S.l. [Paris], s.d. (1760-1767), in-folio, [2] ff. n. ch., 290 pp., un f. n. ch., le tout couvert de graphies à plusieurs mains, régulières et très lisibles, peau de truie retournée teinte en vert, à lacets, dos lisse muet, tranches mouchetées de rouge (reliure de l'époque). Coins abîmés.
Commencé le 10 août 1760 et clos le 2 décembre 1767, ce compte répertorie tous les secours accordés par les deux compagnies de charité actives sur la paroisse de Saint-Louis-en-l'Île, de Paris. Il s'organise en 3 colonnes : motif ; recette ; dépense. Les recettes et dépenses se suivent, et ne sont pas verticalement séparées. Les motifs donnent les noms des pauvres bénéficiaires (pour les dépenses).Il est précédé par une page de délibérations des assemblées des compagnies remettant au curé Aubry les titres et comptes leur appartenant ; et par une autre page donnant un extrait des statuts du 21 juillet 1714, concernant les comptes. L'article septième qui termine cette copie est à citer intégralement, car il donne une définition claire de la notion de "pauvre honteux" qui peut recouvrir, selon les époques et les lieux, diverses situations : "L'on réputera pauvres honteux ceux qui ont eu des charges ou employs honnêtes, et qui auront tenu ou tiendront actuellement boutique en qualité de marchands ou artisans de quelques corps de métiers, et ceux qui peuvent raisonnablement avoir honte de demander publiquement leurs besoins, à cause de leur profession ou de leur naissance ; à moins qu'ils n'ayent eux-mêmes découvert leur misère en demandant ouvertement".Jean-Thomas Aubry (1714-1785), docteur de Sorbonne, fut curé de Saint-Louis-en-l'Île de décembre 1759 à sa mort, après un seul emploi de vicaire (à Saint-Eustache, de 1739 à 1758). Les dispositions prises par les deux compagnies suivent donc de près sa prise de possession de la paroisse. Il était par ailleurs bibliophile et collectionneur dans le goût des cabinets de curiosités d'histoire naturelle ("Ce curé qui avait toujours eu du goût, on pouvait même dire une sorte de passion pour l'histoire naturelle, possédait un cabinet très-curieux composé des oiseaux les plus rares", comme le précise Jean Hardy dans son journal). C'était aussi un pasteur attentif aux pauvres de sa paroisse, ce qui rejoint l'objet de notre registre : après sa mort, le produit de la vente de ses livres, de ses estampes et de ses tableaux, de ses objets d’histoire naturelle et de ses effets précieux, ainsi que ses propres économies, fut légué aux pauvres de sa paroisse par testament. Pour la (toute) petite histoire, il fut le confesseur de Louis-Philippe d’Orléans (1747-1793), duc de Chartres, futur Philippe-Égalité, ce qui aurait normalement dû l'occuper à plein temps.Cf. Dainville-Barbiche (Ségolène de) : Devenir curé à Paris. Institutions et carrières ecclésiastiques, 1695-1789 (Paris, 2005). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
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