Guillerm (Luce et Jean-Pierre) ; Hordoir (Laurence) ; Pièjus (Marie-France)
Reference : 95617
(1984)
ISBN : 2859392351
Presses Universitaires de Lille 1984 In-8 broché 23 cm sur 16. Tome 2 seul. 246 pages. Très bon état d’occasion.
Très bon état d’occasion
Sans lieu ni nom, s.d. (1987), gr. in-8°, v-609 pp, 8 illustrations hors texte, biblio, broché, qqs marques et annotations crayon en marges, bon état. Thèse sous la direction de G. Mathieu-Castellani
La traduction apparaît au XVIe siècle en France comme un instrument de l'ajustement des stratégies d'appropriation intertextuelle, à la faveur duquel peut se repérer l'affleurement d'une présence du "sujet de l'écriture". Pour éclairer cette évolution, on a fait converger deux analyses complémentaires. Dans la traduction de l'« Amadis de Gaule », l'inscription de l'auteur-sujet apparaît d'abord comme un effet de texte. Poussant à l'extrême les tendances qui dans les récritures romanesques antérieures organisent progressivement l'économie narrative "vraisemblable", cette version choisit d'exhiber ludiquement les écarts qui résultent de ce traitement même, et se présente comme un montage de textes hétérogènes spectaculairement renvoyés l'un à l' autre par un montreur qui se désigne lui-même à l'origine de ces jeux, allant jusqu'à glisser dans le texte sa signature. C'est au même moment, vers 1540, que le discours sur la traduction met en place une appréciation dévalorisée de cette activité par rapport à l' "invention" originale, et corrélativement une nouvelle représentation de l'auteur : inventeur libre et propriétaire de son œuvre. On tente de montrer, en suivant les glissements des images et des topoï qui disent les relations du traducteur à son modèle et à la langue française, que la figure du poète, telle que la propose la « Deffence et illustration », est l'aboutissement de cette évolution. Tandis que l'homologie du geste individuel par lequel le poète va s'approprier les modèles, et de celui par lequel le prince, confisquant et annoblissant à la fois le "travail" des traducteurs, ressuscite les grands textes et les rend productifs, laisse percevoir les enjeux idéologiques plus vastes par rapport auxquels situer cette nouvelle position symbolique assignée à l'écrivant.