Paris, Calmann Lévy / Ancienne Maison Michel Lévy Frères, 1883. Un vol. in-12 (182 x 103 mm) de 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 383 pp. et 1 f. bl. Reliure de l'époque de demi-cartonnage parme à l'imitation de peau de serpent, dos lisse orné de doubles filets dorés, fleuron central doré, titre doré, toutes tranches mouchetées.
Mauprat constitue un roman capital dans l'œuvre de Sand. Cela, de par les idées politiques et sociales qu'il contient, et de par son genre hybride (à la fois historique, politique, régional ; voire s'apparentant même au fantastique). Ce roman, composé sous l’influence flagrante de Jean-Jacques Rousseau, met en scène le personnage d’Edmée. Héroïne de la plus haute importance pour Sand, car représentative de la femme selon son cœur. Héroïne qui correspond point par point aux idéaux de l'auteur, jusqu’à ce que la plus tardive Consuelo ne vienne lui disputer son statut d’icône sandienne... « …ce conte est un roman de fin d’amour. Au moment où elle a commencé cette narration, Sand faisait alors le deuil de sa passion pour Musset [...]''. Dos légèrement passé. Inégales rousseurs dans le texte (davantage prononcées aux premiers et derniers feuillets). Nonobstant, bonne condition.
Paris, A. Quantin / Coll. ''Calmann Lévy'', 1886. Un fort vol. au format in-8 (233 x 158 mm) de 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 1 f. bl. et 404 pp. Reliure de l'époque de demi-chagrin maroquiné tabac, filet vertical doré porté sur les plats, dos à nerfs orné de filets à froid, filets dorés sur les nerfs, larges fleurons dorés, titre doré, tête dorée, couvertures et dons conservés.
Exemplaire sous agréable reliure du temps recelant ici - en premier tirage - 10 délicates compositions à l'eau-forte d'après Julien Le Blant gravées par Toussaint. ''Le Blant fut élève de E. Girard et débuta au Salon en 1874. Il fut Médaille d'or lors de l'Exposition Universelle de 1889. On lui doit d'intéressantes illustrations de livres''. (in Bénézit). Mauprat constitue un roman capital dans l'œuvre de Sand. Cela, de par les idées politiques et sociales qu'il contient, et de par son genre hybride (à la fois historique, politique, régional ; voire s'apparentant même au fantastique). Ce roman, composé sous l’influence flagrante de Jean-Jacques Rousseau, met en scène le personnage d’Edmée. Héroïne de la plus haute importance pour Sand, car représentative de la femme selon son cœur. Héroïne qui correspond point par point aux idéaux de l'auteur, jusqu’à ce que la plus tardive Consuelo ne vienne lui disputer son statut d’icône sandienne... ''…ce conte est un roman de fin d’amour. Au moment où elle a commencé cette narration, Sand faisait alors le deuil de sa passion pour Musset [...]''. Bénézit VI, Dictionnaire des peintres, p. 506 - Osterwalder I, Dictionnaire des illustrateurs, p. 600 (citant la présente contribution de l'artiste). Dos très légèrement insolé et présentant en outre d'infimes frottements. Rares rousseurs dans le texte. Nonobstant, belle condition.
Paris, Charpentier, 1860. Un vol. au format n-12 (188 x 123 mm) de 1 f. bl., 4 ff., 238 pp. et 2 ff. bl. Reliure de l'époque de demi-percaline satinée amande, dos lisse orné de doubles filets dorés, fleuron central doré, pièce de titre de maroquin vieux-rouge, titre doré, supra libros doré en queue, tranches mouchetées.
Edition originale française ''assez recherchée''. (in Clouzot pour l'édition de Naumbourg). Alfred de Musset et George Sand se rencontrent en juin 1833. Ils sont déjà l’un et l’autre des auteurs reconnus et dès cette première rencontre naît une profonde amitié, laquelle prendra alors très vite une dimension amoureuse. Le rituel voyage sentimental en Italie dans les derniers jours de 1833 (Les amants de Venise) fut fatal à leur amour. ''Infidélité et maladie de l’amant, trahison de la maîtresse avec le médecin qui le soignait, fuite précipitée de l’amant, correspondance échevelée, réconciliation et ruptures exaltées sur fond d’alcool et de démence, comme l’écrit Le Robert des Grands écrivains , rien ne manqua au mélodrame joué par les amants de Venise et qui dura près de deux ans''. Sand avait publié Elle et lui, récit mettant en lumière les raisons de sa rupture avec Musset. Deux ans après le décès de son frère, Alfred, Paul de Musset publie Lui et Elle, parodie du récit autobiographique de Sand qui visait à réhabiliter la mémore de son frère, pour le moins écorné dans l'ouvrage de celle-ci. Vicaire VIII, Manuel de l'amateur de livres du XIXème siècle, 1306 - Carteret II, Le Trésor du bibliophile, p. 213 - Clouzot, Guide du bibliophile français, p. 125 - Thième, Guide bibliographique de la littérature française, p. 300. Très légers frottements affectant les mors. Quelques rousseurs dans le texte ; davantage marquées sur quelques feuillets. Du reste, bonne condition.
Paris, Perrotin, 1842. 2 vol. au format in-12 (188 x 123 mm) de 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 372 pp. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 444 pp. et 1 f. bl. Reliures uniformes de l'époque de demi-chagrin maroquiné carmin, double filet vertical à froid porté sur les plats, dos à nerfs ornés de doubles filets gras à froid, filets maigres à froid, doubles caissons d'encadrement gras et maigres à froid, titre doré, tomaison dorée, tranches mouchetées.
Ensemble - agréablement relié - complet des deux volumes le constituant. Le second renferme - outre la suite de Lélia - Spiridon. ''Lélia est avec Indiana, une des ouvrages les plus estimés'' de Sand. (in Carteret). Premier succès de librairie de l'auteur Lélia valut à Sand d'entrer définitivement dans le cercle des grands écrivains de son temps, lui permettant dès lors de vivre de sa plume. Le poète Sténio aime passionnément Lélia d'Almovar. C'est une jeune femme qui préfère s'adonner aux joies et aux souffrances de la méditation plutôt qu'aux plaisirs charnels, car, très jeune, elle a vécu un amour malheureux. Elle aime Lélio mais se refuse pourtant à lui... Pour Spiridon : Caillet I, Manuel bibliographique des sciences psychiques et occultes, 3323 (pour l'édition de 1839 parue dans le tome XXII des Oeuvres de l'auteur) puis Dorbon-Aîné, Bibliotheca esoterica, 4387 - Pour Lélia : Carteret II, Le Trésor du bibliophile, p. 306. Inégales mais claires rousseurs dans les corps d'ouvrages (davantage prononcées sur quelques rares feuillets du premier tome). Cernes claires dans chacun des volumes. Nonobstant, belle condition.
Paris, Petite Bibliothèque Blanche, Éducation et récréation, J.Hetzel, sans date [circa 1880]. 19,5 x 14,5 cm, 128 pp. Relié cartonnage d'éditeur "au médaillon ovale" illustré de 68 vignettes in texte, un frontispice de Maurice Sand et Delaville pour les gravures. Percaline rouge " aux bandeaux floraux", vignette carrée, centrale et chromolithographiée, bordée de deux bandes dorées. Lettrage doré. Relieur A. Cartier et une plaque de Souze. Cartonnage légèrement salie sinon bon exemplaire.
Palma de Mallorca, s.é., s.d. - Palma de Mallorca, s.é., (1960) - Palma de Mallorca, Editions Clumba, 1968. 3 vol. au format gd in-12 (198 x 133 mm) de 126 et 80 et 192 pp., brochés.
Ensemble complet des trois volumes le constituant. Chacun des ouvrages est agrémenté de planches. ''Dans ces lettres, ce sont les deux héros eux-mêmes qui, en narrant chacun à son confident les débuts de leurs amours, puis les péripéties du célèbre voyage, nous révéleront le fond de leur coeur et nous emmèneront à Majorque''. Jaunissement affectant la marge du premier et dernier feuillets d'un des volumes. Du reste, très belle condition.
Paris, Editions du Laurier, (1928). Un vol. in-12 (188 x 113 m) de 255 pp., broché.
Edition originale (mention fictive d'édition portée au premier plat). Plissure affectant le dernier plat. Rousseurs dans le texte. Du reste, bonne condition.
Paris, Michel Lévy Frères, 1868. Un vol. au format in-12 (188 x 123 mm) de 2 ff. n.fol. et 340 pp. Reliure de l'époque de demi-basane glacée carmin, dos à nerfs orné de filets gras à froid, filets maigres dorés, fleurons dorés, titre doré, tranches mouchetées.
Un jeune marquis, artiste de son état, décide de donner une leçon sentimentale à la femme qu'il aime sans le lui avoir jamais avoué. Cette leçon prend la forme d'une excursion de vingt-quatre heures en montagne, aux confins de la France et de l'Italie. Les protagonistes sont bientôt rejoints par un curé de campagne, une fillette charmant les oiseaux et un comédien italien sans le sou, Teverino, qui passe pour l'ami du marquis. On se promène, on mange, on se repose, on admire le paysage, on échange des propos sérieux ou badins sur l'art et le sentiment. Les couples d'un jour se font et se défont, se cherchent et puis se trouvent, comme dans une comédie de Marivaux, comme dans un roman de Goethe. Publié pour la première fois en 1846, Teverino appartient à une veine romanesque fantaisiste que le public d'aujourd'hui n'associe pas au nom de George Sand. Cette veine compte pourtant quelques romans d'une rare qualité qu'un fil discret relie aux œuvres les plus connues. Angles et coupes élimés. Quelques rousseurs dans le texte (quoique davantage marquées aux premiers et derniers feuillets). Nonobstant, bonne condition.
A Paris, chez Marcel Sautier, 1945. Un vol. au format in-8 (228 x 153 mm) de 176 pp. Reliure de l'époque de demi-maroquin glacé La Vallière à coins, doubles filets dorés et à froid portés sur les plats, dos à nerfs orné de filets gras à froid, doubles caissons d'encadrement maigres dorés, caissons d'encadrement gras à froid, larges fleurons à froid, semis de cercles et de pointillés dorés, titre doré, date dorée en queue, tête dorée sur témoins, couvertures et dos conservés.
Exemplaire revêtu d'une délicate reliure du temps. Tirage unique à 310 exemplaires seulement ; tous sur vélin pur-fil de Lana. L'ouvrage s'agrémente - ici en premier tirage - de jolies pointes-sèches originales de Denyse de Bravura. ''Denyse de Bravura a notamment illustré Le Portrait de Gogol ainsi que Le Château de Pictordu de George Sand''. (in Bénézit). ''Reste à savoir où sont ces fées et génies, ces êtres dits surnaturels ; d'où ils viennent et où il vont, quel empire ils exercent sur nous et où ils nous conduisent. Beaucoup de grandes personnes ne le savent pas bien, et c'est pourquoi je veux leur faire lire ces histoires que je te raconte en t'endormant''. Monod II, Manuel de l'amateur de livres illustrés modernes, 10132 - Bénézit II, Dictionnaire des peintres, p. 285. Infimes frottements affectant la reliure. Du reste, très belle condition.
[collectif, dont :] GAVARNI - BERTALL - CHAMPIN - d'AUBIGNY - BERTRAND - MONNIER - DECAMPS - DEVERIA - SEGUIN - CHATILLON & FRANCAIS (ill. de) - BALZAC (Honoré de) - FEUILLET (Octave) - MUSSET (Alfred de) - SAND (George) - STAHL (P.-J.) - SUE (Eugène) - SOULIE - DROZ (Gustave) - ROCHEFORT (Henry) - VILLEMOT (A.) - NERVAL (Gérard) - HUGO (Victor) - VERNE (Jules) - MERY - MALOT (Hector) - DUMAS Fils (Alexandre) - KARR (Alphonse) - ERCKMANN - CHATRIAN - NODIER (Charles) - GAUTIER (Théophile) - JANIN (Jules) & GOZLAN (Léon), textes de.
Reference : 30082
(1845)
Paris, J. Hetzel, 1845. Un fort vol. au format in-4 (265 x 188 mm) de 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 1 frontispice gravé n.fol., xxxii - 380 pp. Reliure de l'époque de demi-veau olive, dos à nerfs orné de filets gras en noir, doubles filets dorés, roulette dorée sur les nerfs, pièce de titre de maroquin rouille, titre doré, filet en pointillés dorés en tête et queue, tranches mouchetées.
Edition originale agrémentée de très nombreuses gravures sur bois dans le texte venant illustrer cette vasque fresque de Paris et des Parisiens sous le 2nd Empire. Le texte, très varié, est dû aux plus grands écrivains de l'époque. Un des plus célèbres illustrés de la période romantique. Lequel ''ne devait comprendre à l'origine qu'un seul volume''. (in Carteret). Il sera suivi en 1846 par la parution d'un second ouvrage formant le complément du présent volume. Vicaire III, Manuel du Libraire et de l'amateur de livres, 242-243 ; Brivois, Bibliographie des ouvrages illustrés du XIXème siècle, 124-128 ; Carteret III, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne, pp. 203-207. Quelques altérations superficielles affectant la reliure. Quelques rousseurs dans le texte. Deux feuillets présentent quelques tâches claires. Du reste, bonne condition.
S.l., Gallimard / Bibliothèque de la Pléiade, (1973). Un vol. au format in-12 (174 x 108 mm) de 249 pp. Plein skyvertex havane d'édition, dos lisse orné d'un jeu de filets dorés, filet d'encadrement doré, pièce de titre cerise, titre doré, tête saumon, sous rodhoïd.
Abondante iconographie.
Éditions Gallimard , Paris, Album Pléiade n° 12 de 1973. Un volume (11 x 17,5 cm) reliure d'éditeur plein cuir de 252 pages. Livre sous rhodoïd et jaquette illustrée. Abondante iconographie composée de 480 illustrations, choisie et commentée par Georges Lubin. Édition originale hors commerce. Un coin de la jaquette légèrement bosselée, sinon très bon état.
1 Relié, demi-chagrin vert mélèze à coins sertis d'un double filet doré, dos à 5 nerfs surlignés d'un filet, caissons encadrés d'un filet avec arabesques aux angles, lettrines B et E entrelacées au centre, auteur, titre et millésime dorés, tête dorée. Reliure signée Belz Niédrée, successeur et gendre de Jean-Edouard Niedrée (Fléty 135). Dos passé, coins frottés, éraflures à la coiffe sup. et au coin sup. dr. du 1er plat, qqs rousseurs. 18,5 x 12 cm, 36 p. Paris, Librairie Nouvelle, A. Bourdilliat et Cie, 1860.
Première édition dans ce format, en partie originale, après celle au format in-8° parue en 1859. Bon etat
SPOELBERCH de LOVENJOUL (Charles, Vicomte de) - [SAND (George) & MUSSET (Alfred de)].
Reference : 23384
(1897)
Paris, Calmann Lévy, 1897. Un vol. au format in-8 (229 x 148 mm) de 1 f. bl., 2 ff. n.fol., iv - 291 pp., 1 f. n.fol. et 2 ff. bl. Reliure de l'époque de plein cartonnage caillouté marine à l'imitation de maroquin et décor peint (entrelacs de filets et larges fleurons), dos lisse à l'identique, pièce de titre de maroquin havane ornée de doubles filets dorés, titre doré, couvertures et dos conservés.
Edition originale. Un des 55 premiers exemplaires sur papier de Hollande (seul papier) ; numéroté et paraphé à la plume par Edouard Denan au colophon. ''Les pièces inédites ou peu connues encore publiées ici pourront aider les esprits impartiaux à s'éclairer sur la part réelle de responsabilités et de torts incombant, dans ce drame de passion sans frein, à chacune de ses deux victimes.'' Angles élimés. Petits manques superficiels affectant chacun des plats. Très rares et discrètes rousseurs dans le texte. Nonobstant, belle condition.
Nohant 21 décembre 1867 | 13.40 x 20.70 cm | deux feuillets sous chemise et étui
Lettre autographe de George Sand adressée à Gustave Flaubert datée du 21 décembre 1867, 8 pages sur deux feuillets rempliés. Publiée dans la Correspondance, XX, pp. 642-645. Issue d'une des plus belles correspondances littéraires du siècle, cette lettre écrite à la veille de Noël 1867 est un sublime témoignage de la franche amitié entre George Sand, le «vieux troubadour» et Gustave Flaubert baptisé «cul de plomb» après avoir décliné son invitation à Nohant pour achever l'Éducation sentimentale. Malgré les dix-sept ans qui les séparent, leurs tempéraments opposés et leur conception de la vie divergentes, le lecteur est saisi par la tendresse mais aussi l'étonnante verdeur de cette longue confidence de George Sand. Alors au faîte de sa gloire littéraire et à la joie de son théâtre de Nohant, Sand s'entretient longuement de politique, de leur séparation, de leur conception du travail d'écrivain, de la vie même. Dans cette lettre à l'allure de «courant de conscience», Sand couche naturellement et librement sur le papier huit pages de conversations avec l'écrivain, qui ne fait que de trop rares et brèves apparitions à Nohant: «Mais comme je bavarde avec toi! Est-ce que tout ça t'amuse' Je le voudrais pour qu'une lettre de causerie te remplaçât un de nos soupers que je regrette aussi, moi, et qui seraient si bons ici avec toi, si tu n'étais un cul de plomb qui ne te laisses pas entraîner, à la vie pour la vie», tandis que chez Flaubert, alors plongé dans l'écriture de l'Éducation sentimentale, la devise est plutôt l'art pour l'art. Cette fin d'année 1867 est marquée par la douleur de la disparition d'un «presque frère», François Rollinat, que Sand apaise par ses lettres à Flaubert et les soirées animées à Nohant: «Voilà comme je vis depuis 15 jours que je ne travaille plus. [...] Ah'! quand on est en vacances, comme le travail, la logique, la raison semblent d'étranges balançoires». Sand lui reprochait volontiers de travailler sans relâche dans sa robe de chambre, «l'ennemi de la liberté», alors qu'elle, courait par monts et par vaux, de Cannes à la Normandie, jusque sur les terres de l'écrivain qu'elle avait visitées en septembre. À cette occasion, Sand avait relu avec bonheur Salammbô dont quelques lignes se retrouvent dans Mademoiselle Merquem, sa dernière uvre en date. Leur amitié littéraire et virile, comme celle avec Rollinat, défia toute la vieille garde des littérateurs qui affirmaient l'impossibilité d'une liaison sincère entre l'homme et la femme. Sand, qu'on a tour à tour qualifié de lesbienne, de nymphomane, rendue célèbre pour ses amours retentissantes et si diverses, entame une longue et riche correspondance avec Flaubert pour qui elle est une mère et un vieil ami. Le «vieux troubadour» ou «vieux cheval» ne se considérait même plus comme femme, mais comme un être quasi-homme, rappelant ses travestissements de jeunesse et son formidable mépris des barrières entre les sexes. À Flaubert qui avait écrit à celle qu'on surnomma la «papesse des gynandres»: «Pour mieux tirer à l'arc, elles s'écrasaient le téton», en évoquant les Amazones; Sand répond «Je ne suis pas dans ton idée qu'il faille supprimer le sein pour tirer l'arc. J'ai une croyance tout à fait contraire pour mon usage et que je crois bonne pour beaucoup d'autres, probablement pour le grand nombre». Guerrière certes, mais guerrière pacifique, Sand a volontiers adopté les usages d'un monde de lettrés misogynes, tout en ayant su rester elle-même: «Je crois que l'artiste doit vivre dans sa nature le plus possible. À celui qui aime la lutte, la guerre; à celui qui aime les femmes, l'amour; au vieux qui, comme moi, aime la nature, le voyage et les fleurs, les roches, les grands paysages, les enfants aussi, la famille, tout ce qui émeut, tout ce qui combat l'anémie morale.» ajoute-t-elle ensuite. Belle évocation de sa «période verte», ce passage consacre le temps des romans champêtres de Sand, qui, assagie par les années, s'é
1858 Paris, A. Morel et Cie, 1858. In-folio (288 X 395 mm) percaline violine, dos lisse muet, double encadrement avec écoinçons à froid sur les deux plats, auteur, titre et illustrateur dorés au centre du premier plat, grand fleuron à froid au centre du second plat, tranches dorées (reliure de l'éditeur) ; (2) ff. de faux-titre et titre illustré, VII pages (table des matières, fac-similé d'une lettre de George Sand à Maurice Sand et avant-propos), 48 pages et 12 planches hors-texte.
ÉDITION ORIGINALE du texte et premier tirage du titre illustré et des DOUZE STUPÉFIANTES COMPOSITIONS dessinées par Maurice SAND. Elles ont été lithographiées par E. Vernier, tirées sur Chine en fond teinté ; le titre a été lithographié par Rambert. Maurice SAND (1823-1889), dessinateur et peintre, est le fils de George Sand dont il a adopté le pseudonyme. Ses dessins sont un curieux mélange de romantisme bizarre et de noirceur fantastique, tout en restant empreints d'une « charmante naïveté d'invention », selon l'expression de son maître Eugène Delacroix. CONTES D'INSPIRATION FANTASTIQUE, ces "Légendes Rustiques" se présentent comme un parcours en douze récits, chaque chapitre étant consacré à un lieu ou à un personnage mystérieux : loup-garou, pierres vivantes, moine des marais, lavandières infanticides, etc. Parallèlement au conte pour enfant, la lecture montre aussi combien ces légendes étaient le quotidien des habitants de la région, mêlant foi chrétienne apotropaïque et superstitions effrayantes. On retiendra notamment le chapitre dans lequel on apprend à distinguer les lubins des lupins, les lubins étant des « Esprits chagrins, rêveurs et stupides, [qui] passent leur vie à causer dans une langue inconnue, le long des murs des cimetières. En certains endroits on les accuse de s'introduire dans le champ du repos et d'y ronger les ossements. Dans ce dernier cas, ils appartiennent à la race des lycanthropes et des garous, et doivent être appelés Lupins ». L'intérêt de George Sand pour le fonds culturel et linguistique berrichon s'inscrit d'abord dans le développement de l'ethnographie nationale en Europe au XIXe siècle. En effet, dans un style et une langue qui évoquent le parler populaire sans jamais se laisser aller au pastiche, George Sand a recréé, avec respect et amour, des vieilles légendes du Berry, tour à tour drôles, étranges et naïves. Avec ce recueil, elle participait activement - aux côtés des romantiques, Nerval, Paul Lacroix et d'autres - au premier mouvement de sauvegarde de ce patrimoine culturel que représentaient les contes et les chansons populaires menacés d'oubli ; elle en révélait ainsi les profondes valeurs poétiques. (Séverine MARÉCHAL, "Les Beaux esprits se rencontrent" - Éric BORDAS, "Les Histoires du terroir à propos des Légendes Rustiques de George Sand" - VICAIRE, VII, 262). BEL EXEMPLAIRE, très frais, de ce merveilleux album romantique, conservé dans son solide cartonnage éditeur en PARFAIT ÉTAT. NICE COPY. PICTURES AND MORE DETAILS ON REQUEST.
2 volumes in-8 (207 x 122 pp) de 4 ff.n.ch. (faux-titre, titre, dédicace, exergue) et 350 pp. pour le premier volume ; 3 ff.n.ch. (faux-titre, titre, vers d Alfred de Musset) et 383 pp. pour le second (comme dans la plupart des exemplaires reliés à l époque, le relieur a supprimé le dernier feuillet blanc du tome I et le premier feuillet blanc du tome II) ; demi-veau fauve, dos lisses, compartiments de filets et chaînettes ornés de grands fleurons géométriques dorés, roulette en pied, plats recouverts de papier marbré, tranches marbrées dans les mêmes tons (reliure de l époque).
Édition originale. L’un des chefs-d’œuvre de George Sand, un récit d’un lyrisme et d’un symbolisme échevelés. Admiré, critiqué, honni et mis à l’Index, ce roman-poème connut un grand succès de scandale. Se risquant sur les chemins ouverts par Nodier, Senancour, Chateaubriand et Madame de Staël – mais aussi Goethe et Byron –, George Sand provoqua la surprise dans les milieux littéraires. «Avec la “grande Lélia”, sorte de Byron de l’autre sexe, impérieuse mais clamant son impuissance et son mal du siècle, souffrante mais rebelle, se livrant à des confidences impudiques sur sa sexualité qui rendent un son trop vrai pour n’être que littérature, c’est en d’autres parages du féminin, bien plus modernes, que Sand a voulu se risquer. De quoi s’adresser au meilleur de sa “génération”, en explorant à sa façon le paradigme du romantisme du désenchantement. De quoi s’adresser également à nos contemporains du xxie siècle – eux aussi conviés à se risquer à Lélia, excités plus que rebutés, gageons-le, par les difficultés d’une telle lecture –, et leur parler au plus intime. » (José-Luis Diaz) L’exemplaire est enrichi d’un très beau dessin original signé de George Sand. La composition (90 × 106 mm), signée en bas à droite des initiales « G. S. » et protégée d’une fine serpente, a été montée à l’époque sur un feuillet de papier orné au recto d’un décor de feuillage bleu pâle finement gaufré, et insérée dans le tome I entre les feuillets de dédicace et d’exergue. Ce dessin au lavis de brun délicatement rehaussé à l’encre de Chine et à la gouache blanche – une version primitive de « dendrite » – montre une clairière entourée d’arbres et de rochers qu’un ciel tourmenté surplombe ; un rayon de lune perce les nuages en éclairant une scène étrange : un chien aboyant devant un calvaire ; l’atmosphère est mystérieuse, oppressante et onirique. George Sand dessinatrice : les « dentrites ». Romancière et épistolière de génie – ses œuvres très nombreuses et sa correspondance monumentale forment un saisissant tableau de la génération romantique au féminin –, George Sand fut aussi une dessinatrice talentueuse et, sur certains points, singulière. La question de l’art l’a toujours occupée (elle hantait les musées et les salons de peinture) et, depuis ses plus jeunes années, elle maniait avec passion la mine de plomb et le pinceau, aussi bien au couvent des Augustines anglaises que dans la demeure familiale de Nohant. Un talent hérité de sa mère et encouragé par sa grand-mère, qu’elle-même suscitera et contribuera à développer chez son fils, Maurice. Au début des années 1830, alors qu’elle venait de se séparer de son mari, George Sand fit même de son goût pour le dessin et la miniature un métier destiné à lui assurer, pour un temps, son autonomie financière. (Elle prit des cours avec Jules Decaudin en 1831 afin d’affermir sa technique et s’initier à l’aquarelle.) Plus tard, tout au long des années de la retraite berrichonne, le dessin et l’aquarelle deviendront une activité quasi quotidienne, ainsi qu’elle le confie dans une lettre datée de 1874. Une technique particulière, la « dendrite », est attachée à son nom. Elle consiste à appliquer sur une feuille, préalablement tachée de couleur, un papier épais ou un carton absorbant (« écrasage »), obtenant par cette manière de monotype des formes mousseuses et nervu- rées qui sont ensuite retravaillées à l’encre, à l’aquarelle ou à la gouache. Ces compositions évoquent parfois des paysages fantastiques – landes et marécages désolés –, très roman- tiques. George Sand a souvent associé son fils Maurice à ses expérimentations graphiques et chromatiques ; un témoignage éclatant de leur collaboration verra le jour en 1858 sous le titre de Légendes rustiques. Les surréalistes, et tout particulièrement Max Ernst, se souviendront des innovations de George Sand, dont ils adapteront la technique mêlant dessin conscient et aléatoire dans quelques-unes de leurs œuvres. Exemplaire avec de grandes marges, dans une belle reliure de l’époque. La structure du décor et les fers employés, ainsi que des détails de dorure – le point après le nom de l’auteur et la faute « L’Élia » dans le titre – semblent prouver que cette reliure n’a pas été réalisée en France, mais plutôt dans l’aire germanique, très probablement en Suisse. Rousseurs éparses et inégalement prononcées; tampon anciennement et soigneusement effacé sur le feuillet de dédicace du tome I ainsi que sur quelques autres feuillets (peut-être la marque d’un cabinet de lecture) ; petit manque de cuir au mors inférieur du tome I, en pied. Références : G. Sand, Romans, I, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2019, notice de J.-L. et B. Diaz, pp. 1587-1621. – N. Savy, « Une table à dessin ou un bureau ? George Sand et les arts visuels (1804-1837)», inMémoires en hommage à Françoise Cachin, Gallimard-RMN, 2002. – Clouzot, p. 242 : « rare et très recherché ».
Nohant 3 juin 1858 | 13.40 x 20.90 cm | 4 pages sur un feuillet remplié
Lettre autographe signée de George Sand adressée à son amie Stéphanie Bourjot, fille d'Étienne Geoffroy-Saint-Hilaire. Quatre pages rédigées à l'encre bleue sur un feuillet remplié au chiffre de George Sand. Pliures inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été partiellement publiée dans Correspondance, t. XIV, n° 7846. Très belle lettre, en partie inédite, dans laquelle George Sand évoque l'ouvrage de Marie Pape-Carpantier et l'éducation de sa jeune servante Marie Caillaud: «C'est un excellent livre, dans lequel j'apprends à lire à ma jeune servante, une fille extraordinairement intelligente et dont ce livre ouvre l'esprit à toutes sortes de bonnes notions. Ç'a été pour moi une éducation à part que celle de cet enfant de 18 ans qui n'en avait que 2, il y a six mois, et qui a maintenant son âge, avec toute la candeur de l'enfance conservée. Donc tous les soirs, nous lisons les historiettes de Marie Carpentier, et je m'y intéresse autant que mon élève.» Marie Caillaud n'a que onze ans lorsque George Sand la fait entrer à son service afin de s'occuper de la vaisselle et du poulailler, ce qui lui vaudra le sobriquet de «Marie des poules». Mais l'écrivaine repère bien vite l'intelligence de la jeune paysanne: elle en fait rapidement sa gouvernante et à partir de 1856, la jeune fille participe aux séances du petit théâtre de Nohant. C'est au début des années 1858 que l'on trouve mention de son apprentissage notamment dans une lettre de George Sand à son ami Charles Duvernet: «Dans mes soirées d'hiver, j'ai entrepris l'éducation de la petite Marie, celle qui jouait la comédie avec nous. De laveuse de vaisselle qu'elle était, je l'ai élevée d'emblée à la dignité de femme de charge que sa bonne cervelle la rend très apte à remplir. Mais un grand obstacle, c'était de ne pas savoir lire. Ce grand obstacle n'existe plus. En trente leçons d'une demi-heure chacune, total quinze heures en un mois, elle a su lentement, mais parfaitement toutes les difficultés de la langue. Ce miracle est dû à l'admirable méthode Laffore, appliquée par moi avec une douceur absolue sur une intelligence parfaitement nette.» (16 février 1858) Intime de l'écrivaine, Marie Caillaud deviendra finalement une comédienne influente de la scène de Nohant et côtoiera les illustres invités de George Sand: Delacroix, Gautier, Dumas, le prince Jérôme Bonaparte... Mais Marie ne fut pas la première élève de George Sand, qui demeura toute sa vie durant intéressée par la question de la pédagogie et apprit à lire non seulement à ses enfants, mais aussi à ses petits-enfants et à plusieurs personnes de son entourages (domestiques, paysans). Cette lettre montre toute l'implication qu'elle eut dans son rôle de maîtresse, réfléchissant sans cesse à des manières pertinentes et efficaces d'enseigner: «Mais ce qui manque, du moins à ma connaissance, c'est une méthode de lecture. J'en ai fait une (pour mon usage, je ne l'ai pas écrite.) tirée d'abord de celle de Laffore, et modifiée à mon idée. Mais ce que je n'ai pas trouvé dans les manuels à l'usage de l'enfance et des écoles primaires, c'est un livre d'exercices bien faits pour apprendre à lire logiquement tout en se rendant compte de l'orthographe des mots. Ce livre existe-t-il?» Loin d'être un simple passe-temps, l'éducation revêtit pour George Sand une importance capitale et, comme le souligne Georges Lubin, elle ne se borna donc pas à alphabétiser les plus jeunes. Il faut dire que la mère de Sand lui apprit elle-même à écrire dès l'âge de cinq ans: «Elle se rendit compte très tôt que la seule voie pour atteindre à l'égalité était l'émancipation intellectuelle. L'ignorance où les femmes étaient tenues était la cause de leur esclavage. L'ignorance où le peuple était tenu était le fondement de l'inégalité qui régnait entre les classes. L'éducation était le sésame qui ouvrirait les portes fermées.» («George Sand et l'éducation» in Nineteenth-Century French Studies, 1976) Beau et important témoignage du combat sa
s. d. [23 février 1838] | 11 x 20.40 cm | 1 page sur feuillet
Lettre autographe signée de George Sand adressée à François Buloz. Une page à l'encre noire sur un feuillet. Traces de plis, feuillet renforcé par un papier au verso. Publiée dans sa correspondance (éd. Georges Lubin), t. IV, p. 331-332. Exaspérée par l'attitude de la Revue des deux mondesde son ami Buloz, George Sand décide de prendre la défense dupenseur progressiste Félicité Lammenais, visé par une critique cinglante publiée dans la revue. Elleprend ici sa plume et ordonne à Buloz de publier son article de riposte, sans en changer une ligne. Mon cher Buloz, voici la lettre à M. Lerminiern'y changez rien. Relisez-en vous même et vous seull'épreuve. Corrigez les fautes de typographie. Veuillez à la ponctuation et aux guillemets. Il va sans dire que les blancs de mon manuscrits sont le résultat de coupureset de transcriptions que j'ai faites, et ne demandent que de simples alinéas. Bonjour et amitié, George Cette lettre constitue la parfaite illustration de lacollaboration aussi houleuse que fructueuse qui unitFrançois Buloz et George Sand. Ce dernierdonnependant de nombreuses années à Sand une tribune et un moyen de vivre de sa plume. Elle publiedans la Revueun grand nombre de chefs-d'oeuvre, dont Lettres d'un voyageur (1834-1836), Mauprat (1837), Spiridion (1839), Gabriel (1839), Mademoiselle La Quintinie (1863), Césanne Dietrich (1870). Par son biais, elleparticipe aussiactivement aux débats politiques de son temps. En 1838, Buloz est le grand orchestrateur d'unduel idéologique lorsque Sand"décide de prendre à partie le critique Lerminier, qui venait de faire dans la revueune analyse très critique du Livre du peuple, Buloz par désir de publicité permet à ses deux collaborateurs d'échanger publiquement leurs coups dans la revue. Par l'intermédiaire de Lerminier et de son ton supérieur, la revue dévoile alors sa vision plutôt misogyne de la littérature et de la philosophie : « le temps est venu pour vous de donner à vos opinions philosophiques plus de consistance et d'étendue car vous entrez dans une nouvelle phase de la vie et du talent. L'inspiration et la fantaisie vous ont élevée à une hauteur où elles ne suffiraient pas à vous maintenir. Puisez maintenant, madame, de nouvelles forces dans la réflexion et la science » (Marie-Eve Thérenty, George Sand, François Buloz et la Revue des Deux Mondes). Sand réagit aussitôt et envoieson article de riposte accompagnédecette missive comminatoire, ordonnant à Buloz depublier son texte en l'état. Lamennais sera très touché de son geste :« Je compterai toujours parmi les circonstances heureuses de ma vie, où je n'en compte pas beaucoup, d'avoir été défendu par vous. En publiant mon dernier livre, je savais bien qu'il choquerait à peu près tout le monde, légitimistes, juste-milieu, catholiques, républicains même, ceux du moins qui ne veulent ni de Dieu ni de la liberté, et le nombre en est grand, et ils ont une terrible foi en eux-mêmes. Je n'ai espéré que dans le peuple qui ne fait pas de systèmes, et qui, sous l'influence des instincts humains primitifs et impérissables, juge par le coeur, et juge seul infailliblement. Sans lui je ne sais ce que deviendrait la liberté sur la terre. M. Lerminier et bien d'autres se figurent que je parle au hasard, selon que m'importe l'idée du moment. Ils se trompent » (Yves Chastagnaret, George Sand, Lerminier et le Livre du Peuple de Félicité Lamennais). Volantau secours d'un défenseur du peuple, Sand rédige cette cinglante missiveà un moment clé de sa relation tumultueuse avecBuloz. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Lettre autographe depuis Nohant Nohant 4 mars [1858]. 3 p. en 1 f. plié (210 x 135 mm) à en-tête « G.S. » (timbre à sec), rédigées à l'encre bleue, enveloppe conservée avec cachet de cire rouge à la devise « Vitam impendere vero » + cachet de la poste du « 5 mars 1858 La Châtre ». « Mon cher Faivre, votre petit mot m’a été aussi agréable qu’il vous a été ennuyeux à écrire, car Maurice nous a révélé les mystères de votre paresse à l’endroit des lettres, et les horreurs du rhume ou vous étiez plongé. J’espère que le rhume est fini ; quant à la paresse, j’avais dit à Maurice de vous dispenser de lutter contre elle. Je sais que vous ne nous oubliez pas et je compte toujours sur votre promesse de revenir pour plus longtemps, beaucoup plus longtemps [souligné], cette année. Vous savez que j’ai une commande à vous donner, outre les grands travaux dramatiques qui vous réclament. Maurice m’écrit que vous donnez de superbes représentations de marionnettes avec lui, puis que vous êtes l’orchestre à grands effets, à vous tout seul. Je regrette de n’être pas là pour partager de si puissantes émotions. […] pourtant que Maurice travaille un peu, et que la peinture trouve son heure au milieu de tous ces enivrements. Manceau vous envoie mille bonnes amitiés avec les miennes. Il a verni le portrait qui est de plus en plus charmant à regarder et dont je vous remercie en moi-même à toute heure. G. Sand. Nohant 4 mars ».
Dans Le Théâtre de marionnettes de Nohant, paru en 1876, George Sand se rappelle de l'installation du premier théâtre de marionnette dans la maison de Nohant : « C'est en 1847, que pour la première fois, avec l'aide d'Eugène Lambert, Maurice installa une baraque de marionnettes dans notre vieux salon » Et George Sand de concevoir aussitôt les costumes des marionnettes, l'occasion de se livrer à un réel travail d'imagination et de faire preuve d'un génial talent de « bricoleur ». Maurice Sand et Eugène Lambert fabriquent eux-mêmes leurs marionnettes, dites « Burattini » : des marionnettes à gaine ou à manchon en tissu, dont ils peuvent sculpter la tête. Plus d'une centaine de marionnettes sont fabriquées à Nohant en trente ans, dans du bois de tilleul, puis peintes, avec des clous pour les yeux et de vrais cheveux, récupérés chez le coiffeur de La Châtre. Excellent aquarelliste, Antoine Jean Étienne Faivre, dit Tony Faivre, est un ancien élève de l'école de dessin de Besançon. Il exécuta de jolis éventails et de charmants panneaux décoratifs et fut, avec Eugène Lambert, le fidèle compagnon de Maurice Sand à Paris comme à Nohant, où il ajoute des effets de voix et participe à la mise en scène. Il séjourna au moins quatre fois dans l'Indre, entre 1857 et 1859, participant activement aux représentations théâtrales : « Faivre est dans le fond qui nous passe les sujets. Je dirige le tout et cela fait un spectacle assez complet », en attestera Maurice Sand à sa mère dans plusieurs lettres enthousiastes. Correspondance, t. XIV, n° 7758. Deux lettres de Maurice Sand à George Sand font état de leur amitié avec Tony Faivre, conservées au Fonds patrimonial de la Bibliothèque de La Châtre (lettres du 8 février 1858 et du 5 mars 1858).
Nohant 16 août [18]59 | 13.50 x 20.90 cm | 4 pages sur un double feuillet
Lettre autographe signée de George Sand adressée à Ernest Feydeau. Quatre pages rédigées à l'encre bleue sur un double feuillet présentant, en tête de la première page, le timbre à sec de l'expéditrice. Cette lettre a été publiée dans la correspondance complète de George Sand établie par Georges Lubin. Belle et longue lettre évoquant la littérature et l'amitié entre écrivains. D'abord courtier en bourse et spécialiste de l'Antiquité, Ernest Feydeau se lança sur le tard dans la fiction. Soucieux d'occuper un espace littéraire dans lequel il ne s'estimait pas justement apprécié, il fit jouer ses relations et entretint une relation épistolaire suivie avec d'illustres correspondants tels que Gustave Flaubert, Sainte-Beuve ou encore George Sand auxquels il adressa les ébauches de ses romans et dont il sollicita les avis. La présente lettre constitue une réponse de Sand qui vient d'achever la lecture de Daniel, deuxième roman de Feydeau. George Sand, alors à l'apogée de sa carrière littéraire, se décrit ainsi: «Je suis bien d'âge à être votre mère, car j'ai 55 ans, et j'ai de bonnes mains bien adroites, mais pas belles du tout. J'ai acquis le droit de n'être plus coquette, on m'a fait un assez grand reproche de ne l'avoir jamais été. Je vous dirai de moi tout ce que vous voudrez.» Comme à son habitude, très sollicitée par ses pairs, elle livre une critique très détaillée du texte que lui soumet son confrère: «Je ne suis pas contre les phrases qui détonnent, là où il faut qu'elles détonnent, mais je ne suis pas pour que l'harmonie soit sacrifiée au rythme. Je ne suis pas non plus pour le contraire. Comprenez-moi bien, je ne blâme que ce qui s'aperçoit trop, que ce qui révèle le procédé. Ne touchez pas aux passages dont vous me parlez, ils sont excellents. Et, en somme, je n'insisterai pas furieusement sur la question de forme dans le style, vu que si les qualités du vôtre devraient s'en aller avec ce qui me semble parfois un défaut, je serais au désespoir d'avoir signalé le défaut.» Elle-même très proche de Flaubert qu'elle surnommait son «cul de plomb», Sand semble ravie que les deux hommes se connaissent: «Je n'ai pas le temps. Mais j'aurai celui de vous recevoir quand vous serez libre, il faudra venir avec Flaubert qui a aussi en moi un lecteur enchanté et un ami littéraire de tout cur. Je ne le savais pas votre ami, et je suis contente qu'il le soit.» L'amitié va si loin que Sand bientôt réunit les deux écrivains, les mettant sur un total pied d'égalité: «Ce n'est pas un malheur pour vous, pas plus que pour Flaubert, d'appartenir à la race des voyants.» S'installe alors une forme de solidarité face à l'adversité de la critique: «Tout cela se sent mieux qu'on ne peut le dire, et c'est pour cela que la critique déraisonne les trois quarts du temps.» Car la critique a eu le malheur de taxer Feydeau, comme elle l'a fait avec Flaubert, de réaliste: «On s'est mêlé de baptiser votre manière et la sienne de réalisme. Je ne sais pas pourquoi ; à moins que le réalisme ne soit tout autre chose que ce que les premiers adeptes ont tenté de nous expliquer. Je soupçonne, en effet, qu'il y a une manière d'envisager la réalité des choses et des êtres, qui est un grand progrès, et vous en apportez la preuve triomphante. Mais le nom de réalisme ne convient pas, parce que l'art est une interprétation multiple, infinie. C'est l'artiste qui crée le réel en lui-même, son réel à lui, et pas celui d'un autre. Deux peintres font le portrait de la même personne. Tous deux font une uvre qui représente la personne, si ce sont deux maîtres. Et pourtant les deux peintures ne se ressemblent pas. Qu'est devenue la réalité ?» Cette longue diatribe - véritable manifeste - constitue un puissant témoignage de la répulsion de George Sand et Flaubert pour les théoriciens, obsédés par l'idée de classer la littérature selon un «système qui [...] aveugle». - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Album composé de 50 gravures rehaussées en couleurs (gouache) representant les costumes du theatre italien , dessiné par Maurice SAND et graves par Alex. Manceau ( 1858 pour les dessins 1859 pour les gravures )tres bel album relié demi-veau , parfait etat , photos sur demande
Maurice SAND : Jean-François-Maurice-Arnauld, baron Dudevant, dit Maurice Sand, né le 30 juin 1823 à Paris et mort le 4 septembre 1889 à Nohant-Vic, est un dessinateur et auteur français.Maurice Dudevant est le fils de la romancière et écrivaine George Sand, dont il a adopté le pseudonyme. Très attaché à sa mère, il vivra toujours auprès d'elle. Maurice Sand a touché à plusieurs domaines : le dessin, la peinture (il a été l’élève de Delacroix), la littérature, la géologie et les sciences. Auteur de romans, il est surtout connu pour l’étude monumentale qu’il a rédigée sur la commedia dell'arte : Masques et bouffons (comédie italienne) (1860).ALEX MANCEAU: Élève de Sixdeniers, graveur sur cuivre, artiste au talent reconnu, il exposa régulièrement au Salon à partir de 1842. Convié par Maurice, le fils de George Sand, pour fêter Noël 1849 à Nohant, il y resta quinze ans. Il devint le secrétaire, l’amant, le compagnon, l’homme lige de George Sand. Il aimait le théâtre et avait sans doute acquis à Paris une expérience de comédien amateur. Il prit rapidement une place prépondérante dans les activités du grand théâtre de Nohant qui se développa considérablement à partir de cette époque. Il continua dans le même temps son travail de graveur.Ray bibli cord A2*
Seul portrait dédicacé connu S.l.n.d. [« Galerie contemporaine, 126 boulevard de Magenta » et « Cliché Nadar, rue d'Anjou-Saint-Honoré, 51 »]. 1 tirage sur papier albuminé (250 x 340 mm), encadré. Célèbre portrait sur papier fin, contrecollé sur carton de la Galerie Contemporaine littéraire (2e série, n°37). Rarissime épreuve dédicacée : «à mon cher Villegeorges, souvenir d'amitié, George Sand»
Ce portrait fait partie de l'une des entreprises éditoriales les plus caractéristiques de la fin du XIXe siècle : La Galerie contemporaine, publiée de 1876 à 1884, réunit 242 biographies illustrées de 410 photographies, dont 241 reproduits en photoglyptie par la maison Goupil & Cie Ce procédé photomécanique nouveau connut pendant trente ans un énorme succès dans la presse et l'édition, grâce à une impression stable, diffusable en grand nombre et bien moins coûteux que les tirages argentiques. George Sand est la première figure féminine à être publiée dans la Galerie Contemporaine. Le portrait reprend l'un des fameux clichés exécutés par Nadar en mars 1864 : une série de huit clichés de la romancière au mois de mars 1864. La bonne dame de Nohant ne s'appréciait pas physiquement, et ne fit confiance qu'à Nadar pour poser, lequel consacra de longues heures à la photographier jusqu'à ce que l'image lui convienne : « Les épreuves de ma photographie n'ont pas encore très bien réussi chez Nadar j'y retourne demain...", écrit-elle à Maurice son fils le 8 mars 1864 à Paris. Ces photographies, restées célèbres, inaugurèrent le début d'une longue série. Nadar qui avait toujours admiré la romancière, l'avait placée en tête de son Panthéon Nadar (1854) et lui avait dédicacé un livre, Quand j'étais étudiant (1856) : « À madame George Sand, enthousiasme fervent et profond respect » ; la romancière deviendra par ailleurs la marraine de son fils Paul. Précieuse épreuve dédicacé par Georges Sand, qui devait décéder l'année même de cette parution, le 8 juin 1876, si bien que les portraits signés sont absolument rarissimes, George Sand n'ayant que peu d'occasions de les avoir en mains. On ne connaît qu'un autre portrait dédicacé de la série Nadar, au petit format carte de cabinet (à Charles-Edouard de Vasson) et quelques autres tirages dans ce même format carte, simplement signés.
[A. Lévy Fils] - SAND, Maurice ; (MANCEAU, A. ; SAND, George)
Reference : 71056
(1862)
Texte et dessins par Maurice Sand, Gravures par A. Manceau, Préface par George Sand, 2 vol. grand in-8 reliure postérieure plein chagrin bordeaux, dos à 5 nerfs orné, tête dorée, filetd dorés d'encadrement en plats et fers dorés en écoinçons, couvertures conservées, A. Lévy Fils, Libraire-Éditeur, Paris, 1862, VIII-356 pp. ; 2 ff., 384 pp. avec 50 planches en couleurs hors texte
Bon exemplaire avec les gravures coloriées de ce bel ouvrage consacré à la comédie italienne par le fils de George Sand, Maurice Sand. L'ouvrage est illustré, par l'auteur lui-même, de 50 superbes planches en couleurs détaillant les différents costumes des personnages de la "Comedia dell'arte" (Arlequin, Polichinelle, Colombine, Pierrot, etc...) à travers les siècles, par exemple Harlequino (1570), Arlechino (1671), Arlequin (1858). Une table en fin d'ouvrage détaille les couleurs de chaque costume. Bon exemplaire de cet ouvrage de référence, justement fameux pour ses belles gravures en couleurs (qq. rares frott. ou rouss. sur certaines planches, bel état par ailleurs). Vicaire, VII, 330
s. d. [mai 1868] | 13.50 x 20.70 cm | 2 pages sur un double feuillet
Lettre autographe signée de George Sand adressée à Alphonse Peyrat, deux pages rédigées à l'encre noire sur un double feuillet.Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Intéressante lettre évoquant l'un de ses fidèles ami : Jean Patureau-Francoeur. George Sand avait fait publier un long article nécrologique en hommage à ce proche dansL'Avenir nationaldu 2 mai 1868. Elle y décrivait son défunt ami avec beaucoup de tendresse: «C'était un simple paysan, un vigneron des faubourgs de Châteauroux. Il avait appris tout seul à écrire, et il écrivait très remarquablement, avec ces naïves incorrections qui sont presque des grâces, dans un style rustique et spontané. [...] Ce petit homme robuste, à grosse tête ronde, au teint coloré, à l'il bleu étincelant et doux, était doué d'une façon supérieure. Il voyait la nature, il l'observait, il l'aimait et il la savait. [...] Son existence parmi nous fut pénible, agitée, méritante. Naturellement un esprit aussi complet que le sien devait se passionner pour les idées de progrès et de civilisation. Il fut, avant la Révolution, le représentant populaire des aspirations de son milieu, et il travailla à les diriger vers un idéal de justice et d'humanité. [...]» En 1848, Patureau fut élu maire de Châteauroux et devint le porte-parole des ouvriers de sa commune. «Au moment du coup d'État, il fut poursuivi, mais il se cacha dans des familles amies et échappa à la police. George Sand obtint, difficilement, sa grâce, ce qui lui permit de regagner Châteauroux. Il fut arrêté en janvier 1858, à la suite de la loi de sûreté générale. « Il resta un mois au cachot sur la paille en plein hiver. Quand on le mit dans la voiture cellulaire qui le dirigeait vers l'Afrique, il était presque aveugle, et, depuis, il a toujours souffert cruellement des yeux » (George Sand). En septembre 1858, à la suite d'une démarche de George Sand auprès de son ami Jérôme-Napoléon, le cousin de Napoléon III, il fut libéré mais resta soumis à surveillance. Il se fixa en Algérie, après avoir obtenu la permission de venir à Châteauroux pour vendre sa maison et sa vigne et pour y chercher sa famille. En Algérie, il vécut de son métier de vigneron, fit partie de la Société d'agriculture de Philippeville et écrivit un traité de viticulture.» (Maintron) «A présent, je viens vous demander de me payer ce petit article le plus cher que vous pouvez et d'envoyer le prix directement à Joseph Patureau, rue de cluis n°7 à Châteauroux. Indre. Et cela, le plus tôt possible.» Joseph, fils de Jean Patureau «est un vigneron très pauvre, très honnête et très digne, qui n'a pas de quoi faire le voyage.» «Il faut que le fils aîné de Patureau [...] aille bien vite à Gastonville pour aider ses frères mineurs à régler leurs affaires de famille. Je lui ai fait accepter le prix de l'article sur son père, ce qui joint à quelques économies, lui permettra d'aller remplir son devoir et surveiller ses intérêts.» Intéressant témoignage de la générosité et de l'indéfectible engagement de George Sand en faveur de la justice sociale. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -