Paris, Desenne, 1790-1796. 10 tomes en 10 vol. in-8, demi-basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin noir et de tomaison fauve, tranches rouges (reliure de l'époque).
Collection complète. Très rare. La Feuille villageoise est un hebdomadaire républicain fondé à Paris en septembre 1790 par l'ancien jésuite Joseph-Antoine-Joachim Cerutti (1738-1792), avec la participation initiale de Philippe-Antoine Grouvelle et du pasteur Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne, député du Tiers aux États généraux et futur président de l'Assemblée constituante. Premier journal destiné spécifiquement aux populations rurales, il parut chaque jeudi du 30 septembre 1790 au 2 août 1795, soit cinq années complètes, diffusé par abonnement dans tous les villages de France au prix de 7 livres 4 sous par an, chez Desenne, libraire au Palais-Royal.Rabaut Saint-Étienne se retira dès la première année. Cerutti, qui en demeura le principal rédacteur jusqu'à sa mort en février 1792, partageait essentiellement la direction avec Grouvelle, membre du Club de 1789 et proche de La Fayette, Sieyès et Bailly, qui lut en 1792 sa sentence de mort à Louis XVI avant de devenir ambassadeur au Danemark en 1793. Après la disparition de Cerutti, Grouvelle s'adjoignit Pierre-Louis Ginguené, collaborateur du Moniteur universel et de la Décade philosophique. Parmi les nombreux collaborateurs figurèrent Mme de Genlis, Gilbert Romme, Kersaint, Lanthenas, Lequinio et François de Neufchâteau.Le journal ambitionnait d'informer les campagnes des avancées de la Révolution et d'y diffuser les idées nouvelles. Ses rubriques mêlaient vulgarisation agricole, géographie universelle, astronomie pratique, description des institutions nouvelles, droits et devoirs des citoyens, nouvelles des armées et courrier des lecteurs, prêtres, maîtres d'école et maires.Le succès fut considérable : le journal compta jusqu'à 18 000 lecteurs (Hatin, Histoire de la presse française, p. 170-171). Son ton modéré lui valut d'être perçu différemment selon les camps : Hatin saluait « ses sages principes et son ton modéré qui contrastaient avec la violence et la feinte exaltation de la plupart des écrits périodiques du même temps », tandis que le journaliste royaliste Peltier le raillait comme « une feuille ridicule, où ces deux esprits faux catéchisaient les paysans avec des antithèses philosophiques » (Histoire de la Révolution de 1792, p. 304)..Bel exemplaire. Ex-libris « J.B. Leclere ».Collation conforme à Walter, 469 ; Hatin, 170 ; Tourneux, II, 10571 ; Pochet-Deroche, 1428 ; La Bédoyère, 1942.
1790 P., Desenne, 1790-1791. 500-(11) pp,broché,manques aux plats et dos,texte non rogné. Tête de collection compléte du premier numéro publié le 30 septembre 1790 au n° 27 (31 mars 1791). Pagination continue (500 pp), plus 11 pp. de table alphabétique des matières traitées, bon état .
La Feuille villageoise avait pour but, comme l'indique d'ailleurs son titre de mettre à la portée de tous sous une forme simple et dans un style clair, l'exposé successif des lois, des événements et des découvertes qui pouvaient intéresser les campagnes. Aussi est-ce moins un journal, au sens propre du mot, qu'un recueil de leçons élémentaires et de dissertations techniques où la politique n'eut au début du moins, que la plus faible part. Ses fondateurs furent Rabaud-Saint-Etienne qui se retira d'ailleurs au bout de la première année, Philippe Grouvelle et Joseph Cerutti auquel succéda Pierre-Louis Guinguené. Parmi les collaborateurs figurent Mme de Genlis qui signait Sillery, Gilbert Romme, Kersaint, Lanthenas, Jacques Boileau et François de Neufchateau, qui y donna une notice sur Cerutti. La Feuille villageoise suspendit sa publication au n° 53 de la cinquième année (2 août 1795) mais plus d'un après et presque jour pour jour (le 10 août 1796) parut un n° 54 que M. Hatin n'a pas connu et qui doit manquer à beaucoup d'exemplaires. Sous le titre d'Adieux aux bons villageois, Guinguené y exposait les motifs de son silence et annonçait qu'il espérait bien un jour reprendre ses entretiens … Remise de 20% pour toutes commandes supérieures à 200 €