à froid, contregardes et gardes de papier marbré, couvertures et dos conservés, tête dorée, étui bordé, (reliure signée RENÉ KIEFFER au contreplat supérieur et avec son étiquette estampée sur la première garde blanche). Premier numéro de la collection « L'amour des livres ». Un des 50 exemplaires sur Japon impérial, celui-ci le n°22. Suivent 1000 exemplaires sur vélin de cuve. Seule « collection » jamais proposée par les éditions René Kieffer, « L'amour des livres » comprend 20 volumes, parus entre 1924 et 1929. Les ouvrages qui la composent se ressemblent plus par la maquette que par le texte : auteurs contemporains y côtoient Stendhal ou Pouchkine. En outre, « L'amour des livres » détonne du reste de la production des éditions Kieffer en ce que l'illustration se limite à quelques ornements en début et fin de chapitres ou à un encadrement du texte. Présentés comme des éditions « demi-luxe », les ouvrages de la collection sont vendus à des prix plus bas que le reste des productions Kieffer. Le coût des exemplaires sur vélin tourne autour de cinquante francs, celui des exemplaires sur Japon autour de cent francs ; cela n'empêche pas le critique Clément-Janin de louer la prestation de l'éditeur : « Cette collection est intéressante et comme texte et comme présentation. La typographie y est maîtresse. Le décor lui est subordonné, ce qui est une bonne discipline ». Les couvertures arborent des motifs simples, géométriques ou emblématiques. Kieffer semble avoir proposé pour la collection deux reliures éditeurs ornées à la plaque : la présente en cuir arborant un décor de faisceaux sur les plats et le dos, et une seconde en cartonnage papier à décor d'emblèmes : coeurs, livres, étoiles, etc. Bibliographie : Sanjuan 47.
Paris : C. Blageart, 1680. ÉDITION ORIGINALE EN BEAU VÉLIN DE L'ÉPOQUE
In-12° (154 x 97 mm ; hauteur : 150 mm), [4] ff. + 218 pp. + [1] f., plein vélin de type hollandais, tranches naturelles (reliure de l'époque). Véritable « succès de box office », cette comédie s'appuie sur le personnage de Madame Jobin, devineresse et charlatan. La raison du succès retentissant de La devineresse à sa sortie repose sur son contexte historique : alors qu'on se précipite au théâtre, la cour du roi Louis XIV est secouée par l'affaire des poisons : Catherine Deshayes, dite la Voisin, elle aussi diseuse de bonne aventure, est en prison, accusée d'empoisonnements, de sorcellerie, et de s'être livrée à des messes noires. Si l'on vient pour rire de Madame Jobin et de la naïveté de ses clients parisiens, c'est en partie pour oublier l'angoisse des rumeurs qui courent. L'ouvrage possède une caractéristique typographique. A savoir que notamment le titre et la mention des scènes sont imprimés en lettres figurées qu'on pourrait dire « électrisées », dont l'aspect se rapproche dans l'idée des lettres tremblées. Leur présence, tel que l'explique l'avis au lecteur, sert à différencier la présente originale d'une autre « impression [qui] ne peut estre qu'imparfaite et pleine de fautes ». Il existe en effet au moins une contrefaçon (hollandaise) à la date de l'originale. Provenance : " 1698. Le 8 Xbre / à paris de Jean-Jacques Imperiali [signature] ", mention manuscrite sur la première garde. Alfred Liede (XXe siècle), critique surréaliste allemand spécialisé dans la littérature de l'absurde avec son ex-libris imprimé contrecollée au contreplat supérieur. OCLC : Aucun exemplaire, originale ou contrefaçon, dans les bibliothèques américaines. Quelques petites taches sur le plat inférieur, feuillets légèrement roussis.
In-8, broché, dos anciennement renforcé, (2) f., xxvj, 396 p., grand tableau dépliant (2 f. d'index et privilège manquent, auréoles claires aux prem. f.), lettre manuscrite de l'époque interfoliée. Paris, Jombert, Merigot et Rouen, Et. Vinc. Machuel, 1769.
Edition originale. "Jamard developed a system based on the harmonic series of the hunting-horn (…). The 'Théorie' had some followers' (notably Jamard and Abbé Feytou) and won Rousseau's praise" (Grove Music Online).(Bibliothèque Cortot, p. 97. Fétis, 5812. Gregory, p. 130. G. Kaucher, ‘Les Jombert’, n°441).Intéressant exemplaire comportant un ex-libris "M. Gressent, conseiller au parlement" [de Rouen], quelques annotations et une lettre manuscrite : "Je venais d'être reçu conseiller au parlement lorsque parut ce livre…". Gressent raconte sa rencontre avec Jamard et relate les difficultés que celui-ci rencontra pour retrouver un exemplaire de son propre livre, après qu'il eut été dépossédé de sa bibliothèque lors de la Révolution.2 derniers feuillets d'index et privilège manquent. Exemplaire entièrement non rogné.
In-4, demi-basane de l'époque, dos à 4 nerfs (lég. frotté), (2) f., [iii]-xx, 215, (1) p., 15 tableaux dépliants. Strasbourg, Imprimerie de Rolland et Jacob, 1788.
Edition originale et unique de cet ouvrage d'inspiration physiocratique. Après avoir servi dans les armées du roi et obtenu la concession de terres agricoles dans l'Isle de France (île Maurice), Heurtault de Lamerville s'intéressa aux problèmes financiers que rencontrait la France. Il formule, dans cet ouvrage, des solutions originales à travers un plan de restructuration du système financier et fiscal et la libération des dettes de l'Etat. Il critique les impôts directs et indirects et propose, en remplacement, un impôt territorial, une taille réelle et une "subvention générale". Le dispositif est fondé sur l'instauration d'Assemblées provinciales qui assureraient la perception et la répartition de l'impôt. Mirabeau, Turgot, Le Trosne, Condorcet auront les mêmes objectifs concernant les Assemblées provinciales. (Einaudi, 3185. Goldsmiths, 13642. INED, 2556. Kress, B.1437. Weulersse, 'La physiocratie à l'aube de la Révolution', p. 432).Très bon exemplaire, imprimé sur vergé fort, grand de marges.
In-8, broché, couverture de papier marbré (rel. moderne), (2), 64 pages. Marseille, 1789.
Edition originale de cet opuscule paru au début de la Révolution, dans lequel l’abbé Raynal propose, à l’occasion de l’ouverture des États généraux, un vade-mecum abordant des questions fondamentales telles que: la politique, l’asservissement des peuples, la liberté, les finances, les impôts, la justice, la tolérance, etc. Ces articles s’inspirent largement de son célèbre ouvrage corédigé avec Diderot, "L’Histoire des Deux Indes".Dans son introduction adressée au "Corps de la Bourgeoisie de la Ville de Marseille", Raynal explique qu’en raison de graves problèmes de santé, il lui est impossible de se présenter en personne. En contrepartie, il soutient la candidature de son ami Dominique Bertrand, alors Directeur principal de la Compagnie d’Afrique, afin de le représenter comme député du Tiers-État à Marseille.Raynal désavoua, par la suite, cet écrit.(Martin & Walter, 28813).Très bon exemplaire, très frais, imprimé sur papier vergé, très bien conservé.
Nancy, A. Crépin-Leblond, (1900). 880 g In-8, demi papier ivoire à la bradel, couvertures conservées, 336 pp., 5 planches hors-texte. . (Catégories : Lorraine, )
In-12 (158 x 92 mm), plein veau marbré de l'époque, dos à nerfs orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranche rouges, 490 p., (2) p. d'index et 16 p. de catalogue éditeur. Juxta exemplar Asterodami [Lausanne, François Grasset], 1760.
Bonne édition latine, bien complète de l'ensemble des pièces préliminaires et index, donnée par Samuel Sorbière. Publiée à Lausanne, chez François Grasset.
2 volumes in-8 (197 x 127 mm), demi-veau olive de l’époque, dos lisses ornés, titre et tomaison dorés, tranches jaspées, xlviij, 452, (18) p. ("Avertissement du traducteur" et table) et (4), iv, 292 [i.e. 308] pages, portrait frontispice gravé sur cuivre. Neufchâtel, Imprimerie Typographique, 1787.
Première édition collective française des oeuvres de Hobbes, ornée d’un portrait de l’auteur gravé sur cuivre par Le Beau d’après Le Clère.Tome I°: Eléments du Citoyen, traduits par Samuel Sorbière. Suivi de "Avertissement du traducteur, ajouté après la publication de cet ouvrage".Tome II°: Le Corps politique traduit par Sorbière et La Nature humaine traduit par le baron d’Holbach.(Tchemerzine-Scheler, III, 734. Vercruysse, Holbach, 1787 D1. Manque à Macdonald & Hargreaves).Dos passés et frottés. Petit accroc aux coiffes supérieures.Bon exemplaire, imprimé sur beau papier vergé, intérieur très frais, relié à l’époque.
RAYNAL (abbé Guillaume Thomas), [DIDEROT (Denis), HEDOUIN (Jean-Baptiste-Antoine)]
Reference : 38085
(1782)
In-8, broché couverture verte de parution, dos titré à la plume, [2], vij, 399 p. Genève, Jean-Léonard, 1782.
Deuxième édition (la première de 1777 aurait été détruite) de cette compilation en grande partie tirée de 'l'Histoire des deux Indes'.Elle contient de nombreuses contributions de Diderot. L'édition est attribuée à J.-B.-A. Hédouin.L'adresse de Genève, "Jean-Léonard" (allusion à Jean-Léonard Pellet) est fictive.Selon Barbier: "Cet ouvrage fut supprimé aussitôt qu'il parut et le libraire menacé de la Bastille s'il ne nommait l'auteur".(Courney, 'Bibliographie des éditions Raynal', L-04 1782:01. Feugère, id., 1922, n°69. INED, 2237).Couverture légèrement défraîchie, avec quelques accrocs au dos.Bon exemplaire, entièrement non rogné, imprimé sur papier fort bleuté, tel que paru.
In-12, demi-chagrin bordeaux de l'époque, dos à faux 4 nerfs ornés d'un décor de caissons estampés à froid, (4), iii, 342 p. Paris, Lavigne, 1844.
Première édition française de la traduction de la "Cité du Soleil" par Jules Rosset ainsi que des "Poésies" et "Lettres" par Louise Colet, ces dernières données en français pour la première fois. Contient : Poésies - La Cité du Soleil - Lettres - ainsi que des "jugements et témoignages" sur Campanella.(France littéraire, II, 504).Rousseurs, soutenues aux premiers cahiers.Notes manuscrites à l'époque sur les derniers feuillets blancs à propos de l'utopie.Exemplaire bien relié à l'époque.
Grand in-8, demi-chagrin de l'époque, dos lisse orné, lx, 684, (1) p., rousseurs, cachets, portrait frontispice. Paris, Guillaumin, 1845.
L'une des éditions anciennes de référence.Mors fendus.
In-12, demi-parchemin moderne, (31) f., 630 p. et (28) f., frontispice gravé, fortes rousseurs. Lugduni Batavorum [Leyde], H. Teering, 1723.
Sur les rîtes, les institutions et les coutumes des Hébreux. (Fürst, I, 339).
Grand in-8, demi-chagrin rouge de l'époque, dos à 4 faux-nerfs plats orné de filet et roulette dorées, xxxv, 457 p. et (2) p. de catalogue (qqs rouss. et piqûres). Paris, Adolphe Delahays, 1875.
(Vicaire, VII, 1173). Exemplaire bien relié.
In-12, broché, couverture papier gris d'origine, 58 pp. Amsterdam, 1765.
Edition originale. "Texte démographique dans lequel l'auteur soutient le devoir politique de la procréation, car la population est nécessaire à l'Etat (…). Il propose de créer un impôt, qu'il appelle "tribut de tolérance", sur les célibataires, tant hommes que femmes, divisés en six classes selon leur fortune [et] propose de redistribuer le montant de cet impôt aux familles nombreuses. Statistiques chiffrées des recettes, par classe imposable". (INED, n° 3579). ("Bibliographie clérico-galante", p. 141). Exemplaire non rogné.
In-8, pleine toile éditeur sous jaquette imprimée, 166 p. Paris, I.N.E.D., 1980.
Avant-propos par Jacques Dupâquier, avertissement et traduction par Éric Vilquin. Exemplaire à l'état de neuf.
ENCYCLOPEDIE DIDEROT - THOMAS (J.), BROGLIE (Louis de), PINTARD (R.), etc
Reference : 27471
In-8, broché (couv. lég. défr.), 267 p. Paris, Sorbonne (Impr. Administrative Centrale), 1952.
Edition originale. Conférences faites à la Sorbonne à l'occasion du deuxième centenaire de l'Encyclopédie, publiées dans les "Annales de l'Université de Paris". Nombreuses et importantes contributions : L. de Broglie, R. Pintard, P. Grosclaude, G. Lefebvre, H. Bédarida, P. Clarac, L. Binet, P. Couderc, etc.
In-8, cartonnage marbré à la Bradel moderne, tranches rouges, 16 p. Genève et Paris, Duchesne et Panckoucke, 1765.
Edition originale de cette héroïde, illustrée d'une planche frontispice (Rancé découvrant la tête coupée de sa maîtresse), vignette et culs-de-lampe de Eisen gravés par de Longueil.Dans ce récit terrifiant, l'auteur relate les circonstances par lesquelles l'abbé de Rancé aurait été converti : rejoignant, par une porte dérobée, le chevet de sa maîtresse, la duchesse de Montbazon, il découvre celle-ci à tâtons dans l'obscurité, morte et décapitée. Récemment terrassée par la petite vérole, il avait fallu lui ôter la tête afin que le corps puisse entrer dans un cercueil plombé. Voltaire s'entretint de cette pièce avec le roi de Prusse dans une lettre du 5 avril 1767.(Cohen, 114. Quérard, 'Bibliographie voltairienne', n°293).Bon exemplaire.