Marcel Gromaire (1892-1971), peintre, graveur. L.A.S., 10 mars 1917, 4p In-8. Au peintre Albert Huyot (1872-1968). « Mon cher Huyot, J'ai bien regretté ne pas vous avoir revu mais je comprends que sept jours sont peu de chose. Écrivons-nous plus souvent si cela vous plaît, et ainsi il y aura une petite compensation. J'aurais bien aimé causer peinture avec vous et vous demander votre avis sur les quelques choses que j'ai faites ces temps-ci. Quelle orientation voyez-vous ? Je crois à un regain de la sensibilité, forte cette fois (non plus comme les impressionnistes) et à la recherche de la vraie peinture pour la chose bien peinte. Plus d'humanité, de choix dans la vision, dans la rareté de l'expression. Cubisme et futurisme sont en deuil l'un de l'autre et rien n'est triste comme leur agonie. Espérons être là pour leur donner la dernière dose de morphine. Matisse seul émerge, bien qu'on en eût voulu davantage. Vivement la fin de la guerre. On en revient toujours là. Que pensez-vous de tout cela et quelle impression avez-vous reçue ? Voici l'adresse de [Conrad] Kickert. 92 Amsteldijk Amsterdam. Mais les lettres mettent au moins 15 jours à arriver. Écrivez-moi quand vous le pourrez. J'en serai toujours très heureux. Bien cordialement M. Gromaire. 189 rue de Vaugirard XVe ». Provenance : Librairie Trois Plumes, Catalogue n°11, septembre 2012, n°28. Très belle lettre. [184]