Seghers Paris, Pierre Seghers, 1961. In-8 carré relié toile grège éditeur. Contenant 1 disque : Gérard Philippe dit Paul Eluard et le livre in-12 carré broché collection Poèters d'aujourd'hui de 262 pages illustrées. Bon état, peu courant complet.
Toutes les expéditions sont faites en suivi au-dessus de 25 euros. Expédition quotidienne pour les envois simples, suivis, recommandés ou Colissimo.
Édition originale de Voir de Paul Eluard, l’un des 44 premiers exemplaires sur vélin pur chiffon. Paris, 1948. Paris, Genève, Éditions des Trois collines, 1948.In-folio de (2) ff.bl., 147 pp., (1) f., (3) ff.bl., avec 32 planches en couleurs comprises dans la pagination, reproduisant un tableau de chaque artiste. Relié en box noir orné sur le dos des prénom et nom de l’auteur ainsi que du titre de l’ouvrage répété neuf fois en petites capitales poussées à l’oeser alternativement vert métallisé et bleu métallisé, séparés par un point à l’oeser rouge ; doublures et gardes de papier gris, tête dorée, tranches lisses, couverture illustrée. Etui. Reliure de Pierre-Lucien Martin, 1965. 342 x 242 mm.
Édition originale des 44 poèmes de Paul Eluard consacrés à Picasso, Marc Chagall, Juan Gris, Jacques Villon, Fernand Léger, Georges Braque, Giorgio de Chirico, Paul Klee, Max Ernst, Joan Miro, Yves Tanguy, André Masson, André Beaudin, Man Ray, René Magritte, Salvador Dali, Balthus, Léonor Fini, Oscar Dominguez, Félix Labisse, Fautrier, Dubuffet, Chastel, etc., illustrée de 64 reproductions dont 32 en couleurs, d’œuvres de 32 peintres. A l’occasion de la sortie de ce livre, une exposition des œuvres qui y sont reproduites fut organisée à la Galerie du Pont Royal.Un des 44 exemplaires numérotés (n°XX) sur vélin pur chiffon, seul tirage sur grand papier, comportant chacun un manuscrit autographe signé d’un des poèmes et une épreuve de la gravure originale sur cuivre de Raoul Ubac qui a été reproduite en couverture. Le poème autographe du présent exemplaire est consacré à Juan Gris (1 page et demie in-folio), poème qui figure page 24 du livre.
Paris, Librairie Six, 1922. In-8 broché de 43-[1] pages.
Édition originale imprimée sur simili-Japon à petit nombre. Elle est illustrée de 21 collages par Max Ernst. Envoi autographe de Paul Éluard signé par Ernst «A Max Morize très sympathiquement Paul Éluard Max Ersnt» C’est très certainement Max Morise, artiste, écrivain surréaliste. De la bibliothèque de Fred Feinsilber, avec son ex-libris.
Exemplaire René Char avec envoi Paris, Gallimard, (3 juin) 1939. 1 vol. (120 x 190 mm) de 213 p. et [4] f. Broché. Édition originale. Envoi signé : «à René Char, ce livre dont je voudrais par dessus tout qu'on dise qu'il est à son éloge, Paul Éluard».
Dernier recueil paru avant l'entrée en guerre, Donner à voir - encore un titre magnétique - livre ici un exemplaire profondément chargé de sens et d'histoire littéraire : il est adressé par Paul Éluard à son ami René Char. C'est le dernier recueil qu'Éluard offrira avant cinq années sans contact direct entre les deux hommes, lesquels ne savent pas encore qu'ils seront, à l'issue du conflit, les deux grands poètes survivants et résistants. L'un par les armes, l'autre par les mots. Publié au printemps 1939 chez Gallimard, Donner à voir est bien plus qu'un recueil de poèmes. C'est, selon Lucien Scheler, «plus qu'un art poétique, un traité d'esthétique véritablement révolutionnaire» (Pléiade, p. XLIII). Il rassemble des textes essentiels, dont certains inédits, d'autres déjà parus - mais réorganisés ici selon une logique intérieure nouvelle. Y est notamment publié pour la première fois le poème «À Pablo Picasso», dans lequel figure pour la première fois : «Tu as remis la tête sur le corps». Un hommage direct à l'ami et au peintre, dans l'ombre de Guernica, et à une période particulière pour Éluard : celle des tensions avec André Breton, avec lequel il vient de terminer le Dictionnaire abrégé du surréalisme. Il s'en détache peu à peu, approfondissant sa relation avec Picasso. L'été précédent, à Mougins, les deux hommes partagent avec Roland Penrose, Man Ray et leurs compagnes une parenthèse solaire. À l'automne, les liens avec Breton se délitent davantage : au retour de Mexico, où il a rencontré Trotski, Breton exige une rupture idéologique totale. Il somme les surréalistes de «saboter la poésie d'Éluard». Certains s'exécutent. D'autres - Picasso, Ernst, Penrose - se retirent, refusant de suivre cette ligne autoritaire. Le recueil Donner à voir paraît au coeur de cette tourmente. Deux mois plus tard, en septembre 1939, Éluard est mobilisé. Le lien entre Paul Éluard et René Char, quant à lui, est ancien, profond et ne sera jamais altéré. Leur rencontre remonte à la fin des années 1920, au moment où Char rejoint le mouvement surréaliste. Elle se concrétise dès 1930 par leur collaboration à Ralentir travaux, co-écrit avec Breton : «un assez long livre de trente très beaux poèmes que l'imprimeur de Char nous fait pour rien à 200 exemplaires», confie Éluard à Gala en avril 1930. Malgré les lignes de fracture idéologiques - entre surréalisme, communisme et engagement esthétique - leur amitié et leur admiration mutuelle traverseront les années sombres. Pendant la guerre, les deux poètes poursuivent un dialogue silencieux, portés par «l'idéal d'une Résistance unie». René Char, volontairement muet pendant le conflit, choisira L'Éternelle revue, fondée par Éluard en 1944, pour livrer ses premiers poèmes nouveaux. C'est à la Libération que les deux hommes se retrouvent enfin. Ils échangent leurs derniers recueils, à nouveau. Éluard offrira à Char Poésie intentionnelle ; Char lui répondra avec un exemplaire de Seuls demeurent, dédicacé ainsi : «à Paul Éluard, obstiné, exemplaire et pur, comme l'homme que tout menace, comme l'homme que rien n'atteint.» Cinq ans plus tôt, cet exemplaire de Donner à voir venait conforter René Char le lien de l'amitié des deux frères d'armes et de plume. Bon exemplaire. Mention fictive de deuxième édition, mais bon achevé d'imprimer de l'édition originale.
Paul Éluard à Man Ray : rapplique ! [Été 1949]. 1 page en 1 f. (135 x 210 mm) à en-tête de la Nrf, 43 rue de Beaune - 2 rue Sébastien-Bottin (VIIe). Encre noire. Man Ray, et sa compagne Adrienne Fidelin, dite Ady, sont vivement attendus par le poète.
«TON ARRIVÉE. Ce sera un grand bonheur pour nous deux, mon Man, mon ami. Je travaille beaucoup ces temps-ci, à 4 conférences pour Septembre, à la Radio. On rêve de plus en plus d'habiter la Province. À Tours, peut-être, mais c'est un secret. Je crois que je n'ai pas dit que Zwemmer [Anton Zwemmer, libraire et éditeur néerlandais] est preneur de 100 de tes albums à 1$. Viens vite maintenant. Apporte au moins quelques uns de tes travaux. On vous embrasse, Ady et toi. Paul Eluard». Outre sa participation à quelques émissions radiophoniques après la guerre, Paul Éluard n'écrivit qu'une fois pour la radio, en 1947, pour la série Carte blanche à..., Le dit de la force de l'amour, une émission unique, avant d'accepter, en 1949, une série de cinq émissions, Les chemins et les routes de la poésie, dont seules les quatre premières peuvent encore être consultées à l'Institut national de l'audiovisuel (INA). C'est à ces émissions, réalisées par Alain Trutat et diffusées en octobre et novembre 1949, qu'Éluard semble faire référence. Le poète y travaillera tout l'été 1949 et la série constituera « un document on ne peut plus précieux pour saisir le type de relation que le poète entendait nouer avec ses contemporains. La poésie est un "bien commun" qu'il importe à l'écrivain de partager aussi largement que possible, tant par sa diffusion que par l'écoute et la compréhension de la parole de l'autre (...), une communauté qu'Éluard dessine et à laquelle il invite les auditeurs à s'identifier et tout simplement celle des survivants, appelée à se perpétuer dans l'engagement communiste, comme le suggère par la reprise d'un vers de «L'Internationale» qui terminera la première émission » (Céline Pardo, Le poète au micro et l'utopie poétique : Paul Éluard, Les chemins et les routes de la poésie, 1949, in Études littéraires, n° 41). Une émouvante lettre par ailleurs : le drame de la disparition de Nush, en novembre 1946 a laissé Paul Eluard longtemps désemparé, et sa seule consolation est la compagnie régulière de sa fille, Cécile. Si cette dernière est maintenant une femme - elle est âgée de 31 ans en 1949 - père et fille se voient fréquemment et envisagent de quitter Paris, ainsi qu'il est question ici. Trois mois plus tard, Paul Eluard rencontrera Dominique, à Mexico. Début d'une autre histoire.
Paris, Réclame, 1949. In-8, non paginé, broché (couverture manquante, premier f. détaché, petits manques et déchirures dans les marges).
Édition originale des poèmes d'Éluard et de la traduction en français par Melpo Axioti et Paul Éluard pour ceux de Yannopoulos et Asteris, deux résistants grecs assassinés par les nazis. Cet exemplaire est enrichi d'un envoi autographe signé d'Éluard à Irène et Marcel Roques, un homme politique français. On joint une carte postale autographe signée par Éluard, félicitant son destinataire pour son "beau bébé", datée du 1er octobre 1952. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Paris, sans nom; La Jeune Parque, 1944; 1945. 2 plaquettes in-18 en feuilles et 5 volumes in-12 brochés, couvertures illustrées d'une composition de Pablo Picasso, imprimée d'une couleur différente sur chaque numéro. Présenté dans une boîte en plexiglass.2 small volumes in-18 in sheets and 5 volumes in-12, covers illustrated with a composition by Pablo Picasso, printed in a different color on each number. Presented in a plexiglass box.
Rare collection complète des 2 numéros publiés dans la clandestinité par Éluard en juin et juillet 1944. La deuxième série à six n° en 5 volumes, de décembre 1944 à avril 1945. A propos de la première série, on peut lire dans L'Intelligence en guerre, sous le n° 180, qu'elle est "d'une rencontre fortement aléatoire". Fonds Paul Destribats, 446.Rare complete collection of the 2 issues published clandestinely by Éluard in June and July 1944. The second serie with six issues in 5 volumes, from December 1944 to April 1945. About the first serie, we can read in L'Intelligence en guerre, under n°180, that it is "d'une rencontre fortement aléatoire".
Seul exemplaire sur Chine et papiers de couleurs connu : celui d'Yves Tanguy Paris, Éditions surréalistes, (15 octobre) 1930. 7 plaquettes de [16 p.] et 15 p. réunies en 1 vol. (65 x 105 mm). Veau naturel teinté et estampé d'une eau-forte originale dans les tons rose, jaune et bleu pastel inspirée des caractères typographiques de la page de titre, contreplats bord-à-bord du même décor, titre au palladium sur le premier plat, gardes de chèvre velours vert d'eau, tranches dorées à l'or blanc par Jean-Luc Bongrain, chemise et étui bordés (reliure signée de Louise Bescond - titr. Claude Ribal, 2025). Édition originale. Un des 30 exemplaires sur chine (n° 27). Envoi signé : « Exemplaire d'Yves Tanguy, son vieil ami fidèle, Paul Éluard ». À la suite, sont reliés un exemplaire sur papier d'édition et un jeu d'exemplaire sur papiers de couleurs (saumon, vert, jaune, rose), puis un exemplaire de la plaquette qui servit de modèle à Paul Éluard pour composer la maquette : Victor Hugo, Lettre à Lord Palmerston, publiée à Jersey en 1854]. Soit un ensemble de sept plaquettes.
Précieux exemplaire d'Yves Tanguy, celui qu'Éluard qualifiait de « druide : le guide du temps des druides du gui ». Les vers d'À toute épreuve seront à nouveaux éparpillés dans La Vie immédiate - recueil dans lequel Éluard lui écrira un fameux poème, « Un soir tous les soirs et ce soir comme les autres » : le peintre lui donnera en retour une fantastique eau-forte qui accompagnera les dix premiers exemplaires de tête. Certains poèmes avaient été publiés en 1929, dans le n°12 de La Révolution surréaliste, tandis que d'autres paraissaient dans le hors-série de la revue Variétés, sous-titré « Le surréalisme en 1929 ». Ils sont assemblés ici pour la première fois dans cette plaquette-manifeste dont la présentation emprunte sciemment aux tracts hugoliens de l'exil : les exemplaire d'A toute épreuve sont suivi de la Lettre à Lord Palmerston (Jersey, 1854), modèle avéré de la maquette d'À toute épreuve. Ce rapprochement est documenté par une note autographe de Valentine Hugo rappelant qu'en 1930, elle remit à Éluard un exemplaire de la plaquette de Victor Hugo : le format et la couleur (un papier bleu) lui « donna l'idée d'éditer ainsi À toute épreuve » (vente Geneviève et Jean-Paul Kahn, Mille nuit de rêves, IV, n° 164) La plaquette d'Hugo, à l'allure de tract, ressemblait aux extraits des Châtiments (L'Expiation, Joyeuse Vie, À l'obéissance passive et Nox) que Victor Hugo fit imprimer entre 1852 et 1853 à Jersey, dans lesquels il fustigeait Napoléon III. Leur petit format, destiné à être introduits clandestinement en France par courrier, permis à ces brûlots de se diffuser efficacement. Parmi elles, la fameuse Lettre à Lord Palmerston : cette plaquette imprimée en 1854 sur les presses de l'Imprimerie universelle à Jersey est une protestation contre l'exécution de John Charles Tapner par pendaison le 10 février 1854 à Guernesey. Cette exécution eut lieu en dépit des protestations des habitants, mais la diatribe du poète en exil, qui s'inscrivait dans son combat contre la peine capitale, connut un tel retentissement que Tapner fut le dernier condamné à mort sur l'île. La conjonction d'un grand papier sur Chine avec l'inscription à Tanguy, la suite des tirages sur papiers de couleurs, l'adjonction de la plaquette de Victor Hugo et la délicate reliure de Louise Bescond placent cet exemplaire parmi les tous premiers au rang des exemplaires de référence de À toute épreuve. Si ce n'est au premier rang. Celui de la collection Trutat qui se trouve à la Bibliothèque nationale de France, également relié, comprend les tirages de la plaquette sur les différents papiers - sauf le Chine - et il est également suivi de la Lettre à Lord Palmerston ; cette plaquette est également jointe à l'ensemble cité de la la collection Geneviève et Jean-Paul Kahn, lequel ne contenait que les version sur papier blanc, rose et jaune -, également sans le tirage de tête sur Chine. Concernant les exemplaires sur Chine, seuls deux autres sont connus avec envoi : celui de Nusch, qui vient seul, sans autre version, avec cet envoi : « à la belle petite Nusch son amant Paul E. » (BnF, RES 8-Z Trutat-13) et celui pour Paul Bonet (exemplaire n° 5, Carnets, 694), avec cet envoi : « Exemplaire Paul Bonet et le plus beau des exemplaires, Paul Éluard ». Il vient seul également, sans les autres versions sur papiers de couleurs. Paul Bonet a relié, dans des décors approchants, deux autres exemplaires sur Chine, sans envoi : un en maroquin (exemplaire n° 19, Carnets, 811), un autre en box (exemplaire n° 4, absent des Carnets). Il semble n'exister, relié par van de Walle, qu'un seul autre exemplaire sur Chine avec les papiers de couleurs : le n° 7 (Christie's, Destribats V, n° 71). Lequel vient sans envoi. Une version recopiée du manuscrit, reliée par Paul Bonet (Carnets, 204A), a été donnée à René Char, mais sans aucune version imprimée du texte jointe. Magnifique exemplaire.
Paris, Éditions de la Galerie Charpentier, avril 1945 in-4, [10] ff. n. ch., avec 7 illustrations en couleurs dans le texte, en feuilles sous chemise rempliée. Couvertures un peu salies.
Tirage limité à 998 exemplaires. Un des exemplaires sur vélin (409/991).Unique édition séparée de ce centon de courts poèmes qui s'inscrit bien dans la veine de l'auteur résistant que fut Éluard pendant la Seconde guerre mondiale, mais qui demeure bien moins connu que ses autres productions de guerre, sans doute parce que la brutalité de l'époque en est absente. L'occasion en fut en effet fournie par Jean Hugo (1894-1984), qui relate : "Au mois d'avril 1944, je fus ébloui par la beauté des rue de Paris. Je fis une série de gouaches qu'on montra à Éluard après la Libération. Il écrivit d'après elles un poème". - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Paris,, Editions de la Galerie Charpentier, avril 1945 in-4,, [10] ff. n. ch., avec 7 illustrations en couleurs dans le texte, en feuilles sous chemise rempliée.
Tirage limité à 998 exemplaires. Un des 43 exemplaires sur vélin (25/43), présentant une suite des 7 gouaches, avant la lettre, dans un encart volant.Unique édition séparée de ce centon de courts poèmes qui s'inscrit bien dans la veine de l'auteur résistant que fut Eluard pendant la Seconde guerre mondiale, mais qui demeure bien moins connu que ses autres productions de guerre, sans doute parce que la brutalité de l'époque en est absente. L'occasion en fut en effet fournie par Jean Hugo (1894-1984), qui relate : "Au mois d'avril 1944, je fus ébloui par la beauté des rue de Paris. Je fis une série de gouaches qu'on montra à Eluard après la Libération. Il écrivit d'après elles un poème". - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Tirage de tête sur vergé Villeneuve-lès-Avignon, Poésie 42, (24 juin) 1942. 1 vol. (145 x 210 mm) de 67 p. et [2] f. Broché. Édition originale. Un des 75 premiers exemplaires sur vergé (n° 58).
Cela, à notre connaissance, n'a jamais été signalé, mais ce texte est celui d'une conférence d'avant-guerre que reprend ici Paul Éluard en vue de les faire publier par Pierre Seghers, comme il s'en ouvre à son ami Louis Parrot dans une carte interzones du 14 avril 1942. Le 21 février 1939 à l'initiative de la compagnie du Diable écarlate dirigée par Sylvain Itkine dont la troupe avait joué dans les usines occupées lors des grandes grèves de juin 1936, Éluard était en effet intervenu au Proscenium d'Europe du Théâtre Pigalle, et de nombreux encarts l'avaient annoncé dans la presse. Dans son édition du 25 mai 1939, Excelsior revenait sur l'événement et parlait expressément d'une «séance de poésie involontaire et de poésie intentionnelle» présentée par une conférence de Paul Éluard, où, à côté des poèmes de Rimbaud, d'Apollinaire, de Laforgue et de Raymond Roussel, on entendait le «Vieux Paralytique», de Jules Jouy, les «Admirables Secrets du Grand Albert», un rêve d'un enfant de onze ans, une lettre de la religieuse portugaise et les «Impudiques», de Victor Litschfousse. «J'ai lu votre texte et les citations avec une belle joie, s'enthousiasme Seghers auprès d'Éluard dès le 22 mai 1942, je suis ravi, et je vais m'employer au succès absolument certain. [...] Je pars pour Lyon mardi apporter le texte à l'imprimeur. Je veux une typo simple, mais heureuse. Je prends pour vous mes dernières rames de papier ». Deux jours plus tard, dans une lettre à Parrot du 24 mai, Éluard souhaitant son livre « utile, fécond », précise son « intention profonde » : « amener l'esprit poétique en France dans des contrées mal appréciées jusqu'ici, à une plus vaste objectivité, à sa mère, "la vie de tous les hommes"». Tandis que des fragments de citations sont confiés au groupe la Main à plume de Noël Arnaud qui les publie avec d'autres textes dans La Conquête du monde par l'image, le projet s'enrichit encore de quelques citations nouvelles qu'Éluard communique à Parrot dans deux lettres des 30 et 31 mai 1942 (Éluard livre d'identité, p. 186), puis des tracasseries de la censure retardent un peu le projet, de sorte que le livre est sous presse le 8 juillet 1942 seulement, en retard sur l'achevé d'imprimer. «Si profond que soit l'engagement de Paul Éluard dans la vie politique et nationale, fera remarquer Decaunes dans sa biographie (p. 202-203), il n'en renonce pas pour autant à ce qui demeure, à ses yeux, la plus haute fonction de la poésie : la découverte, la conquête, par le moyen du langage à travers le langage, de tous les trésors de l'homme [...]. C'est pourquoi la publication, en pleine occupation, de Poésie involontaire, poésie intentionnelle, est, d'un certain point de vue, un acte au moins aussi significatif que celle des poèmes de résistance. » C'était d'ailleurs en ce sens qu'il s'était rapproché de Noël Arnaud. Bande à parution conservée.
Paris, 23 mars 1932. Un feuillet 27 x 21,5 cm, impression en noir, recto seul.
Édition originale imprimée sur vélin fin de couleur verte. "Tract rédigé et signé par le seul Paul Éluard, dans le cadre de l’Affaire Aragon, élaboré à la suite de Paillasse ! dont il jugeait le contenu faible et confus. Paul Éluard s’attaque avec une rare violence à son ancien compagnon de route, reprenant notamment à son compte les accusations de légèreté et d’arrivisme dont Aragon faisait régulièrement l’objet : « Troublé, démoralisé, sceptique à voir chaque jour un peu plus apparaître sa mauvaise foi sous un chantage sentimental croissant, j’ai attendu le saut qu’il ne pouvait manquer de faire dans la nuit définitive. »"i n First papers of surrealism, n°297. Tracts surréalistes et Déclarations collectives (1922-1969) I, pp. 229-230. Papier bruni sur les bord et au pli central.
Paris, Editions surréalistes, 1930. Petit in-4, reliure bradel papier rouge orangé moderne. / Small 4to, modern orange-red paper Bradel binding.
Edition originale, un des 2000 exemplaires numérotés sur papier impondérable Sorel-Moussel. ENVOI autographe signé de Paul Eluard à André Adda-Géraud, "Observe la lumière dans le miroir des aveugles". / First edition, one of the 2,000 numbered copies on papier impondérable Sorel-Moussel. INSCRIBED and SIGNED by Paul Eluard to André Adda-Géraud, «Observe the light in the mirror of the blind». * Voir photographie(s) / See picture(s). * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
<p>À travers une sélection d’une trentaine de poèmes de Paul Eluard, illustrés de dessins de Picasso, ce coffret rend hommage à ces deux immenses artistes du xxe siècle, à leur engagement pour la paix, universelle et plus que jamais nécessaire. « Lorsque se déroule dans ma mémoire le long film de l’œuvre de Picasso, je suis toujours frappé d’admiration par l’enthousiasme, le travail, l’incessant mouvement d’un homme dont le message restera, j’en suis persuadé, “le meilleur témoignage que nous puissions donner de notre dignité”. L’enthousiasme de Picasso ne se ralentit jamais. C’est sa force et son secret. Chaque pas en avant lui découvre un nouvel horizon. Le passé ne le retient pas ; le monde s’ouvre à lui, un monde où tout est encore à faire et non à refaire… « C’est ainsi que Picasso est lié à l’histoire éternelle des hommes. Tels sont les mots magnifiques et poignants de Paul Eluard pour dire son amitié à Pablo Picasso. Une amitié qui débute en 1935, lors de leur première rencontre et qui va durer seize ans, jusqu’à la mort d’Éluard, en 1952. Une amitié de toute une vie, créatrice, qui va engendrer une véritable émulation, une fraternité, un engagement. Entre ces deux hommes, tout converge : un même goût pour la poésie, l’art, une même vision de la création artistique, un même style de vie. Dès les années 1920, Paul Eluard collectionnait déjà des œuvres de Picasso, mais c’est au milieu des années 1930 que leur amitié s’affirme. Ils se retrouvent dans les actions collectives du mouvement surréaliste, partagent une même passion pour l’art moderne et la poésie, s’engagent contre le fascisme et pour la liberté des peuples, pour la paix. Cet engagement va nourrir la poésie d’Eluard et l’art de Picasso, dans un dialogue riche et ininterrompu : l’un écrit les plus beaux poèmes pour la paix, indissociables de ses poèmes d’amour, l’autre dessine des colombes dans de multiples variations. Car dans la Bible, cet oiseau annonce à Noé la fin du Déluge en lui apportant un rameau d’olivier. Sublime emblème de la paix, la colombe représente la fin du chaos. Cet engagement pour la paix et la liberté trouvera son ultime expression en 1951, lors de la publication du recueil Le Visage de la paix. À travers une sélection d’une trentaine de poèmes de Paul Eluard, illustrés de dessins de Picasso, ce coffret, rend hommage à ces deux immenses artistes du xxe siècle, à leur engagement pour la paix, universelle et plus que jamais nécessaire. « Je connais tous les lieux où la colombe loge Et le plus naturel est la tête de l’homme. « L’homme en proie à la paix se couronne d’espoir. « L’architecture de la paix Repose sur le monde entier. </p> Paris, 2018 Hazan 224 p., 2 volumes sous emboîtage. 19 x 24
Neuf
Paris Gallimard nrf 1946 In-12° (182 x 123 mm), 344 pp. - [1] f., cartonnage éditeur à décor réalisé d'après la maquette de Paul Bonet
BELLE PROVENANCE ET CURIEUX DESSIN. Seconde édition, augmentée par rapport à l'originale d'une vingtaine de poèmes, dont des poèmes de guerre. Un des 1000 exemplaires reliés d'après la maquette de Paul Bonet (celui-ci le n°20, corrigé 10 à l'encre) après 105 exemplaires sur vélin pur fil et 8 exemplaires sur papiers de couleurs. Envoi autographe signé à Louis et Denyse Parrot : « à Denyse et / Louis Parrot / à mes amis nécessaires, / toute ma plus grande affection / Paul Éluard » Sur le feuillet de faux titre portant l'envoi et sur le feuillet blanc en regard, un dessin maladroit, aux feutres vert, brun et rouge : il porte la signature « Paul », tout aussi maladroitement exécutée. Oeuvre d'un jeune imitateur ou... le poète se serait-il essayé à un dessin de sa main non-dominante ? S'il avait déjà fait paraître dès l'âge de 15 ans des poèmes de facture symboliste, Louis Parrot se distingue, en 1934, avec Misery Farm, recueil auto-édité dont il fait parvenir un exemplaire à Paul Éluard : ce dernier se dit admiratif. Ils se rencontrent deux ans plus tard en Espagne. Parrot, qui y a rejoint sa future épouse Denyse Faure, exerce comme lecteur à l'université de Madrid. Devenu bon hispanisant, il traduit notamment La Révolte des masses de José Ortega y Gasset, des poèmes de Pablo Neruda, et co-signe avec Éluard une traduction française de L'Ode à Salvador Dalí de Federico García Lorca. Revenu en France, Parrot s'engage pour la cause républicaine durant la guerre civile d'Espagne. Journaliste de la rubrique culturelle de L'Humanité, il y fait paraître le poème antifranquiste d'Éluard « Novembre 1936 ». Collaborateur de Ce soir dès sa fondation en 1937, il s'établit pendant l'Occupation à Clermont-Ferrand et participe à la Résistance comme correspondant, imprimeur et passeur, hébergeant notamment Éluard. Il fait paraître chez Senghers en 1944 une monographie consacrée à l'auteur des Poèmes pour la paix : il s'agit du premier numéro de la collection « Poètes d'aujourd'hui ». Bien complet du feuillet d'errata. Dos et pourtours des plats assombris.
Dernier texte d'Éluard pour son ami Picasso. Manuscrit autographe S.l.n.d. [circa 1951]. 9 pages 1/2 en 10 f. (210 x 270 mm) à l'encre et au stylo bille sur papier «Montévrain - extra strong». Manuscrit autographe.
L'amitié entre Paul Éluard et Pablo Picasso fut immense. Si il se connaissaient depuis 1916, c'est en 1935 que leur amitié - au moment où s'étiole celle liant le peintre à André Breton - se renforce pour n'être plus jamais démentie, sans ombre ni faille. Quinze ans plus tard, le 18 octobre 1951, Paul Éluard donne à Londres une conférence en l'honneur de son grand ami, lequel va fêter une semaine plus tard, le 25 octobre, ses soixante-dix ans : «J'imagine facilement que l'on vient de publier le cent soixante et onze millième articles et le mille deux centième livres sur Picasso, que l'on en est à sa millionième photographie et que son nom est devenu un mot commun [...]. On n'a jamais parlé d'un peintre vivant comme on parle de Picasso. Et pourtant, cet homme de 70 ans peut être considéré comme le plus jeune artiste de son temps. Commencée il y a plus d'un demi-siècle, son oeuvre continue à se montrer la plus vivace du monde, elle continue à surprendre, à indigner, et, heureusement aussi, à susciter l'admiration et l'enthousiasme. [...] La vérité sur laquelle Picasso s'appuie, c'est sa propre jeunesse. [...] Et, aujourd'hui, nous ne commémorons pas Picasso, nous l'inaugurons. Sa force sera grande, son génie va s'épanouir. Demain ne réalisera pas la promesse d'hier, mais la promesse du lendemain suivant. Ce perpétuel enfant, ce nouveau Faust et ce nouveau Don Juan se promet de séduire, de méduser [...]. Que fait Picasso aujourd'hui ? Une chèvre. Pour ses côtes, il a pris des branches, pour ses mamelles deux marmites, pour ses cornes, un guidon de bicyclette. Et la chèvre commence à vivre. Et Picasso est né». La complicité fraternelle entre le peintre et le poète, qu'Éluard qualifie de « sublime » dans une dédicace à Picasso, ne prend fin qu'au décès du poète le 18 novembre 1952 : un an et un mois jour pour jour après cette conférence. Le manuscrit, à l'encre bleu nuit ou au stylo bleu, présente de nombreuses et importantes ratures et corrections. Un fragment en a été publié, sous le titre « Le plus jeune artiste du monde », à la une du numéro des Lettres françaises du 25 octobre 1951, lui aussi consacré au peintre catalan, avec une photographie par Man Ray surplombée, en lettres capitales, d'un large « PICASSO A 70 ANS ». Une double page est consacrée au peintre. Le texte de la conférence, dans son intégralité, est inédit. Ce sera le dernier texte d'Éluard consacré à son ami : les deux hommes venaient d'achever l'édition du Visage de la paix, un recueil de 29 poèmes illustré d'une lithographie de Picasso. Éluard lui avait consacré, dès 1944, un premier hommage aux Éditions des trois collines, à Genève : À Pablo Picasso, pour la collection « Les Grands peintres et leurs amis ». Le poète avait alors réuni tous les textes écrits sur son ami, depuis la conférence « Je parle de ce qui est bien » : « En janvier 1936, à Barcelone, lors de l'exposition organisée par ADLAN [Amics de l'Art Nou] en hommage à Picasso (qui n'avait jamais été exposé en Espagne depuis 1900), Éluard joue le rôle d'ambassadeur itinérant du peintre ; il donne une conférence dans cette ville qui est radiodiffusée, avant d'aller porter la bonne parole à Madrid. » (Emmanuel Guigon, directeur du musée Picasso de Barcelone, dans la préface au catalogue Picasso - Éluard, 2020). L'artiste traversait alors une grave crise : séparé d'Olga, il s'est arrêté de peindre et s'est mis à écrire des poèmes. Entre les deux hommes, tout converge alors : un même goût pour la poésie et une même vision de la création artistique. Leur amitié, seize années durant jusqu'à la mort du poète, va engendrer des oeuvres communes : la première sera Les Yeux fertiles, parue en 1936 où les dessins de l'un répondent aux poèmes de l'autre. Un remarquable hommage du poète à son ami peintre. Ancienne collection Jacques Millot (Paris, Bibliothèque du Professeur Millot, Ader, 15 juin 1991, n° 66).
Editions G.L.M., 1935, 1 volume de 185x245 mm environ, 14 feuillets non numérotés sous chemise à rabats illustrée, contenant les poèmes de Paul Eluard, illustrés de 12 photographies de Man Ray, tirées en héliogravure par Breger. Exemplaire N° 25, Un des 1200 exemplaires sur vélin dont 1000 numérotés de 21 à 1020. Petite mouillure claire dans la marge interne au bas du dos sur l'ensemble des feuillets, chemise externe frottée avec plis, intérieur bon état.
La femme dEluard, Nusch, joue le rôle de la muse, dune figure archétypale. Son corps est disposé de telle sorte quil sintègre au livre, à sa matérialité. Première collaboration de Man Ray/ Paul Eluard.14 feuillets non numérotés. Poèmes de Paul Eluard illustrés de 12 Photographies de Man Ray, tirées en héliogravure par Breger. Merci de nous contacter à l'avance si vous souhaitez consulter une référence au sein de notre librairie.
Paris, Au Sans Pareil, 1922. In-8 broché de 51-[4] pages, couverture de carton souple rouge illustrée. Bel exemplaire sans défaut. Chemise, étui.
Illustré par Max Ernst de 10 collages en noir et blanc dont un contrecollé sur la couverture, et d'un frontispice en couleurs. Édition originale. Tiré à 350 exemplaires numérotés (n° 342), imprimé sur beau papier couché. Éluard et Ernst se rencontrent à Cologne en 1921 et en mai de cette même année, a lieu la première exposition de Max Ernst à la librairie du Sans Pareil. “De tous mes livres, Répétitions, est celui que je préfère” écrira Paul Éluard à Jacques Doucet. Dada global 197; Dada circuit total p. 758; Fouché, 25.
Paris, 1919-1920. 4 tracts de couleurs - respectivement vert, vert, blanc, orange (107 x 70 mm).
Collaboration entre Éluard et Tzara, ces papillons furent expédiés par ce dernier de Zurich à de nombreuses personnalités parisiennes ou étrangères en décembre 1919, ils apparurent sur les murs de Paris dans les premiers jours de 1920. Le texte "Taisez-vous" est de Paul Éluard. Poupard-Lieussou & Sanouillet «Documents Dada », n° 2 à 5. Il est très rare de trouver l'ensemble des quatre papillons réunis.
Paris, René Drouin, 1948. In-folio, 127 pp., broché, couverture originale illustrée (petites taches, 3 petites déchirures au dos, petit manque angulaire p. 85).
Édition originale de cet album de photographies de Pablo Picasso à Antibes, prises par Michel Sima et commentées par Éluard. Cet exemplaire est enrichi d'un envoi autographe signé de Paul Éluard, daté du 11 juin 1948 au docteur Fernand Layani. Exemplaire partiellement coupé. Voir photographie(s) / See picture(s) * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Paris, Editions des cahiers libres, 1932. In-8 broché de 170-[6] pages, couverture imprimée en deux tons.
Edition originale tirée à 1010 exemplaires, celui-ci un des 1'000 exemplaires numérotés sur Alfa (287). Avec un envoie autographe de Paul Éluard à son ami Jean Fraysse. Ecrivain et critique, fils d’un poète symboliste, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, rédacteur aux Feux de Paris, proche de Max Jacob, et résistant, Jean Fraysse fut un proche d'Éluard qui lui dédicaça de nombreuses publications.
[SKIRA Albert] ELUARD Paul, KAHNWEILER Daniel-Henry & SKIRA Albert:
Reference : 4893
(1948)
Genève, A.Skira, 1948. In-8 broché de 84-[4] pages, couverture illustrée à rabats.
Nombreuses reproductions en noir et en couleur, ces dernières contrecollées. Dessins de Matisse en couverture et frontispice, fac-similé autographe d'un hommage par Eluard en début. Edition originale.
Envoi à un compagnon de la première heure Paris, Au sans pareil, (10 janvier) 1920. 1 vol. (140 x 200 mm) de 44 p. et [2] f. Demi-chagrin havane à coins, dos lisse, titre doré en long, tête cirée, couvertures conservées (reliure signée de Flammarion-Vaillant). Édition originale. Illustré de 5 dessins hors-texte d'André Lhote. Un des 550 exemplaires sur vélin d'alfa (n° 243). Envoi signé : « Noll, dormez tout doucement, Paul Éluard ».
Les Animaux et leurs hommes est le premier recueil de Paul Éluard où se manifeste l'influence de Dada, marque sa véritable entrée dans le groupe Dada parisien, son premier manifeste littéraire, rédigé quelques mois après sa rencontre avec le futur chef de file du mouvement surréaliste, André Breton. L'exemplaire est offert à un compagnon es-lettres, Marcel Noll auquel Éluard avait déjà envoyé trois ans plus tôt Le Devoir et l'Inquiétude, avec cet envoi déjà onirique : « à Marcel Noll, pour que la phrase prédominante s'abaisse au silence ». Le personnage reste pourtant mystérieux : partout présent dans les premières manifestations du mouvement surréaliste, il collabore aux revues publiées par le groupe, puis à L'Humanité. Avec Breton et Éluard, il était très lié à Denise Lévy (future compagne puis épouse de Pierre Naville) - la cousine de Simone Kahn, qu'épousera Breton en août 1921 -, et dont il était éperdument amoureux. Marcel Noll est très présent dès 1922 dans le cercle d'amis qui fréquentent l'atelier de Simone et André Breton, qui écrivent et voyagent ensemble. Une notice de Marguerite Bonnet, pour les notes de l'édition Pléiade, énumère la collaboration de Noll à La Révolution surréaliste (n° 1, déc. 1924, à laquelle on doit ajouter celles des 15 juil. 1925, 15 juin et 1er déc. 1926) et son rôle de gérant de la Galerie surréaliste en 1926. Dix ans plus tard, Noll « aurait disparu en Espagne durant la guerre civile » (Pléiade, p. 1194-95). Aragon lui a dédié le chapitre III du Paysan de Paris (1926) ; Breton, le poème « L'Aigrette » dans Clair de terre et, dans Nadja (1928) Breton évoque sa visite un jour de 1926 « avec Marcel Noll au ‘marché aux puces' de Saint-Ouen... ». La notice du Maîtron [Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier], indique : « Noll est entré jeune en contact avec Breton et Éluard par l'intermédiaire de Denise Lévy, née Kahn, amatrice d'art, qui habitait comme lui Strasbourg (Haut-Rhin) et était une cousine de Simone Breton. Le nom de Noll apparaît au sommaire de la revue La Révolution surréaliste dès le premier numéro (1924). Journaliste, il écrit et signe parfois (en 1925) la revue des revues dans les colonnes de L'Humanité. Faisant du courtage de tableaux, il exerça des responsabilités à la Galerie surréaliste qui avait été ouverte en mars 1926. Il travailla plus tard à L'Humanité de Metz, édition en langue allemande. Dans une lettre à Breton de 1932, il indique qu'il y donne des échos de l'activité surréaliste. [...] mort le 5 janvier 1937 sur le front de Madrid. »
Exemplaire de tête sur japon. Envoi signé Paris, GLM, (24 octobre) 1935. 1 vol. (185 x 240 mm), non paginé. Broché. Édition originale.Illustrée de 12 photographies rayogrammes de Man Ray, en héliogravure. Un des 25 premiers exemplaires sur japon, celui-ci hors commerce. Envoi signé : « à Edouard de Rouvre avec mes très vives sympathies. Paul Éluard. »
Ouvrage culte des surréalistes, Facile forme selon Parr et Badger un parfait ménage à trois en unissant la poésie, la photographie et la typographie, l'ensemble célébrant l'amour et le corps de Nusch. Réunis autour de cinq poèmes et douze photographies, Paul Éluard, Man Ray et Guy Levis Mano créent un jalon de l'édition illustrée marquant le réveil de l'érotisme dans l'art des années 1930, où, dans les nus de Man Ray, le corps n'apparaît jamais dans sa totalité selon un procédé propre à l'Homme-Lumière. La tête entière ne se montre qu'une seule fois ; les yeux jamais. « C'est en raison de l'intégration des images au texte que cet ouvrage a été fondamental pour le modernisme et une source d'inspiration pour des générations de graphistes » (Parr & Badger). Précieux exemplaire, offert sans doute au sortir de la guerre à un jeune homme prometteur, âgé d'une vingtaine d'année : Evrard de Rouvre. Petit-fils de Charles Bourlon de Rouvre, qui lui légua une fortune considérable, le jeune homme fonde, à vingt et un ans, les Éditions Vrille, en 1944. Le premier livre publié est son propre recueil de poèmes, Instant, dont Éluard put avoir eu connaissance ; vient ensuite la revue Vrille, dont le premier numéro « La peinture et la littérature libres » est illustré par Oscar Dominguez : il réunit des textes et oeuvres de Georges Bataille, Henri Michaux, Max Ernst, Pablo Picasso, Salvador Dalí, qu'il voit défiler dans sa galerie d'antiquités Présence des arts du 38 avenue Pierre-Ier-de-Serbie. Curieux, politiques, grands industriels et collectionneurs s'y presseront des années durant. La bibliophilie ne lui était pas étrangère : sa bibliothèque - dispersée en deux vacations (1979 et 1980) - ne contient que des livres choisis, voire somptueux, en grands papiers et belles reliures. Éluard y est le poète le plus représenté. Cet exemplaire de Facile n'y figure pas. Éluard s'est étrangement trompé sur le prénom - ce ne sera ni le premier ni le dernier - en orthographiant Evrard « Edouard ». De Rouvre connaîtra par la suite une longue carrière de producteur de cinéma, tout en poursuivant la direction de nombreuses autres sociétés. Il meurt tragiquement en 1979, assassiné par son majordome. Les exemplaires sur japon de Facile sont d'une grande rareté. Les exemplaires hors commerce ne semblent pas avoir été tous pourvus de la photographie originale solarisée normalement jointe aux exemplaires de tête. Certains l'ont ; d'autres, non, et l'on rencontre également des exemplaires sur vélin enrichis d'un des tirages originaux de ces photographies : il est fort probable qu'elles aient navigué au gré des exemplaires, des dédicataires et des exemplaires offerts. Boulestreau, Le Photopoème « Facile » : un nouveau livre, dans les années 1930, Mélusine, pp. 163-177 ; Picaud, Des livres rares depuis l’invention de l’imprimerie, 1941 (Ex. n° 1 de G. Lévis Mano) ; Roth, The Book of 101 Books, Seminal Photographic Books of the Twentieth Century, pp. 86-87 ; Sinibaldi – Couturier, Regards sur un siècle de photographie à travers le livre, 48 ; Leclair – Née, Dictionnaire Char, Classiques Garnier, 2015, pp. 203-205.
Liberté sur papier bleu, pour Humphrey Jennings Paris, Éditions de Minuit, (7 avril) 1945. 1 vol. (145 x 225 mm) de 76 p. et [2] f. Broché. Édition en partie originale. Un des exemplaires imprimés sur papier bleu, non annoncés. Envoi signé : «Une seule pensée une seule passion, Paul Éluard, à Humphrey Jennings, son ami».
Longtemps publié dans la clandestinité, le cycle résistant d'Éluard est rassemblé à la Libération par Minuit : cette nouvelle édition revue, corrigée et augmentée réunit Au rendez-vous allemand et Poésie et vérité 1942, le recueil où figure « Liberté » et ajoute plusieurs textes inédits, conférant au volume la forme canonique des années d'Occupation. Ici, Minuit adopte sa physionomie d'après-guerre - l'étoile dessinée par Vercors - dans la continuité de sa naissance clandestine autour de Jean Bruller et Pierre de Lescure. L'envoi à Humphrey Jennings confère à cet exemplaire une belle provenance : cinéaste-poète majeur du documentaire britannique et proche des surréalistes, organisateur en 1936 de l'Exposition internationale du surréalisme à Londres, Jennings fut l'un des premiers passeurs d'Éluard outre-Manche ; on lui doit, avec David Gascoyne, les traductions de Benjamin Péret (A Bunch of Carrots puis Remove Your Hat, avec note d'Éluard et frontispice de Picasso), tandis qu'Éluard lui dédie un poème devenu emblématique - « Le mouvement a des racines / L'immobile croît et fleurit », rédigé au soir des accords de Munich et publié dans Donner à voir. Eluard n'oubliera pas, à l'aube de la paix retrouvée, son ami anglais, dans une dédicace particulièrement parlante puisqu'elle reprend le titre original du poème « Liberté», publié en avril 1942 dans la revue Fontaine sous le titre « Une seule pensée». Le portrait d'Éluard par Picasso présent ici est différent de celui utilisé pour l'édition de 1944 ; il reprend un dessin au trait réalisé le 6 octobre 1941, publié dans l'édition originale de Sur les pentes.inférieures.