Paris, Ribou, 1700 ; in-12 de [10], 71 (ie 83) pp., [1] f., maroquin rouge de l'époque, filet doré en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné d'un filet doré, roulette intérieure, tranches dorées.
Édition originale rare publiée par l'auteur à 23 ans. Le dramaturge périgourdin suscita à ses débuts l'espoir de voir émerger un nouveau Racine. Son talent le fit entrer chez la princesse de Conti et Louis XIV le plaça sous la protection de Racine. Le succès de ses premières tragédies ne dura pas. Il termina sa vie dans ses terres du Périgord après avoir imprudemment publié Les Philippiques, satire violente de la famille royale. Numérotation très irrégulière, mais l'exemplaire est bien complet, suivi d'un feuillet de catalogue des livres imprimés chez Ribou. Ex-libris manuscrit ancien B. J. Wizot.
« Tout ce que l’Enfer peut vomir de vrai et de faux, étoit exprimé en beaux vers, du style le plus poétique, et avec tout l’art et l’esprit qu’on put imaginer » (Saint-Simon). LAGRANGE-CHANCEL (François-Joseph de).
Reference : 44689
(1721)
, , 1721-1722. Manuscrit in-4 de 143 pp. chiffrées, maroquin rouge, dos orné à nerfs, large dentelle sur les plats, doublé de tabis bleu, tranches dorées (reliure de l’époque).
Manuscrit sur papier des Philippiques, satires virulentes dirigées contre Philippe d’Orléans, régent de France, attribuées au poète La Grange-Chancel.Le manuscrit ne contient que les trois premières odes diffusées clandestinement vers 1720, à une époque où l’attribution de ces textes n’était pas encore clairement établie. Des indices internes (notes, absence des odes ultérieures) permettent de dater sa réalisation entre 1721 et 1722, avant l’évasion de l’auteur des îles Sainte-Marguerite. C'est aux Pays-Bas, en 1722, que La Grange-Chancel rédigea sa quatrième Philippique, suivie d'une cinquième et dernière ode peu après la mort du Régent, survenue le 2 décembre 1723.Par son exécution luxueuse (belle écriture, papier de qualité, reliure soignée ornée de demi-fleurs de lys), le manuscrit a manifestement été réalisé pour un personnage important hostile au Régent. Il s’inscrit dans un contexte de diffusion manuscrite clandestine, la première édition (si elle a existé), et les éditions ultérieures (Hollande 1723, Didot 1795, Bordeaux 1797) étant jugées insatisfaisantes ou fautives.Le texte démontre que les nombreuses variantes observées entre les manuscrits ne proviennent pas de remaniements successifs de La Grange-Chancel, mais des erreurs, corrections arbitraires ou incompréhensions des copistes. Une analyse détaillée de plusieurs passages montre que ce manuscrit restitue un texte plus cohérent, plus exact et stylistiquement supérieur à celui des éditions imprimées, rétablissant le sens de vers longtemps jugés obscurs ou fautifs.Enfin, le manuscrit comporte des annotations explicatives, rédigées par un annotateur anonyme, ennemi déclaré du Régent et critique du duc de Saint-Simon. Ces notes apportent des interprétations sur certains personnages et événements (notamment le maréchal de Villars ou l’identité de figures satiriques), parfois différentes de la tradition critique ultérieure.L’ensemble fait de ce manuscrit un témoignage capital pour l’établissement du texte authentique des Philippiques et pour l’histoire de leur réception politique et littéraire au début du XVIII siècle.Provenance : Ambroise Firmin-Didot (1880) n°31 ; Édouard Moura (1923) n°467.Cette notice s'inspire essentiellement de la longue description de ce manuscrit dans le catalogue Firmin-Didot (3 pages).Henri Duranton, La nébuleuse pamphlétaire, Philippe D’Orléans dans les pièces manuscrites du temps de la Régence in Le régent - Entre fable et histoire ; Nicolas Ducimetière, Mélanges tirés d'une petite bibliothèque - La malédiction de la haine.
[Librairie Edouard Rouveyre, J. Chollet] - CHANCEL-LAGRANGE, François-Joseph de ; (DELPIT, Jules)
Reference : 54067
(1878)
Portrait à l'eau-forte de P. Teyssonières, 1 vol. in-8 br., Librairie Edouard Rouveyre, Paris, J. Chollet, Sauveterre, 1878, frontispice, 79 pp.
Bon état (qq. rouss.) pour ce tirage imprimé sur beau vergé. Enfant prodige, le périgourdin de Lagrange-Chancel (1677-1758) écrivit de lui-même : "Je ne savais pas lire que je savais rimer". Monté à Brdeaux puis à Paris, il sera protégé par Louis XIV qui le confia à Racine. Opposé au Régent, il publia contre ce dernier des "Philippiques" qui firent scandale. Emprisonné aux Iles de Lérins, il s'en évada et gagna l'Espagne puis la Hollande.