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‎ÉLUARD (Paul)‎

Reference : 20266

(1930)

‎À toute épreuve.‎

‎ Seul exemplaire sur Chine et papiers de couleurs connu : celui d'Yves Tanguy Paris, Éditions surréalistes, (15 octobre) 1930. 7 plaquettes de [16 p.] et 15 p. réunies en 1 vol. (65 x 105 mm). Veau naturel teinté et estampé d'une eau-forte originale dans les tons rose, jaune et bleu pastel inspirée des caractères typographiques de la page de titre, contreplats bord-à-bord du même décor, titre au palladium sur le premier plat, gardes de chèvre velours vert d'eau, tranches dorées à l'or blanc par Jean-Luc Bongrain, chemise et étui bordés (reliure signée de Louise Bescond - titr. Claude Ribal, 2025). Édition originale. Un des 30 exemplaires sur chine (n° 27). Envoi signé : « Exemplaire d'Yves Tanguy, son vieil ami fidèle, Paul Éluard ». À la suite, sont reliés un exemplaire sur papier d'édition et un jeu d'exemplaire sur papiers de couleurs (saumon, vert, jaune, rose), puis un exemplaire de la plaquette qui servit de modèle à Paul Éluard pour composer la maquette : Victor Hugo, Lettre à Lord Palmerston, publiée à Jersey en 1854]. Soit un ensemble de sept plaquettes. ‎


‎Précieux exemplaire d'Yves Tanguy, celui qu'Éluard qualifiait de « druide : le guide du temps des druides du gui ». Les vers d'À toute épreuve seront à nouveaux éparpillés dans La Vie immédiate - recueil dans lequel Éluard lui écrira un fameux poème, « Un soir tous les soirs et ce soir comme les autres » : le peintre lui donnera en retour une fantastique eau-forte qui accompagnera les dix premiers exemplaires de tête. Certains poèmes avaient été publiés en 1929, dans le n°12 de La Révolution surréaliste, tandis que d'autres paraissaient dans le hors-série de la revue Variétés, sous-titré « Le surréalisme en 1929 ». Ils sont assemblés ici pour la première fois dans cette plaquette-manifeste dont la présentation emprunte sciemment aux tracts hugoliens de l'exil : les exemplaire d'A toute épreuve sont suivi de la Lettre à Lord Palmerston (Jersey, 1854), modèle avéré de la maquette d'À toute épreuve. Ce rapprochement est documenté par une note autographe de Valentine Hugo rappelant qu'en 1930, elle remit à Éluard un exemplaire de la plaquette de Victor Hugo : le format et la couleur (un papier bleu) lui « donna l'idée d'éditer ainsi À toute épreuve » (vente Geneviève et Jean-Paul Kahn, Mille nuit de rêves, IV, n° 164) La plaquette d'Hugo, à l'allure de tract, ressemblait aux extraits des Châtiments (L'Expiation, Joyeuse Vie, À l'obéissance passive et Nox) que Victor Hugo fit imprimer entre 1852 et 1853 à Jersey, dans lesquels il fustigeait Napoléon III. Leur petit format, destiné à être introduits clandestinement en France par courrier, permis à ces brûlots de se diffuser efficacement. Parmi elles, la fameuse Lettre à Lord Palmerston : cette plaquette imprimée en 1854 sur les presses de l'Imprimerie universelle à Jersey est une protestation contre l'exécution de John Charles Tapner par pendaison le 10 février 1854 à Guernesey. Cette exécution eut lieu en dépit des protestations des habitants, mais la diatribe du poète en exil, qui s'inscrivait dans son combat contre la peine capitale, connut un tel retentissement que Tapner fut le dernier condamné à mort sur l'île. La conjonction d'un grand papier sur Chine avec l'inscription à Tanguy, la suite des tirages sur papiers de couleurs, l'adjonction de la plaquette de Victor Hugo et la délicate reliure de Louise Bescond placent cet exemplaire parmi les tous premiers au rang des exemplaires de référence de À toute épreuve. Si ce n'est au premier rang. Celui de la collection Trutat qui se trouve à la Bibliothèque nationale de France, également relié, comprend les tirages de la plaquette sur les différents papiers - sauf le Chine - et il est également suivi de la Lettre à Lord Palmerston ; cette plaquette est également jointe à l'ensemble cité de la la collection Geneviève et Jean-Paul Kahn, lequel ne contenait que les version sur papier blanc, rose et jaune -, également sans le tirage de tête sur Chine. Concernant les exemplaires sur Chine, seuls deux autres sont connus avec envoi : celui de Nusch, qui vient seul, sans autre version, avec cet envoi : « à la belle petite Nusch son amant Paul E. » (BnF, RES 8-Z Trutat-13) et celui pour Paul Bonet (exemplaire n° 5, Carnets, 694), avec cet envoi : « Exemplaire Paul Bonet et le plus beau des exemplaires, Paul Éluard ». Il vient seul également, sans les autres versions sur papiers de couleurs. Paul Bonet a relié, dans des décors approchants, deux autres exemplaires sur Chine, sans envoi : un en maroquin (exemplaire n° 19, Carnets, 811), un autre en box (exemplaire n° 4, absent des Carnets). Il semble n'exister, relié par van de Walle, qu'un seul autre exemplaire sur Chine avec les papiers de couleurs : le n° 7 (Christie's, Destribats V, n° 71). Lequel vient sans envoi. Une version recopiée du manuscrit, reliée par Paul Bonet (Carnets, 204A), a été donnée à René Char, mais sans aucune version imprimée du texte jointe. Magnifique exemplaire. ‎

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EUR18,000.00 (€18,000.00 )

‎ÉLUARD (Paul)‎

Reference : 30429

(1949)

‎Lettre à Man Ray.‎

‎ Paul Éluard à Man Ray : rapplique ! [Été 1949]. 1 page en 1 f. (135 x 210 mm) à en-tête de la Nrf, 43 rue de Beaune - 2 rue Sébastien-Bottin (VIIe). Encre noire. Man Ray, et sa compagne Adrienne Fidelin, dite Ady, sont vivement attendus par le poète. ‎


‎«TON ARRIVÉE. Ce sera un grand bonheur pour nous deux, mon Man, mon ami. Je travaille beaucoup ces temps-ci, à 4 conférences pour Septembre, à la Radio. On rêve de plus en plus d'habiter la Province. À Tours, peut-être, mais c'est un secret. Je crois que je n'ai pas dit que Zwemmer [Anton Zwemmer, libraire et éditeur néerlandais] est preneur de 100 de tes albums à 1$. Viens vite maintenant. Apporte au moins quelques uns de tes travaux. On vous embrasse, Ady et toi. Paul Eluard». Outre sa participation à quelques émissions radiophoniques après la guerre, Paul Éluard n'écrivit qu'une fois pour la radio, en 1947, pour la série Carte blanche à..., Le dit de la force de l'amour, une émission unique, avant d'accepter, en 1949, une série de cinq émissions, Les chemins et les routes de la poésie, dont seules les quatre premières peuvent encore être consultées à l'Institut national de l'audiovisuel (INA). C'est à ces émissions, réalisées par Alain Trutat et diffusées en octobre et novembre 1949, qu'Éluard semble faire référence. Le poète y travaillera tout l'été 1949 et la série constituera « un document on ne peut plus précieux pour saisir le type de relation que le poète entendait nouer avec ses contemporains. La poésie est un "bien commun" qu'il importe à l'écrivain de partager aussi largement que possible, tant par sa diffusion que par l'écoute et la compréhension de la parole de l'autre (...), une communauté qu'Éluard dessine et à laquelle il invite les auditeurs à s'identifier et tout simplement celle des survivants, appelée à se perpétuer dans l'engagement communiste, comme le suggère par la reprise d'un vers de «L'Internationale» qui terminera la première émission » (Céline Pardo, Le poète au micro et l'utopie poétique : Paul Éluard, Les chemins et les routes de la poésie, 1949, in Études littéraires, n° 41). Une émouvante lettre par ailleurs : le drame de la disparition de Nush, en novembre 1946 a laissé Paul Eluard longtemps désemparé, et sa seule consolation est la compagnie régulière de sa fille, Cécile. Si cette dernière est maintenant une femme - elle est âgée de 31 ans en 1949 - père et fille se voient fréquemment et envisagent de quitter Paris, ainsi qu'il est question ici. Trois mois plus tard, Paul Eluard rencontrera Dominique, à Mexico. Début d'une autre histoire. ‎

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EUR2,000.00 (€2,000.00 )

‎SARTRE (Jean-Paul)‎

Reference : 29322

(1963)

‎Les Mots.‎

‎ Exemplaire de tête sur japon - le seul dans une reliure de Paul Bonet. Paris, Gallimard, (30 décembre) 1963. 1 vol. (120 x 185 mm) de 224 p. Maroquin brun, décor mosaïqué de sept pièces de maroquin havane en relief, réhaussé d'arabesques de box rouge et vert, titre doré, date en pied, tranches dorées sur témoins, doublures et gardes gardes de daim vert, chemise et étui bordés (reliure signée de Paul Bonet, 1964). Édition originale. Un des 15 premiers exemplaires sur japon impérial (n° 15). L’exemplaire contient par ailleurs le nuancier original de Paul Bonet qui lui a servi à la composition de cette reliure – la seule qu’il réalisa sur le papier de tête des Mots. ‎


‎Écrire fut longtemps pour Sartre donner sens, « arracher ma vie, comme il disait, au hasard ». Il dresse ici un bilan définitif de ses illusions passées. Elles sont d'abord publiées en deux livraisons des Temps modernes (octobre et novembre 1963), avant de paraître chez Gallimard en avril 1964. « Malgré l'image polémique dont est alors victime Sartre dans l'opinion publique française, les hommages de la presse sont unanimes, et les titres, souvent très inspirés, des nombreux articles qui recensent le livre, rendent compte de la surprise et de l'émotion générales [...]. L'auteur nous fait pénétrer dans l'intimité de sa famille maternelle, les Schweitzer, de ses grands-parents ‘Karl et Mamie', qui accueillirent la mère et l'enfant dans leur maison de Meudon, puis dans leur appartement, entre le Panthéon et le jardin du Luxembourg [...]. Mon grand-père, écrit-il, ‘me jeta dans la littérature par le soin qu'il mit à m'en détourner : au point qu'il m'arrive, aujourd'hui encore, de me demander [...] si je n'ai pas couvert tant de feuillets de mon encre, jeté sur le marché tant de livres qui n'étaient souhaités par personne, dans l'unique et fol espoir de plaire à mon grand-père'. Sartre bataillera pour dénouer ce règlement de compte avec l'aïeul, jusqu'à son dernier livre, son colossal Flaubert. D'ailleurs, malgré ses efforts pour se construire fils de personne, comme il le fit dans Les Mots, Sartre est bien le produit de la bourgeoisie intellectuelle en gloire, comme en attestent les documents découverts par les historiens pour construire le contexte de sa généalogie » (Anne Cohen-Solal, Sartre). Parfait exemplaire, en reliure strictement contemporaine de Paul Bonet, première des deux reliures qu'il créa pour ce titre, et la seule sur ce papier de tête. Il en confia l'exécution au relieur René Desmules qui travailla de juin à décembre 1964. L'exemplaire est répertorié dans les Carnets sous la référence 1479. Sans doute l'un des plus précieux exemplaires de ce jalon de la littérature du XXe siècle, qui vaudra à son auteur en octobre 1964 le prix Nobel de littérature - qu'il refusera. Contat & Rybalka, Les Écrits de Sartre, 63/383 ; Carnets de Paul Bonet, 1479. ‎

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EUR45,000.00 (€45,000.00 )

‎VICTOR (Paul-Émile)‎

Reference : 31438

(1971)

‎Terres polaires terres tragiques.‎

‎ Edition originale. Paris, Plon, (12 octobre) 1971. 1 vol. (140 x 205 mm) de 299 p., [2] et 1 f. Cartonnage et jaquette illustrés de l'éditeur. Édition originale et premier tirage (pas de grands papiers). Envoi signé : « À Monsieur Maurice Genevoix avec la profonde admiration de Paul Émile Victor et ses meilleurs vœux pour 1972 ». ‎


‎Né en Suisse, le 28 juin 1907, Paul-Émile Victor passe une grande partie de son enfance à Saint-Claude, un petit village du Jura, où il pratique le scoutisme, lit de nombreux romans d'aventures et dévore les articles à dimension ethnologique publiés dans l'hebdomadaire L'Illustration et se découvre une véritable passion pour les pôles. Il se dirige alors vers des études d'ingénieur à l'École centrale de Lyon et, en janvier 1934, fait une rencontre décisive à l'académie des Sciences de Paris : c'est là qu'il aborde l'un des pontes de l'exploration polaire française, le commandant Jean-Baptiste Charcot, à qui il expose un projet d'expédition ethnographique. Son désir ? Étudier les « Eskimos » du Groenland oriental et rapporter en Europe des informations et des objets incarnant la culture de cette population tout juste découverte par les occidentaux. Charmé par l'idée, Jean-Baptiste Charcot soutient l'opération et sic mois plus tard, le 25 août 1934, voilà le jeune Paul-Émile Victor qui débarque du navire polaire « Pourquoi-Pas ? » dans le comptoir danois d'Ammassalik. Il restera sur place un an durant, apprivoisant tranquillement la culture locale. C'est en 1971 que Paul Emile Victor écrit Terres polaires, terres tragiques : une série de huit récits qui montrent l'implacable dureté des lieux, depuis une première exploration en 1819 à la découverte du passage du Nort Ouest, jusqu'au dernier récit qui nous emmène au coeur de la deuxième guerre mondiale et au Groenland, où l'immense île constitue un relais indispensable entre les USA et l'Angleterre. Rappelons qu'à cette date, Paul-Emile Victor, qui s'était exilé aux Etats-Unis, était devenu instructeur pour l'US Air Force et commandait une des escadrilles de recherche et sauvetage de pilotes perdus en milieu polaire pour l'armée, jusqu'en 1946, où la nationalité américaine lui sera octroyée en récompense de ses faits d'armes. Véritable figure du monde de l'exploration polaire, il a passé une grande partie de son existence à voguer entre les régions les plus froides de notre monde. Fondateur des Expéditions polaires Françaises, ce dernier reste, 25 ans après sa disparition, l'un des pionniers du genre en France et l'un des premiers militants écologiques de la planète. Il obtient le prix de l'Académie française en 1973 pour l'ensemble de son oeuvre, prix remis par Maurice Genevoix qui en est alors le Secrétaire perpétuel. Il sera honoré à la suite des titres de Commandeur, Grand officier puis Grand-croix de la Légion d'honneur - la plus haute distinction de l'Ordre. ‎

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EUR500.00 (€500.00 )

‎ELUARD (Paul) - JOUFFROY (Jean-Pierre)‎

Reference : 29659

(1999)

‎Au rendez-vous allemand.‎

‎ 115 exemplairs sur vergé d'Arches Paris, Camino Verde, 1999. 1 vol. (270 x 350 mm) de [96] p. En feuilles, couverture à rabats illustrée au premier plat d'un motif en relief, emboîtage éditeur en toile noire estampée à froid. Tirage limité à 115 exemplaires numérotés sur vélin d'Arches, justifiés et signés par l'artiste. 40 gravures en taille d'épargne in-texte et à pleine page par Jean-Pierre Jouffroy, dont de nombreux portraits d'écrivains résistants : Paul Eluard, Jacques Decour, Garcia Lorca, Gabriel Péri, etc. ‎


‎Cette édition, qui reprend le texte de l'édition originale publiée en décembre 1944, a été réalisée sur les presses typographiques de l'Imprimerie nationale. Elle est constituée des vingt-sept poèmes que Paul Eluard a, pour la plupart, écrits dans la clandestinité : « Je viens d'éprouver l'immense joie de fabriquer un livre. J'en ai d'abord fait la maquette en photocopiant les vers de Paul Éluard publiés en 1944 par les Éditions de Minuit sous le titre Au rendez-vous allemand. J'ai mis en page les vingt-sept poèmes en agrandissant deux fois la typographie et en découpant le texte. Je me suis laissé de grands blancs où j'ai commencé à griffonner selon que l'humeur des vers s'accordait à la mienne. Il y avait ainsi le projet de quarante gravures. Je les ai dessinées en grand d'abord, puis en plus petit et à l'envers, au format de la maquette, sur des planches que j'ai ensuite évidées à la fraise de dentiste. La suite des vers de Paul Éluard est constituée de 23 000 lettres de l'alphabet. Seule l'Imprimerie nationale disposait de cette quantité de caractères nécessaire pour une composition en une seule fois, à la main, au plomb. Et ne les eût-elle pas eus qu'elle aurait pu les fondre, puisqu'elle possède des poinçons en acier gravés par Claude Garamont en 1530 sur une commande de François Ier. Ces poinçons permettent de frapper les matrices en cuivre dans lesquelles des ouvriers, très spécialisés, coulent les lettres » (« L'Agora et le plomb, Entretien », L'Humanité, 19 novembre 1999). ‎

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EUR800.00 (€800.00 )

‎ÉLUARD (Paul)‎

Reference : 32050

(1939)

‎Donner à voir.‎

‎ Exemplaire René Char avec envoi Paris, Gallimard, (3 juin) 1939. 1 vol. (120 x 190 mm) de 213 p. et [4] f. Broché. Édition originale. Envoi signé : «à René Char, ce livre dont je voudrais par dessus tout qu'on dise qu'il est à son éloge, Paul Éluard». ‎


‎Dernier recueil paru avant l'entrée en guerre, Donner à voir - encore un titre magnétique - livre ici un exemplaire profondément chargé de sens et d'histoire littéraire : il est adressé par Paul Éluard à son ami René Char. C'est le dernier recueil qu'Éluard offrira avant cinq années sans contact direct entre les deux hommes, lesquels ne savent pas encore qu'ils seront, à l'issue du conflit, les deux grands poètes survivants et résistants. L'un par les armes, l'autre par les mots. Publié au printemps 1939 chez Gallimard, Donner à voir est bien plus qu'un recueil de poèmes. C'est, selon Lucien Scheler, «plus qu'un art poétique, un traité d'esthétique véritablement révolutionnaire» (Pléiade, p. XLIII). Il rassemble des textes essentiels, dont certains inédits, d'autres déjà parus - mais réorganisés ici selon une logique intérieure nouvelle. Y est notamment publié pour la première fois le poème «À Pablo Picasso», dans lequel figure pour la première fois : «Tu as remis la tête sur le corps». Un hommage direct à l'ami et au peintre, dans l'ombre de Guernica, et à une période particulière pour Éluard : celle des tensions avec André Breton, avec lequel il vient de terminer le Dictionnaire abrégé du surréalisme. Il s'en détache peu à peu, approfondissant sa relation avec Picasso. L'été précédent, à Mougins, les deux hommes partagent avec Roland Penrose, Man Ray et leurs compagnes une parenthèse solaire. À l'automne, les liens avec Breton se délitent davantage : au retour de Mexico, où il a rencontré Trotski, Breton exige une rupture idéologique totale. Il somme les surréalistes de «saboter la poésie d'Éluard». Certains s'exécutent. D'autres - Picasso, Ernst, Penrose - se retirent, refusant de suivre cette ligne autoritaire. Le recueil Donner à voir paraît au coeur de cette tourmente. Deux mois plus tard, en septembre 1939, Éluard est mobilisé. Le lien entre Paul Éluard et René Char, quant à lui, est ancien, profond et ne sera jamais altéré. Leur rencontre remonte à la fin des années 1920, au moment où Char rejoint le mouvement surréaliste. Elle se concrétise dès 1930 par leur collaboration à Ralentir travaux, co-écrit avec Breton : «un assez long livre de trente très beaux poèmes que l'imprimeur de Char nous fait pour rien à 200 exemplaires», confie Éluard à Gala en avril 1930. Malgré les lignes de fracture idéologiques - entre surréalisme, communisme et engagement esthétique - leur amitié et leur admiration mutuelle traverseront les années sombres. Pendant la guerre, les deux poètes poursuivent un dialogue silencieux, portés par «l'idéal d'une Résistance unie». René Char, volontairement muet pendant le conflit, choisira L'Éternelle revue, fondée par Éluard en 1944, pour livrer ses premiers poèmes nouveaux. C'est à la Libération que les deux hommes se retrouvent enfin. Ils échangent leurs derniers recueils, à nouveau. Éluard offrira à Char Poésie intentionnelle ; Char lui répondra avec un exemplaire de Seuls demeurent, dédicacé ainsi : «à Paul Éluard, obstiné, exemplaire et pur, comme l'homme que tout menace, comme l'homme que rien n'atteint.» Cinq ans plus tôt, cet exemplaire de Donner à voir venait conforter René Char le lien de l'amitié des deux frères d'armes et de plume. Bon exemplaire. Mention fictive de deuxième édition, mais bon achevé d'imprimer de l'édition originale. ‎

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EUR4,000.00 (€4,000.00 )

‎ÉLUARD (Paul)‎

Reference : 10434

(1942)

‎Poésie involontaire et Poésie intentionnelle.‎

‎ Tirage de tête sur vergé Villeneuve-lès-Avignon, Poésie 42, (24 juin) 1942. 1 vol. (145 x 210 mm) de 67 p. et [2] f. Broché. Édition originale. Un des 75 premiers exemplaires sur vergé (n° 58). ‎


‎Cela, à notre connaissance, n'a jamais été signalé, mais ce texte est celui d'une conférence d'avant-guerre que reprend ici Paul Éluard en vue de les faire publier par Pierre Seghers, comme il s'en ouvre à son ami Louis Parrot dans une carte interzones du 14 avril 1942. Le 21 février 1939 à l'initiative de la compagnie du Diable écarlate dirigée par Sylvain Itkine dont la troupe avait joué dans les usines occupées lors des grandes grèves de juin 1936, Éluard était en effet intervenu au Proscenium d'Europe du Théâtre Pigalle, et de nombreux encarts l'avaient annoncé dans la presse. Dans son édition du 25 mai 1939, Excelsior revenait sur l'événement et parlait expressément d'une «séance de poésie involontaire et de poésie intentionnelle» présentée par une conférence de Paul Éluard, où, à côté des poèmes de Rimbaud, d'Apollinaire, de Laforgue et de Raymond Roussel, on entendait le «Vieux Paralytique», de Jules Jouy, les «Admirables Secrets du Grand Albert», un rêve d'un enfant de onze ans, une lettre de la religieuse portugaise et les «Impudiques», de Victor Litschfousse. «J'ai lu votre texte et les citations avec une belle joie, s'enthousiasme Seghers auprès d'Éluard dès le 22 mai 1942, je suis ravi, et je vais m'employer au succès absolument certain. [...] Je pars pour Lyon mardi apporter le texte à l'imprimeur. Je veux une typo simple, mais heureuse. Je prends pour vous mes dernières rames de papier ». Deux jours plus tard, dans une lettre à Parrot du 24 mai, Éluard souhaitant son livre « utile, fécond », précise son « intention profonde » : « amener l'esprit poétique en France dans des contrées mal appréciées jusqu'ici, à une plus vaste objectivité, à sa mère, "la vie de tous les hommes"». Tandis que des fragments de citations sont confiés au groupe la Main à plume de Noël Arnaud qui les publie avec d'autres textes dans La Conquête du monde par l'image, le projet s'enrichit encore de quelques citations nouvelles qu'Éluard communique à Parrot dans deux lettres des 30 et 31 mai 1942 (Éluard livre d'identité, p. 186), puis des tracasseries de la censure retardent un peu le projet, de sorte que le livre est sous presse le 8 juillet 1942 seulement, en retard sur l'achevé d'imprimer. «Si profond que soit l'engagement de Paul Éluard dans la vie politique et nationale, fera remarquer Decaunes dans sa biographie (p. 202-203), il n'en renonce pas pour autant à ce qui demeure, à ses yeux, la plus haute fonction de la poésie : la découverte, la conquête, par le moyen du langage à travers le langage, de tous les trésors de l'homme [...]. C'est pourquoi la publication, en pleine occupation, de Poésie involontaire, poésie intentionnelle, est, d'un certain point de vue, un acte au moins aussi significatif que celle des poèmes de résistance. » C'était d'ailleurs en ce sens qu'il s'était rapproché de Noël Arnaud. Bande à parution conservée. ‎

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‎ÉLUARD (Paul)‎

Reference : 32051

(1948)

‎Premiers poèmes. 1913-1921‎

‎ Exemplaire René Char avec envoi Lausanne, Mermod, (mai) 1948. 1 vol. (120 x 170 mm) de 176 p. et [2] f. Broché. Première édition collective dont il n'a pas été tirés de grands papiers. Un des exemplaires imprimés du service de presse. Envoi signé : «à René Char, que j'ai connu à ses vingt ans majeurs, à l'âge où j'écrivais ces poèmes, Paul Éluard». ‎


‎L'exemplaire rappelle utilement qu'il ne faut pas confondre ce volume Mermod avec le tout premier livre du poète, publié sous son nom civil de Paul-Eugène Grindel, Premiers Poèmes (Paris, Eymard & Cie, 1913), tiré à compte d'auteur et dont Éluard reniera ensuite l'essentiel. Cet ouvrage publié en 1948 constitue la première véritable anthologie d'Éluard où le poète rassemble lui-même ses textes de jeunesse, écrits entre 1913 et 1921, sévèrement triés et « rejugés » par l'exigence rétrospective. De cette période, il ne garde que six poèmes parus individuellement en revue entre 1913 et 1918 puis y ajoute ensuite un choix de poèmes extraits du Devoir et l'inquiétude, Les Poèmes pour la paix, Les Animaux et leurs Hommes, Pour Vivre ici et Les Nécessité de la vie. Paul Éluard a alors entre 17 et 26 ans ; il ne rencontrera René Char que près de dix ans plus tard, en 1930, alors que dernier n'a que 23 ans, « vingt ans majeurs » mais encore pour les deux hommes l'âge d'une jeunesse littéraire et poétique qui sera prolifique pour l'un et l'autre, et les deux ensemble puisque les deux poètes signeront dès 1930 un livre en commun, Ralentir travaux, avec André Breton, avant d'en produire un second en 1937, Neuve et Paliers, qui ne sera publié qu'en 1960 sous les titres Deux poèmes. ‎

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‎ELUARD (Paul)‎

Reference : 29916

(1929)

‎[Êtes-vous fous ? de René Crevel]. Manuscrit du prière d'insérer‎

‎ Manuscrit autographe pour René Crevel [mai 1929]. 1 page en 1 f. (180 x 285 mm), encre noire. Manuscrit autographe signé du prière d'insérer destiné au livre de René Crevel, Êtes-vous fous ? ‎


‎Sous un titre soufflé par Paul Éluard, Êtes-vous fous ? brosse l'autoportrait tragique de l'auteur. Vagualame, le héros et le double de Crevel, croit au combat révolutionnaire : « la vérité c'est qu'il n'y a pas assez de colère dans le sang de nos coeurs ». Cet anti-héros, qu'un détour par la psychanalyse n'a pas allégé de son mal-être, est prêt à servir la cause commune lorsque la maladie l'entrave. Pastiche des romans populaires, le récit au style convulsif et à l'humour corrosif dévoile les confidences d'un René Crevel hanté par la maladie (la tuberculose) et par le suicide. Sa lucidité de condamné le porte à cet ultime constat : « Pourquoi avoir crié, avoir cru aux temps nouveaux, lorsque fibre à fibre se déchiraient les muscles ? La douleur, cette chienne, il l'a laissée mordre en pleine chair. » Le livre, évidemment, est dédié à Éluard et à sa campagne d'alors, Gala. Le manuscrit de travail est daté des années 1927-1928, et comporte en exergue une citation d'Éluard, « La vie est accrochée aux armes menaçantes », qui ne sera pas conservée pour l'édition imprimée en avril 1929 (cf. Mille nuits de rêves, Collection Geneviève et Jean-Paul Kahn, Paris, cat. 7 novembre 2019, n° 126). Qu'en dit le prière d'insérer, publié par ailleurs dans le n° 188 de La Nrf du 1er mai 1929 (p. 129) ? Que « Madame de Rosalba, voyante, tire les cartes à René Crevel. "Une histoire de tous les diables ! [...] Il ne s'agit ici que de désapprendre à vivre, que de se perdre dans cette magie. Les mots, alors, tu ne les prononces plus un à un, mais par grandes gerbes et leur parfum est sur une autre bouche que la tienne. Tu sors de ton histoire merveilleuse et de toutes les histoires, tu n'es plus désormais que le complice de cette tête claire qui fait l'amour" Paul Eluard ». Précieux manuscrit, qui contient plusieurs variantes et repentirs, notamment dans le dernier paragraphe du texte. On joint l'imprimé original du prière d'insérer (un feuillet 135 x 215 mm), impression noire sur papier rose. ‎

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EUR1,000.00 (€1,000.00 )

‎DUMAS (Alexandre) & SARTRE (Jean-Paul)‎

Reference : 19278

(1954)

‎Kean. Adaptation de Jean-Paul Sartre‎

‎ Tirage de tête de l'adaptation de Jean-Paul Sartre Paris, Gallimard, (15 février) 1954. 1 vol. (130 x 195 mm) de 305 p. et [3] f. Reliure moderne, couvertures et dos conservés, étui. Edition originale. Un des 56 premiers exemplaires sur vergé de Hollande van Gelder (n° 19). Un tampon d'ex-libris en tête.‎


‎Mise en scène par Pierre Brasseur, avec des décors et des costumes d'Alexandre Trauner, Kean fut représenté pour la première fois au Théâtre Sarah-Bernhardt le 16 novembre 1953, avec, dans le rôle-titre, le même Pierre Brasseur : une commande sur mesure taillée par Sartre, qui concentre l'intrigue et aiguise la réflexion sur le génie d'acteur, la vérité du jeu et ses mensonges - comme un miroir tendu au théâtre lui-même. Ce «Kean-Sartre» fut appelé à de grandes reprises, dont celle, très médiatisée, de 1987, jouée par Jean-Paul Belmondo et montée par Robert Hossein. ‎

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EUR120.00 (€120.00 )

‎GERALDY (Paul)‎

Reference : 20667

(1916)

‎La Guerre, Madame....‎

‎ Paris, Georges Crès & Cie, (31 mars) 1916 1 vol. (120 x 160 mm) de 108 pp., [1] et 3 ff. Broché. Édition originale. Un des 25 premiers exemplaires sur japon (n° 18). Envoi signé : « À un amateur de livres à Monsieur Fouinat, hommages de l'auteur, Paul Géraldy ».‎


‎Paul Lefèvre publie en 1908, sous le pseudonyme de Paul Géraldy, ses premiers poèmes, Les Petites âmes, et remporte quatre ans plus tard un succès critique avec Toi et moi, dans un style empreint de sentimentalité qui lui valut un vif succès, notamment auprès du public féminin.C'est le cas le cas de sa poésie, sensible et désuète, où il livre les confidences du coeur avec les mots de tous les jours. ‎

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EUR40.00 (€40.00 )

‎[revue] Objets et Mondes tome 10 [tome X] fascicule 4. Hiver 1970. (Auteurs: Marie-Rose RABATE, Jean-Paul LEBEUF, Françoise GIRARD, Henri LHOTE, Solange THIERRY)‎

Reference : 1332067

‎[revue] Objets et Mondes tome 10 [tome X] fascicule 4. Hiver 1970. Sommaire: Marie-Rose RABATE, Les jeux de l'Achoura dans la vallée du Dra (Sud Marocain). - Jean-Paul LEBEUF, Broderie et symbolisme chez les Kanouri et les Kotoko. - Françoise GIRARD, Grand mât sculpté érigé pour la commémoration des victimes de la chasse aux têtes par les Asmat de la Nouvelle Guinée indonésienne. - Henri LHOTE, Gravures rupestres du Djebel Mélias, Annexe de Beni-Ounif, Sud Oranais (Algérie). - Solange THIERRY, Japon, théâtre millénaire vivant. - Ethnomusicologie.‎

‎Paris: Musée de l'Homme, Museum National d'Histoire Naturelle, 1970 in-4, nombreuses illustrations. Broché. Bon état, cachet. Sommaire: Marie-Rose RABATE, Les jeux de l'Achoura dans la vallée du Dra (Sud Marocain). - Jean-Paul LEBEUF, Broderie et symbolisme chez les Kanouri et les Kotoko. - Françoise GIRARD, Grand mât sculpté érigé pour la commémoration des victimes de la chasse aux têtes par les Asmat de la Nouvelle Guinée indonésienne. - Henri LHOTE, Gravures rupestres du Djebel Mélias, Annexe de Beni-Ounif, Sud Oranais (Algérie). - Solange THIERRY, Japon, théâtre millénaire vivant. - Ethnomusicologie.‎


‎[revue] Objets et Mondes tome 10 [tome X] fascicule 4. Hiver 1970. Sommaire: Marie-Rose RABATE, Les jeux de l'Achoura dans la vallée du Dra (Sud Marocain). - Jean-Paul LEBEUF, Broderie et symbolisme chez les Kanouri et les Kotoko. - Françoise GIRARD, Grand mât sculpté érigé pour la commémoration des victimes de la chasse aux têtes par les Asmat de la Nouvelle Guinée indonésienne. - Henri LHOTE, Gravures rupestres du Djebel Mélias, Annexe de Beni-Ounif, Sud Oranais (Algérie). - Solange THIERRY, Japon, théâtre millénaire vivant. - Ethnomusicologie. (Paris: Musée de l'Homme, Museum National d'Histoire Naturelle, 1970). [M.C.: revue, Ethnologie, Maroc, Tchad, Nouvelle Guinée, préhistoire, Algérie]‎

EUR12.00 (€12.00 )

‎[revue] Objets et Mondes tome 4 [tome IV] fascicule 4. Hiver 1964. (Auteurs: Paul HUARD et LE MASSON, Annette LAMING-EMPERAIRE, Jacques MILLOT)‎

Reference : 1332532

‎[revue] Objets et Mondes tome 4 [tome IV] fascicule 4. Hiver 1964. Sommaire: Paul HUARD et LE MASSON, Peintures rupestres du Tibesti oriental et méridional. - Annette LAMING-EMPERAIRE, Les Xeta, survivanys de l'âge de pierre. - Jacques MILLOT, Hommage à l'ethnographie hongroise.‎

‎Paris: Musée de l'Homme, Museum National d'Histoire Naturelle, 1964 in-4, nombreuses illustrations. Broché, bon état. Sommaire: Paul HUARD et LE MASSON, Peintures rupestres du Tibesti oriental et méridional. - Annette LAMING-EMPERAIRE, Les Xeta, survivants de l'âge de pierre. - Jacques MILLOT, Hommage à l'ethnographie hongroise.‎


‎[revue] Objets et Mondes tome 4 [tome IV] fascicule 4. Hiver 1964. Sommaire: Paul HUARD et LE MASSON, Peintures rupestres du Tibesti oriental et méridional. - Annette LAMING-EMPERAIRE, Les Xeta, survivanys de l'âge de pierre. - Jacques MILLOT, Hommage à l'ethnographie hongroise. (Paris: Musée de l'Homme, Museum National d'Histoire Naturelle, 1964). [M.C.: revue, Ethnologie, Sahara, préhistoire, Brésil, Hongrie]‎

EUR12.00 (€12.00 )

‎KODJO (Abbé Paul)‎

Reference : 1331261

‎La Création par l'abbé Paul Kodjo. Antarès Record, 13 rue Roland Garros - 31 Toulouse, YM 107. 45 tours.‎

‎Toulouse: Antarès Record, c. 1970 disque 17 cm. L'abbé Paul Kodjo raconte la Genèse en français de tirailleurs. Disque en bon état, pochette lég. défraîchie.‎


‎La Création par l'abbé Paul Kodjo. Antarès Record, 13 rue Roland Garros - 31 Toulouse, YM 107. 45 tours. (Toulouse: Antarès Record, c. 1970). [M.C.: disque, Afrique noire, Côte d'Ivoire]‎

EUR15.00 (€15.00 )

‎[revue] Objets et Mondes tome XIII [tome 13] fascicule 2 (Auteurs: A. BHATTACHARYYA, Thomas F. JOHNSON, Martine QUENTRIC, Henri LHOTE, Jean-Paul ROUX, Solange THIERRY, Elie VERNIER)‎

Reference : 1330735

‎[revue] Objets et Mondes tome 13 [tome XIII] fascicule 2. Eté 1973. A. BHATTACHARYYA. Substrat anthropologique des danses chhau de Purulia. - Thomas F. JOHNSON. Musical instruments and dance uniforms in Southern Africa. - Martine QUENTRIC. Notes sur les coutumes vestimentaires des Kalash du Pakistan. - Henri LHOTE. Dalle gravée de la chaîne des Ergab (Algérie). - Jean-Paul ROUX. Turquie d'hier et d'aujourd'hui. - Solange THIERRY. Présence de la Turquie. Arts et traditions populaires d'Anatolie. - Elie VERNIER. Une pièce rare de Madagascar.‎

‎Paris: Musée de l'Homme, Museum National d'Histoire Naturelle, 1973 in-4, nombreuses illustrations. Broché, cachet, très bon état. Sommaire: A. BHATTACHARYYA. Substrat anthropologique des danses chhau de Purulia. - Thomas F. JOHNSON. Musical instruments and dance uniforms in Southern Africa. - Martine QUENTRIC. Notes sur les coutumes vestimentaires des Kalash du Pakistan. - Henri LHOTE. Dalle gravée de la chaîne des Ergab (Algérie). - Jean-Paul ROUX. Turquie d'hier et d'aujourd'hui. - Solange THIERRY. Présence de la Turquie. Arts et traditions populaires d'Anatolie. - Elie VERNIER. Une pièce rare de Madagascar.‎


‎[revue] Objets et Mondes tome 13 [tome XIII] fascicule 2. Eté 1973. A. BHATTACHARYYA. Substrat anthropologique des danses chhau de Purulia. - Thomas F. JOHNSON. Musical instruments and dance uniforms in Southern Africa. - Martine QUENTRIC. Notes sur les coutumes vestimentaires des Kalash du Pakistan. - Henri LHOTE. Dalle gravée de la chaîne des Ergab (Algérie). - Jean-Paul ROUX. Turquie d'hier et d'aujourd'hui. - Solange THIERRY. Présence de la Turquie. Arts et traditions populaires d'Anatolie. - Elie VERNIER. Une pièce rare de Madagascar. (Paris: Musée de l'Homme, Museum National d'Histoire Naturelle, 1973). [M.C.: revue, Ethnologie, Inde, Algérie, Pakistan, Afrique du Sud, ethnomusicologie, Turquie, Madagascar]‎

EUR25.00 (€25.00 )

‎ÉLUARD (Paul)‎

Reference : 18243

(1920)

‎Les Animaux et leurs hommes. Les Hommes et leurs animaux‎

‎ Envoi à un compagnon de la première heure Paris, Au sans pareil, (10 janvier) 1920. 1 vol. (140 x 200 mm) de 44 p. et [2] f. Demi-chagrin havane à coins, dos lisse, titre doré en long, tête cirée, couvertures conservées (reliure signée de Flammarion-Vaillant). Édition originale. Illustré de 5 dessins hors-texte d'André Lhote. Un des 550 exemplaires sur vélin d'alfa (n° 243). Envoi signé : « Noll, dormez tout doucement, Paul Éluard ». ‎


‎Les Animaux et leurs hommes est le premier recueil de Paul Éluard où se manifeste l'influence de Dada, marque sa véritable entrée dans le groupe Dada parisien, son premier manifeste littéraire, rédigé quelques mois après sa rencontre avec le futur chef de file du mouvement surréaliste, André Breton. L'exemplaire est offert à un compagnon es-lettres, Marcel Noll auquel Éluard avait déjà envoyé trois ans plus tôt Le Devoir et l'Inquiétude, avec cet envoi déjà onirique : « à Marcel Noll, pour que la phrase prédominante s'abaisse au silence ». Le personnage reste pourtant mystérieux : partout présent dans les premières manifestations du mouvement surréaliste, il collabore aux revues publiées par le groupe, puis à L'Humanité. Avec Breton et Éluard, il était très lié à Denise Lévy (future compagne puis épouse de Pierre Naville) - la cousine de Simone Kahn, qu'épousera Breton en août 1921 -, et dont il était éperdument amoureux. Marcel Noll est très présent dès 1922 dans le cercle d'amis qui fréquentent l'atelier de Simone et André Breton, qui écrivent et voyagent ensemble. Une notice de Marguerite Bonnet, pour les notes de l'édition Pléiade, énumère la collaboration de Noll à La Révolution surréaliste (n° 1, déc. 1924, à laquelle on doit ajouter celles des 15 juil. 1925, 15 juin et 1er déc. 1926) et son rôle de gérant de la Galerie surréaliste en 1926. Dix ans plus tard, Noll « aurait disparu en Espagne durant la guerre civile » (Pléiade, p. 1194-95). Aragon lui a dédié le chapitre III du Paysan de Paris (1926) ; Breton, le poème « L'Aigrette » dans Clair de terre et, dans Nadja (1928) Breton évoque sa visite un jour de 1926 « avec Marcel Noll au ‘marché aux puces' de Saint-Ouen... ». La notice du Maîtron [Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier], indique : « Noll est entré jeune en contact avec Breton et Éluard par l'intermédiaire de Denise Lévy, née Kahn, amatrice d'art, qui habitait comme lui Strasbourg (Haut-Rhin) et était une cousine de Simone Breton. Le nom de Noll apparaît au sommaire de la revue La Révolution surréaliste dès le premier numéro (1924). Journaliste, il écrit et signe parfois (en 1925) la revue des revues dans les colonnes de L'Humanité. Faisant du courtage de tableaux, il exerça des responsabilités à la Galerie surréaliste qui avait été ouverte en mars 1926. Il travailla plus tard à L'Humanité de Metz, édition en langue allemande. Dans une lettre à Breton de 1932, il indique qu'il y donne des échos de l'activité surréaliste. [...] mort le 5 janvier 1937 sur le front de Madrid. » ‎

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EUR500.00 (€500.00 )

‎TZARA Tristan, APOLLINAIRE Guillaume, RIVET Paul, ROUSSEAU Madeleine‎

Reference : 1328466

‎L'art océanien, sa présence. Introduction de Paul Rivet. Textes de Guillaume Apollinaire et de Tristan Tzara. Etude présentée par Madeleine Rousseau. 215 reproductions, 4 cartes.‎

‎Paris: A.P.A.M., 1951 in-4, 138-[6] pages, 15 reproductions, 4 cartes. Broché, couverture illustrée, petites traces d'usage, bon état. Collection Le Musée Vivant n° 38.‎


‎L'art océanien, sa présence. Introduction de Paul Rivet. Textes de Guillaume Apollinaire et de Tristan Tzara. Etude présentée par Madeleine Rousseau. 215 reproductions, 4 cartes. (Paris: A.P.A.M., 1951) [M.C.: Océanie, art océanien, oceanic art]‎

EUR100.00 (€100.00 )

‎ÉLUARD (Paul) & MAN RAY‎

Reference : 29784

(1935)

‎Facile.‎

‎ Exemplaire de tête sur japon. Envoi signé Paris, GLM, (24 octobre) 1935. 1 vol. (185 x 240 mm), non paginé. Broché. Édition originale.Illustrée de 12 photographies rayogrammes de Man Ray, en héliogravure. Un des 25 premiers exemplaires sur japon, celui-ci hors commerce. Envoi signé : « à Edouard de Rouvre avec mes très vives sympathies. Paul Éluard. » ‎


‎Ouvrage culte des surréalistes, Facile forme selon Parr et Badger un parfait ménage à trois en unissant la poésie, la photographie et la typographie, l'ensemble célébrant l'amour et le corps de Nusch. Réunis autour de cinq poèmes et douze photographies, Paul Éluard, Man Ray et Guy Levis Mano créent un jalon de l'édition illustrée marquant le réveil de l'érotisme dans l'art des années 1930, où, dans les nus de Man Ray, le corps n'apparaît jamais dans sa totalité selon un procédé propre à l'Homme-Lumière. La tête entière ne se montre qu'une seule fois ; les yeux jamais. « C'est en raison de l'intégration des images au texte que cet ouvrage a été fondamental pour le modernisme et une source d'inspiration pour des générations de graphistes » (Parr & Badger). Précieux exemplaire, offert sans doute au sortir de la guerre à un jeune homme prometteur, âgé d'une vingtaine d'année : Evrard de Rouvre. Petit-fils de Charles Bourlon de Rouvre, qui lui légua une fortune considérable, le jeune homme fonde, à vingt et un ans, les Éditions Vrille, en 1944. Le premier livre publié est son propre recueil de poèmes, Instant, dont Éluard put avoir eu connaissance ; vient ensuite la revue Vrille, dont le premier numéro « La peinture et la littérature libres » est illustré par Oscar Dominguez : il réunit des textes et oeuvres de Georges Bataille, Henri Michaux, Max Ernst, Pablo Picasso, Salvador Dalí, qu'il voit défiler dans sa galerie d'antiquités Présence des arts du 38 avenue Pierre-Ier-de-Serbie. Curieux, politiques, grands industriels et collectionneurs s'y presseront des années durant. La bibliophilie ne lui était pas étrangère : sa bibliothèque - dispersée en deux vacations (1979 et 1980) - ne contient que des livres choisis, voire somptueux, en grands papiers et belles reliures. Éluard y est le poète le plus représenté. Cet exemplaire de Facile n'y figure pas. Éluard s'est étrangement trompé sur le prénom - ce ne sera ni le premier ni le dernier - en orthographiant Evrard « Edouard ». De Rouvre connaîtra par la suite une longue carrière de producteur de cinéma, tout en poursuivant la direction de nombreuses autres sociétés. Il meurt tragiquement en 1979, assassiné par son majordome. Les exemplaires sur japon de Facile sont d'une grande rareté. Les exemplaires hors commerce ne semblent pas avoir été tous pourvus de la photographie originale solarisée normalement jointe aux exemplaires de tête. Certains l'ont ; d'autres, non, et l'on rencontre également des exemplaires sur vélin enrichis d'un des tirages originaux de ces photographies : il est fort probable qu'elles aient navigué au gré des exemplaires, des dédicataires et des exemplaires offerts. Boulestreau, Le Photopoème « Facile » : un nouveau livre, dans les années 1930, Mélusine, pp. 163-177 ; Picaud, Des livres rares depuis l’invention de l’imprimerie, 1941 (Ex. n° 1 de G. Lévis Mano) ; Roth, The Book of 101 Books, Seminal Photographic Books of the Twentieth Century, pp. 86-87 ; Sinibaldi – Couturier, Regards sur un siècle de photographie à travers le livre, 48 ; Leclair – Née, Dictionnaire Char, Classiques Garnier, 2015, pp. 203-205. ‎

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EUR25,000.00 (€25,000.00 )

‎DUMAS (Alexandre) & SARTRE (Jean-Paul) ‎

Reference : 26507

(1954)

‎Kean. Adaptation de Jean-Paul Sartre‎

‎ Brasseur en attendant Belmondo Paris, Gallimard, (15 février) 1954. 1 vol. (120 x 190 mm) de 305 p. et [3] f. Broché, non coupé. Edition originale. Un des 160 exemplaires sur vélin pur fil (n° 188).‎


‎Mise en scène par Pierre Brasseur, avec des décors et des costumes d'Alexandre Trauner, Kean fut représenté pour la première fois au Théâtre Sarah-Bernhardt le 16 novembre 1953, avec, dans le rôle-titre, le même Pierre Brasseur : une commande sur mesure taillée par Sartre, qui concentre l'intrigue et aiguise la réflexion sur le génie d'acteur, la vérité du jeu et ses mensonges-un miroir tendu au théâtre lui-même. Ce «Kean-Sartre» fut appelé à de grandes reprises, dont celle, très médiatisée, de 1987, jouée par Jean-Paul Belmondo et montée par Robert Hossein. ‎

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EUR50.00 (€50.00 )

‎PEPPER Herbert , DE WOLF Paul et Paule‎

Reference : 1332318

‎Un mvet de zwè nguéma. Chant épique fang recueilli par Herbert Pepper, réédité par Paul et Paule de Wolf‎

‎Paris: Armand Colin, 1972 in-8, 493 pages, 2 illustrations, bibliographie, index, 3 disques en encart. Reliure moderne basane brune, dos à nerfs. " Classiques africains".‎


‎Un mvet de zwè nguéma. Chant épique fang recueilli par Herbert Pepper, réédité par Paul et Paule de Wolf (Paris: Armand Colin, 1972). [M.C.: Afrique noire, Gabon, littérature orale]‎

EUR30.00 (€30.00 )

‎BONET (Paul) ‎

Reference : 18506

(1959)

‎Maquette originale pour.... Sous le soleil de Satan‎

‎ [circa 1960]. Décor sur calque (305 x 240 mm) à l'encre noire et or : un semis de pointillé formant losange au centre du premier plat et rehaussé d'étoiles, titre en lettres or au dos, l'ensemble dessiné sur un tracé léger à la mine de plomb. Quelques indications manuscrites en marge inférieure. Maquette inédite de Paul Bonet pour l’un des maître-livres de Bernanos. Elle ne semble n’avoir jamais été exécutée ; Bonet ne cite, dans ses Carnets, qu’un seul titre de Bernanos, pour deux reliures, réalisées en 1964 et 1968 : Le Journal d’un curé de campagne. ‎


‎Cette maquette préfigure soit une commande non réalisée, soit un essai de décor pour un cartonnage Nrf (les formats coïncident) qui n'aurait pas été réalisé non plus. Cachet de la vente Paul Bonet du 1er juin 1990, au verso. Jean-Étienne Huret, Les Cartonnages NRF, n° 66. ‎

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EUR300.00 (€300.00 )

‎LEAUTAUD (Paul)‎

Reference : 25696

(1935)

‎Chats.‎

‎ Paris, Éditions O. E. T., [1935] 1 vol. (170 x 205 mm). [5] f., 16 pl. photographiques ch., [2] f. En feuilles, chemise éditeur papier gaufré. Édition originale. Un des 25 premiers exemplaires sur vélin Madagascar (n° 19). Album de portraits de chats réalisés par la photographe autrichienne Ylla (Camilla Koffler), préfacé par Léautaud. La couverture est illustrée d'une photographie originale contrecollée (« portrait d'Ernest, sans pedigree »).‎


‎En avril 1936, à la suite d'un fait divers dramatique, Léautaud avait écrit à un malheureux père de famille ceci : « Monsieur, Je lis dans les journaux l'accident qui vient de vous arriver. En voulant tuer un chat, vous avez tué votre enfant. J'en suis ravi. Je suis enchanté. Je trouve cela parfait. Cela vous apprendra à être à ce point cruel à l'égard d'une malheureuse bête. Encore tous mes compliments ». Le père, cultivateur à Saint-Brieuc, avait tiré sur un chat qui s'apprêtait à pénétrer dans son jardin. Mais il blessa mortellement son fils, un bambin de dix-huit mois, qui fut transporté d'urgence à l'hôpital où il ne tarda pas à décéder. Celui que l'on déclara misanthrope, aura eu, vis-à-vis des chats, un comportement exemplaire, stupéfiant et désintéressé. Qui aime les chats aimera Paul Léautaud et lui rendra justice. Camilla Koffler (1911-1955), artiste autrichienne connue sous le nom d'Ylla. Émigrée à Paris en 1930 pour y poursuivre des études de sculpture commencées à Belgrade, elle y fait la rencontre d'Ergy Landau, qui l'initie à la photographie. Elle ouvre rapidement son propre studio et se spécialise dans la photographie des animaux. Spécialiste des photos animalières, elle se consacra aussi bien aux fauves, aux éléphants qu'aux canards et aux chiens, bref à toute une faune sauvage et domestique au coeur de laquelle n'apparaissaient que rarement - et par distraction, sans doute - quelques humains. Elle livre pour Léautaud ce très bel album, alors qu'elle n'a que vingt-quatre ans, avant de donner, treize ans plus tard, un nouveau livre sur le sujet, sur un texte de Marie Dormoy, Le Chat Miton - préfacé par Paul Léautaud. Elle est considérée après-guerre comme la plus grande photographe animalière et fait régulièrement la une des journaux des deux côtés de l'Atlantique. En mars 1955, seulement âgée de 43 ans, alors qu'elle photographie des courses de boeufs attelés en Inde, elle tombe du capot de sa Jeep et se blesse mortellement. Ses dernières photos, ainsi que des notes personnelles de ce voyage qui n'étaient pas destinées à être publiées, seront publiées dans Animaux des Indes (Lausanne, à Guilde du livre, en 1958, six ans après y avoir publié son dernier album, 85 chats). ‎

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EUR800.00 (€800.00 )

‎CLAUDEL (Paul)‎

Reference : 29600

(1912)

‎L'Annonce faite à Marie.‎

‎ Magnifique de tête, relié par Huser pour Marcel de Merre Paris, Éditions de la NRF, (20 avril) 1912. 1 vol. (160 x 215 mm) de 210 p. et [1] f. Maroquin janséniste émeraude, dos à nerfs, titre doré, date en pied, tranches dorées sur témoins, double filet doré sur les coupes, doublures de maroquin ivoire orné d'un riche décor « à la fanfare » avec le chiffre « MM » porté 6 fois, garde de moire bleu, couverture et dos conservés, étui-cigare de maroquin bleu nuit (reliure signée de Huser). Édition originale. Un des 50 premiers exemplaires réimposés sur vergé d’Arches, seul grand papier (n° 25).‎


‎Deuxième oeuvre dramatique de Paul Claudel, la première à être mise en scène, L'Annonce faite à Marie initie en cela son théâtre et figure parmi ses pièces majeures avec Le Soulier de satin. Suivant son idée « qu'en art, il n'y a rien de définitif », Claudel remaniait voire réécrivait ses textes. Ainsi de la genèse de cette pièce dont le propos augural fut écrit dix ans plus tôt sous le titre La Jeune Fille Violaine, pièce elle-même remaniée en 1899 avant d'être réécrite entre 1910 et 1911 pour donner naissance à L'Annonce. Le 22 décembre 1912 a lieu la première sur la scène du théâtre de l'OEuvre. Claudel prendra une part importante comme metteur en scène aux côtés de Lugné-Poe, jusqu'à rédiger un manifeste théâtral. S'il n'y a que trois représentations, le public d'initiés qui s'y rendit sut s'en faire l'écho. L'Annonce est un succès, alors que le texte a paru quelques mois plus tôt (avril 1912) en volume et dans La NRF (n° 36 à 40). André Gide incite la jeune maison des Éditons de la NRF à un retirage : « Qu'avons-nous décidé de faire pour les représentations de L'Annonce faite à Marie ? Rien ? Il serait tout de même bon qu'on pût trouver le livre à acheter dans les couloirs. Bon et presque indispensable - autant pour Claudel que pour nous. » Passé dans la bibliothèque de Raoul Simonson, cet exemplaire a été précieusement établi dans le pur style « janséniste » où le décor n'apparaît qu'une fois le livre ouvert. Les contreplats de maroquin ivoire richement ornés comportent le chiffre « MM » répétés aux quatre angles. Nous pouvons émettre l'hypothèse que cette reliure fut commandée par le bibliophile Marcel de Merre dont le goût pour Claudel était prononcé. Il possédait en outre l'édition illustrée par Maurice Denis de L'Annonce faite à Marie dans une spectaculaire reliure de Paul Bonet. Si notre exemplaire n'est pas passé en vente lors de la dispersion de sa collection (Sotheby's, 2007), il est cependant acquis que Marcel de Merre fit régulièrement travailler Huser, en usant de ce monogramme pour les pièces de grande qualité. Des bibliothèques Raoul Simonson (ex-libris) et Marcel de Merre (monogramme doré au décor du contreplat). P. Boudrot & H. Vignes, Bibliographie des Éditions de la Nrf, 20. ‎

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EUR7,000.00 (€7,000.00 )

‎ELUARD (Paul)‎

Reference : 30428

(1951)

‎[Picasso].‎

‎ Dernier texte d'Éluard pour son ami Picasso. Manuscrit autographe S.l.n.d. [circa 1951]. 9 pages 1/2 en 10 f. (210 x 270 mm) à l'encre et au stylo bille sur papier «Montévrain - extra strong». Manuscrit autographe. ‎


‎L'amitié entre Paul Éluard et Pablo Picasso fut immense. Si il se connaissaient depuis 1916, c'est en 1935 que leur amitié - au moment où s'étiole celle liant le peintre à André Breton - se renforce pour n'être plus jamais démentie, sans ombre ni faille. Quinze ans plus tard, le 18 octobre 1951, Paul Éluard donne à Londres une conférence en l'honneur de son grand ami, lequel va fêter une semaine plus tard, le 25 octobre, ses soixante-dix ans : «J'imagine facilement que l'on vient de publier le cent soixante et onze millième articles et le mille deux centième livres sur Picasso, que l'on en est à sa millionième photographie et que son nom est devenu un mot commun [...]. On n'a jamais parlé d'un peintre vivant comme on parle de Picasso. Et pourtant, cet homme de 70 ans peut être considéré comme le plus jeune artiste de son temps. Commencée il y a plus d'un demi-siècle, son oeuvre continue à se montrer la plus vivace du monde, elle continue à surprendre, à indigner, et, heureusement aussi, à susciter l'admiration et l'enthousiasme. [...] La vérité sur laquelle Picasso s'appuie, c'est sa propre jeunesse. [...] Et, aujourd'hui, nous ne commémorons pas Picasso, nous l'inaugurons. Sa force sera grande, son génie va s'épanouir. Demain ne réalisera pas la promesse d'hier, mais la promesse du lendemain suivant. Ce perpétuel enfant, ce nouveau Faust et ce nouveau Don Juan se promet de séduire, de méduser [...]. Que fait Picasso aujourd'hui ? Une chèvre. Pour ses côtes, il a pris des branches, pour ses mamelles deux marmites, pour ses cornes, un guidon de bicyclette. Et la chèvre commence à vivre. Et Picasso est né». La complicité fraternelle entre le peintre et le poète, qu'Éluard qualifie de « sublime » dans une dédicace à Picasso, ne prend fin qu'au décès du poète le 18 novembre 1952 : un an et un mois jour pour jour après cette conférence. Le manuscrit, à l'encre bleu nuit ou au stylo bleu, présente de nombreuses et importantes ratures et corrections. Un fragment en a été publié, sous le titre « Le plus jeune artiste du monde », à la une du numéro des Lettres françaises du 25 octobre 1951, lui aussi consacré au peintre catalan, avec une photographie par Man Ray surplombée, en lettres capitales, d'un large « PICASSO A 70 ANS ». Une double page est consacrée au peintre. Le texte de la conférence, dans son intégralité, est inédit. Ce sera le dernier texte d'Éluard consacré à son ami : les deux hommes venaient d'achever l'édition du Visage de la paix, un recueil de 29 poèmes illustré d'une lithographie de Picasso. Éluard lui avait consacré, dès 1944, un premier hommage aux Éditions des trois collines, à Genève : À Pablo Picasso, pour la collection « Les Grands peintres et leurs amis ». Le poète avait alors réuni tous les textes écrits sur son ami, depuis la conférence « Je parle de ce qui est bien » : « En janvier 1936, à Barcelone, lors de l'exposition organisée par ADLAN [Amics de l'Art Nou] en hommage à Picasso (qui n'avait jamais été exposé en Espagne depuis 1900), Éluard joue le rôle d'ambassadeur itinérant du peintre ; il donne une conférence dans cette ville qui est radiodiffusée, avant d'aller porter la bonne parole à Madrid. » (Emmanuel Guigon, directeur du musée Picasso de Barcelone, dans la préface au catalogue Picasso - Éluard, 2020). L'artiste traversait alors une grave crise : séparé d'Olga, il s'est arrêté de peindre et s'est mis à écrire des poèmes. Entre les deux hommes, tout converge alors : un même goût pour la poésie et une même vision de la création artistique. Leur amitié, seize années durant jusqu'à la mort du poète, va engendrer des oeuvres communes : la première sera Les Yeux fertiles, parue en 1936 où les dessins de l'un répondent aux poèmes de l'autre. Un remarquable hommage du poète à son ami peintre. Ancienne collection Jacques Millot (Paris, Bibliothèque du Professeur Millot, Ader, 15 juin 1991, n° 66). ‎

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‎LAUDE Jean, GUILLAUME Paul, LEIRIS Michel, FENEON Félix‎

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‎LAUDE Jean, Rencontre avec l'art nègre * GUILLAUME Paul, La sculpture nègre et l'art moderne * LEIRIS Michel, Objets rituels dogon * FENEON Félix, Iront-ils au Louvre?‎

‎Toulouse: Toguna, 2000 - 2006 4 fascicules in-16 dans un coffret. Brochés, couvertures rempliées en bon état, étui.‎


‎LAUDE Jean, Rencontre avec l'art nègre * GUILLAUME Paul, La sculpture nègre et l'art moderne * LEIRIS Michel, Objets rituels dogon * FENEON Félix, Iront-ils au Louvre? (Toulouse: Toguna, 2000 - 2006) [M.C.: Art africain]‎

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