Lamentin [Martinique], 27 mai 1849 - 27 novembre 1849 4 pièces in-8, en feuilles, sur papier fin.
Intéressant ensemble de quatre lettres très développées, adressées par le propriétaire Thoré à François-Augustin Pécoul (1798-1858), qui sera, avec Bissette, élu député de la Martinique en juin 1849. La famille Thoré, présente en Martinique depuis le XVIIIe siècle, est bien connue, mais, en l'absence de détermination plus avancée, il est difficile d'identifier exactement l'auteur des missives.I. Du 27-28 mai 1849 : 6 pp. Dans le contexte de la toute récente abolition, et des difficultés à alimenter les plantations en travailleurs, une importante partie de la lettre insiste sur la nécessité de recourir de façon massive à l'immigration européenne par engagement préalable, spécialement à partir des zones rurales pauvres du sud de la France : "Vous avez mille fois raison, mon cher Pécoul, de vous occuper sérieusement de la question de l'immigration européenne. Oui, je le répéterais à satiété, voici mon thème : si 10,000 Européens au moins ne viennent pas avant peu habiter chacune de nos belles colonies, la race blanche sera obligée de les abandonner, parce qu'elles seront perdues pour la production, et par contre-coup pour la France ; elles replongeront alors dans la barbarie haïtienne". Est également évoquée la situation pré-électorale et ses différents candidats à la députation (Schoelcher, Bissette - dont Thoré semble proche -, Pécoul, Pory-Papy, Mazuline, etc.). II. Du 10 juin 1849 : [3] pp. n. ch. Lettre post-électorale, célébrant la défaite de Schoelcher, apparemment bête noire de Thoré ("Si nous pouvions anéantir complètement ce représentant de la Montagne"), et la victoire du tandem conservateur Bissette et Pécoul. "Bissette a été vraiment sublime par son dévouement et son patriotisme ; il a conquis à jamais l'estime et la considération de tous les honnêtes gens ; mais aussi, quel tact, quelle adresse, quelle activité il a déployés pour vaincre ses ennemis. Son plus ardent et plus dangereux adversaire été notre très cher directeur de l'intérieur [Louis-Thomas Husson]. Ce gueux-là n'a su qu'imaginer pour annihiler l'influence de Bissette et combattre votre candidature : agents électoraux expédiés dans toutes les campagnes, et qui, surpris en flagrant délit, ont avoué être envoyés par le directeur ; ordonnance qui défend de manifester son opinion avec une bannière (...) ; moyens occultes employés pour pousser au désordre par des agents mêmes de l'administration, &c."III. Du 27 juin 1849 : [4] pp. n. ch. Thoré exhorte Pécoul à se concentrer sur la prochaine loi sur les sucres, et sur la question vitale de l'immigration européenne, alors que "la colonie se meurt d'inanition, près d'un tiers déjà se trouve réduit à l'état de savane". Il aborde aussi le problème de l'indemnité due aux planteurs en conséquence de l'abolition : "120 millions d'indemnité sont un secours trop peu en rapport avec le dommage occasionné pour ne pas être englouti sans laisser aucun effet salutaire, tandis que sans travail et sans un prix rémunérateur du travail, il n'y a pas de colonies possibles".Il suggère un nom pour le nouveau directeur de l'intérieur, qui doit être pris parmi les Martiniquais, et non provenir de la métropole. C'est d'ailleurs son préféré, Bontemps, qui sera effectivement nommé. Enfin, il donne quelques nouvelles de la campagne des législatives en Guadeloupe, et des efforts de Bissette et de Mondésir Richard pour contrer le tandem Montagnard ("ce monstre de Scheoelcher").IV. Du 27 novembre 1849 : [4] pp. n. ch. Roule essentiellement sur l'organisation du travail de la canne dans les nouvelles conditions, et sur les soucis donnés pour la récolte de 1850Cachet sec "Ma bibliothèque" apposé au début de chaque pièce. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Saint-Pierre de la Martinique, 1824 - 1827, 3 pièces in-4, en feuilles.
Petit ensemble qui regroupe trois missives de Pierre-François-Xavier de Lucy de Fossarieu (1755-1829), ancien militaire, à un cousin (non identifié, mais qui a 73 ans en 1827), résidant manifestement en France étant donnée la durée de transport des lettres (celle du 5 mars 1825 répond à un envoi du 28 juillet 1824, parvenu seulement le 10 février à Saint-Pierre).1. Du 21 avril 1824. Donne de très intéressants détails sur la perception, par les colons blancs, de l'Affaire Bissette, qui se limitait en fait à la diffusion, en décembre 1823, d'un opuscule manuscrit intitulé De la Situation des gens de couleur libres aux Antilles Françaises, et qui se transforma dans l'opinion des colons en projet de massacre généralisé des Blancs : "Le complot fomenté ici, en décembre dernier, par la classe des gens de couleur contre celle des blancs des villes & campagnes de la colonie, devait en effet s'exécuter le jour de Noël durant la messe ; mais quelques révélations très heureusement parvenues l'avant-veille à nos principales autorités, nous ont tous sauvés, comme par miracle, d'une mort qui fût devenue pour nous d'autant plus certaine que l'événement était moins attendu". Xavier est le père de Richard de Lucy de Fossarieu (1790-1839), qui exerçait les fonctions de procureur général et se chargea de la poursuite des "comploteurs" et d'une répression disproportionnée. Fervent partisan des thèses racistes, c'est lui qui fit condamner en appel Cyrille Bissette à la marque des lettres GAL et aux galères perpétuelles. Son père semble dans le même état d'esprit, qui loue son "zèle" et sa "supériorité", et conclut fort naïvement : "Je n'en conviens pas moins avec toi (à raison de ce qui se passe dans les colonies voisines) que nous sommes toujours sur un volcan dont l'éruption peut avoir lieu d'un instant à l'autre".2. Du 5 mars 1825. Ne porte que sur des nouvelles familiales et l'acquittement d'une affaire.3. Du 20 novembre 1827. Considérations sur l'âge et la santé des deux cousins : Fossarieu a 72 ans et son cousin 73 ; ce dernier a passé son enfance à Saint-Pierre sur une habitation de colons. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Saint-Pierre, 1817 in-folio, [4] ff. n. ch., couverts d'une écriture fine, cursive, très malaisément lisible (environ 30 lignes par page) en feuilles.
Duplicata de trois pièces adressées au comte Élie Decazes, alors ministre de la police générale (fonctions occupées de 1815 à 1818), dont une lettre du 20 janvier 1817, et deux états numérotés 4 et 5, des 18 et 20 janvier 1817. La lettre n'est pas signée, mais paraphée d'un D, dans lequel il est légitime de voir la marque de l'intendant Louis-François Dubuc (1759-1827, en poste de 1815 à 1817). Ce fut le dernier intendant de la Martinique, cette fonction ayant été supprimée en 1817. Ses rapports avec le comte de Vaugiraud étaient exécrables (cf. infra).Ce dossier concerne l'arrestation du baron de La Barthe, commandant en second de la colonie, à la suite des ordres données par le comte Pierre-René-Marie de Vaugiraud de Rosnay (1741-1819), gouverneur lieutenant-général de la Martinique de 1814 à 1818. Rappelé en France par ordonnance du 13 août 1817 il ne quitta la colonie qu’au début de 1818. Sa conduite rugueuse avait donné lieu à tant de plaintes (dont celles de l'intendant) qu'il dut se présenter à son retour devant une commission présidée par Barbé-Marbois et chargée d'examiner les griefs exprimés contre lui. Parmi ces derniers devait figurer l'affaire qui fait l'objet de nos pièces : l'arrestation arbitraire du baron de Labarthe, donc, pour des motifs que Dubuc ne précise, préférant se répandre en plaintes sur l'abus d'autorité permanent du gouverneur.Cf. Debien (Gabriel) : Les Papiers d’un gouverneur général des îles d’Amérique : le comte de Vaugiraud (1814-1818), in : Bulletin de la Société d'Histoire de la Guadeloupe (1968). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.