Paris, Denoël, 1938. In-8 broché de 305-[9] pages.
Illustré de 4 photographies légendées en fin d'ouvrage, hors-texte. Édition parue la même année que l'originale, portant la mention de 38e édition sur la couverture. Bien complet des 6 feuillets complémentaires intitulés "L'oeuvre de L.-F. Céline". En revanche notre exemplaire a été amputé des trois feuillets censurés. On trouve au premier feuillet blanc l'étiquette suivante: «L’ÉCOLE DES CADAVRES n'est pas dirigée contre les personnes. Elle attaque une politique. Afin de couper court à toute polémique particulière, l'auteur et l'éditeur de ce livre ont résolu, d'accord, de supprimer les pages 17 et 18, 121 et 122, 301 et 302 de cette édition et de toutes celles qui suivront. » Dauphin & Fouché, 38A1.
Paris, Denoël, 1938. In-8 broché de 305-[9] pages.
Illustré de 4 photographies légendées en fin d'ouvrage, hors-texte. Edition parue la même année que l'originale, portant la mention de 52e édition sur la couverture. Bien complet des 6 feuillets complémentaires intitulés "L'oeuvre de L.-F. Céline" et des 3 feuillets censurés dans les éditions suivantes. Petit manque au dos.. Dauphin & Fouché, 38A1.
Paris, Grasset, 1976. In-8 broché de 173-[3] pages, couverture illustrée.
Avec un cahier de 8 pages de photographies. Édition originale.
[CELINE Louis Ferdinand] DAUPHIN Jean-Pierre; BOUDILLET Jacques:
Reference : 13497
(1977)
Paris, Gallimard, coll. Albums de la Pléiade, 1977. In-12 de 287-[9] pages, pleine peau dorée à l'or fin, jaquette ornée d'un portrait photographique, rhodoïd, étui de carton gris.
458 illustrations in-texte en noir. Edition originale hors-commerce de ce 17e volume de la collection. Accompagné du Catalogue analytique de la Pléiade, mai 1977. En parfaite condition.
Paris, Éditions Denoël, 1944. In-12 de 348-[4] pages, couvertures et dos conservés. Relié en plein skivertex rouge, dos lisse, pièce de titre noire, tête dorée.
Illustré d'un frontispice photographique sur double page. Édition originale. Exemplaire sur papier d'édition, après 555 ex. sur grand papier. En parfaite condition. (Dauphin & Fouché 44A1).
Paris, Éditions Denoël et Steele, 1933. In-12 broché de 242-[4]pages, couvertures rempliées, jolie typographie rouge et noire. Nom de propriétaire sur le faux-titre. Bel exemplaire.
Illustré d'un frontispice "L'inconnue de la Seine (1930)", d'après une photographie de Amsler et Ruthardt. Publié la même année que la première édition, mais sans le frontispice que seuls les exemplaires de l'originale possèdent. 3ème volume de la collection "Loin des foules". Dauphin & Fouché, 33A2.
Paris, Denoël et Steele, [1937]. In-12 broché de 124-[4] pages, suivies de 2 feuillets verts de catalogue de l'éditeur.
Edition originale - sur papier d'édition - de ce pamphlet sur le communisme. Imprimé en décembre 1936, elle fut mise en vente en janvier 1937. Un des exemplaires avec les deux feuillets d'annonces des éditeurs imprimé sur papier vert. Dauphin-Fouché 36A2.
Paris, Denoël et Steele, 1936. In-8 broché de 697-[3] pages.
Édition originale, exemplaire du premier premier tirage (8 mai 1936), sur papier d'édition avec mention de 21e édition sur la couverture. Couverture salie, plats de couverture renforcés au scotch, sans le catalogue Denoël et Steele, imprimé sur papier vert. Dauphin & Fouché, 36A1.
Paris, Denoël et Steele, 1936. In-8 broché de 697-[3] pages, plus 8 pages pour le catalogue Denoël et Steele, imprimé sur papier vert.
La première édition est parue le 8 mai 1936, ce deuxième tirage date du 23 mai de la même année, avec mention de 59e édition sur la couverture. (Dauphin & Fouché, 36A1). Couverture légèrement salie.
Nouvelles éditions 1990 68 pages Paris. in-8. 1990. broché. 68 pages.
Bon état. Légère bande insolée (peu visible) au plat arrière de la couverture sinon très bon état
Les éditions Denoël 379 pages in-8. Sans date. Demi-Chagrin marron Dos à faux-nerfs titré en lettres dorées Couverture non conservée. 379 pages. Copyright 1937. Sans date d'impression - 1937 ou 1938
Bon état général avec le dos de la reliure un peu insolé. Papier un peu jauni
France loisirs 1992 425 pages in-4. 1992. cartonné. 425 pages.
Très bon état
Paris, Editions Denoël, 1943. In-8 de 262-[2] pages, demi-maroquin vert, dos à nerfs ornés de points dorés et fleurons à froid, couvertures conservées.
Bon exemplaire, malgré un dos légèrement passé, ex-libris moderne.
Paris, Gallimard, 1952. In-8 couronne, cartonnage d'éditeur d'après la maquette de Paul Bonnet.
Édition originale. Exemplaire numéroté sur vélin labeur (781). En parfaite condition! Huret 108.
Guy Lévis Mano, 1937. Broché, couverture bleu ciel imprimée, non coupé. 19 x 14,4 cm.
Edition originale. Tirage à 275 exemplaires, n°12 des 25 de tête sur Hollande Pannekeok. [155].
Paris, Charles Joncquières, 1948. In-8 broché de 82-[6] pages, couverture illustrée rempliée.
Edition originale numérotée, un des 925 exemplaires sur vélin d'Artois (541). Non coupé, couverture légèrement empoussiérée.
Paris, Gallimard NRF, 1955. In-12 broché de 153-[7] pages, couverture imprimée en deux tons. Inscriptions à l'encre sur le faux-titre.
Edition originale, un des exemplaires numérotés sur alfama Marais (n°929).
Paris, Editions de "L'esprit nouveau", 1919. In-8 broché de [40]ff., non coupé, sauf un cahier afin de corriger une coquille.
Illustré d'un composition de Henri Laurens en frontispice. Tiré à 225 exemplaires numérotés, celui-ci (n° 88) un des 200 sur Alfa. Edition originale.
Paris, Editions Denoël, 1937. In-8 broché de 379-[3] pages, chemise, étui avec le dos en chagrin rouge, pièce de titre en chagrin noir (petit choc au dos du-dit étui).
Edition originale tirée à 573 exemplaires numérotés, celui-ci un des 85, dont 20 h.c. sur vélin pur fil Lafuma, après 15 dont 5 h.c. sur japon impérial, et 33 sur Hollande van Gelder dont 8 hors-commerce. Dauphin & Fouché, 37A1.
Copenhage 10 avril [1947] | 22.50 x 28.40 cm | 6 pages sur 3 feuillets
Très longue lettre autographe signée "Dest" au docteur Tuset et à Henri Mahé, datée du 10 avril [1947] à Copenhague, 130 lignes à l'encre bleue sur six pages pleines, corrections et soulignements de la main de l'auteur. La date indiquée par l'auteur du 10 mars est erronée, Naud n'acceptant de défendre Céline qu'en avril 1947. Pliures inhérentes à la mise sous pli ayant provoqué d'infimes déchirures sans manque de texte. Affaibli par son exil, Céline se réfugie dans sa correspondance où les multiples évocations du passé constituent des repères qui le rattachent à la vie. En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus à Korsør, au Danemark. Epuisé par son isolement, Céline tente de maintenir un contact permanent avec son cercle d'amis français et parmi eux, le docteur Augustin Tuset, figure autour de laquelle gravite le monde des arts de Quimper, «cette petite Athènes au bord de l'Odet». La période d'exil permet à Céline de renouer avec le monde de l'avant-guerre ressurgissant à travers les abondantes listes de noms parfois non identifiés: «et Mme. Le Gallou? Et votre assistante? Et Desse? [...] Et les frères confitures, et leur grand-père divin! et Le Floche? Et Rosbras? [...] Et Troulalaire? Et notre si gentille crêpière. Je n'en aurais pas fini». Les différentes époques de la vie de Céline s'entrecroisent dans la correspondance du Danemark, donnant à la mémoire un rôle à la fois néfaste et salvateur pour l'auteur: «Je suis inépuisable aux souvenirs. L'atroce est que je n'oublie jamais rien. Il faudrait bien que j'oublie certaines choses [...] Ah Marie Bell, mes amours! [...] elle était vraiment extraordinaire dans Armide! Ces choses-là ne s'oublient pas. Tout est poésie!». L'écriture de la lettre épouse le fil de la pensée de l'auteur, n'effectuant aucune transition entre les sujets: «Maria le Bannier nous écrit souvent. Je l'aime bien. C'est un tempérament et tout un trésor de Bretagne. Et Saudemont? Vers quelles ivresses? Serre bien la main de Pipe. Affection à Stève. [...] comment va la mère de Madeleine? Nous parlons souvent de la «Puce». Leur pauvre petite chatte... » Aucune affaire n'est épargnée par la soif de Céline de retrouver les repères familiers dans sa solitude où finit par poindre la fatigue qui l'accable: «Jusqu'où vont nos souvenirs...» A l'instar de plusieurs autres missives de la correspondance danoise, cette lettre est destinée à deux interlocuteurs: le docteur Tuset, mais aussi le peintre Henri Mahé, qui présenta d'ailleurs le premier à Céline. Le ton change significativement lorsque l'écrivain, s'adressant à son ami de longue date, quitte cette bienveillance nostalgie pour laisser éclater sa colère: «[...] prévenez Henri que Karen est à rayer une fois pour toutes!». Ici s'ouvre le long et virulent récit de l'un des tournants principaux de l'épopée du Danemark. Céline avait, avant son exil, confié de l'or à la danseuse Karen Jensen (dédicataire de L'Eglise). Assistée d'Ella Johansen, cette dernière mit des appartements à la disposition des Destouches qui s'y réfugièrent à leurs sorties respectives de prison. Dépositaires de l'or de Céline dont la réserve diminue de manière suspecte, les deux femmes sont ici violement prises à partie: «Elle [Karen] et son amie se sont comportées comme des sorcières de Macbeth et en plus pillardes, canailles. Des monstres. Elles ont littéralement torturé la pauvre Lucette. Deux mégères en délire [...] Son amie Johansen, ivrogne aussi hystérique, méchante, envieuse, un monstre.». Céline va même jusqu'à les comparer à «Landru [...] plus timides, plus sournoises, mais textuelles». La colère doublée de frustration de Céline n'épargne personne, pas même sa propre fille: «La mienne d'enfant, Colette, végète à Paris, la pauvre conne» L'exil mais surtout la période de prison que Céline a endurée lui fournissent une source intarissable de fureur qui lui inspire des lignes aussi percu
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Denoël & Steele | Paris 1932 | 12 x 19 cm | Broché sous chemise et étui
Édition originale comportant bien toutes les caractéristiques du premier tirage, un des exemplaires du service de presse. Exceptionnel envoi de Céline, en page de garde, à la célèbre chanteuse Yvette Guilbert, à qui Céline chanta lui-même et proposa linterprétation dune de ses scandaleuses compositions (Katika la putain, plus tard renommée À nud coulant?: «?À madame Yvette Guilbert en témoignage de ma profonde admiration. LF Céline.?» En dessous de lenvoi autographe, lacteur Fabrice Luchini a inscrit ces quelques mots?: «?À Yvette Guilbert in memoriam. F. Luchini?»?; sur la page de faux-titre suivante, Jean-François Balmer a rédigé à son tour?: «?Merci et bon voyage. J. F. Balmer.?» Enfin, accompagnant les dédicaces de Fabrice Luchini et de Jean-François Balmer, ont été encollés les tickets dentrées à leurs lectures, à la comédie des Champs-Élysées pour Luchini, au Théâtre de luvre pour Balmer, du Voyage au bout de la nuit. Notre exemplaire est présenté sous chemise-étui en demi-maroquin noir, dos à cinq nerfs, plats de papier fantaisie, contreplats de papier vert amande, étui bordé de maroquin noir, plats de papier fantaisie, ensemble signé Boichot. * Ce remarquable envoi de Céline donne à voir une facette importante de lécrivain, adepte de la musique des mots. La chanson abonde dailleurs dans le Voyage au bout de la nuit dès son célèbre épigraphe, la fameuse Chanson des Gardes suisses, que Céline prétendra avoir composée, et qui donne son titre au livre. Lécrivain fut également chansonnier et même interprète de deux de ses créations?: «?Règlement?» et surtout «?À Nud coulant?», chanson paillarde quil présentera dabord comme la traduction dun chant finnois. Il composa «?À Nud coulant?» après la parution du Voyage pendant lécriture de Mort à Crédit, en 1934-1936 et lenregistra en 1955. Arnaud Marzorati remarquera la voix caverneuse de Céline, et sera «?subjugué par son «?arythmie?» volontaire. Comme si le rythme de la vie pouvait être chaotique et ne pas se référer aux simples battements du cur?; quil cherchât alors à narrer son histoire dans une autre mouvance que celle du consensus?» («?Les Chansons de Céline?», programme du 16 mai 2013, Cité de la musique). Mais avant de passer lui-même en studio, Céline avait eu laudace de proposer cette scandaleuse ritournelle à la grande Yvette Guilbert, dans les années 1930. Le grand ami de Céline, le peintre Henri Mahé, témoigna de la mémorable soirée?: «?Pourquoi la grande Yvette Guilbert linvita-t-elle un jour à laller voir chez elle?? Il bondit?! Elle lui présente Cécile Sorel, linoubliable Célimène. Il jubile et sans plus attendre il leur chante sa Katika toute neuve. Les compliments sont plutôt brefs et froids, à peine polis sur les bords. Non?! Elles ont autre chose en tête. Un film, un scénario quil devrait écrire daprès leurs idées deux surs triomphent dans le spectacle... Lune sur les scènes officielles du monde entier, lautre dans les music-halls du monde entier.?». (Henri Mahé, La Brinquebale avec Céline, p. 72) On ne sait si cest à loccasion de ce «?concert?» que Céline offrit son Voyage à la reine du caf conc parisien. Comme le remarque Michaël Ferrier, Céline «?aura toute sa vie recherché lamitié des vedettes de lépoque, certaines aujourdhui oubliées (Guy Berry, Max Révol, Alfred Pizella), dautres plus mémorables, comme Michel Simon ou Arletty (à laquelle il consacre un texte, Arletty, jeune fille dauphinoise, en 1948), qui firent une grande partie de leur carrière dans des opérettes jouées ou filmées. [Cette passion pour la chanson] trouve sans doute sa source dans lenfance de Céline?: le passage Choiseul, où sa mère tenait commerce de dentelles, était le siège du Théâtre des Bouffes-Parisiens dOffenbach et dun marchand de gramophones.?» (Télérama hors série, juin 2011) Cet étonnant exemplaire saccompagne des envois de grands interprètes de la prose célinienne les acteurs Fabrice Lucchini et Jean-François Balmer,
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Gallimard | Paris 1976-1988 | 14 x 20.50 cm | 8 volumes brochés
Edition originale dont il n'a pas été tiré de grands papiers (sauf pour le N°7) pour chacun des volumes. Notre série complète se compose ainsi : Cahiers Céline 1 : Céline et l'actualité littéraire 1932-1957. Cahiers Céline 2 : Céline et l'actualité littéraire 1957-1961 Cahiers Céline 3 : Semmelweis et autres écrits médicaux Cahiers Céline 4 : Lettres et premiers écrits d'Afrique 1916-1917 Cahiers Céline 5 : Lettres à des amies Cahiers Céline 6 : Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Cahiers Céline 7 : Céline et l'actualité 1933-1961 Cahiers Céline 8 : Progrès suivi de Oeuvres pour la scène et l'écran. Iconographie. Rare ensemble complet. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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Paris, Gallimard, 1952. In-12 (185 x 118 mm), 327 pp., 1 f. n. ch., 1 f. blanc. Demi-maroquin marron à coins, dos lisse, auteur, titre et date en pied dorés, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés (H. Alix).
Édition originale, un des 45 exemplaires de tête sur vergé de Hollande, celui-ci hors commerce. C'est sa première œuvre nouvelle, à être publiée aux éditions Gallimard (qui avaient d'abord donné des rééditions). Une genèse hors normes. Après la Libération et une longue cavale à travers l'Allemagne, Céline fut emprisonné au Danemark. Dans cette période de souffrance alimentée par la nostalgie et le ressentiment, il décida d'aborder les sujets qu'on s'attendait à lui voir éviter et d'aller plus loin encore dans la contestation du langage écrit. À partir d'un effort de mémoire pour fixer le souvenir des péripéties de sa fuite, il rédigea la première esquisse d'un vaste récit qui lui fournit par la suite la base de ses cinq derniers romans, sans pour autant en épuiser la matière. La première partie devait en être un diptyque parisien consacré à ses derniers jours dans la capitale, et comprendre Féerie pour une autre fois I (1952) et Féerie pour une autre fois II – Normance (1954). Féerie I, simple prologue devenu chef d'œuvre, est le roman par lequel Céline chercha après guerre à renouer avec les lecteurs et même à “crever une deuxième fois le plafond”, comme il l'écrivit à Jean-Gabriel Daragnès en 1948. Cependant, il mêle dans le récit les deux époques d'avant et après sa fuite, et choisit de traiter les lecteurs en adversaires. C'est aussi un livre de la détention, car comme narrateur, Céline se place dans sa cellule danoise, et intercale des passages où il s'exprime à bâtons rompus, mêlant la polémique aux anecdotes et aux souvenirs, amenant le lecteur à vivre de l'intérieur l'horreur de l'enfermement, mais aussi la compulsion intérieure à se remémorer sa vie passée. “Jamais il n'avait si intimement requis du lecteur, en même temps provoqué de tant de façons, une compréhension qui tend à la complicité. L'expérience littéraire très forte de ce mélange d'hostilité et de connivence sera désormais la marque de la seconde moitié de l'œuvre romanesque” (Henri Godard). Féerie I ne reçut pas cependant l'accueil mérité que Céline attendait. Roman mémorial d'un type nouveau inventé par Céline, Féérie I est “le premier récit où il s'engage si ouvertement ‹‹ en personne ››” (Henri Godard). Transposant des épisodes personnels, Céline fait surgir dans son récit principal de brefs souvenirs venus d'autres époques. Il fait ainsi intervenir, comme dans un adieu à sa vie d'avant, sa “bande” d'amis de Montmartre, et, il aborde par touches le récit de sa vie, dans un effort de mémoire pour se réapproprier son passé. Comme il le dit lui-même, “Féerie, c'est la confusion des lieux, des temps”. Céline inaugure donc ici un nouveau mode de récit, dans lequel le narrateur passe sur le devant de la scène, se laissant aller à des digressions personnelles, faites d'anecdotes et de jugements. Il renoue cependant d'une certaine manière avec le Voyage, puisqu'il avait ensuite dissocié narration et expression de ses idées, entre romans et pamphlets. Henri Godard, dans Céline, Romans, vol. IV, p. XI, p. XXI et p. 1197. Le point d'aboutissement dans la recherche stylistique de Céline. “Le style lui-même est devenu dans Féerie ce que Céline appelle “purement émotif”, c'est-à-dire complètement affranchi des enchaînements du français écrit […] Il était allé aussi loin qu'il pensait pouvoir le faire dans la direction de ce que Flaubert appelait “un roman sans sujet, ou presque sans sujet”. En cela, Féerie représente une quintessence de Céline” (Godard). En outre, un art poétique s'esquisse dans Féerie I, Céline commençant à s'exprimer sur son travail d'écrivain : “ce qui est écrit net, c'est pas grand chose, c'est la transparence qui compte”.
s. l. [Copenhague] 23 avril [1947] | 22.50 x 28.40 cm | 6 pp. in-folio
Lettre autographe signée de Céline à Henri Mahé, datée du 23 avril [1947], 113 lignes à l'encre noire sur trois feuillets, corrections de la main de l'expéditeur. Pliures inhérentes à la mise sous pli, quelques petites taches sur le premier feuillet sans manque de texte. Empreinte de l'emblématique style célinien, cette longue lettre à l'un de ses plus intimes amis, révèle un exilé fébrile, tiraillé entre mal du pays et rancur vis-à-vis de ses détracteurs. En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. Cette période de grande solitude, pénible à l'écrivain, est marquée par une importante correspondance avec ses contacts parisiens et notamment avec «[son]cher vieux», Henri Mahé, l'un des rares fidèles qui lui rendront visite dans sa captivité. L'artiste peintre, rencontré en 1929, entretient une relation amicale privilégiée avec Céline, immortalisée par son avatar dans le Voyage, et dont on perçoit toute la portée dans la lettre que Céline lui adresse. Retenu prisonnier contre son gré, Céline fantasme une Bretagne mythifiée, berceau de son amitié avec Mahé: les filles de celui-ci, filleules des Destouches, deviennent des «fées», images de la «Bretagne en fleur». La pensée nostalgique de ce pays devient un refuge récurrent durant les années difficiles: «Mon Dieu, que vous devez être heureux». Articulée autour de «la petite musique» célinienne, la lettre, à l'image de toute la correspondance, fait partie intégrante de l'uvre de l'auteur où se côtoient grotesque et tragique: «Jojo n'a pas de veine alors. [...] La ténacité, bien agréable dans le cas, est souvent récompensée. Tuset représente admirablement le géniteur fin, philosopheet magnifiquement vivant... Je n'irai tout de même pas jusqu'à le recommander à Madame Jojo!»/«J'ai vu finalement l'attaché de presse Raynaud et sa femme, deux petites ambitions promenades d'Alger satisfaites sans aucun sacrifice ni risques, champignons poussés sur le fumier de la catastrophe et des décombres». A l'instar des romans, cette lettre met en exergue le talent d'argotiste de Céline: «Là je te dis que l'on ergote, trafouille, cafouille que c'est une joye.» Son ressentiment n'est pas seulement perceptible dans ses mots mais transparaît aussi par sa graphie, de plus en plus irrégulière, espacée et démesurée au fur et à mesure qu'il s'échauffe, certains mots étant rageusement soulignés de plusieurs traits : «Vous, vous, chère petit tête précieuse, bien habile et bien planquée, que ferez-vous, vous, pas un autre, pas le Pape, vous?». L'ennui qui ronge Céline se devine dans l'empressement avec lequel il enjoint Mahé de lui rapporter des nouvelles de la France, qu'elles soient privées ou politiques: «Comment est l'enfant Mourlet? Sont-ils bêcheurs? Et Desse?[...] Que pense-t-on de de Gaulle? Boulanger? Badinguet? Kerensky?». La plume agitée de Céline jette les informations sur le papier, multipliant les noms, sans organisation ni transitions entre les différentes affaires qui l'intéressent: «Tu ne me parles pas des Mondains? Je te recommande une jolie revue «Courrier du Continent» [...] Le cinéma français me semble bien mort...» La régularité et l'ardeur que Céline met à sa correspondance est signe de sa détermination à ne pas être oublié ni de ses amis ni de ses défenseurs potentiels: «Je lui [Naud] ai envoyé tout mon dossier, et puis une aucune nouvelle! Je voudrais bien qu'on le stimule. Qu'on lui demande ce qui se passe? [...] Tu vois comme tout ceci est critique [...] Il faudrait prouver à Naud que j'ai des amis distingués à Paris». La haine de Céline face aux hommes, déjà profondément enracinée dans le Voyage, s'intensifie durant l'exil et face aux accusations, qu'il subit: «Pas un jour de peine, tout en bénéfice. Ecurant! Tout perdre, tout souffrir pour des petits cafouilleux pareils. J'ai honte.» Mais Céline, impuissant, déplore au-delà de cette injustice présumée, la
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Gallimard | Paris 1976-1988 | 14 x 20.50 cm | 8 volumes brochés
Edition originale dont il n'a pas été tiré de grands papiers (sauf pour le N°7) pour chacun des volumes. Notre série complète se compose ainsi : Cahiers Céline 1 : Céline et l'actualité littéraire 1932-1957. Cahiers Céline 2 : Céline et l'actualité littéraire 1957-1961 Cahiers Céline 3 : Semmelweis et autres écrits médicaux Cahiers Céline 4 : Lettres et premiers écrits d'Afrique 1916-1917 Cahiers Céline 5 : Lettres à des amies Cahiers Céline 6 : Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Cahiers Céline 7 : Céline et l'actualité 1933-1961 Cahiers Céline 8 : Progrès suivi de Oeuvres pour la scène et l'écran. Iconographie. Première garde du premier volume ombrée en raison d'une coupure de presse. Rare ensemble complet. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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