Au Cul-de-Sac, 26 septembre 1790. 2 pp. in-4 (25,5 x 20,5 cm) sur une feuille double; date erronée «26 oct. 1790» en première page.
Le retour des fugitifs après l’insurrection des mulâtres du Fond-Parisien. A la suite d’un incident survenu en avril 1790 sur une habitation du Fond-Parisien, près de Port-au-Prince, les mulâtres se soulevèrent et des Blancs furent assassinés. L’insurrection fut réprimée par le chevalier d’Attel et de nombreux insurgés partirent se réfugier dans la partie espagnole de Saint-Domingue. Cette lettre évoque le retour de deux d’entre eux: «Les nommés Jean et François Poisson, mulâtres du Fond-Parisien, fugitifs à l’occasion des troubles arrivés dans ce quartier, viennent de se présenter pour demander permission de rentrer chez eux, ainsi que leurs femmes, leurs enfans et leur Nègres; je les ai jugés innocens des malheurs arrivés au Fond-Parisien et en leur permettant d’y retourner et d’y reprendre leurs cultures sous la sauvegarde de la paroisse et des officiers du district du Fond de la Plaine […], je les ai soumis à se présenter au Port au Prince, lorsqu’ils en seront requis par le ministère public pour y être déchargés du décret rendu contre eux». Jumécourt demande ensuite au gouverneur d’écrire au président espagnol de Santo Domingo afin de permettre le retour des familles de Jean et François Poisson; il lui demande aussi d’établir des certificats afin que Jean et François ne soient pas inquiétés par la maréchaussée. Né à Nancy en 1749, Hanus de Jumécourt servit sous les ordres de Rochambeau pendant la guerre d’Indépendance américaine. Il devint ensuite capitaine au régiment d’Auxonne, puis commandant de la Garde nationale et maire de la Croix-des-Bouquets, où il possédait une plantation située au Cul-de-Sac. Député à l’Assemblée coloniale, il fut l’ennemi des autonomistes de l’Assemblée de Saint-Marc. Il mourut à la Jamaïque en 1798 (source: sites domingino.de et academie-stanislas.org).