Jean Ajalbert (1863-1947), journaliste, écrivain, membre de l'Académie Goncourt.
Reference : 018567
Jean Ajalbert (1863-1947), journaliste, écrivain, membre de l'Académie Goncourt. L.A.S. + enveloppe, Paris, 4 décembre 1937, 2p in-4. Au poète et écrivain Léo Larguier (1878-1950), alors secrétaire de l'Académie Goncourt : « Mon cher ami, En rentrant, j'ai repris les Ombres et je ne les ai pas quittées de la journée, sans cesser de vous voir, comme vous nous êtes apparu. Sur ces degrés de l'église, descendant de Pascal et de Racine à notre Ponchon. Vous avez dit à notre admirable clochard le plus noble et le plus émouvant adieu. vous avez béni sa barque d'éternité d'un verbe magnifique. Par vous, ô transfuge, l'Académie Goncourt a pris tout à l'heure une haute et fière figure. Les cortèges officiels innombrables [mot illisible]. Excusez cette écriture, plus sinistre que d'habitude. Je vous écris sur une table encombrée où si je désespérais un papier, je ne retrouverai plus rien. Sans papier et sans livre, je n'imagine pas le goût qu'auraient les jours. Vendredi 11 est bien loin, si le 3 était trop proche du mercredi. A tout hasard, j'irai au Cluny lundi - à 17j œ, 17h Ÿ. Là, on peut attendre - on a des journaux - et je peux écrire. Moi, je peux attendre sans ceci ni cela. Votre J. Ajal PS - j'espère que votre discours paraîtra quelque part - sinon prêtez-le moi, je le ferai taper. Je ne décernerai au mort de la Coupole l'onde de la grandeur qui planait ce matin sur la montagne Ste Geneviève ». Intéressante lettre montrant toute son amitié pour Ponchon, mort le 3 décembre, et encensant le discours de son ami Larguier. On notera la petite remarque finale, piquante, faisant référence à la mort de René Doumic, le 2 décembre, montrant bien le mépris d'Ajalbert pour Doumic. Très belle lettre. [184]