Le Cherche Midi, 1998, in-8°, 255 pp, préface de Serge Klarsfeld, index, broché, couv. illustrée, bon état
Les dramatiques événements de notre siècle ont donné de Wagner une image sulfureuse. L'approximation de sa pensée, ses erreurs manifestes (son antisémitisme, par exemple) conduisent souvent à le ranger parmi ceux que Daniel Goldhagen a récemment appelés les « bourreaux volontaires de Hitler », c'est-à-dire ceux qui en Allemagne ont préparé intellectuellement et moralement la politique d'extermination du dictateur nazi. Le débat est ouvert depuis un demi-siècle et semble loin d'être clos. L'auteur de ce livre apporte toutefois des pièces importantes à ce dossier. En effet, Wagner vers la fin de sa vie a rencontré, fréquenté et lu celui qui est unanimement reconnu comme le père du racisme moderne. Bien plus, Wagner a commenté “l'Essai sur l'inégalité des races humaines”, l'oeuvre majeure de Gobineau. Il a pénétré le fond des positions gobiniennes. Il a présenté à ces thèses des réponses d'autant plus intéressantes que personne ne les lui réclamait puisque l'écrivain français était inconnu à cette époque. Les conclusions du travail d'Éric Eugène montrent un Wagner qui, malgré ses erreurs et ses lâchetés, n'a pas failli sur l'essentiel. Elles expliquent également comment et par quels moyens Hitler pourra ensuite détourner la pensée de Wagner à son profit. C'est un livre important aussi bien pour les lecteurs qui s'intéressent à l'histoire des idées que pour ceux qui veulent tirer des leçons du passé afin de mieux affronter les dangers de notre temps.