Quevilly, Pierre Cailloué, 1678. 1 vol. in-4°, veau brun granité, dos à nerfs orné de caissons dorés, tranches mouchetées de rouge et de brun. Reliure de l'époque restaurée. (14) ff., 307 pp., (1) p. Quelques rousseurs pâles.
Edition originale de cet ouvrage du théologien protestant Mathieu de Larroque (Layrac, 1619 - Rouen 1684) qui compare l'ensemble des articles des quatrorze chapitres de la Discipline des Eglises réformées de France (1650) avec les usages obervés dans l'Eglise primitive. Il y établit la proximité des usages protestants avec ceux de la première Eglise. Dans la préface, Mathieu de Larroque prend à partie les ennemis des Protestants et invoque le Tribunal suprême où, à leur tour, ils seront jugés. Rare impression des presses protestantes installées à Quévilly dans les faubourgs de Rouen où Jacques Cailloué le père de Pierre avait établi une presse. Le bourg de Quévilly rassemblait une importante communauté protestante et avait un temple et un collège. Haag VI, 366; Cioranescu, 40507; Frère II, 160; Sauvy, 437 Deschamps, 1061.
Quevilly, Pierre Cailloué, 1678. In-4 de (28)-307-(1) pp., veau fauve glacé, dos orné à nerfs, triple filet doré en encadrement sur les plats, armes au centre, pièces de titre havane et verte, double filet doré sur les coupes, dentelle intérieure, tête rouge (reliure du XIXe siècle).
Mathieu de Larroque (1619-1684), pasteur à Rouen et l'un des ministres protestants les plus érudits du XVIIe siècle, publie ce traité théologique et juridique en réponse aux controversistes catholiques qui accusaient le calvinisme d'être une nouveauté sans fondement historique. Il y examine méthodiquement les quatorze chapitres de la Discipline des Églises réformées de France (fixée au synode de 1559) et démontre, textes des Pères de l'Église à l'appui, la proximité des usages protestants — synodes, anciens, diacres, sacrements — avec ceux de l'Église primitive. Paru quelques années avant la Révocation de l'Édit de Nantes (1685), dans un contexte de forte régression des droits des réformés, l'ouvrage fit grand bruit et fut rapidement interdit et condamné par le pouvoir royal.Il s'agit de l'édition originale, sortie des presses protestantes de Quevilly en Normandie, lieu du temple des huguenots de Rouen et foyer des presses de la famille Cailloué, principal centre de résistance intellectuelle huguenote normande au siècle. L'exemplaire porte la marque de l'imprimeur Pierre Cailloué (1661-1733), fils du libraire rouennais Pierre I Cailloué, reçu maître en juin 1677 avec son frère Jacques-Antoine dit Antoine Cailloué, mais ne s'établissant qu'en 1688 — il abjurera le calvinisme en 1685 tout en continuant d'exercer, jusqu'à sa destitution en 1724 pour appartenance à la religion réformée malgré cette abjuration. L'ouvrage manque aux collections de référence Stroehlin, Goulden, Paul Schmidt et Adert, ce qui confirme sa rareté.Ex-libris manuscrit à l'encre du temps Cotté sur le titre répété en fin d'exemplaire. Bel exemplaire relié aux armes du vicomte Edmond de Poncins avec son ex-libris sur le contreplat supérieur.Frère, II, 160 ; Anne Sauvy, Livres saisis, n°437.