[Ajaccio], Parc naturel régional de Corse, 1995, grand in-4 carré, reliure éditeur papier toilé rouge bradel sous jaquette illustrée, 597 pp., nombreuse illustration en couleurs et en noir in-texte et pleine page. Bel exemplaire avec infimes défauts d'usage (légères rousseurs au revers de la jaquette).
Cet ouvrage de luxe, sur papier glacé, abondamment illustré, de grand format 30,5 x 26,5 a réuni près d'une trentaine de collaborateurs issus des sciences sociales et naturelles, universitaires ou non, corses pour l'essentiel. Il faut louer les administrateurs du Parc naturel régional d'avoir eu l'intelligence de susciter la réalisation de cette remarquable étude, conduite par l'ethnologue attaché au Parc naturel.La chasse est un loisir bien particulier qui, s'il n'emporte pas l'adhésion de tout le monde et est la source de bien des critiques justifiées, constitue une activité récréative de plein air pour beaucoup de ruraux et un certain nombre d'urbains. Il est bien évident que, pour ceux qui s'intéressent à la gestion des espaces de loisirs de plein air, la prise en compte du lobby des chasseurs est une nécessité absolue. Pour cela, il est nécessaire de disposer d'analyses scientifiques : ce livre en est une, tout à fait pertinente.La première partie est consacrée à quelques aspects généraux de l'histoire de cette activité en Corse depuis le « prénéolithique » jusqu'à la période actuelle ; elle illustre bien la continuité de cette activité qui n'est vraiment devenue un loisir qu'à la période contemporaine.La deuxième partie concerne les animaux chassés et les techniques utilisées qui demandaient souvent une bonne connaissance des milieux. La troisième partie intéressera davantage le géographe, car elle traite des « Hommes et de leurs territoires ». Elle permet entre autre, de mieux saisir le poids culturel du braconnage, le rôle de l'Union Européenne, celui des sociétés de chasse et les conflits -encore ténus ici- avec les écologistes locaux, etc..La tradition orale, la littérature et le langage constituent les deux dernières parties. Le livre s'achève par la traduction de quelques textes qui avaient été écrits en langue corse.La publication de cette étude fait suite à d'autres (« Batraciens et reptiles de Corse », « Arbres, arbustes et herbes », « Les oiseaux », « Roches et paysages », « la Réserve naturelle de Scandola », etc..) qui montrent tout l'intérêt que les administrateurs du Parc naturel régional apportent à la connaissance du patrimoine remarquable de cette île.[Gérard Richez, in Méditerranée, tome 84, 3-1996. Tourisme et loisirs, p. 64.]