Paris, Guillaume Godard, post-incunable, s.d. [c. 1510-1520], in-8, [133] ff, [4] ff. manuscrits. (deux premiers feuillets manquants), Reliure pastiche en veau havane, décor à froid sur les plats, dos à nerfs orné à froid, pièce de titre rouge, roulette dorée en bordure intérieure, tranches dorées, Signatures : [A]6, B4, Ab6, a-k8, [n.s.]8, B8, D8, D8. Introuvables Heures à l'usage de Sens, imprimées par Guillaume Godard, sur vélin, illustrées de bordures et de grands bois issus du fonds du libraire parisien Antoine Vérard. Cet exemplaire est vraisemblablement un UNICUM : aucun exemplaire survivant n'est connu. Seul Brunet signale en avoir vu un ? et qui est apparemment le nôtre, les même feuillets en tête de volume étant manquants. Le texte est en gothique, en latin sur une colonne : il est orné de lettrines et bouts-de-ligne enluminés sur fonds rouges ou bleus. Les feuillets du calendrier sont réglés en rouge. L'ouvrage ouvre sur le calendrier (le f. de titre et celui du mois de janvier sont manquants), composé d'un feuillet par mois et d'une maxime s'y rapportant sous la forme de quatrains dans le style de Nostradamus ou Matthieu Lansbert*, en français moyen. Suivent enfin les prières liturgiques. L'usage de ce livre d'heure est donné au feuillet K8 v, avec le nom de l'imprimeur : "Ces présentes heures à l'usaige de Sens toutes au long sans rient requerir. Ont esté imprimées à Paris. Pour Guillaume Godar demeur[an]t à Paris au bout du pont au change devant l'horloge du palays. A l'enseigne de l'homme sauvaige". L'adresse réapparait au colophon. Les pages imprimées déploient leur texte dans des encadrements de motifs végétaux Renaissance, habités d'animaux fantastiques et de figures anthropomorphes. Certains sont compartimentés de vignettes historiées issues de l'histoire religieuse et, sur d'autres, se déroule la Danse macabre du libraire-imprimeur Antoine Vérard : ces 48 jolis blocs avaient été utilisés par Vérard lui-même pour les marges des livres d'heures qu'il fit imprimer à partir de 1500, avant d'être remployés par Guillaume Godard, au moins à partir de 1517, date à laquelle il fait imprimer des Heures à l'usage de Rome par Nicolas Higman**. Les prières liturgiques sont illustrées de dix-sept bois à pleine page, qui proviennent eux aussi du fonds d'Antoine Vérard : précisément, il s'agit des copies des gravures sur métal que Jean Pichore avait réalisées pour les frères Hardouin et Simon Vostre***, dont l'emploi par Godard est attesté dès 1514 pour une édition des Heures à l'usage de Rome****. L'iconographie est issue de l'Ancien et du Nouveau Testament, ainsi que les Apocryphes : Saint Jean l'évangéliste et l'épreuve de la coupe empoisonnée; l'Arrestation de Jésus et le baiser de Judas; l'Arbre de Jessé; l'Annonciation; La Sibylle de Tibur annonçant à Auguste la naissance du Christ; la Crucifixion; la Pentecôte; l'Adoration des bergers; l'Annonce aux bergers; l'Adoration des mages; la Présentation au temple; le Massacre des Innocents; la Dormition de la Vierge; Urie convoqué par David; la Résurrection de Lazare; la Sainte Trinité, avec une foule de dévots; et la Messe de saint Grégoire. Au verso du dernier feuillet figure enfin la célèbre marque typographique de l'imprimeur Guillaume Godard, sous la forme d'un rébus, et son explication en vers français ("Saluons Marie priant Jésus en croix..."). Le volume se clôt sur quatre feuillets manuscrits en français, rédigés à la même époque, n'appartenant pas à l'ouvrage, intitulés "Oraison à notre seigneur bien devote laquelle contient huit couplets". Les initiales et les bouts-de-ligne sont rehaussés de motifs de chaînettes à l'encre jaune. Titre et premier feuillet du calendrier (A1 et A2) manquants. Volume rogné court, en particulier dans la marge de tête, avec atteintes aux encadrements typographiques. Infimes épidermures, quelques taches. Petit manque Couverture rigide
Bon [133] ff., [4] ff.