[Paris], [], 1588. In-8 de 395-(1) pp., vélin souple à rabats, traces de lacets (reliure de l'époque).
L'un des trois tirages de 1588, sans qu'il soit possible d'en dresser la chronologie, de ce pamphlet attribué à Nicolas Rolland du Plessis, ligueur plusieurs fois emprisonné pour ses prêches, « catholique royaliste, hostile aux politiques aussi bien qu'aux huguenots » (Hauser, 2483). L'ouvrage fut répandu par toute la France et s'inscrit dans le genre des remontrances imprimées, « textes hybrides, entre oralité et écriture, révélant un aspect méconnu de cette période tumultueuse » (Droz).L'année 1588 est celle de la Journée des Barricades (12 mai), qui chassa Henri III de Paris et précéda l'assassinat du duc de Guise à Blois (23 décembre), apogée de la Ligue. Dans ce contexte explosif, le pamphlet de Rolland du Plessis occupe une position singulière : ni purement ligueur ni simplement royaliste, il réclame simultanément la guerre à l'hérétique et la réduction des impôts, exige la réforme de l'attribution des offices et des bénéfices, dénonce la mauvaise distribution des richesses. Contre le luxe de la bourgeoisie, mais non celui des grands, jugé légitime, il préconise que le roi impose les plus riches pour soulager les petits, et promulgue des lois somptuaires surtout contre le luxe des vêtements féminins. Sa position théologique et sociale traduit les contradictions d'un catholicisme réformateur qui n'est ni Ligue radicale ni politique.Nombreux passages soulignés, parfois accompagnés de notes manuscrites anciennes. Feuillets liminaires roussis avec cernes clairs ; galerie de ver sans atteinte au texte sur plusieurs cahiers ; vélin fripé.Brunet, IV, 1215 ; Hauser, 2483 ; INED, 3890 ; Pallier, Recherches sur l'imprimerie à Paris pendant la Ligue, 1585-1594, n° 230.
[Paris], 1588. In-8 (160 x 100 mm), 279 pp., 8 ff. n. ch. Veau fauve marbré, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge, filet doré sur les coupes, restauration de la coiffe supérieure et aux coins, légère trace de mouillure dans la marge inférieure des derniers feuillets (reliure du XVIIIe siècle).
Violent pamphlet dirigé contre Henri III et l’hérésie protestante. Avocat et conseiller à la cour des monnaies de Paris, Nicolas Rolland du Plessis (né vers 1550) était un «catholique royaliste, hostile aux politiques aussi bien qu’aux huguenots» (Hauser). Dans son virulent discours, il s’élève contre les abus de toute sorte qui se pratiquent aussi bien à la cour que dans les différents ordres de l’État et réclame la guerre aux hérétiques. Il dénonce tous les vices: corruption des mœurs, vénalité des offices, concussion des gens de roi, luxe de la bourgeoise et en particulier des habits, adultère, spectacles… L’Hôtel de Bourgogne est décrit comme «unecloaque & maison de Satan» où l’on se livre à l’ivrognerie et aux jeux de dés. L’ouvrage aurait été imprimé à Paris. Il existe trois éditions, datées 1588, sans que l’on puisse déterminer l’ordre des tirages. Ex-libris manuscrit «Paniquiny», daté 1630, sur la dernière page avant la table. Il pourrait s’agir de Jean Paniquiny, apothicaire et valet de chambre de Marie de Médicis d’origine italienne, qui épousa en 1612 Madeleine Bardin, fille du chirurgien ordinaire de la reine. Ancienne cote de bibliothèque à l’encre sur la première garde. Bon exemplaire. Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, IV, col. 269. Brunet, Manuel du libraire et de l’amateur de livres, IV, col. 1215. Hauser, Les Sources de l’histoire de France, 2483. Pallier, Recherches sur l’imprimerie à Paris pendant la Ligue, 1585-1594, Droz, 1976, n°230.