A Paris, chez Durand, 1766. 1 vol. in-4 de (8)-330-(6) pp., veau blond glacé, dos orné à nerfs, pièce de titre en maroquin brun, tranches rouges (reliure de l'époque).
Édition originale de l'un des fondements de la démographie française.Louis Messance (1734 – 1796), fils de négociant lyonnais, secrétaire de l'intendant Jean-Baptiste François de La Michodière successivement en Auvergne (1752-1757), à Lyon (1757-1762) puis à Rouen (1762-1768). La question de la paternité de l'ouvrage, Messance secrétaire ou véritable auteur ?, est débattue depuis le XVIIIe siècle, mais Brian et Théré (Population, 1998) concluent que « son honnêteté ne semble pas devoir être mise en doute » : Messance revendique clairement la paternité des Recherches, rédigées entre l'été 1763 et les premiers mois de 1765, tout en reconnaissant le rôle initiateur de La Michodière, et précise que les Réflexions sur le prix des grains imprimées à la fin du volume ne sont pas de lui.En réponse à Montesquieu et Richard Cantillon qui avançaient que la population de France déclinait, et contre les théories de Quesnay et Mirabeau, Messance démontre, par des relevés détaillés d'actes paroissiaux sur Lyon, Rouen, Paris, Clermont-Ferrand, Avignon, Le Havre, Toulon, Marseille, Aix et Genève, « qu'en aucun de ces lieux il n'y a eu de baisse de la population et que celle-ci a même augmenté », en adoptant « des coefficients variables, au plus près des réalités régionales : 24 pour la généralité de Lyon, mais 27,5 pour celle de Rouen où la fécondité est plus faible » (OpenEdition, PUR). « Comme le jour chasse la nuit, et la lumière les ténèbres, c'est aux Recherches, publiées en 1766, que l'on doit les connaissances acquises sur la Population de la France » (Messance, cité par Brian & Théré). L'ouvrage figure dans la bibliothèque d'Adam Smith à Glasgow (Adam Smith Library, n° 589 et 1408) ; les Réflexions sur le prix des grains qui le concluent lui valurent une citation élogieuse dans La Richesse des nations (1776).Très bel exemplaire.Emmanuel Brian & Christiane Théré, « Fortune et infortunes de Louis Messance », Population, t. 53, n° 1-2, 1998, pp. 23-55 ; INED, 3152 ; Einaudi, 3152 ; Kress, 6364 ; Goldsmiths, 10185.
A Paris, chez Durand, 1766, in-4, [8]-330-[6] pages, cartonnage d'attente gris de l'époque, Édition originale rare de cet ouvrage de démographie qui contredit les théories de Mirabeau et de Quesnay sur la dépopulation de la France : "La plupart des auteurs politiques, dont les écrits ont été publiés depuis quelques années, ont assuré une dépopulation dans le royaume, & n'en ont apporté aucune preuve", juge t-il en avertissement. Les Recherches, rédigées entre l'été 1763 et les premiers mois de 1765, poursuivent les travaux de dénombrement des naissances, mariages et décès entrepris par La Michodière, dont Messance fut le secrétaire de Cabinet en 1759, pour ses généralités d'Auvergne, de Lyon et de Rouen. Plus tard, lorsqu'il publie ses Nouvelles Recherches (1788), Messance réaffirme le caractère pionnier de son travail et se targue d'avoir été à l'origine du recensement annuel, ordonné par le gouvernement aux intendants dans leurs généralités : ses Recherches auraient abattu le "système de la dépopulation", "comme le jour chasse la nuit, et la lumière les ténèbres" (Nouvelles recherches, p. 1). A la vérité, c'est surtout à Morand et à Condorcet que l'on doit la victoire définitive qui mettra un terme au système de Quesnay, avec leurs travaux publiés dans les Mémoires de l'Académie des sciences en 1774. Arithméticien politique tombé dans l'oubli, Louis Messance est né à Clermont-Ferrand en 1734 ; à l'âge de 25 ans, il entre au service de La Michodière à Lyon. Juste après avoir achevé la rédaction des Recherches sur la population, il obtient la charge de receveur dans l'élection de Saint-Etienne. Il ne publie plus rien jusqu'en 1788, date où paraissent des Nouvelles Recherches (Lyon, Perisse) qui mettent en doute, cette fois-ci, l'ouvrage de Necker sur l'Administration des finances (1784). Au moment de la Révolution, Messance perd sa charge de receveur. Il se rend à Paris en 1790, où il tente de se mettre au service de l'Assemblée nationale en publiant une petite plaquette d'Hommage (Paris, Pottier) qui propose un remède à la crise financière grâce à un projet de "tontine perpétuelle", mais qui passe inaperçu. En 1791, il rencontre Lavoisier qui lui suggère quelques idées pour la rédaction d'un ouvrage sur la nouvelle fiscalité ; il lui en envoie le manuscrit, le Plan d'un bureau, qui ne sera jamais publié. Messance meurt à Montrouge en 1796. Bel exemplaire, intérieur frais. INED, 3152. Éric Briansem et Christine Thérésem, "Fortune et infortunes de Louis Messance (2 janvier 1734-19 avril 1796)", in Population, 1998, Volume 53, Numéro 1 pp. 45-69. Couverture rigide
Bon [8]-330-[6] pages
A Paris, chez Durand, 1766. 1 vol. in-4 de (8)-330-(6) pp., veau marbré, dos orné à nerfs, pièce de titre en maroquin brun, tranches rouges (reliure de l'époque).
Édition originale de l'ouvrage fondateur de la démographie historique française, rédigé par Louis Messance (1734-1796), premier commis de l'intendance de Lyon, à l'initiative de l'intendant Jean-Baptiste de La Michodière (1720-1797) qui lui en donna l'impulsion et lui ouvrit les archives des généralités.« Messance revendique clairement la paternité de l'ouvrage rédigé entre l'été 1763 et les premiers mois de 1765, tout en reconnaissant le rôle initiateur de La Michodière. Son honnêteté ne semble pas devoir être mise en doute. Il prend soin de préciser, par exemple, que les Réflexions sur le prix des grains, imprimées à la fin des Recherches, et qui lui ont valu d'être cité de façon élogieuse par Adam Smith dans sa Richesse des nations (1776), ne sont pas de lui, bien qu'il n'en indique point l'auteur pour autant » (E. Brian & C. Théré). Messance s'appuie sur les registres paroissiaux et les états de la Ferme générale pour calculer les mouvements de population sur plusieurs décennies, méthode statistique inédite qui lui permet de réfuter la thèse de dépopulation de Mirabeau et de Quesnay.La partie consacrée aux Réflexions sur la valeur du bled, dont Adam Smith cita « de façon élogieuse » l'auteur dans la Richesse des nations (1776) constitue l'un des premiers essais de statistique des prix agricoles sur la longue durée en France.Bel exemplaire. Ex-libris armorié de Jean François-Gillet, écuyer, daté 1778.INED, 3152 ; Einaudi, 3152 ; Kress, 6364 ; Goldsmith, 10185 ; Eric Brian & Christine Théré, « Fortune et infortunes de Louis Messance ».
EDHIS, 1973, VIII-131 p., grand in-8 cartonnage plein skiv. marron (21x27), tiré à 250 exemplaires numérotés, fac simile de l'ouvrage paru à Lyon chez Perisse en 1788, bandeaux et culs-de-lampe, très bon état
2 volumes in-4° : (4)-330 et (3)-viii-131 pp, reliures skivertex marron de l'éditeur. Reprints des éditions originales publiées à Paris, chez Durand, en 1766 et à Lyon en 1788. Tirage limité à 250 exemplaires numérotés.
Très bon état.