AU BUREAUX DE LA REVUE. Non daté. In-8. En feuillets. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. Livraison de 8 pages.. . . . Classification Dewey : 840-Littératures des langues romanes. Littérature française
Revue Littéraire. Classification Dewey : 840-Littératures des langues romanes. Littérature française
Plon, 1953, in-8°, v-532 pp, une carte en frontispice, broché, dos lég. abîmé, bon état
En juin 1940, la Force X est stationnée à Alexandrie. Le 3 juillet, Churchill, craignant que la flotte française tombe un jour ou l'autre aux mains des Allemands, lance l'opération Catapult. Celle-ci consiste à s'emparer des navires français se trouvant dans les ports britanniques et à neutraliser ceux qui se trouvent dans les ports de l'Empire français, au besoin par la force, comme ce fut le cas à Mers-el-Kébir. À Alexandrie, Godfroy reçoit un ultimatum mais négocie avec son beau-frère, l'amiral britannique Andrew Cunningham, l'internement pacifique de son escadre, conduisant à un accord le 7 juillet. Les Français acceptent de vider leurs soutes à mazout et retirer les mécanismes de tir de leurs canons, en échange de quoi les navires restent sous le contrôle de Godfroy. Cunningham promet de rapatrier les équipages. L'amiral Godfroy attend jusqu'au 31 mai 1943 pour se mettre, avec sa flotte, sous les ordres du gouvernement d'Alger, au moment où se met difficilement en place le Comité français de la Libération nationale. Favorable au général Giraud, il est écarté de tout commandement par les partisans de De Gaulle au sein du CFLN et mis à la retraite d’office par décret du 10 décembre 1943, décret qui est annulé par le Conseil d’État en avril 1955. — "Témoignage précis de l'amiral qui commandait en 1940 l'escadre française de Méditerranée orientale (dite Force X) sur les réactions du personnel de cette flotte lors de l'Armistice, sur les décisions qui furent prises en juillet, par entente avec l'amiral anglais Cunningham, pour accorder les exigences britanniques avec l'obéissance aux ordres de Vichy et qui évitèrent un autre Mers-el-Kébir, sur la vie et les difficultés de cette escadre jusqu'à ce que, en août 1943, elle rejoignît les Forces navales du Gouvernement d'Alger, sur les sentiments que les événements de 1940 à 1943 inspirèrent aux cadres de notre Marine. Le récit est étayé de très nombreux documents, qui, précieux aux historiens, font le plus grand honneur à l'intelligence, à la loyauté, à la délicatesse des sentiments et à l'esprit de camaraderie des chefs français et britanniques." (Général Lestien, Revue Historique, 1956) — "Pour contribuer à l'histoire de la seconde guerre mondiale, le vice-amiral Godfroy a écrit le récit des aventures de l'escadre française de la Méditerranée orientale qu'il a commandée du début de mai 1940 au 15 septembre 1943 et qu'on a appelée la Force X. Grâce à la compréhension de l'amiral Cunningham, commandant en chef britannique, nos navires ne furent pas assaillis, comme à Mers-el-Kebir et dans d'autres ports anglais. Par un accord entre les deux amiraux, ils demeurèrent à Alexandrie jusqu'à ce que le débarquement en Afrique du Nord eut créé une situation nouvelle. En mai 1943, après la victoire de Tunis, l'amiral Godfroy effectua son ralliement aux Forces d'Alger. C'est le récit de cette longue station en Égypte, des nombreux incidents qui la marquèrent, de la lutte permanente de l'escadre française pour rester fidèle à ce que l'honneur commandait, que retrace l'amiral Godfroy, en l'appuyant de documents. On y voit notamment que la politique de Londres, celle de W. Churchill, n'a pas toujours reçu l'approbation des exécutants de la flotte britannique." (A. B., Hommes et mondes, mai 1953) — "C'est une remarquable contribution à l'histoire de la seconde guerre mondiale que nous apporte l'amiral Godfroy. Dépassant largement le cadre de l'histoire maritime, l'auteur nous donne une grande leçon de diplomatie et montre ce que peuvent réaliser des hommes qui savent allier au sens de l'honneur, l'intelligence et la compréhension des situations les plus et les plus épineuses. La forte personnalité de l'amiral Cunningham sort encore grandie du récit de son collègue français. C'est grâce aux qualités de ces deux hommes que la Force X échappa à l'irréparable et ne connut pas les catastrophes de Mers-el-Kébir et de Dakar. Le livre de l'amiral Godfroy restera comme un parfait modèle de mémoires véritablement « constructifs » si l'on peut ainsi s'exprimer. D'une admirable objectivité, l'amiral nous guide d'un pas sûr, nombreux textes à l'appui, dans les sinuosités de la politique britannique et de celle de la France libre. En terminant, après avoir narré son périple autour de l'Afrique, il nous fait pénétrer dans l'étrange et pénible atmosphère qui régnait à Alger en 1943. Il y a là un témoignage de première valeur que les historiens futurs feront bien de ne pas négliger sur une période cruciale qui a déjà été terriblement déformée par la passion. Un très beau livre qui fait honneur à son auteur, à la vieille marine française et à la grande fraternité internationale des gens de mer." (E. Taillemite, Revue d'histoire des colonies, 1954)