Albin Michel, 1939, in-12, 317 pp, reliure demi-chagrin vert à bandes, dos lisse, titres et double filet doré en long, filets dorés sur les plats (rel. de l'époque), bon état
Jean-Pierre Dorian qui fit un séjour à la Légion au temps de la pacification du Maroc, recueillit et écrivit les extraordinaires souvenirs du colonel Maire (1876-1951), héros légendaire de la Légion, présentant un tableau précis de la vie de légionnaire, dans les postes ou en colonne. — Souvenirs de vingt ans de Légion, l'auteur ayant rejoint le 2e Régiment Étranger à Saïda en 1914. En 1915, il se fait muter au 2e Régiment de Marche des Tirailleurs afin de pouvoir être envoyé en France, et combat avec lui à Verdun. Il se fait reverser à la Légion et, le 31 octobre 1916, prend le commandement de la 1ère Compagnie du Régiment de Marche de la Légion étrangère, avec laquelle, le 17 avril 1917, il se distingue à Auberive, ce qui lui vaut la Légion d'honneur. Après la guerre, il combat au Maroc. — En définitive, tout ou presque de ce qui est dit sur le légionnaire, que ce soit par lui-même ou par le public, est sujet à caution. Il est quasiment impossible de séparer la vérité de l'imaginaire car : « à plus forte raison, lorsqu'il s'agit de la Légion étrangère dont les bornes, dans le domaine du pittoresque, du pathétique, de l'invraisemblable, n'existent pas. Ces limites, le légionnaire qui écrit ses souvenirs peut les placer où il veut, sur n'importe quels confins, il est toujours sûr de dire la vérité. Inventez une histoire extraordinaire, inventez des personnages sombrant dans des aventures qui feraient hausser l'épaule aux romanciers les plus fantaisistes, bâtissez des mélodrames, creusez des gouffres, accumulez des misères, faites reculer par l'esprit les frontières du réel, utilisez même une palette à ce point étourdissante qu'elle humilierait les couchers de soleil à la scarlatine dont certains peintres s'obstinent encore à affubler leurs chromos marocains ou algériens et placez vos chimères dans le cadre de la Légion. Non seulement elles acquièrent, comme sous le coup d'une baguette, le ton et la physionomie de la vérité, mais dites-vous bien que la vérité, à la Légion, va encore plus loin, encore plus haut, encore plus bas ». (p. 28-29) — "Je suis né, me disait-il, en 1876, mon père est né en 1836, mon fils en 1906 : je suis arrivé à Saïda un jour lointain de 1914, au 2ème régiment étranger et il était 6 heures du soir. J’ai horreur de l’intrigue, je « rouspète » tout le temps, je ne respecte que ma conscience, celle des autres, quand elle est propre. Je cède volontiers ma place excepté au feu et je porte en plein XXe siècle, des moustaches anachroniques. Comptons : cela fait six ! le chiffre 6… Je le retrouve partout dans mon existence."
Albin Michel, 1947, in-12, 317 pp, broché, bon état
Jean-Pierre Dorian qui fit un séjour à la Légion au temps de la pacification du Maroc, recueillit et écrivit les extraordinaires souvenirs du colonel Maire (1876-1951), héros légendaire de la Légion, présentant un tableau précis de la vie de légionnaire, dans les postes ou en colonne. — Souvenirs de vingt ans de Légion, l'auteur ayant rejoint le 2e Régiment Étranger à Saïda en 1914. En 1915, il se fait muter au 2e Régiment de Marche des Tirailleurs afin de pouvoir être envoyé en France, et combat avec lui à Verdun. Il se fait reverser à la Légion et, le 31 octobre 1916, prend le commandement de la 1ère Compagnie du Régiment de Marche de la Légion étrangère, avec laquelle, le 17 avril 1917, il se distingue à Auberive, ce qui lui vaut la Légion d'honneur. Après la guerre, il combat au Maroc. — En définitive, tout ou presque de ce qui est dit sur le légionnaire, que ce soit par lui-même ou par le public, est sujet à caution. Il est quasiment impossible de séparer la vérité de l'imaginaire car : « à plus forte raison, lorsqu'il s'agit de la Légion étrangère dont les bornes, dans le domaine du pittoresque, du pathétique, de l'invraisemblable, n'existent pas. Ces limites, le légionnaire qui écrit ses souvenirs peut les placer où il veut, sur n'importe quels confins, il est toujours sûr de dire la vérité. Inventez une histoire extraordinaire, inventez des personnages sombrant dans des aventures qui feraient hausser l'épaule aux romanciers les plus fantaisistes, bâtissez des mélodrames, creusez des gouffres, accumulez des misères, faites reculer par l'esprit les frontières du réel, utilisez même une palette à ce point étourdissante qu'elle humilierait les couchers de soleil à la scarlatine dont certains peintres s'obstinent encore à affubler leurs chromos marocains ou algériens et placez vos chimères dans le cadre de la Légion. Non seulement elles acquièrent, comme sous le coup d'une baguette, le ton et la physionomie de la vérité, mais dites-vous bien que la vérité, à la Légion, va encore plus loin, encore plus haut, encore plus bas ». (p. 28-29)