Paris, Matthieu Guillemot, 1585. 1 vol. in-16, veau fauve marbré, dos à nerfs orné de caissons dorés, pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge, roulette dorée sur les coupes, tranches jaspées de rouge et de bleu. Reliure du début du XVIIIe siècle,restaurée. La pièce de tomaison porte "to.8". (16) ff., 272 ff. Signatures : at8 et8 [A-Z]8 [Aa-Mm]8. Petit manque en pied au feuillet 127 avec perte de qq. mots du texte.
Rarissime édition originale de ce recueil de huit nouvelles écrites dans la continuation des Histoires tragiques de Boaistuau et de Belleforest (1559-1582).D'ailleurs ce volume relié au XVIIIe siècle, était destiné à compléter les sept tomes des Histoires tragiques de Boaistuau et Belleforest, car il porte la tomaison "8" : en effet, c'est pour le 8e tome des Histoires tragiques que Matthieu Guillemot avait obtenu un privilège royal. On ne connaît rien sur son auteur,Vérité Habanc, qui se qualifie de gentilhomme saintongeais, sinon qu'il était l'un des sectateurs les plus ardents du parti catholique. Comme le relève Gabriel Pérouse, il est fort vraisembable que ce gentilhomme provincial qui avait étudié à Poitiers, ait combatu dans l'armée du futur Herni III et ait participé à la bataille de Moncontour. Les allusions et développements historiques compris dans les nouvelles IV et VII nous prouvent qu'il avait vécu de près ces événements. Longtemps méconnues, elles sont pourtant d'une grande importance dans l'histoire de la littérature, car elles forment un jalon dans la pérennité du genre, illustré notamment par la suite par Poissenot et Jacques Yver, puis par Rosset. Pour ces huit nouvelles, l'auteur a recherché à s'éloigner du modèle italien de Bandello en créant des nouvelles proprement à la française. Sous couvert d'un tableau d'une certaine intransigeance morale et religieuse, l'auteur s'épanche en détails scabreux tout en s'irritant contre les comportements déshonnêtes, en particulier des femmes. Son style est parqué par l'exaltation rhétorique des controversistes de son temps et la verdeur de ses propos lui confèrent par moments des accents rabelaisiens. L'intérêt du livre réside aussi dans le témoignage qu'il nous délivre sur les usages de la société de la seconde moitié du XVIe siècle. Pour Pérouse, qui en fait une longue analyse, "le livre lui, est bien curieux, et mériterait cent fois d'être connu : ne serait-ce que pour son attrayante variété". Et les Nouvelles Histoires "malgré leurs faiblesses, sont un livre hors du commun. V. Habanc y a esquissé une "représentation" romanesque, fortement contrastée de la force et de la faiblesse humaine". Cette édition est d'une insigne rareté. A l'époque de la rédaction de son étude,n Gabriel Pérouse pensait qu'il n'en restait qu'un seul exemplaire, celui de la bibliothèque de l'Arsenal. Aujourd'hui nous piouvons en dénombrer trois autres , tous conservés dans des bibliothèques étrangères. Loviot, Revue des Livres anciens, I, 308; USTC, 59805; Cioranescu, 11291; Arbour, 93; Pérouse, Nouvelles françaises du XVIe siècle, Genève, Droz, 1977, pp. 298-310.
Phone number : 02 47 97 01 40