Albin Michel, 1978, in-8°, 304 pp, 8 pl. de photos hors texte, 2 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état
Figure prestigieuse des armées républicaines pendant la guerre d'Espagne, rallié au communisme, El Campesino s'installa en URSS après la Deuxième Guerre mondiale. Il s'opposera rapidement au stalinisme, fut interné, s'évada, se réfugia en France où il ne cessa de lutter à la fois contre le communisme et contre le franquisme. — "Valentin Gonzalez, dit El Campesino, est général pendant la guerre civile. Il commanda la 46e division de choc des Brigades Internationales, sous le contrôle du parti communiste espagnol et des conseillers soviétiques. Tout est-il rigoureusement authentique dans ces « souvenirs » racontés à l’emporte-pièce, sans souci de stylo, quarante ans après la guerre civile ? Quelle est la part du « coup de pouce », de l’enjolivemenl, de l'exagération ? Comment savoir ? La vie torrentielle et dramatique d'El Campesino ressemble au personnage : une fureur de vie et de mort, une volonté farouche de survie, de berner la camarde. Manifestement, l'homme est né pour le baroud, d'une force d'athlète, fait pour manier la dynamite et porter le F.M., debout, à la hanche. Un macho tourné exclusivement vers l'action, bagarreur, râleur, rebelle à toute contrainte, méprisant les nuances et le langage diplomatique. Généreux aussi, fort en gueule, d'une verve à la limite de la tartarinade. bref, un peu hâbleur. Il tire, c'est sûr, beaucoup la couverture à lui. A le lire – on a envie d'écrire : à l'entendre, tant son récit est un monologue passionné et heurté comme un cri de colère, – Il a joué un « rôle décisif » dans beaucoup d'actions de guerre, à Brunete, à Brihuega, à Teruel ou sur l'Ebre sans parler de l'expédition en URSS de l'or de la République espagnole. El Campesino raconte avec complaisance ses algarades avec les dirigeants du P.C. espagnol dès 1937 puis avec ceux de l'URSS, lorsque, réfugié à Moscou, il découvrira « l’imposture du socialisme stalinien ». Mais c'est vrai qu'il a été de presque tous les « coups durs », de juillet 1938 à mars 1939, à la cité universitaire aux côtés de Durruti, assassiné selon lui par ses « compagnons anarchistes ». Il a participé à la plupart des grandes batailles de la guerre, et plus souvent en première ligne que dans un bunker d’état-major..." (Marcel Niedergand, Le Monde, 28 déc. 1978)