S. l., 1957. Carte exécutée à la gouache et à l’aquarelle, signée et datée dans la partie inférieure, et mesurant 3 m 35 sur 1 m 50 ; enroulée, bords renforcés, traces de fixation.
Très grande et spectaculaire aquarelle illustrant le projet d’une ligne de chemin de fer entre l’Algérie et le Niger. Réalisée au 1/800 000e, elle comprend une vingtaine de dessins aquarellés montrant des sites pittoresques d’Algérie, du Maroc et du Mali : Laghouat, Saïda, Meknès, Colomb-Béchar (actuellement Béchar), Timimoun, Ain Salah, Tessalit, Adrar des Iforas, etc. Elle comporte une rose des vents ainsi qu’une légende inscrite dans un cartouche dans l’angle inférieur gauche. La partie de la ligne déjà en exploitation, située entre Nemours (actuellement Ghazaouet, Algérie) et Abadla (à 90 km au sud-ouest de Colomb-Béchar), est représentée par un trait noir; celle en projet, qui doit traverser le Sahara entre Abadla et Niamey (Niger), est mentionnée par un tireté rouge; un trait marron donne le tracé de la piste transsaharienne n° 2. Au départ de Nemours, la ligne déjà construite se dirige vers le sud, emprunte la ligne Alger-Meknès-Casablanca, traverse la frontière marocaine, passe par Oujda (Maroc), puis se sépare de cette dernière pour prendre la direction du sud marocain: Berguent, Tendrara, Tamelt, Mengoub, Menahba, Talzaza, puis revient en Algérie pour passer par Colomb-Béchar et Abadla, la dernière localité desservie par le chemin de fer existant. Vient ensuite la partie en projet: à partir d’Abadla, la ligne prend la direction du sud et passe par Zerhamra (au sud-ouest de Beni Abbès), Ougarta, El Kseib, Kerzaz, Ksabi, Adrar, Reggane, Balise 250, Bidon 5, Bordj le Prieur. Elle passe ensuite au Soudan (le Mali actuel): Anefis, Tabankort, Taberichat, Ain Tassit. Elle se divise alors en deux branches, l’une se dirigeant vers Tombouctou (Mali), et l’autre vers Gao (Mali) et Niamey (Niger). Cette ligne passe à proximité de la piste transsaharienne n° 2, qui s’étend de Colomb-Béchar à Gao. Le chemin de fer transsaharien, ou chemin de fer Méditerranée-Niger, était un projet de traversée ferroviaire entre l’Afrique du Nord et l’Afrique occidentale française (AOF). Imaginé dès la seconde moitié du XIXe siècle, il fut interrompu en 1881 après l’attaque de la seconde mission Flatters. Relancé en 1939, il fut continué par le gouvernement de Vichy, puis par le gouvernement provisoire, avant d’être clos définitivement en 1949, la ligne s’arrêtant au barrage d’Abadla. Apparemment inédite, la présente aquarelle, réalisée vraisemblablement par Hippolyte Rigaill, témoigne d’une tentative de reprise du projet, peu avant l’indépendance des anciennes colonies françaises. Dans le Courrier du Maroc du 14 avril 1952, Hippolyte Rigaill est mentionné comme dessinateur, et comme membre du conseil municipal de la région d'Oujda. Dans celui du 3 avril 1953, on apprend qu'il participa à une exposition d'artistes locaux au grand hall des Services Municipaux : "notre ami Rigaill aime la mer et les grands espaces. Aussi est-ce une majorité de marines et de paysages, de dunes et de visages marocains qu'il présente à notre admiration. Peut-on lui reprocher de peindre sans artifice, de reproduire les choses telle qu'il les voit : avec beaucoup de soleil". Document d'une fraicheur et d'une taille exceptionnelle.